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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 20:51

Le 1° février 2013, Peillon réfléchit à un coup de pouce salarial

Selon les Echos, le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, serait prêt à concéder une prime de 400 euros aux enseignants du primaire qui protestent contre le retour à la semaine de quatre jour et demi de classe. Le ministre ne confirme pas l'information, mais ne la dément pas non plus. 


4 mois plus tard :

Baisse de 400 euros du salaire des enseignants débutants: le SNES monte au créneau contre Peillon.

Le salaire des enseignants débutants risque d'être diminué de 20%, selon le syndicat SNES-FSU, qui a indiqué, mercredi 5 juin dans un communiqué que le ministre de l'Education Vincent Peillon, avait pour intention de faire voter un décret en ce sens. La rémunération des enseignants passerait ainsi de 2 000 à 1 600 euros brut. Le gouvernement préfère parler d'«une année supplémentaire [de formation] de rémunération» tandis que le syndicat d'enseignants parle d'une «situation dramatique».

Selon un document obtenu par le SNES, syndicat national des enseignants de second degrés, le ministre de l'Education Vincent Peillon aurait pour intention de faire passer un décret prévoyant la diminution de 20% du salaire des enseignants en première année à la rentrée 2014. «Un projet de décret soumis au Comité Technique Ministériel (CTM) du 17 juin prévoit que les enseignants et CPE (conseillers principaux d'éducation) débuteront leur carrière à 1 600 euros bruts au lieu des 2 000 euros actuels», écrit le syndicat dans un communiqué, avant de menacer: «Cette décision, si elle était confirmée par le Ministre (...) ne pourrait que conduire à une forte réaction de tous les personnels».

Du troisième au premier échelon : 400 euros de salaire en moins

Cette mesure concernerait les enseignants qui entameraient leur première année de fonctionnaire stagiaire à la rentrée 2014. Ces derniers ne seraient plus détenteurs que d'un Master 1, contrairement aux anciens stagiaires, qui, avec la réforme de la modernisation de la formation des maîtres, votée en 2010 sous Nicolas Sarkozy, devaient avoir un niveau Master 2 pour intégrer la formation. Les étudiants stagiaires intégraient alors leur formation, à temps pratiquement plein, en étant rémunéré au troisième échelon.

Avec ce nouveau décret, c'est au premier échelon que seront désormais rémunérés les enseignants stagiaires de première année, «qui auront 9h de cours à assurer, en plus de leur Master 2 à valider», assure un militant de la SNES. Interrogé par Newsring, le ministère de l'Education nationale n'a pas encore été en mesure de nous apporter une réponse claire sur la question.

Une année supplémentaire de rémunération, selon le gouvernement

Interrogé à ce sujet, Pierre Claustre, militant du SNES-FSU parle de la réforme de Vincent Peillon comme étant «mensongère», tandis que le ministère de l'Education nationale quant à lui, refuse de parler de baisse de salaire. «Il n'y a absolument pas de baisse de salaire, réplique une porte-parole contactée par TF1News. Au contraire, on va ajouter une année supplémentaire de rémunération, explique-t-on dans l'entourage de Vincent Peillon. Une fois le concours en poche, les étudiants vont, pendant cette première année, dispenser 9 heures de cours par semaine à des élèves - au lieu de 15 et  18 heures les années suivantes - et parallèlement, ils suivront une formation auprès de l'E.S.P.E (Ecoles Supérieures du Professorat et de l'Education), ce qui n'était pas le cas avant».

 Faire payer leur formation aux enseignants stagiaires, pour le syndicat

«C'est dramatique, dénonce Daniel Robin, secrétaire général du SNES-FSU. Il y a des gens reçus au concours qui vont gagner moins d'argent que ceux de l'année d'avant». «Cette baisse de salaire est une manière de leur faire payer leur formation. Quand vous commencez un travail, vous avez besoin d'être formé, mais est-ce que, pour autant, on vous paye moins? Non!», s'exclame le secrétaire général, qui estime que cette mesure rapporterait 100 millions d'euros par an au ministère.

 

 

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 20:47

Le groupe pharmaceutique Novartis va adresser 5 000 kits pédagogiques à des écoles élémentaires. De quoi sensibiliser 150 000 enfants à l’importance de prendre soin de leur animal domestique préféré, chiens ou chats, pour éviter la transmission de maladies grâce… à des produits en partie commercialisés par Novartis. S’agit-il de « séances pédagogiques » désintéressées, ou de réaliser une vaste opération marketing, avec l’aval de l’Education nationale ?

Une trentaine d’enfants sont sagement assis dans les fauteuils de l’auditorium du Muséum national d’Histoire naturelle. Ils regardent un dessin animé sur les risques de transmission de maladie par les animaux de compagnie. Un dessin animé réalisé par l’entreprise pharmaceutique Novartis. Le message : bien se laver les mains après avoir caressé son animal. Et surtout penser à procéder à une vermifugation régulière de son chien ou chat (par administration d’un médicament), pour tuer les vers, vecteurs de maladies. Sylvie Thevenon, conceptrice du programme chez Novartis, anime cette séance « pédagogique » de « sensibilisation pour changer les comportements ».

Cette classe de CE2 de Neuilly-sur-Seine n’est pas la seule cobaye. 2 000 kits pédagogiques ont été envoyés dans des écoles, 3 000 autres vont suivre en juin. 150 000 enfants de « Cycle 3 » (8-10 ans) pourront donc apprendre à s’occuper de leur animal de compagnie grâce aux bons conseils de Novartis, et de sa filiale Novartis santé animale ! Le ministère de l’Éducation nationale a donné son accord pour la diffusion de ce kit « éducatif ». Et évidemment totalement désintéressé... Car qui fabrique et vend des vermifuges en France ? Novartis, leader mondial pour les antiparasitaires.

Des experts pas si indépendants

« En France, les chats et chiens sont vermifugés en moyenne 2,8 et 2 fois par an. D’après une étude d’experts européens indépendants, il faudrait les vermifuger 4 fois par an, pour réduire la transmission de maladies comme les zoonoses parasitaires », explique les responsables de ce programme éducatif. Il s’agit de « lutter contre un vrai problème de santé publique ». Sur celui-ci, on n’en saura pas plus. Combien d’enfants sont touchés par ces maladies en France ? Pédiatre, vétérinaire et chef de produit, réunis pour la conférence de presse de Novartis, ne s’étaleront pas sur ces chiffres. « A cause de ces vers, parfois un enfant se réveille un matin et hop, il ne voit plus d’un œil. Et ça peut être définitif ». Hop, juste de quoi faire stresser parents et enseignants. « Ça ne serait pas plus simple de vermifuger directement les enfants ? », demande Elizabeth Tchoungui, présentatrice de France Ô, réquisitionnée comme animatrice pour l’occasion.

Qui sont les experts indépendants qui recommandent de prendre en charge ce risque majeur pour la santé publique ? Et de passer à la vitesse supérieure sur la vermifugation des chiens et chats ? L’ESCCAP (European Scientific Counsel Companion Animal Parasites), spécialiste des parasites d’animaux domestiques. Qui est soutenu par de généreuses entreprises. Parmi elles, Novartis. ESCCAP« bénéficie du soutien de sponsors (de grandes sociétés pharmaceutiques principalement) sans qui un tel travail ne serait pas possible. Merci à eux », décrit le site français. Les recommandations de ces « experts européens » sont bien entendu totalement « indépendantes »...

« Rallier le plus grand nombre à »... Novartis ?

Forte de cette expertise scientifique, Novartis lance donc une campagne de sensibilisation dans les écoles françaises pour « rallier le plus grand nombre à sa mission de santé publique ». En se basant sur le rapport de l’enfant à l’animal, pour mieux faire passer le message. « L’animal est un immense médiateur. Il offre une situation de triangulation qui détourne les messages moralisateurs en projections affectives », explique Sylvie Thevenon. « Les animaux sont des vecteurs d’émotion pour les enfants ». Un vecteur publicitaire idéal surtout. « Médiateur d’exception »« largement supérieurs au statut des peluches », ose même Novartis dans son dossier de presse. « C’est l’animal qui va relier l’homme à l’homme », complète le docteur Dominique Brunet, pédiatre. Ou l’enfant à l’entreprise pharmaceutique, ça dépend du point de vue.

En avril, 17 000 établissements scolaires ont reçu un mail leur proposant de commander gratuitement le kit pédagogique de Novartis. Comment l’Education nationale peut-elle donner son accord pour que des entreprises fassent du marketing sur le temps scolaire ? La pratique semble pourtant assez courante.Kat-Cent-Coups, « agence conseil en communication pédagogique », qui diffuse le kit de Norvartis, propose aussi un CD-Rom estampillé Veolia Transport pour aborder avec les élèves la thématiques des déplacements durables. Ou les supports pédagogiques la « Semaine du jardinage à l’école », conçus par le Groupement national interprofessionnel des semences et plants (GNIS), lobby des semenciers. Le GNIS, par ailleurs co-éditeur du site Ogm.org pour « comprendre les OGM et préparer notre avenir ». Le président de ce groupement professionnel, Daniel Segonds, a longtemps été dirigeant du semencier RAGT, en pointe sur la recherche OGM au sein du groupement Biogemma, et a travaillé pour Dekalb, filiale de Monsanto.

