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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 20:11
 mauvaise-reputation.jpg
 
14 juillet 1764, naissance de Jean-François VARLET.
Révolutionnaire français considéré comme un précurseur de l'anarchisme.
Employé de la Poste parisienne, il adhère à la section des Droits de l'Homme et devient propagandiste ambulant (à l'aide d'une estrade roulante). Orateur apprécié des sans-culottes (les plus humbles), il prend part en juillet 1791, à la manifestation populaire du Champ-de-Mars qui est réprimée dans le sang par les monarchistes constitutionnels. Membre du Club des Jacobins, il en est exclu en 1792. Il poursuit la lutte en franc-tireur et édite diverses brochures dont : "Déclaration solennelle des Droits de l'Homme dans l'Etat social". Proche des positions de Jacques Roux (l'auteur du "Manifeste des Enragés"), il participe avec lui au comité insurrectionnel qui prépare une marche sur la Convention pour y imposer des mesures économiques. La tentative échoue, en partie à cause de l'opposition des Jacobins (ces derniers investiront le 30 juin 1793, le Club des Cordeliers qui soutenait l'action des "enragés" et y imposeront leur vision). En septembre, le "Comité de Salut Public" fait arrêter Roux, Varlet et leurs amis, et ferme les clubs de femmes qui soutenaient les "enragés". Varlet échappe de peu à la peine de mort, mais subit le cachot. Libéré en novembre, il poursuit sa dénonciation aussi bien de la dictature de Robespierre que de la réaction bourgeoise qui lui succède. Il est l'auteur d'un des premiers manifestes anarchistes "l'Explosion". Il se manifestera de nouveau pour éviter le retour de la monarchie dans un soutien à Bonaparte, puis à Nantes lors de la révolution de juillet 1830. Il meurt à Corbeil, le 4 octobre 1837, par "submersion" selon son acte de décès.

14 juillet 1942, mort de Sébastien FAURE
 Nous sommes les persécutés 
 De tous les temps et de toutes les races 
 Toujours nous fume exploités 
 Par les tyrans et les rapaces 
 Mais nous ne voulons plus fléchir 
 Sous le joug qui courba nos pères 
 Car nous voulons nous affranchir 
 de ceux qui causent nos misères 
   
 Refrain : Eglise, Parlement, Capitalisme, Etat, Magistrature 
 Patrons et Gouvernants, libérons nous de cette pourriture 
 Pressant est notre appel, donnons l'assaut au monde autoritaire 
 Et d'un cœur fraternel nous réaliserons l'idéal libertaire 
   
 Ouvrier ou bien paysan 
 Travailleur de la terre ou de l'usine 
 Nous sommes dès nos jeune ans 
 Réduits aux labeurs qui nous minent 
 D'un bout du monde à l'autre bout 
 C'est nous qui créons l'abondance 
 C'est nous tous qui produisons tout 
 Et nous vivons dans l'indigence 
   
 Refrain 
   
 L'Etat nous écrase d'impôts 
 Il faut payer ses juges, sa flicaille 
 Et si nous protestons trop haut 
 Au nom de l'ordre on nous mitraille 
 Les maitres ont changés 100 fois 
 C'est le jeu de la politique 
 Quelques soit ceux qui font les lois 
 C'est bien toujours la même clique 
   
 Refrain 
   
 Pour défendre les intérêts 
 Des flibustiers de la grande industrie 
 On nous ordonne d'être prêts 
 A mourir pour notre patrie 
 Nous ne possédons rien de rien 
 Nous avons horreur de la guerre 
 Voleurs, défendez votre bien 
 Ce n'est pas à nous de le faire 
   
 Refrain 
   
 (Attribué à Sébastien Faure) 
 
14 juillet 1993, mort de Léo FERRE
 
 
 
Chaque année : ceux et celles qui ont…mauvaise réputation.
 
 
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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 21:28

 

Après avoir vu la photo ci-dessus, j’ai laissé un commentaire sur Facebook….J’ai alors découvert que je « faisais le bête » Alors, le bête, et la bête réagissent :

humm, hum... Je prends ma respiration.... NON, NON, NON et encore NON !!! Il y a quelques mois, "fleurissaient" des affiches " si tu votes Mélenchon, je te montre mes nichons"...Comme plusieurs je m'en étais indigné....

Non pas du vote Mélenchon (loin de là!! ) mais de ce sexisme PRIMAIRE...

Aujourd'hui ça recommence! Je ne fais pas le bébête, je m'indigne encore ...Comment peut-on lutter contre la décision du conseil constitutionnel (harcèlement sexuel) et bander devant une telle affiche ???.... De plus, cette image me semble être tirée de la comédie musicale "1789" qui passe en boucle sur TF1...produit de la sous culture qui n'a rien d'une comédie et rien de musical !

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 18:35

 

Promise par le candidat François Hollande, maintes fois évoquée depuis, en particulier par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault qui assurait le 3 juillet devant l’assemblée nationale « aucun enfant, aucune famille ne seront placés dans un centre de rétention », la circulaire interdisant le placement en rétention des familles sans papiers a été adressée aux préfets le 6 juillet.

Elle énonce parfaitement les principes : « La protection de l’intérêt supérieur de l’enfant doit, en toutes circonstances, être assurée. La mise en œuvre de cet impératif » Il est donc demandé aux préfets « d’appliquer la procédure d’assignation à résidence plutôt que le placement en rétention » des familles. La formulation n’est pas très injonctive, mais elle est claire et si la circulaire s’était arrêtée là, elle aurait constitué un vrai pas en avant et l’accomplissement sans bavure d’un engagement présidentiel. Il n’en est, hélas, rien. Tremblant à l’idée d’être soupçonné de laxisme, le ministre de l’Intérieur multiplie les précautions, les conditions, les nuances et les prudences propres, croit-il, à l’absoudre auprès de la droite et de l’extrême-droite.

C’est ainsi qu’il précise que si l’assignation à résidence d’une famille peut durer 45 jours, elle est renouvelable une fois ! La justice a interdit le placement en garde à vue pour 24 heures des sans-papiers, Valls invente l’assignation à résidence avec pointage régulier au commissariat pour trois mois !

En outre, si le ministre de l’Intérieur a des principes, ils sont à géométrie variables et ses impératifs moraux assez peu catégoriques. La rétention des familles est interdite, affaire de principe !

Sauf pour les familles « dont les garanties de représentation sont faibles et dont le comportement d’ensemble révèle une volonté manifeste de fraude et de refus de leurs obligations… vigilance toute particulière ou assignation dans un autre lieu permettant une surveillance facilitée pour les services de police ou de gendarmerie ». C’est beau comme du Guéant et ça ouvre la porte à toutes les interprétations arbitraires !

Sauf aussi, « en cas de fuite d’un ou de plusieurs membres de la famille ou de refus d’embarquement »… Au gnouf, tout le monde, papa, maman et les petits enfants, dans les mêmes lieux, avec les mêmes équipements et les mêmes précautions oratoires que Guéant !

Bref, à lire Valls, seuls seront assurément dispensés du centre de rétention, les enfants dont les parents se laisseront volontiers expulser. C’est la valise ou la rétention ? Manuel Valls s’assoit sur les principes énoncés par Hollande et Ayrault !

Enfin, et c’est, et de loin, le plus grave, la circulaire Valls ne s’appliquera pas à Mayotte dont le statut récent de département français devrait imposer qu’y soient respectées toutes les lois et les circulaires de la république. Pourtant, plus de 5 000 enfants y ont été enfermés en 2011, certains sans leurs parents, dans un centre de rétention aux conditions moyenâgeuses : pas de lit, des nattes au sol, pas de table, on mange par terre, dans des gamelles, hygiène défaillante, promiscuité avec les adultes. « L’intérêt supérieur de l’enfant », « en toutes circonstances », « impératif » a écrit le ministre de l’Intérieur de François Hollande. Les enfants de Mayotte ne sont pas des enfants ? Pas des enfants comme les nôtres, ceux vivant en métropole ?

