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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 16:00

 

Indognados, le nouveau fil de Tony Gatlif

 

(après Max l'indien , La Tête en ruine, La Terre au ventre, Corre gitano,  Canta gitano, Les Princes, Rue du départ, Pleure pas my love, Gaspard et Robinson, Latcho Drom, Mondo, Gadjo Dilo, Je suis né d'une cigogne, Vengo, Swing, Paris by Night, Exils, Transylvania, Liberté)

 

 

Il y a urgence. Le dérèglement du capitalisme financier précipite le monde et les peuples dans la crise de plus en plus dure pour des millions de gens, réduits au chômage et plongés dans la misère.

Ces sombres temps dans lesquels nous vivons peuvent déboucher sur pire encore, un déferlement de violence xénophobe et raciste, une guerre de civilisation, dressant des peuples contre d’autres peuples au nom de Dieu, de l’incompatibilité des cultures, ou tout simplement la haine de l’autre. Contre cette issue terrible le cinéma, comme la littérature, la musique et les autres arts doit se battre. Il lui faut réagir vite, mais sans rien abandonner de ses vertus et de sa singularité.

Les Indignés sont le témoignage fictionné du temps du réel de ce qui se passe aujourd’hui et le sujet nous plonge dans une réalité dense et palpable d’une Europe révoltée pour juste pouvoir vivre, à travers le regard et l’illusion de Betty jeune clandestine africaine. Indignez-vous de Stéphane Hessel est le moteur d’un réveil brutal transgénérationel qui anime toute l’Europe au bord d’une implosion dans sa cohésion sociale. C’est à cette réalité et à l’absurde des situations qu’elle engendre que Betty va se confronter à travers les méandres de son voyage au bord des frontières d’une Europe en déroute. De naufrage en espoir Betty va entendre le chant de l’Exil quand ses pieds marchent et courent dans cet eldorado que martèlent des foules entières en scandant l’appel au réveil.

La destinée de milliers d’indignés se juxtapose dans une nouvelle forme de ciné poème à l’urgence des sans papiers, sans noms, rejetés de tous les pays.

Dans sa course et ses rencontres avec des humanités solidaires, au cœur des villes fantômes ruinées par la crise, Betty à la recherche d’un travail, se trouvera sur le chemin des désillusions des Indignés qui lui chanteront écrit sur les murs vides « Cada dia tus ilusiones se cruzan con las nuestras » (chaque jour tes illusions se confondent avec les nôtres).

Malraux disait que l’art était l’antidestin. Le cinéma par son écriture peut et doit être cet antidestin. C’est une question d’éthique et de volonté.

(   facebook.com/tonygatlif  

Là où il y a volonté, là est le chemin.     

 

 

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Published by jean-rumain
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