Du vermifuge aux fruits sous plastique

Kat-Cent-Coups propose aussi un kit pédagogique sur « la biomasse agricole » : comment parler agrocarburants et chimie du végétal à des collégiens et lycéens. Ce kit est édité par Passions céréales, association des céréaliers, évidemment très objective quand elle affirme que la biomasse « est aujourd’hui, dans certains cas, la seule alternative renouvelable disponible » au déclin des énergies fossiles. Dans un autre registre, Avenance Enseignement, leader français de la restauration scolaire, filiale d’Elior, a proposé en 2008 aux enfants, de la petite section maternelle au CM2, de goûter des sachets de pommes en quartiers à la cantine . Une démarche qui vise à « faire découvrir aux enfants une nouvelle manière de consommer des fruits ». Ou d’habituer les enfants à manger des fruits prédécoupés sous plastique...

Les outils pédagogiques conçus par les entreprises seraient-ils plus efficaces que ceux concoctés par les professionnels de l’éducation ? « Les campagnes de dentifrice ont sauvé plus de caries que les cours obligatoires d’hygiène. Elles devraient être remboursées par la Sécurité sociale », écrivait le publicitaire Jacques Séguéla en 1993 ... Les consultants de multinationales seront-ils bientôt payés pour venir assurer des séances pédagogiques dans les écoles ? Novartis, nouvelle entreprise philanthropique, « prend très à cœur son rôle civique », précise le dossier de presse de l’opération. Peut-être veut-elle aussi se refaire une image et oublier que les États-Unis viennent de lancer des poursuites contre elle pour corruption de médecins ?

La séance à l’auditorium se termine sur un dernier échange entre les représentants de l’entreprise et les enfants.

Sylvie Thevenon (Novartis) : « Qu’est-ce que vous allez expliquer à vos parents tout à l’heure ? »
Les enfants : « Qu’il faut nettoyer son animal et aller chez le vétérinaire »
Sylvie Thevenon : « Vous vous souvenez de ce qu’il donne le vétérinaire ? »
Les enfants, en cœur : « Du vermifuge ! »

Les enfants vont pouvoir profiter du goûter – bonbons et glaces à volonté – offert par Novartis. La leçon semble assimilée. En cas d’oubli, pas de panique. Le kit pédagogique contient des cartes de jeux avec des questions-réponses, à distribuer aux élèves. « Pour vérifier les connaissances et ramener le débat et les messages jusque dans les familles ».

(Source : bastamag)

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 19:04

L’homoparentalité ne va pas contre l’intérêt de l’enfant

Malgré la promulgation de la loi, les opposants au " mariage pour tous " continuent d’appeler à la mobilisation en brandissant l’un de leurs arguments favoris : celui de « l’intérêt de l’enfant » qui pâtirait, selon eux, de grandir dans un contexte homoparental. Il faut tordre le cou à cette assertion.

Notre analyse de près de 80 publications scientifiques centrées sur le développement de l’enfant en famille homoparentale ne permet, en aucune manière, d’affirmer qu’il y aurait des conséquences néfastes pour les enfants. Si ces travaux relèvent, parfois, des situations de difficultés par rapport aux enfants élevés dans un environnement dit « classique », ils montrent, tout autant, des situations parfois bénéfiques. Et surtout, dans la grande majorité des cas, une absence totale de différences !

Il y a quarante ans, les premières études américaines portaient sur la dangerosité des « homoparents ». À une époque où l’homosexualité était assimilée à une pathologie mentale et sanctionnée pénalement, ces travaux s’intéressaient surtout à l’orientation que pouvait prendre l’enfant du point de vue de son développement psychosexuel : devenait-il lui-même plus souvent homosexuel ? La question était d’autant plus prégnante que l’on faisait un lien, à l’époque, entre homosexualité et pédophilie… Or, les résultats de ces études sont constants : il n’y a pas d’effet particulier du contexte familial. Proportionnellement, il y a autant de personnes qui déclarent avoir une orientation homosexuelle dans la population en général que chez les enfants élevés en contexte homoparental. Ces recherches ne relèvent également aucune conséquence individuelle particulière que ce soit au plan scolaire, affectif, cognitif ou des relations sociales. Ce seul résultat aurait dû inciter à la prudence ceux qui pronostiquaient, à partir de considérations théoriques, des difficultés pour l’enfant dans la construction de son identité.

Dès lors, les travaux de recherche ont abandonné cette pathologisation des personnes. Les chercheurs s’intéressent désormais à la qualité des relations au sein des familles homoparentales. Ces dernières ne sont plus regardées comme potentiellement à risque, mais plutôt considérées à partir de leur capacité à se confronter à la stigmatisation, à verbaliser en famille des situations relationnelles perçues comme complexes et à accompagner l’enfant dans les étapes de son développement. Un changement de regard tout à fait important. Les études récentes, qui portent spécifiquement sur l’adoption par des couples homosexuels, montrent ainsi que le comportement des enfants est davantage déterminé par l’éducation qu’ils reçoivent que par le fait qu’ils sont élevés par des parents de même sexe.

Il ne s’agit pas de dire que les référents masculins et féminins ne sont pas importants. Il y a, évidemment, chez l’enfant des identifications autour de formes d’identités sexuées. Mais ces identifications ne sont pas portées de manière stricte par la présence de deux pères ou de deux mères. Elles s’intègrent dans une dynamique familiale. On s’aperçoit, de manière constante, que les familles homoparentales cultivent un réseau d’ouverture : parents collatéraux et grands-parents, réseau amical et social... Toute une variété, pour l’enfant, de jeux d’identification qui ne sont pas strictement focalisés sur la famille nucléaire. Que ceux qui prétendent défendre « l’intérêt supérieur de l’enfant » s’interrogent : si un père et une mère sont indispensables pour « faire famille », pourquoi ne remettent-ils pas en cause le droit aux personnes célibataires d’adopter ? On le voit, plutôt que de stigmatiser, il s’agit au contraire d’appréhender l’ensemble des modèles familiaux dans leur richesse et leurs potentialités. Et d’examiner en quoi ils peuvent répondre aux besoins d’un enfant privé de parents.

Benoit Schneider  ( Professeur de psychologie de l’éducation, université de Lorraine) dans lumanite.fr

 


 

"Le modèle “père, mère, enfant” est bien une construction culturelle"

La psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval, affirme qu'au-delà du mariage, c’est l’ensemble des questions de filiation qu’il faut remettre à plat. Elle appelle dans ce contexte à lever l’anonymat des tiers procréateurs.

Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste et consultante en bioéthique, accompagne des couples hétéros et homos depuis trente ans dans des parcours d’adoption ou d’assistance médicale à la procréation.

Vous faites le constat qu’il n’y a pas de brevet de parentalité. Que le modèle hétérosexuel est une construction culturelle…

Geneviève Delaisi de Parseval. Oui, le modèle familial « père, mère, enfant », le modèle PME, est bien une construction culturelle. Ma première formation, c’est l’anthropologie. Depuis une vingtaine d’années que je travaille sur le sujet, je suis retournée à mes sources. Des anthropologues comme Françoise Héritier (lire l’entretien paru dans notre édition du 18 janvier – NDLR) confirment qu’il s’agit de quelque chose de culturel, qui n’est pas un modèle général dans toutes les cultures et dans tous les temps. Mais ce qui fait famille, c’est l’arrivée d’un enfant. Un enfant a été engendré et/ou élevé par des procréateurs, qui ne sont pas forcément les parents, mais il y a toujours eu des parents. Le psychanalyste anglais Donald Winnicott dit qu’un enfant tout seul, un bébé tout seul, ça n’existe pas, car s’il est tout seul il meurt. Il a besoin de bras dès qu’il sort du ventre de la mère, de bras qui ne sont pas forcément ceux de la mère, mais il a besoin de bras pour vivre. À la différence des autres mammifères, comme un petit poulain ou un petit veau qui se débrouillent tout seuls dès la naissance, qui vont téter le sein de leur mère tout seuls. Le nourrisson humain non. La famille commence là. Qui s’occupe de ce nourrisson qui débarque ?

Le modèle PME – papa, maman, enfant – est pourtant celui que défendent les opposants au projet de loi…

Geneviève Delaisi de Parseval. Je pense que les gens qui ont défilé contre le projet de loi sur le mariage pour tous sont descendus dans la rue pour une cause qui n’est pas vraiment celle du défilé. La vraie question n’est pas l’homosexualité ou l’hétérosexualité, mais plutôt celle de la filiation. Qui est l’enfant de qui ? D’où vient l’enfant ? Est-ce que l’origine, c’est la filiation, l’ADN, la biologie, ou est-ce que l’origine, c’est plutôt quelque chose de l’ordre de l’histoire ? Ce sont deux questions fondamentales et qui n’ont pas été abordées dans le défilé des « anti ». Pourtant, l’homosexualité n’est pas inconnue des gens qui défilent contre, ni les familles recomposées ou monoparentales. D’ailleurs, les questions qui préoccupent les ministres en charge de ce dossier aujourd’hui sont celles soulevées par la procréation médicalement assistée (PMA) pour les lesbiennes puis par la gestation pour autrui pour les couples hommes, qu’il faudra bien aborder au nom du principe de non-discrimination. Personne n’ose trop le dire. Et personne n’est encore au clair sur la question de l’origine.