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 18:03

Contrôle d’identité: le récépissé mort-né?

Alors que le ministère de l'Intérieur annonce que "les modalités de la réforme du contrôle d'identité" seront arbitrées "après l'été", Esther Benbassa, sénatrice EELV du Val-de-Marne, organisait une table-ronde sur le contrôle au faciès, ce mardi, au Palais de Luxembourg, en présence d'une quarantaine de chercheurs, d'associations, de juges et de policiers.

L'attestation de contrôle d'identité, « c’est le devoir d’expliquer à une personne les motifs de son contrôle, affirme Esther Benbassa, qui a déposé en novembre 2011 une proposition de loi relative aux contrôles d'identité et à la lutte contre les contrôles au faciès. Loin d’être pensé comme une défiance et une méfiance vis-à-vis des forces de l’ordre, l’esprit de cette proposition est d’établir un pont entre police et citoyens».

Le ministère de l'Intérieur et des syndicats de police, comme Alliance et Synergie, conviés à la séance de travail, ont été remarquable par leur absence. Le but de cette concertation était pourtant de poursuivre le dialogue en vue d’aboutir à une mesure concrète et efficace, pour tout le monde. Depuis plusieurs années, et très activement ces derniers mois, nombreuses sont les voix qui s'élèvent pour une réforme des contrôles d'identité.

Un outil « pragmatique »

Esther Benbassa rappelle que la mise en place du récépissé donne, à l’étranger, des résultats probants : « 50% de contrôles au faciès en moins ». « Mais le but c’est de les éradiquer et dans ce cadre, la formation des forces de l’ordre contre des comportements racistes et discriminants est cruciale» poursuit la sénatrice.

Pour Axiom, rappeur et porte-parole du collectif Stop le contrôle au faciès, l’attestation de contrôle est un outil « pragmatique », le fruit « d’un long travail de terrain » qui permettrait « une traçabilité des contrôles d’identité ». « Avec le concours d’une commission indépendante, le récépissé permettrait de quantifier les contrôles et d’en connaître le coût pour le contribuable. Il offrirait la possibilité de pacifier les rapports entre police et population mais surtout donnerait aux citoyens la possibilité d’avoir recours à la justice en cas d’abus.»

Bocar Niane, fait partie des quinze hommes qui, en avril 2012, ont assigné l’état en justice pour discrimination lors de contrôles d’identité. Une première en France. Il raconte sa mésaventure : « je me promenais en famille, un policier m’a interpellé : "police contrôle d’identité !". Je lui ai demandé la raison de ce contrôle et il m’a répondu: "tu veux que je te "taze ?". Je me suis senti humilié ». Une situation que le jeune homme décrit comme le « viol d’un droit fondamental : la liberté de circuler !».

Des contrôles inefficaces et répétitifs

En 2009, une étude réalisée par le CNRS et l’Open society justice initiative, intitulée « Police et Minorités Visibles : les contrôles d’identité à Paris », révélait que la frange de la population perçue comme « jeune », « noire » ou « arabe » a 6 à 11 fois plus de chances d’être contrôlée que le reste des individus. Le rapport pointait «l’existence de pratiques discriminatoires de la part des fonctionnaires de police. L’apparence des personnes est bien ce qui paraît déterminer le plus clairement le contrôle d’identité : celui-ci ne porte apparemment pas, comme le requiert le droit, sur ce que fait ou semble faire l’individu, mais sur ce qu’il est ou paraît être».

« Plutôt que de stigmatiser les agents de police, la mise en place [ d'une attestation lors d'un contrôle d'identité ] peut contribuer à redorer leur image et restaurer la confiance de la population, rappelait récemment Lanna Hollo, représentante en France d'Open society justice initiative. De plus, les expériences menées dans divers pays montrent qu’un dispositif luttant contre les contrôles au faciès, incluant un récépissé, peut améliorer l'efficacité policière en matière de contrôles et permet aux policiers de travailler dans de meilleures conditions.»

Lutte contre le « délit de faciès » : 30ème engagement de François Hollande

La lutte contre le délit de faciès fait partie des promesses de campagne de F Hollande. Le 1er juin, le chef du gouvernement, Jean-Marc Ayrault, annonçait la préparation d'un texte pour instaurer un « reçu » destiné à lutter contre les contrôles abusifs. Il soulignait que cela n'avait « rien d'extraordinaire » et avait estimé que cela serait plutôt un facteur de « sérénité ». Manuel Valls vient d’écarter toute mise en place de récépissé de contrôle. Les syndicats de policiers y sont farouchement opposés. Quant à la Commission informatique et liberté, elle émet des réserves et estime que le fichier qui découlerait de ces récépissés poserait « un sérieux problème ».

Le ministère de l'Intérieur a indiqué que les modalités de la réforme du contrôle d'identité seront arbitrées après la remise "cet été" du rapport sur le sujet du Défenseur des Droits, Dominique Baudis. Et annonce que des solutions alternatives sont examinées : le retour du matricule sur les vêtements des policiers et le port d’une « caméra bouton » qui filmeraient les interventions. Autre possibilité, la remise d'une "carte de visite", qui à la différence d'un récépissé ne nécessite pas la création d'une base de données. A suivre...

(Source texte : respectmag.com)

 

Connaissez-vous Respect Mag ?

Magazine de société « urbain, social et métissé », il est le reflet d’une France diverse et multiculturelle, fière de ses différences.
En ces périodes de repli identitaire plus que jamais il est important de s’ouvrir à l’autre et de comprendre que la France est riche de sa diversité. Vivre ensemble, c’est faire ensemble.
Il est essentiel de sensibiliser le plus grand nombre !

Aidez-nous à faire connaitre nos thématiques en devenant fan du mag.
Et n’hésitez pas à relayer les articles issus de http://Respectmag.com/ , à retrouver quotidiennement sur Respect Magazine, et pourquoi pas solliciter vos amis de nous suivre sur notre page Facebook.

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 17:55

 

« Tuez-les tous, ça ira plus vite »

Des demandeurs d’asile, un campement au bord d’une gare, des cars de CRS. Évacuation, fichages… À Lyon, le préfet perpétue une politique d’un temps qu’on croyait enfin révolu. Et propose des charters pour expulser des personnes en situation régulière. La consigne ? Que les familles déplacées ne s’installent « nulle part ». Évacuer le « problème ». Ce soir, à Lyon, des enfants dormiront encore à la belle étoile.

À 7 h 30, lundi 9 juillet, la police encercle le campement situé au niveau de l’esplanade des taxis de la gare de Lyon-Perrache. Plus personne n’est autorisé à entrer ou à sortir du périmètre de sécurité.

Un officier de la PAF (Police de l’air et des frontières) est à l’affût. Comme un chasseur qui flaire sa proie, il passe de tente en tente avec une traductrice et demande frénétiquement : « Il y a des Roumains ? Il y a des Roumains ? » Les Roumains, c’est du gros gibier. Si la PAF peut en attraper un qui est en France depuis plus de trois mois, c’est le jackpot. Ce soir, la préfecture communiquera sur : « La police démantèle un campement de Roms et expulse des étrangers en situation irrégulière. » Mauvaise pioche. Pas plus de Roumains dans le camp que de socialisme dans la politique de Valls.

