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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 19:49
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Le 7 mai 2012, trois camarades grecs de l’EΣE (ESE) étaient présents à la Maison des syndicats CNT de Lille pour nous parler de la situation en Grèce et nous faire partager leur expérience en matière de combat syndical. Fraternelles salutations internationalistes à Yorgos, Anthi et Nikos !
 
Texte distribué aux personnes présentes par les camarades grecs :
Dernièrement, à l’intérieur et l’extérieur de la Grèce, a éclaté une propagande imposant au peuple grec la rigueur, cela afin de dissimuler la stratégie des gouvernements capitalistes européens.
Si on y regarde de plus près les mesures prises par l’État grec et les patrons ces dernières années (réduction par une loi du salaire principal, abrogation de la négociation collective, abolition de la capacité des syndicats à faire des recours d’une part * à l’organisme de médiation et d’arbitrage, augmentation des licenciements, élimination des permanences au domaine public etc.), on s’aperçoit alors que ce ne sont généralement pas les Grecs qui sont touchés mais une certaine partie de la population : les travailleurs vivant en Grèce, les indigènes et les immigrants.
Le recours à la dette publique pour définir la crise grecque a joué a servi de prétexte à l’État et au Capital. Ce n’est pas la cause réelle des mesures d’austérité. Une grande partie de la dette grecque se trouve dans les banques, les entreprises locales et les caisses d’assurance dont les dirigeants ont investi l’argent des travailleurs sur le marché boursier, dans des obligations : c’est la spéculation. L’État fait un effort pour sauver les banques de la faillite en volant de l’argent dans la poche des travailleurs et en contraignant le prolétariat à ne plus croire à son avenir, en agitant la peur de la banqueroute.
L’assaut des patrons sur les acquis des travailleurs n’a pas commencé historiquement avec le Mémorandum. Dans les dernières décennies la classe de travailleurs de la Grèce a déjà accepté l’attaque des patrons via l’imposition de travail au noir (flexible et précaire), la suppression des huit heures journalières, les conventions individuelles pour les salaires sous le salaire principal, les licenciements illégaux, les heures supplémentaires non rémunérées, etc. Jusqu’à présent, cette attaque était réalisée en contournant la législation. Avec la législation de ces trois dernières années, cette situation est désormais établie par les institutions. Elle est reconnue légalement et s’étend à de plus larges sections de travailleurs, ce qui va en plus probablement aggraver les conditions de travail.
Il est remarquable qu’au nom de la compétitivité des entreprises grecques, pendant qu’ils opèrent toutes ces coupes budgétaires, ils font des lois sur un certain nombre d’avantages pour les patrons (petits et grands), tels que les réductions d’impôt, la réduction des cotisations sociales (pendant que l’État se lamente du fait que les caisses d’assurances socialisées sont vides), la libération des licenciements etc… Cette attaque de l’État et du Capital dans nos vies, qui tire la valeur de notre travail vers le fond, était basée sur l’incapacité de notre classe populaire à mettre en place collectivement et à mener des luttes organisées, incapacité due à la dégénérescence du syndicalisme par les « pères » des travailleurs professionnels qui ont transformé le mot syndical en une insulte et à l’indifférence des forces anticapitalistes organisées à reprendre en main sérieusement le syndicalisme et à retrouver un syndicalisme de classe. Un autre facteur est aussi la prévalence de l’individualisme dans la mentalité de la majorité de la société grecque. L’attaque des patrons avec le prétexte de la crise économique, a profité d’un mouvement social des travailleurs désorganisés. La société grecque, après le premier choc, a riposté par une série de réactions populaires (indignés, collisions lors des manifestations, etc.), lesquelles sont restées sans organisation ni objectif précis et ne se sont pas étendues au champ de bataille principal de la classe ouvrière : celui du travail. La bureaucratie syndicale déclare des grèves générales par la télévision, sans préparer aucune défense contre les briseurs de grève et sans plan d’amplification. Par conséquence, les grèves sont condamnées à l’échec et le mouvement est affaibli.
L’indignation de la société et des travailleurs ne conduit pas forcément à la révolution sociale. Avec l’augmentation des réactions sociales, nous assistons à l’augmentation du nationalisme et à la légitimation du discours raciste au sein des partis de gauche. Parallèlement, le système tente de tourner la colère du monde vers des faux choix en organisant des élections.
Toutefois, depuis ces dernières années, se développent une série de structures horizontales, dont beaucoup ont des caractéristiques anticapitalistes comme les syndicats de base, les assemblées de quartier, les étudiants auto-organisés, les occupations, les comités de chômeurs, les éco-communautés de producteurs agricoles, les coopératives, etc. Il est important de noter qu’en Grèce, contrairement à la France, il y a seulement deux confédérations syndicales des travailleurs (une pour les employés du secteur privé et l’autre pour les employés en public) impliquant toutes les tendances politiques du mouvement syndical. Ce monopole syndical veut briser les syndicats de base et ils ont commencé des discussions sur une plus grande organisation de syndicats et collectifs du travail du syndicalisme révolutionnaire, cherchant à intégrer, à assimiler les militants révolutionnaires. De même, les assemblées de quartier ont créé une assemblée pour coordonner les mouvements de quartiers d’une manière durable.
Ce qui est certain, c’est que l’intensification des combats de classe en Grèce peut aider à tirer des conclusions pour la classe des travailleurs, sur la nécessité de redéfinir le syndicalisme vers une orientation contre la bureaucratie, une orientation révolutionnaire.
EΣE – mai 2012
* Jusque à maintenant, lors d’un conflit avec quelque patron (le non payement de travail par exemple), le syndicat pouvait faire des recours à l’organisme de médiation et d’arbitrage. Maintenant, il ne peut pas sans l’accord du patron ! Ce changement de loi fait disparaître complètement l’organisme de médiation.
 
(Source : CNT 59-62 )
 
 
 
 
 
 
 

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Published by jean-rumain
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