C’est pour cela que vous souhaitez que les lois de bioéthique soient remises à plat au moment de la discussion sur la PMA aux couples de femmes. Vous demandez d’ailleurs la levée de l’anonymat des tiers procréateurs. Pouvez-vous expliquer cette position ?

Geneviève Delaisi de Parseval. La loi de bioéthique a été votée en 1994, après dix ans de débats. Elle a été revotée tous les cinq ans jusqu’en 2011 sans un poil de changement. Et sur la question de la levée de l’anonymat, cela s’est joué à très peu. En octobre 2010, Roselyne Bachelot était d’ailleurs favorable à cette disposition. S’en est suivie, trois mois plus tard, une offensive parlementaire incroyable. Et le maintien de l’anonymat est passé. Depuis vingt ou trente ans, nous faisons appel à des donneurs pour les couples hétérosexuels infertiles. Ces donneurs sont des humains qui acceptent de donner du sperme ou des ovocytes de manière bénévole. Ces gens ne sont pas des étalons, ni des produits de laboratoire, mais de vraies personnes. Les receveurs sont, eux, des couples à qui l’on dit qu’ils reçoivent un don anonyme. Au départ, ils sont contents, ça les arrange. Quant aux enfants nés d’une insémination artificielle – les plus vieux sont aujourd’hui adultes –, ils se posent des questions. Ils ne cherchent pas un père, ils veulent savoir pourquoi ils ont les cheveux bruns, pourquoi ils ont de l’eczéma… Ces questions se posent pour l’adoption, mais la loi française permet désormais à ceux qui le souhaitent d’avoir accès à leur dossier d’origine dès la majorité. S’il n’y a rien dans le dossier, OK, mais s’il y a le nom des parents de naissance, on le dit. Pour certains, cela suffit. D’autres cherchent, et trouvent. En général, cela leur suffit de discuter avec leur mère ou leur père biologique, qui leur explique le pourquoi de leur abandon. Cela les conforte dans le fait que leurs vrais parents sont les parents qui les ont adoptés. Il n’y a rien de dangereux.

Vous réclamez donc cette même transparence pour les dons exercés dans le cadre d’une PMA ?

Geneviève Delaisi de Parseval. Oui. Ce que je veux dire, c’est que nous ne sommes pas des produits de ferme. Un sujet humain, né d’un homme et d’une femme, a besoin de savoir cela. Surtout, il est anormal qu’une institution le sache et ne vous le dise pas. Ces questions se posent pour le donneur, pour les parents et pour l’enfant. Ces gens se sont exprimés devant les députés pendant dix ans sans avoir été entendus.

Mais si on lève l’anonymat, n’y aura-t-il pas moins de donneurs ?

Geneviève Delaisi de Parseval. D’abord, la loi ne sera jamais rétroactive. Les gens qui ont donné resteront anonymes. Cela pourrait s’appliquer pour ceux qui donneront demain. Donneront-ils moins ? L’expérience de pays comme la Grande-Bretagne ou la Suède, qui ont levé l’anonymat, montrent que d’autres donneurs se présentent, mieux informés, plus réfléchis, et qui assument qu’à la majorité de l’enfant ou vers ses trente ans, quand il deviendra parent, celui-ci pourra demander à les rencontrer. Et pourquoi pas ? C’est un acte généreux, positif, il n’y a aucun droit ni devoir affairant à la paternité ou maternité. Les paillettes de sperme ne sortent pas d’un laboratoire, ni d’une pharmacie. Les ovocytes viennent de femmes qui ont trimé pour ça. Ce n’est pas comme du sperme. Il faut faire une induction d’ovulation (sorte de stimulation – NDLR). Respectons ces femmes. Que tout cela soit transparent, sans réification de personne. Au final, nous avons affaire à des gens qui veulent des enfants, il n’y a selon moi pas de danger. Pensons simplement aux enfants qui veulent savoir de qui ils sont nés.

Le danger, c’est le silence et le secret.

 

(Source : lhumanite.fr)

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 19:47

Sommes-nous tous fous ? C’est ce que laisserait supposer la nouvelle version du DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), la bible des psychiatres recensant troubles mentaux et comportements « anormaux ». Plus on compte de malades, plus le marché de l’industrie pharmaceutique s’élargit. Surtout, le DSM apparaît comme un moyen de faire rentrer dans la norme ceux qui seraient jugés « déviants » – une part de plus en plus grande de la population. Ces « mal ajustés » de notre société orientée vers la rentabilité économique, où l’individu se doit d’être performant et adaptable. Enquête sur un processus de normalisation qui, sous couvert de médicalisation, façonne les individus.

Vous êtes timide ? Peut-être souffrez-vous de « phobie sociale ». Votre tristesse passagère, liée à un événement douloureux comme la perte d’un proche, n’est-elle pas plutôt une dépression ? Le territoire du pathologique semble s’étendre sans fin. Ces troubles psychiatriques sont recensées par le « DSM-5 », cinquième version du catalogue des affections mentales, ouvrage de référence des psychiatres, sorti le 19 mai. Avec son lot de « nouveautés ». Rares sont ceux qui ne se reconnaîtront pas dans l’un des 400 troubles répertoriés ! Avec ses critères toujours plus larges et ses seuils toujours plus bas, le DSM fabriquerait des maladies mentales et pousserait à la consommation de psychotropes, estiment ses détracteurs.

Alors que la première version du « Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux » (Diagnostic and statistical manual of mental disorders – DSM), publié en 1952, ne recensait qu’une centaine d’affections, son contenu n’a cessé d’enfler au fil des révisions, tous les vingt ans. Ses détracteurs pointent le risque de « médicaliser » à outrance des comportements finalement normaux. Selon la version antérieure, le DSM-4 (sorti en 1994), la moitié de la population des États-Unis pouvait être considérée comme souffrant de troubles mentaux, estime l’historien Christopher Lane. 38 % des Européens souffrirait de désordre mental [1] ! Pourquoi une telle inflation ? Sommes-nous en train de tous devenir fous ?

Les critiques du DSM mettent en avant la responsabilité des laboratoires pharmaceutiques. Ces firmes chercheraient à étendre le « marché des troubles ». Et ont noué à partir des années 80 des liens étroits avec les psychiatres influents, à commencer par les rédacteurs du DSM : 70% des auteurs ont ainsi déclaré avoir des rapports financiers avec les labos [2]. Les ventes d’antidépresseurs et de neuroleptiques aux États-Unis représentent 24 milliards de dollars. En France, elles ont été multipliées par sept en deux décennies, et représentaient plus d’un demi milliard d’euros au début des années 2000. Au-delà des conflits d’intérêts, cette « pathologisation du normal » révèle bien d’autres choses. Avant d’être un outil de diagnostic de maladies mentales, le DSM ne serait-il pas plutôt un dispositif de normalisation des conduites, dans une société orientée vers la rentabilité économique ?

Rentrer dans la norme

Dans ce répertoire des affections mentales, il est davantage question de comportement que de souffrance. Un choix revendiqué par les auteurs : « Pour être le plus objectif possible et s’assurer qu’un même patient aurait le même diagnostic qu’il soit à Paris, New York ou Tokyo, l’Association des psychiatres américains (APA) a décidé d’écarter toute théorie explicative, source de dissensus parmi les différents courants de la pensée psychiatrique, et de rester au niveau de l’observable, sur lequel tout le monde peut-être d’accord. Or l’observable, c’est le comportement », explique le psychiatre Patrick Landman [3]. Président du collectif Stop DSM, il s’oppose depuis trois ans à la « pensée unique DSM ». Se contenter d’observer les comportements pour établir un diagnostic permet d’échapper aux biais culturels, moraux ou théoriques des différents cliniciens. Mais cette standardisation se fait au prix d’une grande simplification de la complexité des problèmes rencontrés en psychiatrie.

L’abondance des troubles du comportement et de la personnalité dans le DSM « est emblématique d’une psychiatrie qui se préoccupe moins de la vie psychique des gens que de leur comportement », ajoute le psychiatre Olivier Labouret [4]. Un comportement qui doit avant tout être conforme à la norme. « Il n’est pas anodin que le DSM n’emploie pas le mot “maladie”, qui renvoie à la souffrance ou à la plainte émanant du patient, mais le mot “trouble”, qui est la mesure extérieure d’une déviation de la norme, souligne le psychiatre. Le trouble, c’est ce qui gêne, ce qui dérange ».

Quand l’homosexualité était une « affection mentale »

Ces normes développées par la psychiatrie n’ont pas attendu les versions successives du DSM pour se manifester. Dans son cours au Collège de France sur les « anormaux », le philosophe Michel Foucault expliquait comment à partir du milieu du XIXe siècle, la psychiatrie commence à faire l’impasse sur le pathologique, la maladie, pour se concentrer sur « l’anormal » : la psychiatrie a « lâché à la fois le délire, l’aliénation mentale, la référence à la vérité, et puis la maladie, explique le philosophe. Ce qu’elle prend en compte maintenant, c’est le comportement, ce sont ses déviations, ses anomalies ». Sa référence devient la norme sociale. Avec ce paradoxe : la psychiatrie exerce son pouvoir médical non plus sur la maladie, mais sur l’anormal.