Ce campement est en effet occupé par des demandeurs d’asile qui sont tous en situation parfaitement régulière sur le territoire français. Théoriquement, ils devraient être hébergés en centre d’accueil de demandeurs d’asile (Cada). Théoriquement seulement, parce qu’à Lyon, cela fait belle lurette que les centres sont saturés et que des centaines de demandeurs d’asile sont abandonnés à la rue.

Toutes les personnes sont recensées, fichées puis regroupées dans un coin avant d’être autorisées à prendre leurs affaires et à partir. Les enfants, le regard perdu entre des dizaines de policiers, ne comprennent pas ce qui leur arrive. Les adultes non plus. L’un d’entre eux regrette : « Pourquoi on nous autorise à demander l’asile politique en France si c’est pour nous jeter à la rue ? La France n’avait qu’à nous dire qu’elle ne veut pas de nous, on serait allés dans un autre pays. » En voyant les familles regroupées dans un coin et encerclées par la police, un parent d’élève dont le fils était en classe avec un enfant du campement se désole : « Je n’étais pas là en 40, mais les rafles, ça devait ressembler à ça. »

Financer des charters ou des centres d’hébergement ?

Dans l’après-midi, les familles ont été bloquées sur la place Carnot, située juste à côté de la gare, par la police, qui les empêchait de quitter les lieux. Alors que le matin même, elle avait promis de les empêcher de s’y installer. Pour être exact, les familles avaient le droit de circuler, mais pas d’emmener leurs affaires, de peur qu’elles ne se réinstallent autre part. C’est nouveau, en France, si vous êtes étranger, vous n’avez plus le droit de circuler avec une tente et des couvertures. Pourvu que le préfet du Rhône, monsieur Carenco, ne soit pas appelé à des fonctions nationales… Sinon il va ruiner notre activité touristique en interdisant le territoire aux millions de Hollandais qui viennent camper en France chaque année.

En fin de journée, le préfet a reçu une délégation conduite par Nathalie Perrin-Gilbert, la maire du Ier arrondissement de Lyon, et Armand Creus, conseiller régional du Front de gauche. Le bilan de la réunion est bien maigre, mais le numéro de théâtre du préfet valait le déplacement. Lyon, c’est la ville de Guignol.

Morceaux choisis :

Le préfet n’a plus d’argent pour héberger les demandeurs d’asile. En revanche, il en a encore beaucoup pour les expulser par charters… S’ils acceptent. Car tous étant en situation régulière, il a besoin de leur accord…

Le droit au logement n’est pas inconditionnel et il est réservé en priorité aux Français.

Ses interlocuteurs, n’en croyant pas leurs oreilles, lui ont demandé de répéter car ils ne pensaient pas qu’un préfet pouvait ignorer à ce point la loi.

Cerise sur le gâteau : le préfet a finalement proposé que les familles l’attaquent au tribunal administratif afin qu’il les reloge lorsqu’il sera condamné. Autrement dit, il sait qu’il est hors-la-loi en laissant des femmes et des enfants dehors, mais si un juge ne le lui rappelle pas avec une condamnation sous astreinte, il ne les logera pas.

Déplacés à quelques dizaines de mètres

Plus de deux mois après l’élection de François Hollande, les préfets sarkozystes continuent donc à appliquer la politique inhumaine de stigmatisation des étrangers de leur ancien patron. À moins qu’ils n’appliquent tout simplement la nouvelle politique définie par messieurs Hollande et Valls ?

Ce matin, des dossiers pour des « référés-libertés » [1] vont être constitués afin d’attaquer l’État socialiste pour qu’il ne laisse pas dormir à la rue des demandeurs d’asile qui devraient être hébergés en Cada. En attendant, plus de cent personnes, dont de très nombreux enfants en bas âge, ont passé cette nuit dans des tentes ou à la belle étoile, à quelques dizaines de mètres de l’endroit où elles étaient la veille.

Ce soir, à Lyon, des orages sont annoncés. Où les familles vont-elles dormir ?

La police avait expliqué lors de l’expulsion avoir reçu des consignes pour que les familles ne s’installent nulle part. Un militant a fait remarquer aux policiers qu’elles seraient encore à Lyon ce soir et qu’il faudra bien qu’elles dorment quelque part : « Ce n’est pas en les pourchassant jour et nuit que vous réglerez le problème, d’autant plus qu’ils sont en situation régulière. Tuez-les tous, ça ira plus vite !… »

(source texte : bastamag.net)

 

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 18:34

 

Notre société change. Non, vous ne rêvez pas. Après le libre-service des supermarchés, le succès national des différentes formes de V’lib dans les principales villes françaises, Paris se lance dans une nouvelle idée avant-gardiste : les Prosti’lib ! Pour l’Art et la Manière, j’ai décidé d’en savoir plus sur cette cette nouvelle révolution…
Une idée de génie
Tout a commencé ce 25 janvier, à la parution des résultats d’une étude de marché concernant la prostitution : un domaine fleurissant depuis de nombreuses années mais sous-exploité de l’avis de ses principaux acteurs professionnels. Un constat à l’origine d’une idée de génie signée Mickael Thomac, récemment diplômé d’une des plus grandes écoles de commerce de la capitale : « Le principe du libre-service dans la rue a un réel avenir et il doit être étendu au maximum. D’un autre côté, la prostitution a encore injustement une image assez négative auprès de certains habitants. Je me suis donc dit que des bornes automatiques pour les prostituées permettraient à la fois de rendre plus accessible le service qu’elles proposent et de démocratiser une pratique encore trop minoritaire dans notre pays. »
Ni une ni deux, l’entreprise De(k)aux s’est immédiatement lancée sur l’affaire, en collaboration avec les plus grands proxénètes de l’hexagone et le Strass afin que chacun y trouve son compte : de meilleures conditions de travail pour les unes et un potentiel de développement du marché important pour les autres. À peine la filiale créée à cet effet, les agences Moody’s et Standars & Poors ont jeté l’onction du triple A, ouvrant la porte aux plus grands investisseurs de la planète… Le début d’une grande réussite…Ils ont pensé à tout
Aujourd’hui, le service fonctionne à plein, et pour cause, rien n’est plus simple à utiliser. Chacun peut se rendre aux Prosti’lib près de son quartier et choisir, aux bornes de paiement, le modèle de son choix. Tout est fait de manière transparente. Vous pouvez étudier les pratiques, les mensurations ainsi que les statistiques quotidiennes de chacun des modèles pour ne pas vous tromper. En témoigne Robert, un client régulier : « On peut, par exemple, savoir le nombre de fois où elle a été utilisée dans la journée. Ça permet d’avoir une idée de la fraîcheur du produit. » Les commentaires postés par les clients permettent également d’en savoir plus sur les atouts et les défauts qui pourraient décider votre choix.
Une fois le modèle choisi, le paiement en liquide ou par carte bleue facilite beaucoup les choses par rapport au système traditionnel. Il suffit ensuite de décrocher le porte-jarretelle de la borne correspondant au numéro choisi et de la ramener dans l’heure pour éviter une légère sur-taxe. Simple comme bonjour. Un brillant avenir
Ce nouveau service commence donc à intéresser les principales villes européennes. Un brevet qui risque fort d’enrichir encore son heureux inventeur, déjà à l’affût de nouvelles évolutions. L’entreprise travaille, en effet, à la création d’abonnements et de cartes de fidélité devant le succès de l’opération. De même, l’éventail des produits devrait s’élargir progressivement, jusqu’à ce que tout le monde trouve, si je puis dire, chaussure à son pied…
Affaire à suivre donc. Romain Jammes (sur 
lartetlamaniere.wordpress.com)
————
PS : Est-ce qu’on peut réellement tout marchandiser ?

Moi je pense que non, et vous ?

