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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 20:33

 

Dispositif Rased. Courrier du PCF 13 à Vincent Peillon

Parti Communiste Français,
Fédération du département des Bouches-du-Rhône

À

Monsieur Vincent PEILLON
Ministre de l’Education nationale
110, rue de Grenelle 75007 PARIS

Marseille, le 9 octobre 2012

Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale,

 

La refondation de l’école se fera-t-elle sans RASED ? Ni évoqués dans le rapport de la concertation, ni convoqués à la construction de « l’école du futur », un oubli ?

 

Le rapport passe sous silence l’existence d’un dispositif qu’enseignants, parents d’élèves et élus défendent depuis 5 ans. La bataille contre la disparition programmée des RASED a largement contribué à mettre l’école au cœur du débat public.

Parce que le dispositif RASED participe du combat pour un droit à l’égalité de l’accès aux savoirs pour tous, son existence est apparue indispensable aux yeux de milliers de citoyens. Indispensable à l’école de la réussite pour tous ! Alors que se multipliaient actions, manifestations, projection du film « un parmi les autres » … Les RASED ont été au cœur des enjeux électoraux, Monsieur François Hollande, alors candidat, les défendait.

Depuis, c’est un lourd silence sur le devenir du RASED, dispositif du traitement de la difficulté scolaire dans le service public d’Education Nationale, que la RGPP et les politiques éducatives du précédent gouvernement ont mis à mal.

Pourtant, dans sa première partie, le rapport de la concertation fait état d’un constat dont les nombreux éléments décrivent une école dans l’incapacité d’accueillir et faire progresser tous les enfants. En quelques années, les politiques éducatives au nom d’une nécessaire réduction des dépenses publiques ont privé les enfants de l’école primaire d’une scolarité dès 2 ans à l’école maternelle, de 3 heures hebdomadaires d’école, d’enseignants, d’enseignants formés à leur métier, et d’enseignants spécialisés, professionnels de la prévention et de la prise en charge de la difficulté scolaire.

A la rentrée 2012, plus de 125 000 élèves supplémentaires ont été privés des aides spécialisées indispensables à leur réussite scolaire. 2 500 postes de RASED effacés entre 2008 et 2011, 2 500 postes en 2012.

En cinq ans, ce sont donc 5 000 postes, soit près d’un tiers de l’effectif total des postes RASED, essentiellement des maîtres E et des maître G, qui auront disparus des écoles et 250 000 élèves des écoles maternelles et élémentaires abandonnés.

A la rentrée 2011 dans les Bouches-du-Rhône, 40 postes d’enseignants dans les RASED sont supprimés. La rentrée 2012 est marquée par la disparition du dispositif RASED ! Conséquence de la fermeture de tous les postes de maître G (rééducateur) et de 46 postes maître E.

Ni le dispositif RASED indispensable à l’école, ni tout autre dispositif d’enseignants spécialisés dans la prise en charge de la grande difficulté scolaire ne sont cités dans le projet de loi de finances 2013, présenté en conseil des ministres le vendredi 28 septembre. On peut y lire que dans le premier degré l’effort portera sur : d’une part la scolarisation des moins de 2 ans et d’autre part sur l’objectif : « plus de maîtres que de classes : dans les secteurs les plus fragiles ces moyens permettront d’accompagner des organisations pédagogiques innovantes, nécessaires pour améliorer significativement les résultats scolaires ». Ces deux efforts annoncés dans le projet de loi de finances 2013 ne suffiront pas à lutter contre l’échec scolaire, à refonder une école dont la visée, citée dans le rapport, serait « la réussite scolaire pour tous ». « L’école du futur » sans dispositif d’enseignants spécialisés pour « prévenir les difficultés et les traiter en apportant à chaque élève une réponse adaptée à des besoins clairement identifiés », comme le préconise le rapport, ressemble à celle que les choix et décisions politiques du précédent gouvernement construisait.

Que deviennent ces 250 000 enfants laissés sur le bord du chemin ? Que deviendront les milliers d’autres ? Ces enfants privés d’équipes de professionnels formés pour leurs permettre de poursuivre leur scolarité, de ne pas « décrocher ». La « promesse républicaine » ne les concerne-t-elle pas ?

Si comme l’affirme le rapport « lutter contre l’échec scolaire est un impératif de justice sociale », « c’est en s’attaquant à la difficulté scolaire que l’on fera progresser le niveau général », « le développement d’une élite scolaire et l’attention portée aux plus fragilisés des élèves vont de pair » il y a urgence ! Il y a urgence à passer des paroles aux actes.

Il y a urgence, dès la rentrée 2013, à recréer des postes de RASED, à relancer la formation d’enseignants spécialisés, pour permettre tout simplement de réparer une injustice : L’école est un droit, et c’est le devoir de l’école d’aider les élèves. L’école de la réussite pour tous implique d’affirmer que tous les enfants sont capables d’apprendre. Cette école doit comprendre les ressorts des difficultés scolaires et se donner tous les moyens d’agir.

Le RASED, c’est l’école à l’école : c’est la réponse qualifiée, le travail d’équipes professionnelles. Enseigner c’est un métier, l’aide spécialisée c’est, à l’école, un métier.

Le RASED est un espace dans lequel agissent les maîtres de réseau et les psychologues scolaires, possesseurs d’une pratique professionnelle indispensable à l’école, aux élèves, parce qu’ils travaillent au sein des équipes, à leur demande, avec elles, pour tisser ou retisser des liens entre les élèves et la classe, l’école, les apprentissages.

Le RASED est un espace de médiation, au sein de l’Education Nationale, entre les parents et l’école, dont le but est le réinvestissement scolaire, pour des enfants qui pourraient décrocher, en souffrance à l’école, voire en rupture. Pour apprendre il faut franchir certaines étapes et acquérir des capacités sur lesquelles les membres de RASED travaillent avec les élèves (sécurité affective, estime de soi, construction identitaire solide, accès à la symbolisation, à l’imaginaire, intégration à la loi, capacité à faire des liens, capacité de mobilisation, de réflexion, de concentration) et cela dans un lien étroit avec les équipes pédagogiques et les familles. Il occupe une place d’importance dans la lutte contre le décrochage.

Le RASED est un dispositif concernant toutes les écoles sur tout le territoire, un élément de l’unité du système éducatif, élément de cohésion, d’égalité de droits.

Le Président de la République s’est engagé à faire de l’École et de la jeunesse ses priorités. Nous rencontrons sur le terrain l’espoir d’une refondation de l’école qui permet à tous les enfants de devenir des citoyens, libres de leur choix, armés de culture et de connaissances.

Le RASED a sa place dans une conception de l’école qui pense que chaque élève compte, une école qui ne renonce à personne, une école où on apprend ensemble. Il est indispensable à la refondation d’une école, qui ne laisse personne sur le bord du chemin.

Avec toutes celles et ceux qui sont disponibles, nous nous engageons à agir dans le pays, à l’Assemblée Nationale et au Sénat pour que la refondation de l’école ne se fasse pas sans RASED.

Dans l’attente, veuillez recevoir, Monsieur le Ministre, l’expression de notre considération.

Pour le Parti Communiste Français,
Miranda Cirasaro, responsable du secteur « éducation » de la Fédération PCF13 du département des Bouches-du-Rhône.

 

 

 

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Published by jean-rumain
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