Une analyse qui rejoint celle de l’antipsychiatrie américaine. Pour le professeur de psychiatrie Thomas Szasz, les « maladies mentales » ne sont que des « mythes » servant à médicaliser les comportements jugés indésirables ou immoraux au sein de la société [5]. « Le sort de l’homosexualité, inclus puis exclu du DSM au gré de l’évolution des mentalités aux États-Unis, illustre à quel point le manuel reflète moins l’état d’une recherche scientifique sur les maladies que les normes de “l’acceptable” d’une époque », rappelle le philosophe Steeves Demazeux, auteur de Qu’est-ce que le DSM ?.

Traquer les « déviants » ?

Tous les comportements ne subissent pas le même traitement. « Si vous parlez à Dieu, vous êtes en train de prier, si Dieu vous parle, vous êtes schizophrène », écrivait ainsi Thomas Szasz. Et des « paraphilies » (pour ne pas dire « perversions »), telles que le masochisme et le fétichisme, demeurent dans la catégorie des « troubles sexuels », témoignant de la culture puritaine américaine dans laquelle baignent les auteurs, et à laquelle la population est invitée à se conformer. La psychiatrie, qui détecte et désigne les déviants à l’époque moderne, ne ferait selon Szasz que remplacer l’Inquisition qui traquait les sorcières au Moyen-Age. Les inquisiteurs avaient pour guide le Malleus Maleficarum, les psychiatres… le DSM.

Sans doute les normes d’une époque ont-elles toujours influencé le partage des eaux entre le normal et le pathologique. Mais cette influence a longtemps été cantonnée en arrière-plan. Le DSM-3 franchit un cap dans les années 80 en faisant de ces normes les critères directs et explicites de chaque trouble. Un exemple : « Avec le DSM-5, il faut avoir moins de trois accès de colère par semaine pour être un enfant “normal”, explique Patrick Landman. Les autres – ceux qui dévient de cette norme – seront désormais étiquetés « trouble de dérégulation d’humeur explosive » ! Et pourront être « normalisés » par des médicaments. En prenant par exemple de la ritaline, cette molécule à base d’amphétamines consommée à haute dose aux États-Unis, pour améliorer la concentration des écoliers. Près de huit millions d’enfants et d’adolescents américains de 3 à 20 ans prennent des antidépresseurs ou des calmants. Le DSM non seulement reflète les normes sociales du moment, mais les renforce en les transformant en normes médicales.

Le « bon fonctionnement de l’individu », un enjeu économique

Un des critères d’une grande partie des troubles – que ce soit la schizophrénie, l’hyperactivité ou le trouble des conduites – est l’« altération significative du fonctionnement social ou professionnel ». Le choix des termes n’est pas innocent : la « fonction » d’un organe, d’un appareil ou d’un outil se rapporte toujours à une totalité subordonnante. On parle ainsi du bon ou du mauvais fonctionnement du foie ou du rein relativement à l’organisme. Parler de la « fonction » ou du « bon fonctionnement » de l’individu trahit le fait que celui-ci n’est pas une fin en soi. L’individu doit « fonctionner » correctement dans l’entité qui le subordonne : l’entreprise, l‘école, la société. C’est cela que l’Échelle d’évaluation globale du fonctionnement (EGF) du DSM-4 (datant de 1994) se propose de mesurer. Êtes-vous au « top » de  votre « fonctionnement social, professionnel ou scolaire ». Ou celui-ci subit-il une « altération importante » ou « légère » ? Si vous êtes« intéressé et impliqué dans une grande variété d’activités, socialement efficace, en général satisfait de la vie », vous avez des chances d’obtenir une note de 90 sur uneéchelle allant de 0 à 100…

Et votre « fonctionnement social » intéresse au plus haut point votre pays. Car pour les États, c’est leur puissance économique qui est en jeu : « L’Union européenne évalue entre 3 et 4 % du PIB les coûts directs et indirects de la mauvaise santé mentale sur l’économie », indique en 2009 le rapport du Conseil d’analyse stratégique sur la santé mentale. Invalidité, accidents du travail, absentéisme, baisse de la productivité… Autant d’impacts de la santé psychologique des travailleurs sur l’économie. Le rapport évoque les « nouveaux impératifs de prévention des formes de détresse psychologique et de promotion de la santé mentale positive ou optimale. ». Concrètement ? Il s’agit d’investir dans « le capital humain » des personnes, en dotant « chaque jeune d’un capital personnel », dès la petite enfance. Objectif : que chacun développe très tôt les « compétences clés en matière de santé mentale ». Des « aptitudes qui se révèlent in fine plus adaptées aux demandes du marché du travail », explique le Conseil d’analyse stratégique…

Le travailleur idéal : performant, invulnérable et sûr de lui

Et pour cause : l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit en 1993 ces compétences psychosociales comme « la capacité d’une personne à répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne ». Autrement dit, « être capable de s’adapter aux contraintes sans jamais questionner le bien-fondé ou la justice de la situation, voilà ce qui est attendu de quelqu’un de “normal”, résume Olivier Labouret. Le DSM reflète l’idéal transhumaniste de l’homme que l’on peut programmer et améliorer pour qu’il soit compétitif sur le marché du travail ».

Les patients les mieux « notés » sur l’Échelle d’évaluation globale du fonctionnement du DSM ont « un niveau supérieur de fonctionnement dans une grande variété d’activités »et ne sont « jamais débordés par les problèmes rencontrés ». A la plus grande satisfaction de leur employeur ! « L’homme idéal sous-jacent du DSM est performant, invulnérable et sûr de lui », poursuit le psychiatre. En cela, le DSM traduit une conception évolutionniste de la psychologie : seul l’individu “vulnérable” ou “fragile” n’arrive pas à s’adapter à la réalité socio-économique, puisque la majorité semble y arriver. »

La psychiatrie au service de la productivité ?

Ce normativisme social au service de la productivité économique n’est pas nouveau. Mais la « bible des psychiatres » applique et renforce les normes, de manière systématique et globale. Ses effets sont repérables dans toutes les institutions, bien au-delà de l’hôpital. Aux États-Unis et en Australie, les mutuelles, les tribunaux et les écoles s’y réfèrent pour étayer leurs décisions. Et les gouvernements mènent des politiques de santé publique ciblant des « catégories DSM » de la population.

En France, si le manuel n’a pas encore force de loi, sa présence s’intensifie. « On utilise en France surtout la classification de l’OMS, la Classification internationale des maladies (CIM). Mais celle-ci est quasiment calquée sur le DSM, que la Haute autorité de Santé reconnaît déjà officiellement d’ailleurs, explique Patrick Landman. Le DSM est enseigné dès les premières années de médecine. Tous les généralistes y sont donc formés. « Quant au champ de la recherche, on ne peut pas publier un article si l’on n’utilise pas les codes du DSM. Et les laboratoires, qui financent les formations post-universitaires, ne jurent que par lui. »

La violence du système néo-libéral occultée

Bon nombre de souffrances, difficultés, émotions, traits de caractère ou préférences sexuelles, se retrouvent inscrits dans le DSM, alors qu’ils ne devraient pas relever du champ médical. La grande majorité des praticiens et des patients ne songent pas à questionner le statut de ces « troubles » ainsi officialisés. Ni à remettre en cause les normes sociales qui ont présidé à la formation de ces catégories. Ce sont toujours les êtres humains qui, « inadaptés », souffriraient de « dysfonctionnements ». Ils sont invités à identifier leurs troubles et recourir à un traitement qui leur permettra de rapidement redevenir « fonctionnels »… Notamment sur le marché du travail. Une violence symbolique du système néolibéral, qui se dénie comme telle, du fait de son déplacement dans le champ psychologique et médical, déplore Olivier Labouret. « La pression normative écrasante qui en résulte, désormais occultée, empêche toute possibilité de comprendre et de réformer l’ordre du monde ».

Nous sommes désormais non plus malades, mais « mal ajustés ». Un mot de la psychologie moderne, utilisé plus que tout autre, estime Martin Luther King en 1963 : « Certainement, nous voulons tous éviter une vie mal ajustée , admet-il. Mais il y a certaines choses dans notre pays et dans le monde auxquelles je suis fier d’être mal ajusté (…). Je n’ai pas l’intention de m’ajuster un jour à la ségrégation et à la discrimination. Je n’ai pas l’intention de m’ajuster à la bigoterie religieuse. Je n’ai pas l’intention de m’ajuster à des conditions économiques qui prennent les produits de première nécessité du plus grand nombre pour donner des produits de luxe au petit nombre ».

 

(Sources : groupe pavillon noir)

Notes

[1] Étude de 2011 publiée dans la revue European Neuropsychopharmacology

[2] Lire notamment Jean-Claude St-Onge, Tous fous ?, Ed. Ecosociété, 2013.

[3] Auteur de Tristesse business. Le scandale du DSM 5, éd. Max Milo, 2013.

[4] Auteur de l’ouvrage Le nouvel ordre psychiatrique, éd. Erès, 2012

[5] Son raisonnement est le suivant : pour qu’il y ait maladie, il faut qu’il y ait lésion. De deux choses l’une : soit il y a lésion du cerveau, il s’agit alors d’une maladie du cerveau (même si elle perturbe le comportement, comme l’épilepsie) et non pas de l’esprit. Soit il y a une souffrance mentale mais pas de lésion, alors il ne s’agit pas de maladie.

 

Une expertise publiée au mois d'avril 2006 dénonce des conflits d’intérêts de certains experts du comité du DSM-IV qui ont eu ou ont des liens financiers avec l’industrie pharmaceutique. D'après cette étude, cela concerne un tiers des experts ayant exercé leur activité d'experts au profit de firmes pharmaceutiques.