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 20:24

 

Ces projets coûteux et polémiques qui bétonnent la France et l’Europe

Les grands projets ne connaissent pas l’austérité : un stade à 600 millions d’euros, une autoroute à 2 milliards, une gare à 4 milliards, une centrale nucléaire à 6 milliards, un tunnel à 8 milliards, un parc de loisirs à 26 milliards... De Nantes à Moscou en passant par les Alpes ou Berlin, tour d’horizon de ces chantiers pharaoniques jugés inutiles.

 

L’aéroport de Notre-dame-des-Landes

Lieu : Nantes, France
Coût : 600 millions d’€ pour la collectivité
Bénéficiaire : Vinci

Prévu au Nord-Ouest de Nantes depuis 40 ans, le futur aéroport international du Grand-Ouest est ressorti des cartons dans les années 2000, sous le gouvernement Jospin. Il a été déclaré d’utilité publique en février 2008. Deux ans plus tard, l’État en confie la construction et la gestion (pour cinquante-cinq ans) au groupe de BTP Vinci, qui vante les… aspects écologiques  ( ???!!!!) de son aéroport... Une étude économique indépendante publiée en novembre 2011 chiffre son coût pour la collectivité à 600 millions d’euros. Outre cet impact financier, les opposants à l’aéroport (réunis au sein de l’ACIPA) dénoncent la destruction de terres agricoles (44 exploitations seraient impactées dont 5 ayant leur siège dans la zone destinée à être bétonnée). L’actuel premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ancien député-maire de Nantes, est un farouche défenseur de ce projet, auquel sont opposés les membres d’Europe-écologie les Verts...

 

Le chantier de l’EPR

Lieu : Flamanville, France
Coût : 6 milliards d’euros
Bénéficiaire : Areva, EDF

Le réacteur pressurisé européen (EPR) a été conçu et développé par Areva. Objectif : améliorer la sûreté et la rentabilité économique. Selon les opposants à l’EPR, ce type de réacteur est encore plus dangereux que les précédents, en raison de sa puissance et du combustible utilisé : le MOX, un mélange d’oxydes de plutonium et d’uranium. L’EPR, c’est aussi un gouffre financier. Les diverses malfaçons enregistrées sur le chantier de Flamanville en Normandie ont multiplié la note par deux, pour atteindre 6 milliards d’euros. Pour l’instant... Idem à Olkiluoto, en Finlande. Deux autres EPR sont actuellement en construction en Chine. Pour le collectif Stop EPR les problèmes rencontrés au moment de la construction « pourraient avoir des conséquences graves en cas de situation accidentelle ». Une étude menée par les 7 vents di Cotentin  montre qu’avec 3 milliards d’Euros (la somme de départ investie dans l’EPR), on aurait pu pourvoir aux mêmes besoins énergétiques, développer des sources d’énergie locales, respectueuses de l’environnement, et créer des emplois au moins 15 fois plus nombreux et mieux répartis sur l’ensemble du territoire.

 

Le stade de l’OL Land

Lieu : Décines-Charpieu (Est de Lyon), France
Coût :
450 millions d’euros
Bénéficiaire : OL Group, Vinci

« L’OL Land » est un projet pharaonique concocté par Jean-Michel Aulas, président de l’Olympique lyonnais, en vue de l’Euro 2016. Au menu pour 450 millions d’euros : un nouveau stade de 60 000 places, un centre d’entraînement, les bureaux du siège de l’OL Groupe, une boutique OL Stade, 7 000 places de stationnement, 8 000 mètres carrés d’immeubles de bureaux, deux hôtels de luxe… Le tout à 15 kilomètres du centre de Lyon. L’OL Groupe a sélectionné Vinci pour construire son grand stade. Mais depuis l’annonce du projet en 2007, le chantier n’a toujours pas démarré. Incapable de boucler son plan de financement qui nécessite au minimum 200 millions d’euros de fonds publics, l’OL Groupe est accusé de spéculations immobilières. La Foncière du Montout, propriétaire des terrains et dont l’OL est actionnaire majoritaire, vaudrait maintenant 200 millions d’euros pour des terrains acquis 22 millions d’euros ! L’OL Groupe se heurte également à la multiplication des recours déposés par les associations locales qui défendent la trentaine de paysans menacés d’expropriation. Depuis mai 2012, un campement a été installé sur le tracé du chantier. Le 26 juin dernier, le rapporteur public a requis devant le tribunal administratif l’invalidation de la Déclaration d’intérêt général du stade. Si la demande est suivie, elle pourrait conduire à l’arrêt des expropriations.).

 

Le grand stade de la Fédération française de rugby

Lieu : Évry Centre-Essonne, France
Coût :
600 millions d’euros

La Fédération française de rugby (FFR) ambitionne de devenir propriétaire de son propre stade d’ici 2017 pour y faire jouer le XV tricolore. Le coût de cet équipement de 82 000 places, doté d’un toit rétractable et d’une pelouse amovible, est estimé à 600 millions d’euros. La FFR assure « autofinancer » ce nouveau stade, mais compte néanmoins sur les collectivités locales pour se porter garantes des 450 millions d’euros d’emprunt nécessaires… et financer en prime les aménagements locaux autour du stade. Si le stade de la FFR voit le jour à Évry Centre-Essonne, à 25 kilomètres au sud de Paris, il pourrait déstabiliser l’économie de toutes les autres enceintes de la région (Stade de France, Racing 92, Stade Français, Charléty et Parc des Princes). Aménagement régional déséquilibré, utilité sociale douteuse, risques budgétaires élevés… L’inflation de stades de rugby inquiète aussi directement sur les territoires concernés. En l’absence de stratégie globale coordonnée, l’Île-de-France pourrait se transformer en cimetière « d’éléphants blancs », vastes équipements de rugby construits sans garanties pour l’avenir. Des paris inquiétants alors que les budgets publics pour l’accès au sport pour tous sont menacés.).

 

Une ligne de train grande vitesse entre Lyon et Turin

Lieu : Vallées de Suse, Alpes (France, Italie)
Coût :
8,5 milliards d’euros pour la partie internationale, 7 milliards d’euros pour les aménagements côté français.
Bénéficiaires : Réseau ferré de France, Réseau ferré d’Italie

Le projet de ligne ferroviaire entre Lyon et Turin, dont le percement d’un tunnel de 52 km sous les Alpes, est confirmé par un accord franco-italien signé le 30 janvier 2012. Les opposants à la TAV (« Treno alta velocità », Train à grande vitesse en italien) regrettent l’absence de véritable débat public sur l’utilité de ce projet pharaonique. Et préfèrent la modernisation de la ligne « historique » qui relie déjà les deux métropoles. Pour les promoteurs du projet, les capacités de la ligne existante seraient trop limitées. Les « pro-TAV » tablent sur 3,5 millions de voyageurs par an. D’autres estimations, reprises par les No-Tav n’en prévoient pas plus de 500 000, soit l’équivalent de deux aller-retour TGV par jour. Sans compter les nuisances d’un tel chantier : « C’est l’équivalent de 12 pyra­mi­des de Khéops qu’il faudra dépla­cer et sto­cker en Maurienne, Belledonne et dans le Sillon alpin ! Cela repré­sente à peu près 460 camions-benne tous les jours, pen­dant quinze ans », illustre le Collectif No-TAV Savoie. 18 millions de m3 de déblais qui pourraient en plus contenir des poussières d’uranium et d’amiante présents dans la roche.

