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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 22:02

 

Ce n'était pas le 1° avril, mais le 13 octobre (2011)

Sarkozy devant le monochrome orange de Klein : « Ça, c’est plusieurs millions »

 

C’était pour l’inauguration à Chaumont du centre Pompidou mobile, un musée itinérant qui a choisi de présenter 14 chefs d’œuvre, pas un de plus, au public, sur le thème de la couleur.

Nicolas Sarkozy ne choisit pas la facilité, lorsqu’il partage ses sentiments, à l’issue de la visite, avec un groupe d’écoliers. "Et Klein, le monochrome orange ?", demande le chef de l’Etat. Pendant toute la visite, M. Sarkozy n’a cessé de s’extasier sur l’œuvre : un rectangle orange, daté et signé, premier monochrome de l’histoire de l’art. Elle vaut sûrement une fortune. "Ça, c’est plusieurs millions", assure le président.

 

Combien ça coûte ? La question revient invariablement, chez Nicolas Sarkozy, qu’il rencontre des agriculteurs ou visite un musée. "Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ?", demande le chef de l’Etat. Un des employés du musée sourit. "On nous l’a aussi demandé hier, notamment pour les assurances."

 

Le destin de Klein passionne le chef de l’Etat, qui a bûché son dossier. "Il utilisait le corps des femmes comme pinceau", a-t-il noté. Et il devise sur la reconnaissance posthume de l’artiste décédé en 1962. "Il était pauvre quand il est mort. Il n’était pas du tout reconnu. Cela n’a explosé qu’après", assure le président, qui concède : "En 1955, le public, quand il voit cela, je comprends le scandale !" Le président demande à un gamin l’œuvre qu’il a préférée. C’est "la vache", répond l'enfant. "Je préfère le monsieur assis qui lit son journal", dit le président. En réalité, il s’agit de deux sculptures de Niki de Saint Phalle, destinées à être montrées ensemble, L'aveugle dans la prairie, de 1974, qui présente un homme en gris lisant son journal sans voir une vache multicolore.

 

 

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Luc Chatel, maire de Chaumont et ministre de l'éducation nationale, demande qu’on explique au président le système de sécurité des œuvres. "C’est bon, c’est un coffre-fort, voilà", expédie Patrick Bouchain, architecte du projet.

La visite est destinée à montrer un Sarkozy proche des gens. Ainsi, lorsqu’il débute la visite du musée, il tombe, comme par hasard, sur un groupe d’écoliers qui participent à une animation – on dit "médiation" dans le langage des musées. "Bonjour", disent les enfants. "On continue", enchaîne l’animatrice. M. Sarkozy observe patiemment sans rien dire, avant de finir par aller découvrir un Picasso, Femme en bleu, de 1944. Les enfants continuent de faire du brouhaha. Le naturel de la visite est à ce prix.

 

Alain Seban, président du centre Georges Pompidou, avait auparavant expliqué le concept du Pompidou mobile, qui ira ensuite à Cambrai puis Boulogne sur mer et poursuivra son tour de France. "Il faut que le musée aille au devant de ceux qui ne vont jamais au musée, un Français sur deux", explique M. Seban. L’idée est de montrer aux visiteurs une quinzaine d’œuvres pendant trois minutes chacune, ce qui fait une visite de moins d’une heure au total. Les œuvres sont présentées en lumière rasante, très visibles pour le visiteur. Le musée est une sorte de tente, aux lignes obliques, qui ressemble à la fois à un cirque et au bâtiment du centre de Paris. L’investissement a coûté 2,5 millions d’euros. Chaque étape coûte 400 000 euros, financée à parité par les collectivités locales hôtes d’un côté, les mécènes et le ministère de la culture de l’autre.

 

 (Pour le texte : extrait de http://elysee.blog.lemonde.fr/2011/10/13/sarkozy-sextasie-devant-le-monochrome-orange-de-klein-ca-cest-plusieurs-millions/ )

 

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Published by jean-rumain
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