Depuis une dizaine d'années, la prise de conscience croissante de l’importance de la transparence dans les publications biomédicales se reflète par le nombre croissant de revues médicales qui ont adopté des politiques éditoriales de divulgation de conflit d'intérêt financier et par le soutien recueilli par ces politiques au sein des associations professionnelles. Or, si des conflits d’intérêts financiers peuvent biaiser les résultats d’une étude, il y a tout lieu de croire qu’ils peuvent aussi biaiser les recommandations d’un comité d’experts. Il est avéré que les compagnies pharmaceutiques subventionnent largement les congrès, revues et recherches liés au contenu du DSM, car ce qui y est considéré comme susceptible d’être diagnostiqué a un impact direct sur les ventes des médicaments.

L'expertise a identifié plusieurs catégories d’« intérêts financiers » : avoir perçu des honoraires ou détenir des actions dans une compagnie pharmaceutique, être directeur d’une startup, membres du comité scientifique ou du conseil d’administration d’une entreprise pharmaceutique, être expert pour un litige mettant en cause une compagnie pharmaceutique, détenir un brevet ou un droit d’auteur, avoir reçu des cadeaux d’une compagnie pharmaceutique incluant des voyages, des subventions, des contrats et du matériel de recherche.

Les résultats montrent que parmi les 170 membres des panels du DSM, 95 (56 %) présentaient au moins un des onze types de liens financiers possibles avec une compagnie de l’industrie pharmaceutique. Dans 6 commissions sur 18, des liens avec l’industrie pharmaceutique ont été trouvés chez plus de 80 % des membres. Ces liens concernent 100 % des membres du groupe de travail « Troubles de l’humeur » (n = 8) et du groupe « Schizophrénie et désordres psychotiques » (n = 7), ainsi que 81 % du groupe « Troubles anxieux » (n = 16), 83 % du groupe « Troubles de l’alimentation » (n = 6), 88 % du groupe « Troubles kinesthésiques liés à la prise de médicaments » (n = 8) et 83 % du groupe « Troubles dysphoriques prémenstruels » (n = 6). Parmi les membres répondant aux critères « liens financiers » (n = 95), 76 % avaient bénéficié de subventions de recherche, 40 % de revenus comme consultants, 29 % travaillaient dans la communication, et 25 % recevaient des honoraires d’un autre type. Plus de la moitié des membres ayant un lien financier présentaient plus d’un type de relation financière l’engageant auprès d’une compagnie. Onze membres avaient cinq types de liens.

Étant donné que les catégories de maladies mentales désignées par « Troubles de l’humeur » et « Schizophrénie et autres troubles psychotiques » sont les deux principales catégories pour lesquelles un traitement psychotrope est habituellement proposé, le lien entre le recours au DSM et la consommation des produits des firmes pharmaceutiques est une évidence. Les compagnies pharmaceutiques ont un intérêt direct sur la détermination des troubles mentaux intégrés dans le DSM. La transparence en ce domaine devient cruciale lorsque les liens financiers entre chercheurs et industrie pharmaceutique sont stables et multiples.

Les groupes de travail du DSM présentant les liens avec les industries pharmaceutiques sont ceux qui travaillent dans les champs diagnostiques (e.g. troubles de l’humeur et désordres psychotiques) où l’approche psychopharmacologique constitue le traitement habituel. Le marché des psychotropes étant très rentable, il y a lieu de s'inquiéter, et au minimum d'énoncer une sévère critique à l'égard de certains aspects fonciers de ce manuel de diagnostic. C'est d'autant plus patent comme conclusion que, par exemple, les antidépresseurs et les neuroleptiques totalisent respectivement des ventes annuelles d'environ 20,3 et 14,1 milliards $. Autre exemple, le marché porteur des neuroleptiques se décline en termes de vente avoisinant 8,5 milliards dollars (18,7 milliards prévus pour 2007).

 

(Sources : Wikipedia)

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 19:05

Petit florilège des slogans du crédit lyonnais au cours de ces vingt dernières années : Le pouvoir de dire oui (Début des années 1990), Votre banque vous doit des comptes (1994), Aujourd’hui, qui peut se passer d’une bonne banque ?” (2003)… celui de 2012, toujours en cours, mérite aussi qu’on s’y attarde : Demandez plus à votre banque(2012).

 

Arrêter de discriminer les jeunes et les migrant-e-s, en voilà une idée !

 

Les propos “ maladroits ” du directeur régional du Crédit Lyonnais en Poitou-Charentes, tenus en marge d’une réunion paritaire, ont ému la CGT.

Il faut arrêter d’ouvrir des comptes aux Blacks à Poitiers.

La phrase a été lâchée par le directeur régional du Crédit Lyonnais (LCL) en Poitou-Charentes, Olivier Chasseriaud. C’était le 24 septembre dernier, en marge d’une réunion du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail). Elle n’a pas été rapportée dans le compte rendu de la réunion. Mais elle a ému la représentante de la CGT, qui a alerté ses cadres.

“ Une expression tout à fait inappropriée ”, reconnaît le directeur

En décembre, le délégué syndical national CGT, Jean-Philippe Lambs, s’est fendu d’un courrier au banquier poitevin pour lui demander des explications. La réponse est arrivée le 14 janvier. En préambule, Olivier Chasseriaud s’y dit personnellement étranger à toute forme de racisme et d’intolérance, mais confirme qu’il a employé « avec une totale maladresse, une expression tout à fait inappropriée ». Sur la forme, le directeur régional rappelle qu’il s’agissait « d’une discussion à bâtons rompus ». Sur le fond, il explique que la discussion portait sur l’ouverture de comptes bancaires aux étudiants étrangers qui ne restent que quelques mois sur le territoire français, ce qui représente « la majorité des ouvertures de comptes sur Poitiers ». Une situation qui lui pose une double problématique : « L’exposition au risque de contrepartie et l’impact en matière de PNB pour notre établissement ». Il ajoute que le fait que les étudiants d’origine africaine soient nombreux à Poitiers l’a conduit à prononcer cette phrase. Et assure « qu’elle ne recouvre aucune démarche discriminatoire de ma part ».

Une plainte au pénal ?

Joint au téléphone, l’intéressé n’a pas souhaité nous en dire plus : « On s’est expliqué, ça s’est solutionné. » Sauf que la CGT ne veut pas en rester là. Dans un tract diffusé auprès des salariés de LCL pour le Sud-Ouest, le syndicat remet en cause la politique commerciale de l’entreprise envers les étudiants. Le « dérapage du DR » ne serait que la conséquence d’une recherche toujours plus forte de profits : « S’il faut écarter les étudiants étrangers, alors il faut revoir les objectifs qui ont été donnés aux commerciaux. » Sur un autre terrain, à Poitiers, le secrétaire de la CGT du Crédit Lyonnais, Alain Bozier, compte quant à lui saisir le procureur de la République pour dénoncer « des propos discriminatoires ».

à chaud

La direction parisienne de LCL reconnaît « le propos maladroit » de son directeur régional. Chargé des relations avec la presse, Olivier Tassain explique le contexte : « Une agence du périmètre (NDLR : à Poitiers, donc) a été victime de plusieurs découverts qui n’ont pas été régularisés, sur des comptes d’étudiants étrangers qui avaient quitté la France. Aucune consigne discriminatoire n’a été donnée, mais nous avons décidé d’être plus attentifs aux ouvertures des comptes. Quand on ferme des comptes à perte, ça pénalise tous nos clients au final. »

En savoir plus

Peut-on refuser d’ouvrir un compte ?

La législation est claire. Toute banque peut refuser d’ouvrir un compte sans avoir à se justifier. En revanche, elle doit informer le demandeur de la possibilité de saisir la Banque de France pour bénéficier de la procédure « droit au compte ». La Banque de France peut ensuite contraindre un établissement bancaire à ouvrir un compte muni des services bancaires de base, notamment une carte à autorisation systématique.

Sources : Nouvelle République, Pavillon Noir

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 20:21

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Léo vit dans une petite ville nichée dans la montagne. C’est un artiste à part entière. Il ne vit pas de son art. Il compose et écrit. La musique et l’écriture sont ses passions. Il a une vingtaine d’années et ce qui le caractérise de ses pairs est qu'il n'est pas esclave de cette société. A dire vrai, il n'en connaît pas les règles et ne s’en soucie guère. C'est un être doué parmi d’autres qui ne se réclame pas en tant que tel mais qui évolue tant dans sa quête de devenir, qu’il s’élève bien souvent face à ses semblables. Sans le savoir et encore moins sans y songer. Il se contente de suivre la voie qu’il s’est tracé. 