 

Le parc de loisirs espagnol Eurovegas

Lieu : Barcelone ou Madrid, Espagne
Coût : 26,6 milliards d’euros d’€
Bénéficiaire : Las Vegas Sands

Sheldon Adelson, 16e fortune mondiale prévoit de construire à Madrid ou Barcelone un immense complexe de loisirs : 12 hôtels de villégiature de 3 000 chambres chacun, incluant casinos ou terrains de golf, pour un investissement total de 26,6 milliards d’euros. Avec, à la clé, la promesse de 164 000 emplois directs et 97 000 indirects. En échange, le milliardaire demande une remise en cause du droit du travail, la révision de la loi sur le droit des étrangers, ou encore l’exonération de cotisations à la Sécurité sociale pendant deux ans... Deux collectifs, Eurovegas No à Madrid et Aturem Eurovegas à Barcelone ont décidé d’informer les citoyens sur l’impact social, économique et urbanistique du projet du magnat de Las Vegas. D’après un rapport qu’il ont récemment publié, l’investissement public pourrait s’envoler de 950 millions à 2,5 milliards d’euros ! En plus du financement de 60 % des coûts de formation des employés, Sheldon Adelson demande aussi la construction d’une station de métro qui débouche dans le complexe, la construction de nouvelles sorties d’autoroute pour faciliter l’accès au casino, et un héliport. Au fait quelqu’un a-t-il entendu parler d’austérité ?)

 

La gare souterraine Stuttgart 21

Lieu : Stuttgart, Allemagne
Coût : 4,3 milliards d’euros
Bénéficiaire : Deutsche Bahn

Lancé par la Deutsche Bahn l’année de sa privatisation, en 1994, Stuttgart 21 prévoit la démolition d’une partie de la gare actuelle de cette ville du Sud de l’Allemagne, la construction d’une nouvelle gare souterraine au même endroit et de 57 km de trajet de ligne à grande vitesse vers Ulm. Pour les opposants à Stuttgart 21, la nouvelle gare n’apportera rien à la ville, déjà desservie par plusieurs lignes à grande vitesse, vers Paris, Amsterdam, Berlin, ou Zurich. Ils contestent la disproportion du projet, son coût élevé pour les collectivités et surtout le manque de transparence qui l’a accompagné depuis son lancement, tant de la part de la Deutsche Bahn que de la municipalité. Celle-ci a rejeté en 2007 une demande de référendum local sur le sujet. De 3 milliards d’euros envisagés en 2009, le projet est passé à 4,3 milliards aujourd’hui (pour le seul volet ferroviaire), dont seulement 1, 4 milliard payés par la Deutsche Bahn. Le reste vient des pouvoirs publics. L’hostilité des Verts au projet a porté les écologistes au pouvoir dans le Land au printemps 2011, après 60 ans de règne conservateur. Mais le référendum organisé en novembre dernier par la nouvelle équipe a donné une majorité (58 %) pour la poursuite de Stuttgart 21.

 

Le 4ème aéroport de Berlin

Lieu : Berlin, Allemagne
Coût : au moins 1,2 milliards d’€

Le projet de construire un nouvel aéroport international pour la capitale allemande réunifiée est acté depuis 1996 entre la ville et la société aéroportuaire. Pourtant, la ville compte déjà trois aéroports. Qui ont le tort de ne pas proposer de longs courriers. Impossible aujourd’hui de voler directement de Berlin vers New York, Sydney ou Johannesburg. Les deux aéroports de la ville desservent en revanche toute l’Europe, la Russie, la Turquie et le Proche-Orient. L’Allemagne compte déjà deux grands aéroports internationaux, à Francfort, la capitale financière, et Munich. Prévue le 3 juin dernier, l’ouverture du nouvel aéroport a été reportée à ... mars 2013. Pour l’instant. En cause : les travaux de sécurité incendie, qui ne sont pas du tout terminés. Coût du retard : 580 millions d’euros supplémentaires pour la ville-État aux finances déjà très fragiles, auxquels il faut ajouter 600 millions pour les mesures de protection des riverains contre le bruit, que la société aéroportuaire n’avait pas prises avant qu’un tribunal ne l’y oblige, en juin.

 

L’autoroute de la forêt de Khimki.

Lieu : Moscou, Russie
Coût : 1,8 milliard d’€
Bénéficiaire : Vinci

Vinci 2 ! Notre géant national prévoit de construire un segment d’autoroute de 15 kilomètres à travers la forêt de Khimki, poumon vert de la Moscou, qui abrite sur près de 1.000 hectares, une biodiversité unique au monde. Pour un chantier estimé à 1,8 milliard d’euros, le groupe français prévoit une rente annuelle de 700 millions d’euros de péage. Malgré les violences et les arrestations arbitraires, la lutte menée par la dynamique Evgenia Chirikova est très populaire en Russie. 66% de la population serait opposée au projet autoroutier, d’autant que 11 tracés alternatifs ont été proposés par des experts indépendants. Le « Khimki Forest Movement » s’attaque également à la corruption. Selon une ONG russe, le coût de construction d’une autoroute reviendrait à 237 millions de dollars par kilomètre chez eux, alors qu’il n’en coûterait que 6 millions de dollars aux États-Unis !

 

(source texte : bastamag.net)

Coût de ces projets :

 

En France : 23,15 milliards d'euro

 

En Europe : 57,05 milliards d'euro

 

Le cri Galerie photo

 

 

 

 

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 14:41
 
 
Faut-il stopper les fichiers et prendre le temps de réfléchir à leur usage dans l'éducation nationale ? C'est la question que pose Bastien Cazals, directeur d'école et "désobéisseur" historique dans une lettre adressée à François Hollande alors que l'Education nationale vient de poser un lapin au collectif contre Base élèves, le grand fichier des écoliers. (Voir à ce sujet ça a failli sur Rased en lutte)
" Si je m'adresse personnellement à vous, c'est également en raison de l'impasse dans laquelle je me trouve professionnellement", écrit Bastien Cazals dans une lettre du 2 juillet envoyée au président de la République. "Je ne peux, en conscience, passer outre les recommandations, faites à la France par le Comité des droits de l'enfant de l'ONU, « de ne saisir dans les bases de données que des renseignements personnels anonymes et de légiférer sur l’utilisation des données collectées en vue de prévenir une utilisation abusive des informations » et je sais ce qu'il en coûte de désobéir... Or, la semaine dernière, mon supérieur hiérarchique m'a rappelé mes obligations de directeur d'école concernant le suivi informatique des élèves : dès la rentrée prochaine, je serai de nouveau considéré en faute". Bastien Cazals a à plusieurs reprises été sanctionné financièrement pour avoir refusé d'appliquer à la lettre la réforme Darcos et surtout pour l'avoir fait savoir.
 
 
                       
 
Il fait allusion à une décision du Comité des droits de l'enfant de l'ONU de juin 2009 qui s'inquiétait de " la multiplication des bases de données dans lesquelles des données concernant les enfants sont collectées, stockées et utilisées pendant de longues périodes" en France. Le Collectif contre Base élèves (CNRBE), le fichier des écoliers, a fait condamner à plusieurs reprises l'Etat du fait de ces fichiers. Récemment le CNRBE a mis en évidence l'existence sur Internet d'extraits du fichier Affelnet contenant des indications personnelles sur des collégiens accessibles à tous. Coïncidence ? Le rendez-vous du CNRBE au ministère le 2 juillet a été annulé...
 
