Vendredi 4 janvier 5 04 /01 /Jan 20:24

La seule boulangerie autogérée d’Ile de France

Envie d’un petit Lénine pour le déjeuner? Ou d’une Louise-Michel avec du chèvre et de la crème de poivron? Rassurez-vous, nulle propagande politique derrière ces noms mais juste de délicieux sandwichs aux tarifs classiques (entre 3 € et 4,50 €) fabriqués avec du pain bio et de manière artisanale par la Conquête du pain, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), la seule boulangerie autogérée d’Ile-de-France.

Si vous avez l’appétit aventureux, vous pourrez vous laisser tenter par la formule le Communard, accompagnée d’une « baguette préhistorique ». Vendue à 1 €, cette dernière est accordée au tarif « anticrise » de 75 centimes à ceux qui en font la simple demande, en toute confiance. Mais pourquoi « préhistorique »? « « Parce qu’elle est encore plus tradition que la tradition, ce truc commercial inventé dans les années 1980 », rigole Pierre, derrière les fourneaux. La Conquête du pain met donc en place des tarifs sociaux avec une carte de fidélité, mais organise aussi des repas de quartier dans une cité et propose « la récup ». « Le soir, les gens viennent chercher le pain qui reste », glisse Pierre. Aujourd’hui, environ 350 personnes fréquentent assidûment la boutique… et 10% optent pour le tarif social.

Fondateur de cette coopérative de cinq salariés au nom tiré d’un ouvrage de Kropotkine, géographe du XIXe siècle, Pierre, trentenaire, est militant de la Fédération anarchiste. Il a monté sa boulangerie en 2010 à Montreuil après des années passées dans des enseignes plus classiques comme Poilâne. « Ici, il n’y a pas de patron. Chacun touche le même salaire, quelle que soit sa fonction », explique-t-il. Seule expérience historique du même ordre à Paris : la Fraternelle, boulangerie coopérative née au début du XXe siècle… qui a fini par péricliter dans les années 1990.

A la Conquête du pain, Pierre fait cuire le pain, tandis que Matthieu s’occupe de la comptabilité, Lou de la boutique, Théo de l’administration, et Florence des livraisons aux crèches du secteur, à une dizaine d’Amap (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) en Seine-Saint-Denis ou à la cantine d’un lycée . Et cette boulangerie frondeuse fête-t-elle les Rois pour l’Epiphanie? Des galettes frangipane et beurre salé caramel 100% maison seront en vente. Inutile de chercher le santon miniature à l’intérieur. A la Conquête du pain, les boulangers glissent dans leurs galettes au feuilletage maison de « vraies fèves ». En l’occurrence, un haricot sec.

La Conquête du pain, 47, rue de la Beaune à Montreuil (93), ouverte de 8 heures à 14 heures et de 16 heures à 20 heures, possibilité de commandes au 01.83.74.62.35.

(source texte : Pavillon noir)

Mieux qu’un centre commercial : une épicerie coopérative, culturelle et solidaire dynamise une commune

 

C’est une épicerie, bar, café concert. Un lieu multi-services que font vivre les habitants d’une commune du Morbihan : vente de produits bio, production de bière locale, livraisons pour les personnes âgées, lieu de débat... Une coopérative au service des habitants, dont tous peuvent devenir copropriétaires. Petite visite guidée à Augan, où se réinvente le vivre-ensemble.

 

Trouver une alternative au capitalisme marchand tout en créant de l’emploi et en répondant aux besoins locaux ? C’est le défi que se sont lancés en décembre 2009 les 67 associés du Champ Commun, une coopérative de services de proximité à Augan, commune morbihannaise de 1400 habitants. En janvier 2010, ils créent une société (SARL) pour l’exploitation de l’activité économique avec, à la clef, la création d’emplois. Pari réussi puisque aujourd’hui le Champ Commun emploie six salariés et compte plus de cent associés ! Alors que la lutte contre la disparition des services de proximité dans les communes rurales s’organise, le Champ Commun apporte sa pierre à l’édifice.

« On avait envie avant tout de créer un lieu où les gens du village se rencontrent », explique Mathieu Bostyn, co-gérant de la coopérative. L’endroit combine à la fois une alimentation générale et un bar-café, à la programmation musicale et culturelle variée. En plein cœur d’Augan, c’est le lieu où l’on peut se retrouver pour discuter d’un sujet de fond tous les premiers jeudis du mois avec l’association Polen, ou s’initier à la couture avec l’Atelier de Louise et Sandrine. C’est aussi une épicerie, Le Garde-Manger, qui propose des produits bio, locaux, mais pas que.

Devenir copropriétaire de l’entreprise

Les gérants veulent soutenir la production paysanne locale et promouvoir une autre manière de consommer. Pour autant, dans un esprit de service commun, l’épicerie a choisi d’être une alimentation générale ouverte à tous les habitants. Et propose une large gamme tous publics, « dans l’idée de faire une alimentation générale populaire, au sens premier du terme », précise Mathieu Bostyn. On y trouve 1 200 références de produits conventionnels, 350 produits issus de l’agriculture biologique et 200 produits locaux.

 

Quand la coopérative voit le jour, les premiers associés créent en parallèle une Société civile immobilière pour l’acquisition d’un bien immobilier destiné à accueillir les différentes activités. Ils diffusent un appel à soutien. Différentes modalités sont possibles : premier niveau, devenir copropriétaire de l’entreprise coopérative en prenant une part sociale, « pour faire appel le moins possible au système bancaire ». Mais s’associer au projet collectif peut passer par d’autres chemins, comme participer aux travaux d’aménagement des locaux, via des chantiers participatifs ouverts et orchestrés par une équipe permanente expérimentée dans les métiers du bâtiment.

Alimenter le champ des possibles

D’autres responsabilités sont partagées par le collectif : la programmation culturelle du bar, ou encore le lien avec les producteurs locaux pour alimenter les rayons de l’épicerie. Le Champ Commun prend de l’ampleur et de nouveaux projets se greffent progressivement. Toujours dans une dynamique de développement local, une micro-brasserie s’est montée et propose une bière maison au comptoir du café, des livraisons pour les personnes âgées ont lieu plusieurs fois par mois et un projet d’accueil en auberge est en train de naître… avec 101 associés. De quoi alimenter le champ des possibles !

Pour que la gestion collective soit avec et au service de la communauté, ses initiateurs ont adopté, en avril 2012, le statut de Société coopérative d’intérêt collectif  (SCIC), permettant ainsi aux salariés, bénévoles, usagers, mais aussi aux collectivités publiques, entreprises et associations, d’être sociétaires.

(source : Bastamag.net)

Par jean-rumain
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