Il vient souvent dans ce supermarché. Il se contente de peu. Il évolue entre les rayons attrapant au passage uniquement ce dont il a réellement besoin pour les faire disparaître dans son sac à dos. Une fois ravitaillé, il se dirige vers la sortie sans passer par la caisse. Personne ne l’en empêche. Jamais. Pourtant, aujourd’hui :
« S’il vous plaît ! », crie une jeune femme dans son dos. 
Il se retourne tandis qu’il s’apprêtait à rejoindre le tourniquet qui, une fois avoir happé les clients, les recrache au-dehors d’une poussée sournoise, une fois leurs achats accomplis. 
La jeune femme se rapproche de lui. Elle lui tend un billet tout en affichant un timide sourire :
« Vous avez perdu ça. »
Il lui rend son sourire, s’empare du morceau de papier et la remercie. Il se retourne vers la sortie, laissant la jeune femme quelque peu désappointée. 
« S’il vous plaît ! » lance-t-elle encore. 
Il s’immobilise et se retourne une fois de plus. Il découvre la jeune femme. Il la trouve jolie. Et la douceur qu’il décèle dans son regard ne le laisse pas indifférent. C’est curieux. D’ordinaire il ne se prête jamais à ce genre de réflexion.
« Je… Je vous vois souvent et heu… Enfin, est-ce que ça vous dirait de partager un repas avec moi ou juste boire un café ? » La jeune femme se triture les mains. Tiens donc, pourquoi fait-elle ça, se demande-t-il. 
« Oui, bien sûr. Vos mains vous font souffrir ? », s’inquiète-t-il.
Elle reste suspendue un moment à ses lèvres, les sourcils froncés. Puis :
« Heu… non, non ! Pas du tout ! ». Elle égrène un rire nerveux, « Je… enfin, je n’ai pas pris conscience de mon geste. C’est sans doute nerveux. ». 
« D’accord. Alors à bientôt. » dit-il, et se tourne vers la sortie. 
« Mais où et quand ? » demande-t-elle et elle ajoute dans un sourire : « Je m’appelle Zoé. »
« Où et quand… », répète-t-il, « Chez moi, je dirais et moi c’est Léo. ».
Il lui indique où il vit et prend congé d’elle sans lui donner de date. Elle reste là, perplexe. « Quelle étrange personne », se dit-elle.

Lui rejoint son antre. Il n’exulte pas. Cette jeune femme a réussi à l’interpeller mais il ne se pose pas de question. Il ne voit là qu’une certaine forme de communication avec cet autre monde qu’il ne connaît pas. Ce monde dont il ne fait pas partie. Il a l’impression qu’elle a fait naufrage. Et de là, s’inscrit dans un schéma. Il peut soit la guider, soit la perdre. Il sait qu’il n’est pas fou. Pourtant c’est ce qu’on pourrait penser de lui ici. Du moins pour ceux qui peuvent l’entrevoir. Mais ceux-là rien que par le fait qu’ils puissent l’entrevoir, sont déjà dans son monde. Ce qui est positif. Cette jeune femme a jeté un regard sur lui. C’est qu’elle fait partie de son monde. Sa demande le prouve. Il sourit. 

Il s’installe devant son ordinateur après moult pas effectués autour de la table de sa cuisine et se lance dans une série d’écritures. La nuit approche. Il est toujours en train d’écrire, pianotant inlassablement sur les touches. De temps en temps, il se lève et poursuit sa ronde. L’air au-dehors, les étoiles, le spectre blanc de la lune l’inspirent. Tout est silence et si beau. Tout se confond en une espèce de vase clos. Son univers. Ce qu’il veut s’est se surpasser. Toujours. Devenir qui il est, faire ce que lui seul peut faire. Nietzsche n’est jamais loin. Il martèle dans sa tête ses concepts. Et Léo s’en nourrit, affamé.

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 19:38

Des années que le Collectif national de résistance à Base Elèves (CNRBE) se bat contre le fichage à l’école. Ou comment on flique le marmot d’aujourd’hui pour mieux calibrer le prolo de demain.

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(Source : CQFD)

Petit rappel : Un système d’une “complexité absurde”. Voilà comment Vincent Peillon qualifie le livret personnel de compétences (LPC), dans une interview accordée au site spécialisé Le café pédagogique.Le ministre de l'Education nationale se garde pourtant bien d'abroger cet outil d'évaluation de normes, règles et compétences que doivent acquérir chaque élève de la maternelle jusqu'au collège. "Nous devons le transformer et transformer son évaluation – la concertation se penche sur ce sujet. A titre transitoire, j’ai demandé pour cette année que l’on prépare un livret de connaissances et de compétences largement simplifié, qui ne soit pas un casse-tête stérile pour les professeurs", explique ainsi le ministre. (lhumanite.fr, le 7 septembre 2012)


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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 18:40

L’annonce du président de la République d’inclure l’entrepreneuriat dans l’enseignement du collège au lycée soulève fronde et stupeur au sein de l’éducation nationale. Retrouvez notre table ronde avec Bertrand Geay, sociologue et professeur en sciences de l’éducation, Christian Poyau, président de la fondation Croissance responsable et PDG de Micropole et Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU.

« Stimuler l’esprit d’entreprise dans notre pays, c’est d’abord le rôle de l’école », déclarait François Hollande, le 29 avril, lors de la clôture des assises de l’entrepreneuriat. La dogmatique patronale dans les programmes scolaires ? Le monde de l’éducation n’en revient pas. Comment conjuguer les valeurs de la morale laïque, de l’égalité, de la justice, de la solidarité, de la citoyenneté, avec « l’esprit d’entreprise », la concurrence, la course au profit, l’individualisme ? Décidément, le président de la République a la mémoire courte. Pas nous. On se souvient de son allocution d’investiture, sous les auspices de Jules Ferry, qui avertissait déjà le 4 août 1879 : « Dans une société démocratique, surtout, il est de la plus haute importance de ne pas livrer les études aux entreprises de l’industrialisme, aux caprices des intérêts à courte vue (...). »

 

Que pensez-vous d’inclure un programme sur l’entrepreneuriat dans l’enseignement, de la sixième à la terminale, comme le préconise le président de la République, François Hollande ?

Bertrand Geay. Je me demande de quel esprit perturbé de conseiller en communication a pu sortir une idée aussi stupide. L’entrepreneuriat constitue-t-il un champ de savoirs qui nécessite la prise de distance et l’approche méthodique qui sont le propre de la connaissance scolaire ? Nos élèves sont-ils en difficulté car il leur manque « l’esprit d’entreprise » ? On voit bien qu’il ne s’agit là que d’une proposition vide de sens et qui n’a d’autre but que de se montrer sympathique envers les représentants patronaux des entreprises. On en voit bien les ressorts politiques. On peut se demander jusqu’où ira la surenchère. Par ailleurs, ce type de sortie est particulièrement dommageable pour la réorientation de la politique scolaire en matière de programmes. L’idée d’imposer comme cela un nouveau programme est absolument l’inverse de ce qui devrait être la priorité : repenser l’unité et la progressivité des programmes, sur la base d’un débat démocratique, et en prenant appui sur une institution d’arbitrage collégiale et indépendante, comme le ministre Vincent Peillon dit vouloir le faire.

Christian Poyau. Les mesures annoncées par le président de la République, la semaine dernière, vont dans le bon sens. Il est en effet indispensable de stimuler « l’esprit d’entreprise » chez les jeunes, et plus largement auprès des acteurs du monde éducatif. C’est ce que fait la fondation Croissance responsable en proposant des stages de découverte de trois jours aux enseignants de collège et lycée ainsi qu’aux conseillers d’orientation. C’est par des expériences concrètes (stages d’élèves et d’enseignants, visites d’entreprises, témoignages d’entrepreneurs) que l’on pourra faire tomber les appréhensions de part et d’autre. Je suis convaincu de l’importance d’instaurer ce dialogue entre l’école et l’entreprise, non pas pour dire que l’entreprise est un monde merveilleux mais pour favoriser une meilleure compréhension mutuelle, et développer cette culture entrepreneuriale qui doit être encore plus développée dans notre pays. Il faut donner aux jeunes générations le plus possible de moyens pour mieux connaître le monde économique, l’entreprise, les métiers, et ce afin de leur permettre de faire les bons choix professionnels et d’aider ceux qui le souhaitent à créer un jour leur propre entreprise.

Frédérique Rolet. Je pense que cette proposition présidentielle est davantage destinée à délivrer un message politique au monde de l’entreprise qu’au monde éducatif. Car nous possédons déjà, dans la loi de refondation, l’idée d’un parcours d’orientation, d’information et de découverte des métiers. Il faut bien sûr attendre de connaître le contenu de ce programme. Il peut avoir un intérêt s’il permet de mieux faire connaître la diversité des métiers, mais s’il consiste à inculquer aux jeunes l’idée que tout le monde peut devenir entrepreneur et que l’entreprise est le seul vecteur de richesse et d’apport au pays, c’est très idéologique et ça peut donner lieu à des dérives. Cela peut aussi ouvrir la porte à des tentatives du monde patronale, qui existent déjà d’ailleurs, pour revisiter les programmes de sciences économiques et sociales en minorant la part des sciences sociales, par exemple…

Est-ce nouveau, étonnant, voire surprenant qu’un président socialiste souhaite le rapprochement entre l’école et le monde de l’entreprise ?

Bertrand Geay. Non, mais sous cette forme et avec cette brutalité, sans doute. On a un peu l’impression que, décidément, beaucoup de digues ont été rompues ces dernières années. L’axe classique du discours sur le rapprochement école-entreprise, c’est celui de « l’ouverture aux réalités », de la « professionnalisation ». Un discours qui a d’abord concerné l’enseignement professionnel, qui a justifié le développement des stages aux différents niveaux du système d’enseignement et qui est devenu l’un des principaux aspects de la nouvelle doxa politique s’appliquant aux universités. Mais là, il s’agit un peu d’autre chose. Il s’agirait, semble-t-il, de généraliser ces expériences et de les orienter vers l’inculcation de « l’esprit d’entreprise ». S’agirait-il de développer l’esprit d’initiative, la prise de responsabilité des élèves, qui leur serait plus tard utile pour exercer leur rôle de citoyen et être innovant dans la vie économique et sociale : ce serait très bien ! Mais la notion « d’esprit d’entreprise » suggère plutôt qu’il s’agirait de développer les capacités à diriger une entreprise, à trouver sa place dans la lutte marchande ou, pour ceux qui ne seront pas dirigeants, de développer la soumission aux exigences managériales de l’entreprise capitaliste contemporaine.

