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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 19:30

 

Cité scolaire Balzac (Paris, XVII°) : Un lycéen a été arrêté hier par la police pour rébellion. Deux élèves ont été blessées. La grève des enseignants se poursuit dans cet établissement du XVIIe aux classes surchargées.

Colère et émotion hier à la cité scolaire Honoré-de-Balzac (XVIIe) à la suite des incidents qui se sont produits lors du blocage de cet établissement le matin par les élèves. Un lycéen de 17 ans a été placé en garde à vue et deux élèves ont été blessées au cours d’une bousculade.

La grève déclenchée pour la troisième fois hier par les enseignants pour protester contre les classes surchargées et le manque de moyens dans ce gros lycée et collège, situé le long du boulevard Bessières a été reconduite aujourd’hui.

Hier matin, une centaine de lycéens avait bloqué avec une chaîne l’entrée de cet établissement comptant 2000 élèves en soutien aux enseignants en grève. Un barrage filtrant avait été installé sur une entrée secondaire pour laisser passer les collégiens. Tout a dégénéré lorsqu’un policier a sectionné la chaîne pour libérer l’accès pompiers. « Les policiers ont tenté de nous repousser et ont attrapé un élève à la gorge avant de le plaquer au sol et de le rouer de coups, raconte Emile, en terminale. Puis ils l’ont menotté et emmené. Nous avons tenté de bloquer le véhicule de police en nous mettant en travers du boulevard Bessières. » Dans la bousculade, une jeune fille a eu le tibia fracturé et une autre a été légèrement blessée.

La police présente une autre version : « Le commissaire accompagné d’un gardien de la paix ont tenté de parler avec le meneur pour mettre fin au blocage, mais il les a bousculés. Le policier a été blessé à la main. » Le garçon de 17 ans a été arrêté pour rébellion, outrage et violences sur personne dépositaire de l’autorité publique, et placé en garde à vue. Il a été relâché en fin d’après-midi. Il comparaîtra devant le parquet des mineurs en décembre.

Alerté, l’inspecteur d’académie s’est rendu sur place dans la matinée pour tenter de ramener le calme. « Nous réclamons cinq postes de surveillants, deux postes administratifs supplémentaires et attendons qu’un poste d’infirmière soit pourvu, indique une représentante syndicale du Snes. » Ils dénoncent aussi « de graves dysfonctionnements dans les emplois du temps, avec des trous et des cours qui se chevauchent » ainsi qu’un « manque de dialogue avec leur direction ». Ils ont décidé de poursuivre leur action aujourd’hui. « Les élèves sont très choqués et très remontés, poursuit la déléguée du Snes. Nous ne voyons pas comment nous pourrions gérer les classes dans ce contexte. Il va falloir que la situation évolue. »

Hier soir, à l’issue d’une réunion avec les professeurs, les parents ont décidé d’appeler à une école morte aujourd’hui et à un rassemblement jeudi devant le rectorat.

(source : leparisien.fr)

 

A noter que lefigaro.fr évoque une…Bousculade entre lycéens et policiers.

 

Le point de vue de Lutte Ouvrière :

Depuis la rentrée de la Toussaint, les personnels de la cité scolaire Honoré-de-Balzac, sont en mouvement pour protester contre la dégradation croissante de leurs conditions de travail. L'établissement recrute à la fois des élèves de milieux relativement favorisés, en particulier dans les classes internationales mais aussi des quartiers populaires de la porte Pouchet et de la porte de Clichy.

La rentrée scolaire de septembre s'est faite dans des conditions particulièrement chaotiques : emplois du temps difficiles pour les élèves, avec pour certains jusqu'à 11 heures de trous par semaine, des chevauchements de cours qui obligeaient des élèves à choisir entre un cours d'histoire ou un cours d'anglais, des groupes de classe qui, le 15 octobre, n'étaient toujours pas constitués, un emploi du temps définitif seulement au 7 novembre, bref une désorganisation totale aggravée par la politique de Sarkozy et de Chatel, le ministre de l'Éducation nationale. Ainsi, la cité scolaire a perdu de nombreux postes administratifs, techniques, enseignants, vie scolaire. On ne compte qu'une seule infirmière pour 2 000 élèves. Trois surveillants seulement sont présents par jour au lycée (1 100 élèves). Un demi-poste de laborantin n'est toujours pas pourvu au collège. Cinq contrats aidés sur sept, surtout affectés dans des services administratifs, n'ont pas été renouvelés. Pour les deux autres, à la documentation et à la surveillance des entrées, leur contrat se termine le 31 décembre.

Quant aux effectifs des classes, ils deviennent insupportables, tant pour les élèves que pour les enseignants. Toutes les classes du lycée sont au minimum à 35 et entre 30 et 32 au collège. Tous les dédoublements de classe ont disparu. Les cours d'anglais et d'espagnol se déroulent à 36 élèves !

Depuis la rentrée les discussions sont vives pour savoir comment réagir face à cette situation calamiteuse. La goutte d'eau qui a fait déborder le vase a été versée par notre proviseure quand elle a voulu organiser une réunion pour mettre en place un projet d'établissement, grand dada du rectorat. D'où la réaction unanime : « Comment mettre en place le futur alors que le présent ne fonctionne pas ? »

Le jeudi de la rentrée de la Toussaint, la grève démarrait. Vendredi 4 novembre, plus de 150 professeurs et élèves se sont retrouvés devant le rectorat de Paris. Une délégation était reçue par le directeur d'académie, qui a écouté poliment mais s'est bien gardé de s'engager sur les postes non pourvus.

Mardi 8 novembre la grève était reconduite. Les lycéens ont bloqué l'entrée de l'établissement dès 8 heures pour faire valoir leurs revendications, et n'ont eu pour réponse que l'intervention musclée de la police. Un élève a été arrêté violemment et une autre a le tibia cassé. La colère était à son comble. L'inspecteur d'académie, présent dans l'établissement, a alors octroyé un emploi de surveillant, proposition jugée dérisoire.

Le rectorat compte sur l'essoufflement du mouvement. Pas si sûr que cela.

Correspondant LO

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Published by jean-rumain
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