 
 
 
Outre Base élèves et Affelnet, le ministère a décidé, juste avant le départ de Luc Chatel, de créer de nouveaux fichiers parfois surprenant. En mars 2012, le ministère a créé deux nouveaux fichiers informatiques dont "Téléservices LPC", un fichier qui enregistre l'état des compétences des millions d'élèves français. En janvier le fichier national des absences était revu à la baisse : il n'enregistre plus que le nombre de demi-journées d'absences légitimes. Le Café (pédagogique) a interrogé en mai 2012 le ministère sur les finalités de ces fichiers sans obtenir de réponse. Car on s'interroge sur leur dangerosité et sur leur utilité. A quoi ça rime d'avoir en stock quelque part l'état des compétences des millions de jeunes Français ?
"Je vous demande, en tant que garant des valeurs de la République, de bien vouloir prononcer un moratoire sur l'actuel système d'information du ministère de l'Education nationale", écrit B. Cazals. "Une telle décision peut être prise immédiatement : elle ne requiert aucun financement particulier et sera sans conséquence sur le fonctionnement de l'institution – l'école ayant efficacement mené, de 1890 à nos jours, sa mission avec des registres de matricules, des dossiers scolaires et des enquêtes statistiques, en version papier. Cette décision courageuse laisserait le temps à la concertation et à la réflexion, permettrait à des fonctionnaires soucieux de la protection de l'enfance d'éviter les sanctions, et prémunirait les enfants de voir un jour tout leur dossier scolaire entre les mains de leur futur employeur."
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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 16:47

 

« Heureux qui comme Alpha… » ou le périple d’un demandeur d’asile

 « Heureux qui comme Alpha a fait un long voyage », aurait-on pu titrer cyniquement. Alpha est Guinéen. Il a dû fuir son pays, il y a deux ans. Aujourd’hui en centre fermé, il doit être renvoyé en Espagne, en application d’un règlement européen appelé « Dublin II ». Il nous conte son parcours. Une histoire extraordinaire… que vivent pourtant de nombreux migrants.

Au bord des pistes de l’aéroport de Zaventem, Alpha nous raconte son histoire. Il est tout jeune et semble un peu perdu, enfermé dans ce centre fermé 127 bis que les coups de peinture vive n’égayent pas vraiment. A seulement 19 ans, il semble avoir tout vécu. De la Guinée à la Belgique, son voyage a duré plus de deux ans. Le conduisant au Maroc puis en Espagne.

Aujourd’hui, Alpha est en Belgique. Il voudrait « vivre ici paisiblement, jouer au foot ». Il s’est d’ailleurs inscrit dans un petit club. Mais ce qui l’attend, c’est l’expulsion. Enfin, disons plutôt le « transfert » vers l’Espagne. Car s’il est aujourd’hui détenu, c’est que le règlement européen dit «Dublin II » doit lui être appliqué. Selon ce règlement, un demandeur d’asile qui arrive en Belgique après avoir traversé un autre Etat européen, ici l’Espagne, devra être renvoyé dans cet Etat, qui aura la charge d’examiner le bien-fondé de sa demande.

« Tout ce que je vois ici, l’asile, le règlement Dublin, je ne savais pas tout ça. Tout ce que j’essaie c’est de me sauver moi-même », lâche Alpha, le regard sombre.

« Ils brûlent les tentes, il y a des blessés »

Pour Alpha, tout a commencé en 2009. Il préfère ne pas dévoiler les graves difficultés qui l’ont poussé à quitter « son petit village ». Ce qu’il confie, c’est qu’il devait partir pour « sauver sa peau ». Pas d’autre choix. A 17 ans, il s’esquive en direction du Maroc où il retrouve son oncle. Le souvenir de ces deux années passées au Maroc est douloureux. Il y était coincé. Ne pouvant revenir en Guinée et attendant très longtemps un possible passage vers l’Europe. Certains de ces amis y sont morts.

Il se souvient des premiers temps à Oujda. Cette ville proche de l’Algérie, non loin de la mer, est depuis des années un lieu de regroupement informel de migrants, réunis dans des campements de fortune. « Je vivais à l’intérieur du domaine de la fac de Oujda. Une partie des clandestins vivait là, une autre dans la forêt. Il y avait des tentes en plastiques un peu partout. Les gens attendent pour passer (vers l’Europe). Certains mendient. Tout le monde se débrouille. »

L’oncle d’Alpha lui donne un peu d’aide. Mais à la mort de cet oncle, tout devient plus dur. « Même dans la fac, la police débarque, témoigne-t-il. Ils nous attrapent, cassent des pieds et des jambes. Ils brûlent les tentes. Il y a des blessés. Et puis on te jette à la frontière avec l’Algérie. Si tu es attrapé par les gardes algériens, ils te jettent dans le désert. Dans ce cas, tu marches deux ou trois jours pour gagner la ville la plus proche et tu dois y rester, faire des manœuvres, travailler pour gagner de quoi revenir à Oujda, ça m’est arrivé une fois. »

Alors qu’Alpha rentre d’Algérie, il décide de tenter le passage vers l’Europe par un autre chemin. Direction Al Hoceima, non loin de l’enclave espagnole de Melilla. Là aussi, les migrants vivotent dans les forêts alentours, guettant le moment propice au passage. Une attente de plusieurs mois pendant lesquels il rencontre d’autres migrants qui, pour certains, deviendront ses amis. Des journées interminables où il fallut aussi apprendre à esquiver, à se méfier pour passer entre les gouttes des terribles violences entre migrants et du racisme des habitants.

Alpha sur le rivage

Puis vient le jour du passage vers le nord. Fin 2011. Un groupe de migrants suit un passeur. Escaladent une montagne. S’entassent dans une fourgonnette. « Certains tombent, personne ne les regarde », se souvient Alpha. La fourgonnette s’arrête. Il y a la mer et, en face, au loin, l’Espagne. D’après Alpha, des garde-côtes marocains sont là, de mèche avec les passeurs. Ils laissent faire.

Tout le monde attend sur le rivage. Alpha fait partie d’un groupe de 46 migrants. Il aperçoit la lumière d’une lampe-torche. Deux coups secs. C’est le signal. Le passeur demande aux migrants, un à un, de nager jusqu’au Zodiac où les attend un « capitaine » sénégalais.

Le voyage ne se passe pas comme prévu. Le Zodiac tombe en panne, se dégonfle peu à peu. Les 46 migrants sont à la dérive, pendant deux jours. Un navire les repère. Et puis s’en va. « Il y avait des enfants, une jeune femme enceinte sur le bateau. Tout le monde avait peur, tout le monde pleurait », raconte Alpha. C’est après de longues heures d’attente que vint la délivrance. Un bateau de la Croix-Rouge qui les récupérera. Direction l’Espagne.

D’abord l’Andalousie, dans une cellule, pendant trois jours. Puis Barcelone, dans un centre fermé durant trois semaines. Ses compagnons de galère sortent un à un. Il fait partie du dernier groupe à profiter de l’air libre. « A la sortie du centre, des ONG sont venues nous chercher. Ils nous ont emmenés à l’hôtel. Ils nous ont dit ‘vous serez hébergés 15 jours. L’Espagne est en crise, on ne peut pas faire plus’. Et j’ai vu tous ces Africains qui survivaient en mangeant dans les poubelles. » Les 15 jours passent. Alpha prend le billet de 50 euros que l’ONG lui tend et quitte l’Espagne avec un ami ivoirien. Ce dernier part en Belgique rejoindre son frère.

A Bruxelles : dormir dans les gares

C’est ainsi qu’Alpha s’est retrouvé à Bruxelles, fin décembre 2011. Il se souvient de sa première nuit à la rue. « C’était le 26 décembre, à la gare du nord. » Le frère de son ami ivoirien ne pouvant pas l’héberger, Alpha cherche une solution. Il débarque en Belgique au moment où la crise de l’accueil bat son plein. Le nombre de places est limité. A l’Office des étrangers, dans les services communaux ou chez Fédasil, on lui donne des informations contradictoires. « A l’Office des étrangers on m’a même dit d’aller rue du Brabant, car il y a plein de Guinéens. » Puis les semaines passent entre nuits dans les gares et squat à Liège. Il finit par trouver une place d’accueil dans un centre ouvert, en Wallonie, où il commence à trouver un peu de quiétude.

