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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 00:11

 

Le 27 décembre 1821, naissance de Joseph DEJACQUE, à Paris.

 

Socialiste anti-autoritaire et véritable premier militant "libertaire" (mot dont il est l'inventeur).

 

Orphelin de son père, il est élevé par sa mère, lingère. Entré en 1834 comme apprenti, il devient, en 1839, commis de vente dans un commerce de papiers-peints. En 1841, il s'engage dans la Marine, découvre l'Orient mais aussi l'autoritarisme militaire. De retour à la vie civile en 1843, il exerce comme commis de magasin, mais son indépendance d'esprit s’accommode mal de l'autorité patronale. En 1847, il commence à s'intéresser aux idées socialistes, compose des poèmes dans lesquels il appelle à la destruction de toute autorité par la violence, et collabore au journal "L'Atelier". L’insurrection parisienne de février 1848 met fin à la monarchie de Louis-Philippe, mais très vite l'alliance des bourgeois républicains et du prolétariat ouvrier vole en éclat. Dejacque publie en mars un poème (de 4 pages) "Aux ci-devant dynastiques, aux tartufes du peuple et de la liberté" dans laquelle il se fait le porte parole des aspirations ouvrières. Il fréquente le "Club de l'Atelier" puis le quitte ensuite pour militer au sein du "Club de l'émancipation des femmes". En avril, les premiers affrontements ont lieu entre les forces de la bourgeoisie qui ont proclamé "La République honnête" et les ouvriers socialisants. Au chômage, Dejacque s'inscrit le 10 mai aux "Ateliers Nationaux". Le 15 mai, l'Assemblée Constituante est envahie par les ouvriers, mais les principaux responsables socialistes sont arrêtés. Le 22 juin, les "Ateliers nationaux" sont supprimés, marquant la fin de la tentative de réalisation socialiste par l'organisation du travail. L'insurrection ouvrière éclate aussitôt. Les ouvriers occuperont (jusqu'au 25 juin) la moitié de la ville aux cris de "Vive la révolution sociale".

 

 

 

La répression est terrible, l'armée (républicaine) usant de l'artillerie, massacre trois mille insurgés. Quinze mille sont arrêtés et déportés sur les pontons de Cherbourg et de Brest. Dejacque est parmi eux, bien qu'il n'ait pas participé directement à l'insurrection. Libéré en 1849, il rejoint Paris et, en août 1851, publie "Les Lazaréennes, fables et poésies sociales" qui lui valent aussitôt une condamnation à 2 ans de prison et 200 fr d'amende. Dejaque passe en Belgique, puis se fixe à Londres où il se lie à Gustave Lefrançais avec qui il fonde une société d'entraide ouvrière "La Sociale". A la fin de l'année, il est à Jersey où il ne rate aucune occasion de pourfendre les républicains (contraints à leur tour à l'exil par Louis Bonaparte). En 1854, il rejoint la colonie française de New York, où il publie la brochure "La Question révolutionnaire". En 1855, il signe le manifeste inaugural de l'A.I.T, puis se fixe à la Nouvelle-Orléans où il écrit "l'Humanisphère, utopie anarchique", et prend la défense des femmes dans une lettre à Proudhon.

 

En 1858, il retourne à New York où il commence le 9 juin la publication du journal "Le Libertaire". En 1861, découragé, il rentre en France à la faveur de l'amnistie de 1860. Mais, dans la misère, il sombre dans la folie et meurt à Paris en 1864.

"Privilégiés! - pour qui a semé l'esclavage, l'heure est venue de récolter la rébellion. Il n'est pas un travailleur qui, sous les lambris de sa cervelle, ne confectionne clandestinement quelques pensées de destruction. Vous avez, vous, la baïonnette et le Code pénal, le catéchisme et la guillotine; nous avons, nous, la barricade et l'utopie, les sarcasme et la bombe."

In: l'Humanisphère, utopie anarchique.

 

(source texte : ephemanar.net)

 

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Published by jean-rumain
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