Christian Poyau. Cette idée de rapprochement est clairement apolitique ! Dire qu’il faut favoriser davantage le rapprochement entre l’école et l’entreprise est simplement un discours réaliste. Sortons des clivages politiques, la situation économique et sociale actuelle l’exige ! Notre pays a besoin de retrouver la croissance et cela passera indéniablement par le développement de nos entreprises pour créer des emplois.

Frédérique Rolet. Nous avions déjà eu le même genre de programme proposé par Luc Châtel, ancien ministre UMP de l’Éducation. Il est donc un peu étonnant que ce soit un président socialiste qui fasse cette proposition. Juste un exemple. Il existe beaucoup de confusion concernant la problématique du chômage qui préoccupe le gouvernement : le chômage ne découle pas d’une ignorance des jeunes sur ce qu’est l’entreprise ou d’une réticence par rapport au travail. C’est essentiellement le manque d’emplois, le manque de possibilités offertes aux jeunes de commencer par des CDI, des parcours très précaires, une multiplicité de CDD, de stages, un manque de confiance envers eux qui créent le chômage. Je pense donc que cette proposition du président est une mauvaise façon d’aborder la problématique de l’emploi des jeunes.

 

Aujourd’hui cette question de la place de l’entreprise est-elle suffisamment prise en compte dans l’enseignement, et comment doit-elle l’être ?

 Christian Poyau. Il existe de nombreuses initiatives pour faire connaître l’entreprise aux jeunes. Mais, selon les études, seulement un jeune sur douze au cours de ses études secondaires générales a été sensibilisé au moins une fois à la création d’entreprise. C’est peu ! La mission de l’école est certes de transmettre des savoirs et de former des citoyens, mais elle doit aussi préparer les jeunes au marché du travail et stimuler l’envie d’entreprendre. Il est donc utile et nécessaire qu’il existe une communication la meilleure possible entre le monde de l’enseignement et le monde de l’entreprise. C’est pour cette raison, qu’il nous semble indispensable, en plus des mesures annoncées par François Hollande, de permettre également aux enseignants de vivre une expérience concrète en entreprise. C’est important pour eux aussi car cela leur permettra d’aider leurs élèves à s’orienter et de les guider dans leur parcours. Depuis 2012, la fondation Croissance responsable, en partenariat avec les académies d’Île-de-France, propose aux professeurs de collège et de lycée ainsi qu’aux conseillers d’orientation des stages de découverte. Près de 80 enseignants sont actuellement en stage pour la session de printemps 2013 au sein d’entreprises de différentes tailles et dans plusieurs secteurs d’activité.

Bertrand Geay. Lorsque l’on parle de l’entreprise, ou du monde de l’entreprise, on ne parle plus de la même chose que lorsqu’on en appelle au développement de « l’esprit d’entreprise ». La connaissance pratique et théorique du monde économique et social, la découverte des métiers et des savoir-faire techniques et professionnels devraient trouver une place plus importante dans les programmes, à tous les niveaux du système d’enseignement. Et dans la mesure où il faudrait veiller à éviter toute dérive scolastique de ce type d’enseignement, le contact avec les réalités pratiques de la vie en entreprise pourrait, ici ou là, trouver sa place, à deux conditions : être inséré dans des séquences d’apprentissage qui lui donne une véritable utilité, découvrir les collectifs de travail sous toutes leurs facettes. Intégrer de tels enseignements au curriculum commun contribuerait à briser la hiérarchisation actuelle entre savoirs professionnels et savoirs généralistes. Cela devrait jouer un rôle central dans la réflexion à conduire pour la définition d’une véritable école commune, de trois à dix-huit ans.

Frédérique Rolet. Si l’idée est de montrer que l’entreprise peut offrir différents types de métiers, du cadre au technicien en passant par l’ouvrier, dans le cadre du parcours de découverte des métiers, d’illustrer les évolutions de certains secteurs, pourquoi pas ? Mais n’oublions pas qu’il n’y a pas que l’entreprise, il y a aussi tous les métiers du secteur public, par exemple. Ne mythifions donc pas l’entreprise ! Puis, quand on travaille sur l’entreprise dans les programmes de sciences économiques et sociales, notamment, c’est aussi pour montrer les conflits sociaux qui existent et ne sauraient être minimisés, le déséquilibre dans la répartition de la valeur ajoutée.

 

Est-il urgent de promouvoir « l’esprit de l’entreprise », selon les mots du président ? Est-ce le rôle de l’école ?

 Frédérique Rolet. C’est vraiment une fausse entrée de vouloir promouvoir « l’esprit d’entreprise ». Si le président veut construire chez les jeunes un sens de l’autonomie, leur donner les outils à la fois intellectuels et civiques pour pouvoir travailler, pourquoi pas, mais s’il considère que les enseignants doivent développer chez leurs élèves l’individualisme, la concurrence, avec pour finalité essentielle de faire un maximum de profits à l’avenir, ce n’est évidemment pas le rôle de l’école. Ce serait le contraire des valeurs promues dans le cadre de la morale laïque telles que la solidarité, l’égalité et l’esprit de justice.

Christian Poyau. Développer l’esprit d’entreprendre chez les jeunes est essentiel pour retrouver et maintenir la croissance de demain, créer des emplois et participer à la cohésion sociale de notre pays. Et l’école reste le principal lieu des apprentissages, avec la famille. Alors pourquoi ne pas favoriser cette envie d’entreprendre dès l’école ? Chacun fera ensuite les choix qui lui correspondent.

Bertrand Geay. Promouvoir « l’esprit de l’entreprise » est un aveu terrible. C’est sans y prendre garde promouvoir les intérêts d’une classe particulière, celle en l’occurrence qui dirige l’économie. Ou pour être plus rigoureux, c’est un discours bien fait pour unifier les vues sur l’école du petit et du grand patronat. Car cela ne correspond ni aux besoins de l’économie réelle ni aux attentes de la société. On se demande bien où est l’urgence pour un gouvernement de gauche. L’urgence, ce serait surtout de redonner à l’école son efficacité et son crédit, en particulier pour les classes populaires, et ce serait d’arrêter de désespérer le Billancourt enseignant. Une réflexion sur les savoirs, sur leur accessibilité, sur les conditions de leur transmission et sur leur signification sociale pourrait largement contribuer à engager une politique qui redonnerait un cap progressiste à l’école. Il serait temps de s’y mettre.

(Source : lhumanite.fr)


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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 18:26

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Suite à une étude et des témoignages relatifs aux problèmes des employés des plateformes téléphoniques, il a paru nécessaire d’avoir l’avis d’un syndicat très actif dans la défense des droits et conditions de travail des téléopérateurs, conseillers téléphoniques et techniciens conseils sur les plateformes. C’est donc suite à un entretien de près de quatre heures, qu’a été réalisé ce compte rendu sur l’action syndicale, les combats, les revendications et les dessous des méthodes employées par un secteur d’activité assez récent et qui sert de laboratoire aux expériences ultra-libérales de traitement des salariés. C’est dans les locaux de SUD-Solidaire Villeneuve d’Ascq que s’est déroulé l’entretien ….


Première constatation, le taux de syndicalisation au sein des centres d’appels est bien inférieur au taux courant de syndicalisation dans les entreprises qui se situe lui autour de 5%. L’action de syndicalisation dans les centres d’appels a notamment été lancée par le syndicat SUD-Solidaires il y a 11 ans chez B2S. SUD n’a cessé depuis de se développer au sein des diverses plateformes jusqu’à être aujourd’hui un des plus actifs au niveau des revendications et luttes, et le plus en contact direct avec les employés et leurs attentes et combats.