C’était sans compter sur « Dublin II ». Alpha est bien passé par l’Espagne, c’est incontestable. C’est donc en Espagne qu’il devra se rendre pour qu’on examine sa demande d’asile. « J’ai eu rendez-vous à l’Office des étrangers. J’y suis allé. J’ai été appelé dans un bureau. Il y avait la police on m’a fait signer un papier et on m’a amené au centre fermé pour me renvoyer », glisse-t-il, hagard.

L’Espagne, il connait. « Après tout ce que j’ai vécu, je ne souhaite pas vraiment y aller, je n’y serais pas bien accueilli, ça ne se passe pas bien là-bas. Ce que je veux c’est vivre paisiblement. »

Pour Alpha, ce voyage n’en finit pas.

(source texte : lesoir.be)

 

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 16:19

 

Pesticides : le changement, c’est pour quand ?

Les effets dévastateurs des pesticides pour la santé, en particulier chez les enfants, n’est plus à démontrer. Mais peut-on véritablement se passer de ces « produits phytosanitaires » censés accroître les rendements et faciliter le travail des agriculteurs ? Sortir des pesticides est loin d’être impossible, mais implique que les agriculteurs, les chercheurs, et les politiques soient capables de se remettre en cause. Voici comment sortir des pesticides, en sept leçons

Dans le service pédiatrique qu’il dirige, au CHU de Montpellier, le professeur Charles Sultan constate tous les jours les effets dévastateurs des pesticides perturbateurs endocriniens. Ces molécules sont particulièrement redoutablespour les fœtus. « Chez les petits garçons, cela provoque notamment des malformations des organes sexuels. Chez les petites filles, on note une puberté précoce. Au-delà des problèmes psychologiques et sociétaux que cela pose, on sait que c’est un facteur de risque de cancer du sein », détaille le médecin. Les enfants d’agriculteurs sont particulièrement touchés. 28 % des nouveau-nés présentant une malformation génitale sont issus d’une famille d’agriculteurs alors que cette proportion descend à 14 % chez les autres, révèle une étude que le médecin a menée en 2002 sur plus de 2000 naissances. Des résultats confirmés par une deuxième étude en 2011, dans un contexte où les agriculteurs commencent à se battre pour faire reconnaître le caractère professionel de leurs maladies, après une longue omerta.

Depuis plus de dix ans, Charles Sultan alerte ses collègues et les responsables politiques sur le danger de ces perturbateurs endocriniens. Les effets sanitaires des pesticides auxquels sont exposé les fœtus ne se voient pas nécessairement à la naissance, ni même au cours de l’enfance ou de l’adolescence. Les problèmes peuvent surgir 20, 30 ou 40 ans après l’exposition. « Des effets transgénérationnels ont par ailleurs été récemment mis en évidence », précise Charles Sultan. Intervenant dans un congrès organisé au Sénat le 23 mars dernier par l’association Générations futures, il a lancé un cri d’alarme et appelé la France, premier consommateur européen avec 65 000 tonnes pulvérisées chaque année, à « une sortie des pesticides ». Le défi pourrait être relevé, à condition que le pays se prépare à une révolution agricole majeure.

1. Sortir des laboratoires pour sélectionner les plantes

« Il est très difficile, avec les variétés utilisées aujourd’hui en agriculture de se passer de pesticides », déplore Marc Dufumier, agronome et professeur à l’Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement (agroParisTech). Les plantes d’aujourd’hui sont sélectionnées en laboratoire, loin des réalités des champs et des agressions du climat. « Elles ont des hauts potentiels de rendement, mais dans des écosystèmes très simplifiés, sans chenilles, sans champignons, sans acariens, etc. » La sélection génétique de ces plantes s’est faite très rapidement, dans la France d’après-guerre, à l’opposé de ce qui se pratiquait depuis des siècles en agriculture : « Les agriculteurs cherchaient leurs semences dans leurs propres champs. Ils prenaient les meilleures à chaque fois. Ils étaient les maîtres de leur sélection. Et la plante était adaptée, au fil des années et des siècles, à son environnement. »

Pour pouvoir cohabiter avec des insectes piqueurs-suceurs, elles s’étaient, par exemple, parées de poils. Tandis que leurs voisines, qui avaient à se protéger des chenilles, n’en avaient surtout pas, puisque cela aurait été l’endroit idéal pour pondre des œufs. Tout cela parfois au sein d’une même parcelle. Avoir des variétés paysannes multiples et extrêmement diversifiées, sur un même terroir, est une étape importante pour sortir des pesticides. Qui s’accommode mal avec la loi votée par nos députés en novembre dernier sur le certificat d'obtention végétale, qui supprime le droit de ressemer librement sa propre récolte sans verser de taxe.

2. Réapprendre à travailler la terre

Mais, pour apprendre à cultiver la terre sans recourir aux produits chimiques, les agriculteurs français doivent de toute façon changer complètement leur manière de travailler. Arrivés dans les campagnes françaises à partir des années 1960, les pesticides ont enfermé nombre de paysans dans un piègedont ils ont du mal à se tirer. « Quand ils ont supprimé l’atrazine (un herbicide, ndlr), se souvient l’un d’eux, je me suis demandé comment j’allais faire. Je ne savais pas, je ne savais plus que l’on pouvait désherber autrement qu’avec un pulvérisateur. » Ailleurs en Europe, et notamment en Allemagne et en Autriche, d’importants progrès techniques ont été réalisés en matière de désherbage mécanique. Mais ces techniques ne sont, curieusement, que rarement enseignées dans les écoles françaises.

« Pour éviter le désherbage chimique, on peut aussi simplement décaler les dates de semis », éclaire Laurence Guichard, agronome à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), qui a participé à l’expertise Ecophyto R&D. Les mauvaises herbes poussent les premières, et on peut alors les retirer facilement. Les auteurs de l’expertise « Eco-phyto R&D », qui ont recensé cette technique dite du « faux-semis », étudient la faisabilité d’une réduction de 30 % de l’usage des pesticides. « Cette réduction est possible sans gros bouleversements du paysage agricole français, poursuit Laurence Guichard. C’est-à-dire avec les mêmes cultures et les mêmes assolements. Mais avec, par contre, une petite baisse des volumes, sans incidences économiques pour les agriculteurs puisque le manque à gagner est compensé par les moindres dépenses en intrants. »

Mais ce premier palier de réduction pose quand même problème… Aux vendeurs de pesticides, bien sûr, mais aussi aux coopératives, qui ne voient pas nécessairement d’un bon œil la baisse des volumes récoltés. « Dans le système économique actuel, les coopératives n’ont aucun intérêt à encourager ce genre de pratiques », tranche Laurence Guichard. Que dire, alors, d’une suppression totale ?

