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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 18:28

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Article 23 de la Déclaration universelle des droits de l'homme


"Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
Toute personne a le droit de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts."

 

Ces dernières années furent marquées par la triste actualité de la vague de suicides dans diverses entreprises. Encore en février, IBM et la Poste étaient sur le devant de la scène. Une vraie constante de la dégradation des conditions de travail. Alors que peut en dire le cinéma, qui pourrait être un lieu de résistance et de dénonciation, comme l'est parfois le cinéma anglais ? Certes quelques documentaires existent déjà, mais les fictions sur ce sujet sont rares.

  Voilà pourquoi le film "Article 23" de Jean-Pierre Delépine est intéressant à plus d'un titre.

  D'abord il permet de mieux ressentir ce que peut être un acte désespéré dans le cadre du travail, et comment il contamine les proches de la victime. Comment cet engrenage se met en place, qui le met en place, comment le salariat est devenu une machine à exclure. Trop vieux, trop jeune, trop "bronzé".... La machine à produire de l'exclusion se met en place et tue. Même le bourreau d'aujourd'hui, simple rouage, sera demain la victime...

  L'horreur économique produit de plus en plus d'horreur humaine, et cela est bien montré dans "Article 23", avec une sobriété bienvenue et surtout un regard qui saisit bien les détails qui parlent. Une main, un regard, un stylo, un tract syndical. Même si beaucoup de choses passent par les mots. Une violence des mots qui prouve que l'auteur connait bien son sujet, ayant d'ailleurs passé par la case licenciement. Le scénario étant inspiré d'une histoire réelle.

  Certes "Article 23" n'est pas sans défaut. La plupart des acteurs, hormis l'excellente Thanh Ingle-Lai, sont assez peu dans le ton. S'appesantir sur les défauts d'un premier film serait consternant, surtout quand l'on sait que le film avait un petit budget, fut tourné en une poignée de jours par un auteur qui ne fait pas partie du sérail. Un sérail cinématographique d'ailleurs très coupé de la réalité sociale actuelle. Les films de fiction traitant de la réalité de notre crise actuelle se compte sur les doigts de la main chaque année...

 

  Avec une force certaine, "Article 23" nous rappelle que rien ne peut justifier le management par la peur et le stress où chacun est l'ennemi de chacun, où les plus faibles sont laminés durablement par ce système capitaliste qui tente de survivre. Trois parcours de vie se croisent, Cécile, veuve et mère de deux enfants, licenciée à plus de quarante ans, Cédric, recruteur "parfait" d'un cabinet de chasseurs de têtes, et Alice qui va choisir de changer de vie, en refusant un système mortifère...

 

  Jean-Pierre Delépine, n'ayant pas la puissance de frappe d'une campagne de marketing à sa disposition, accompagne son film dans de nombreuses villes. Tant mieux, car ce film incite au débat après sa projection. Un film d'intervention, un film qui parle de ceux dont les grands médias ne parlent pas souvent. Un film de résistance comme nous les aimons...

(source : danactu-resistance)

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Published by jean-rumain
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