Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 22:06

 

C'est l'arlésienne de l'Education nationale, mais dès 2012, les enseignants pourraient voir leur système de notation totalement refondé. C'est en tous cas l'ambition de la directrice générale de l'Education nationale, Josette Théophile.

Ancienne DRH de la RATP, et nommée à l'Education nationale fin 2009, Josette Théophile a à cœur de faire entrer la culture du « privé » rue de Grenelle. Dans ce contexte, le chantier de l'évaluation des enseignants est stratégique. Aujourd'hui un enseignant est évalué au mieux une fois tous les trois ans par un inspecteur.

Cette évaluation est doublée d'une notation administrative attribuée par le chef d'établissement. La carrière et l'avancement de l'enseignant dépendent quasi exclusivement de l'évaluation pédagogique, réalisée au cours de l'inspection. Et cette procédure ignore de fait l'implication de l'enseignant au sein d'une équipe pédagogique, sa relation avec le chef d'établissement ou ses collègues, et sa « performance » quant à la progression des élèves.

Derrière les notations, le statut

Mais la question de l'évaluation des enseignants constitue surtout un levier pour modifier le statut des enseignants (un statut fixé dans des décrets datant de 1950), un des enjeux majeurs de l'élection présidentielle. Et Luc Chatel l'a bien compris.

En prenant soin de ne pas heurter les syndicats, paralysés par l'approche des élections professionnelles, le ministre de l'Education nationale a lancé deux chantiers qui remettent d'ores et déjà en cause le statut des enseignants :

  • le programme Clair qui confère une plus grande autonomie aux établissements, et permet le recrutement des professeurs sur profil par les chefs d'établissement ;
  • et l'évaluation des enseignants.

Un pas décisif vient d'être franchi sur ce dernier dossier puisque un syndicat, FO, a récemment fait fuiter les grandes lignes du projet ministériel.

Le ministère envisage ainsi de suspendre la notation des profs dès 2012, et de la remplacer par un rapport d'évaluation rédigé par l'Inspecteur de l'Education nationale (« IEN ») pour le premier degré et par le chef d'établissement pour le second degré, et ce tous les deux ou trois ans.

Ce rapport que le ministère conçoit comme un « compte-rendu partagé » serait précédé d'un entretien professionnel et d'une autoévaluation par l'enseignant. Une évaluation qui mesurerait :

  • la progression de la classe et de chaque élève dans la discipline enseignée ;
  • le travail en équipe ;
  • l'investissement dans le projet d'établissement ;
  • et même l'amélioration du climat scolaire !

Dans le second degré, plus de visite de l'inspecteur mais un simple entretien avec l'IEN et/ou le chef d'établissement. L'avancement et la progression de carrière des enseignants seraient ainsi placés entre les mains des chefs d'établissement, qui à ce jour ne sont pas sérieusement formés ni préparés à cet exercice.

Une révolution considérable dans l'Education nationale, sur laquelle, une fois n'est pas coutume, Luc Chatel n'a pas jugé bon de communiquer.

 

(source : Adrien Lautard sur  rue89)

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by jean-rumain
commenter cet article

commentaires