3. Redécouvrir les écosystèmes

« Le vrai problème est que les agriculteurs vont y être obligés », souligne Marc Dufumier. Il propose que « l’on n’attende pas des dizaines d’années, et les résultats des études épidémiologiques sur les effets sanitaires de ces produits pour apprendre à s’en passer ». Selon l’agronome, certains agriculteurs anticipent ce changement. Il cite l’exemple d’agriculteurs picards qui s’exercent à se passer de labours, pour laisser travailler les vers de terre. Et qui ont découvert que la luzerne, qui piège les nitrates, permet de neutraliser les mauvaises herbes, en même temps qu’elle protège le sol de l’érosion. « Mais pour que ce genre d’expériences se multiplient, il faudrait qu’il y ait un débouché local pour la luzerne, poursuit Marc Dufumier. Il faudrait imaginer de remettre en place l’élevage dans cette région. »

Le bouleversement que suppose la sortie des pesticides « ne rime pas avec un retour à l’agriculture de nos grands-parents », prévient Marc Dufumier. « En Charente-Maritime, par exemple, on fait des lâchers de micro-organismes parfaitement éprouvés contre la pyrale du maïs. C’est le résultat d’une recherche très poussée en agro écologie. Mais l’objet de la recherche, c’est l’écosystème, et non la plante hors sol. » Ces techniques de « lutte intégrée » sont très utilisées par les agriculteurs qui choisissent de se passer peu à peu de pesticides. « Ça marche vraiment très bien. C’est presque miraculeux, dit l’un d’eux. Passer en bio, bien sûr, ce serait l’étape suivante, la plus logique. Mais attention, ça devient très technique ! S’habituer à travailler sans les produits auxquels on est habitué depuis des années, ce n’est pas forcément simple non plus. Il faut passer beaucoup de temps à observer. Avoir une connaissance pointue de son écosystème et de son sol. On a perdu tout ça, pour beaucoup d’entre nous. »

4. Réorienter les aides publiques à l’agriculture

À la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab), on estime que le défi, majeur, est possible à relever. Un plan de travail prévoyant 20 % de la surface agricole utile (SAU) en bio en 2020 a même été élaboré (la France plafonne aujourd’hui à 2,5 % de la SAU en agriculture biologique). Ce plan propose notamment la mise en place d’un « nouveau mode de calcul des aides, basé sur le principe des “coûts de pollution évités”, ou des “services environnementaux” en tenant compte des emplois plus que de la taille de l’exploitation ».

Comment financer ces changements structurels ? Et notamment la formation et l’accompagnement technique des milliers d’agriculteurs français qui ne savent plus se passer des produits phytosanitaires ? « Pourquoi ne pas piocher dans les 9,5 milliards d’euros du premier pilier de la Politique agricole commune ? », interroge Marc Dufumier. « D’ici un an et demi, on va devoir tout reformuler, insiste-il. On devrait avoir le courage de conditionner toutes les aides publiques à un cahier des charges qui respecterait une sortie des pesticides. Cela exigera beaucoup de travail, qui devra être bien rémunéré. Il est évident que si l’on poursuit dans cette même course aux coûts les plus bas, on est sûr d’échouer. » Pour l’agronome, qui se dit « techniquement optimiste », les difficultés pourraient être plutôt politiques.

La façon dont le plan Ecophyto 2018 a été mené semble donner raison à ses doutes. Promulgué dans la foulée du Grenelle de l’environnement, ce plan ambitieux promettait de réduire l’usage de pesticides de 50 % en dix ans. Trois ans après son lancement, aucun progrès. En 2011, le volume de pesticides consommés a même augmenté ! L’absence de contrôles sérieux et de moyens de coercition font que les 41 millions d’euros dépensés pour ce plan fantôme ont surtout servi… à de la communication, pour faire croire au changement. Et continuer d’encourager les autres modes de culture. Comme les agro carburants, par exemple. Très consommateurs de pesticides, et qui ont bénéficié d’avantages fiscaux évalués en janvier dernier à 1,8 milliard d’euros par la Cours des comptes !

5. Soutenir les préparations naturelles

Faciliter le passage à une agriculture sans pesticides se traduirait aussi par la liberté d’utiliser, de produire, d’échanger et de commercialiser des préparations naturelles dites « peu préoccupantes » (PNPP), qui protègent notamment les plantes des maladies et peuvent donc remplacer les produits phytosanitaires. Si l’ortie est devenue l’emblème de ces préparations, les PNPP peuvent également être à base de prêle ou de fougère, sous forme d’extrait fermenté (purin), de décoction, d’infusion ou de macération. « Ce sont aussi l’argile, le vinaigre blanc, le petit lait ou l’huile de Neem, souligne Jean-François Lyphout, « ortieculteur » et membre d’une association qui promeut ces préparations (Aspro-PNPP). Mais en France, les PNPP se heurtent à des impasses réglementaires. » Leur commercialisation requiert en effet l’inscription de leurs substances actives sur une liste communautaire, au même titre que les produits chimiques. 40 000 euros, c’est le coût moyen des taxes pour le dépôt d’un dossier en vue de l’inscription de la matière active. Pas simple à réaliser, pour des demandeurs qui sont pour l’essentiel des agriculteurs, des jardiniers ou des associations.

En avril 2011, le ministère de l’Agriculture annonce l’autorisation de vente du purin d’ortie et en établit la « recette de fabrication ». Problème : cette recette ne correspond pas aux pratiques des fabricants ! De fait, cet arrêté recrée l’interdit. Alors que Jean-François Lyphout s’étonne toujours de « l’acharnement du ministre à bloquer les alternatives aux pesticides », de plus en plus de communes et d’élus s’engagent à défendre et à promouvoir les PNPP. Deux régions, un conseil général, douze villes, cinq communes, deux parcs naturels régionaux, un lycée agricole sont d’ores et déjà partenaires de la démarche de l’Aspro-PNPP. Ces derniers mois, des agriculteurs, des jardiniers, des élus et des consommateurs ont multiplié les actions civiques en épandant symboliquement sur les places publiques du purin d’ortie sur les plantes. « Tant que le gouvernement respectera pas l’amendement à la loi sur l’eau de décembre 2006, adopté par les deux assemblées, affirmant que les PNPP ne sont pas des pesticides, et ne permettra pas leur commercialisation et leur utilisation effectives, nous appellerons tous les citoyens et les élus à soutenir nos actions civiques », affirme Jean-François Lyphout.

6. Sortir du déni

Pour des agriculteurs comme Paul François, victime de pesticides président de l’association Phytovictimes, la diminution des pesticides doit passer par une reconnaissance du mal que ces produits font. « Il y a un déni terrible dans la profession », affirme-t-il. Ce tabou fait d’ailleurs craindre aux plus pessimistes un nombre alarmant de victimes dans les années à venir. Si le silence commence à être rompu dans certains coins de campagne, il reste quand même très pesant. « Le fait que ces produits soient en libre-service n’aide pas à prendre conscience du danger. »

Les vendeurs de pesticides s’appliquent avec zèle à masquer les dangers mortels de ces produits. L’appellation qu’ils se donnent – « Syndicat professionnel des industriels de la protection des cultures » – annonce, à elle seule, tout leur programme de communication. Dans le cahier dedoléances formulé lors du congrès de Générations futures le 23 mars dernier, figure une demande d’étiquetage très claire sur les risques pour la santé et l’environnement, un peu comme pour les paquets de cigarettes.

7. Combattre les lobbies

Une France sans pesticides ne ressemblerait pas tout à fait à celle dans laquelle on vit. C’est sans doute là le problème… pour ceux qui ont le pouvoir en tout cas. Alors que le professeur Sultan appelait à la sortie des pesticides, Xavier Beulin, président de la toute-puissante Fédération nationale des exploitants agricoles (FNSEA), se trouvait dans les Pyrénées, à l’assemblée générale d’une section départementale du syndicat. Il s’y est illustré par un brillant « les grenouilles ou les libellules, ça commence à bien faire », évoquant aussi « cette écologie punitive et dogmatique ». Il y a un an, il avait affirmé que le cas de Yannick Chenet, un agriculteur mort quelques jours avant d’une leucémie due aux pesticides, était un cas isolé.

Le même Xavier Beulin s’était insurgé contre les termes de l’accord signé entre le Parti socialiste et Europe Écologie les verts, dans lequel était mentionné le nécessaire « soutien à l’agriculture paysanne et biologique pour atteindre les 20 % de la SAU en bio ». Espérons que le débat national sur l’agriculture, la pêche et l’alimentation promis aura bien lieu. Et qu’il tiendra compte de la santé des agriculteurs, et de celle de leurs enfants.

 

(source texte : bastamag.net)

 

 

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