L’action syndicale dans les centres d’appels :

Elle se partage entre les grandes centrales habituelles, mais avec des positions, des actions, des combats menés de façon différentes et avec des objectifs plus ou moins atteints selon les syndicats. Les cinq confédérations les plus représentatives se « partagent » les voix lors du vote pour l’élection des comités d’entreprise. La CGT représente 26,5%, la CFDT 26%, Force Ouvrière obtient 15,4% des voix, la CFTC 9,8% et enfin la CGC 9%. Quand à l’UDSAD, elle recueille 4,3% et l’union syndicale Solidaires obtient 3,4%.
Aux élections d’avril 2012 SUD récolte 19% des voix et se retrouve numéro un au plan national avec un pic de 65% des voix sur Villeneuve d’Ascq et 20% pour les entités commerciales. Ce qui lui procure 5 sièges de délégués du personnel sur 6 au total. Mais ces élections sont annulées par la direction suite à la présence de deux listes CGT concurrentes, problème hautement procédural et non forcément invalidant pour les élections. L’entreprise se retrouve donc sans comité d’entreprise pour les employés, mais celui des cadres a lui été entériné. En septembre, lors du vote pour les agents de maitrise et les employés, SUD obtient 77% des voix, donc trois sièges au comité d’entreprise, et l’on acte alors la disparition de FO et la régression de la CGT.
Le télémercating est un secteur en contraction. Cela est dû au turnover constant et à la petite taille des divers plateaux et qui compte 250 000 emploi dont 25 000 pour le seul Nord Pas-de-Calais. Téléperformance par exemple, est passé de 8700 employés au premier janvier 2009 à moins de 4500 au 31 décembre 2012 (fermeture, plans sociaux, départ volontaire, attrition naturelle)

Conventions collectives : une arme libérale ou une défense des employés ?
Il existe deux conventions collectives qui couvrent les plateaux d’appels téléphoniques, les conventions « syntec bureau d’étude » et les conventions « prestataires de service ».
Depuis le « décret Devedjan » en 2002, les conventions collectives des plateformes téléphoniques sont celles des « prestataires de services ». Mais une entreprise a le droit de changer de conventions collectives en fonction de son activité principale, sous un délai de 15 mois. Du reste, les conventions « Syntec Bureau d’études » restent des conventions de référence, mais ne sont pas obligatoires.
Au niveau de la représentation pour les conventions collectives, la convention « syntec bureau d’étude » récolte 2,9% des voix, mais la convention « prestataires de service » dépasse le seuil représentatif avec 8,1% des voix, notamment grâce à Téléperformance Nord.
TP avait donc décidé de passer de « syntec bureau d’études » à « prestataire de services » mais suite au non-respect du délai administratif de 15 mois, ce passage a été attaqué par les syndicats. Ces derniers ont été déboutés en appel, et il fut alors question d’aller en cassation. D’après SUD, le danger résidait dans le fait que les décisions prises en cassation font jurisprudence, il ne fallait pas risquer de perdre encore lors de ce procès. Pourtant FO s’est pourvu seul en cassation, et fut débouté.
Dorénavant, un employeur peut ne pas respecter les règles sur les délais de passage entre conventions collectives puisque la convention collective des « prestataires de service » l’a permis face à la loi !

Combat syndical : l’exemple de Téléperformance
Lors du rachat de Techcity solutions et Twenty4help par Téléperformance, un problème de convergence des statuts des employés s’est posé. Les anciens de Techcity Solutions se sont retrouvés dans un système fermé d’évolution de carrière et de revenu avec la disparition de leur statut lié à l’ancienne entreprise, les privant des dispositifs de l’accord Classification/Fonctions, et instaurant donc une discrimination. D’autre part, a été mise en place une nouvelle grille de convention afin de bloquer, voire baisser les salaires.
Ainsi, les nouvelles embauches se font sur la base de « conseiller clientèle » et non de technicien. Pourtant, les compétences demandées sont très techniques, et on confie donc des missions qui réclament des compétences plus pointues sans les payer à leur valeur. Cette problématique a pourtant été validée par trois syndicats le 8 avril 2010 ( CGC, CFDT, CFTC) qui reconnaît de fait la disparition des techniciens afin de faire baisser les salaires. Pourtant, le conseiller simple, de niveau 1, qui n’a pas besoin du même niveau d’expertise que les niveaux 2 et 3 voit son salaire rattraper celui des deux autres niveaux, et voient tout trois le niveau du smic les rejoindre. Cette classification de fonctions n’a pas été signée par la CGT et FO, mais ces deux centrales n’ont pas voulu rejoindre SUD-Solidaires dans son combat juridique. En effet, selon lui, il faut revendiquer une grille de postes à deux niveaux, conseillers ET techniciens.
L’objectif de cette déqualification est entre autre de pouvoir faire pression sur les salariés en brandissant des menaces de départ en Europe du Sud, voire de délocaliser au Maghreb ou ailleurs.
En plus des baisses ou pertes de salaires, les avantages perdus sont énormes …
Perte de la mutuelle prise en charge à 100% descendue à 60%, disparition de la participation aux bénéfices, fin de l’épargne salariale, perte de la prime de vacances, du jour anniversaire, de la participation à la cotisation retraite. Le 13ème mois est maintenant obtenu dans son intégralité après trois ans pleins (taux progressif avant d’atteindre cette durée), et le bénéfice des tickets restaurants s’obtient après six mois d’ancienneté.
Quelques avancées ont quand même été obtenues. Une grille de classification sur dix ans a été obtenue, ce qui permettra une évolutivité positive des salaires. Et une table ronde est prévue, qui mettra face à face les centres d’appels, les donneurs d’ordre, les syndicats et le gouvernement pour mettre à plat les problématiques spécifiques à l’activité.
Pourtant aujourd’hui, des « conseillers techniciens » préfèrent retrouver un poste de téléconseiller de base, car pour un salaire équivalent, leurs compétences leur permettent d’obtenir plus facilement les primes, et leur expérience leur rend le travail plus facile. Pourtant SUD n’est pas contre la polyvalence des postes, mais réclame qu’elle se situe dans une grille de salaire revalorisée, compte tenu de la multi-compétences.

Autre combat : déshumanisation en marche
Une autre action syndicale menée sur le site de Villeneuve d’Ascq, est le barrage sur l’organisation du travail par le Comité Central d’Entreprise. Au niveau des outils d’exploitation des appels et du temps de travail, l’entreprise a voulu expérimenter deux outils numériques, IEX (gestion des horaires, des pauses, des jours ouvrés…) et CCMS (automatisation des tâches, protocoles, scénarios…). Le CHSCT (Comité Hygiène Sécurité Conditions de Travail) observe alors que la planification des horaires, des pauses réglementaires via le logiciel ne respectent pas les accords d’entreprise sur le temps de travail.
Les horaires journaliers et hebdomadaires sont bouleversés, les pauses repas s’opèrent à des moments inadéquats avec des risques sur la santé, selon le rapport ISAST (Intervention Sociale & Alternative Santé au Travail) de 2010. La direction réfute pourtant ces arguments …
Pourtant, deux cabinets d’expertises indépendants de Lille et Lyon confortent les rapports de l’ISAST, et TP est condamnée à cesser l’expérimentation de cette gestion déshumanisée, avec une astreinte de 500€/jour en cas de non-respect de cessation.
Cependant, lors de l’élection du nouveau CHSCT en juin 2011 pour fin de mandature, dans des conditions très opaques, cette expérimentation est entérinée par les syndicats CFE/CGC, CFTC, FO. En juillet, SUD attaque TP pour fraude au scrutin, et TP se retrouve condamné le 15 novembre à procéder à de nouvelles élections. Mais dans l’intervalle, le CHSCT avait validé l’expérimentation de deux logiciels. Toutes les décisions prises par l’ancien CHSCT invalidé par la loi restent valides.
Petite consolation, après les élections d’octobre 2012, l’entreprise annonce une planification sociale qui met en place des horaires fixes à la semaine, avec des amplitudes de 7 heures par jour. Mais les pauses pathogènes restent planifiées par le logiciel, avec les conséquences que l’on connaît.

Des actions et des revendications :
Lors de l’été 2010 les syndicats non signataires ont mis en place diverses actions afin de faire pression sur les décisions restrictives mises en place par la direction avec l’accord des syndicats dits « majoritaires »
L’objectif n’était pas de faire tomber les accords, car certains points proposés représentaient une avancée non négligeable. L’objectif était donc de réfuter certaines dispositions
- L’accord « classification fonction » était considéré comme discriminatoire par rapport à la population des techniciens, car il ne respectait pas le fondamental « à travail égal, salaire égal ».
- Les accords sur la mise en place de parcours professionnalisant n’étaient pas respectés, bien qu’il aient été validés en juillet 2010 et mis tardivement en route en 2011. Une première audience a donc eu lieu à l’été 2012 au TGi de paris, et une autre audience est prévue en juillet 2013, mais cette fois ci sur ce sujet.
- L’aménagement du temps de travail est lui aussi en point de mire. Il s’agit là de faire tomber les dispositions néfastes, telle la « pause nutella bière », temps de repas imposé à des heures non conformes aux rythmes biologiques naturels qui ont un impact pathologique sur les employés.
- Des actions par débrayages sont mises en place. Actions concertées et revendicatrices, ces débrayages s’opèrent à des moments précis afin de perturber l’activité de l’entreprise.
- Action en novembre 2011 rue neuve à Lille, devant les locaux d’Orange et SFT. Les salariés masqués distribuent des tracts. Réaction de l’entreprise qui sanctionne les membres « reconnus » par l’intermédiaire du CHSCT. Le jugement du prud’homme est attendu en mai 2013.
- Dossier déposés au Prud’hommes avec l’aide des avocats du syndicat.
- Mises en cause de certaines dispositions sur les accords d’entreprise du 8 avril 2010, reconduits par la nouvelle société TP née le 1er janvier 2012

A l’étranger les syndicats se battent aussi :
En Tunisie, après de longues grèves très suivies, l’occupation de locaux et des grèves de la faim, l’UGTT (syndicat Tunisien) a obtenu des avances notables.
- Augmentations annuelles à l’ancienneté pendant au moins 13 ans
- réintégration des 15 nouveaux embauchés, virés pour « faute » de grève.
- Révision par la direction des licenciements de trois agents de maîtrises solidaires de la grève, par un conseil de discipline « paritaire ».
- Révision prochaine de la classification professionnelle, définition des métiers et révision de la grille des salaires.
Cette avancée sociale a des effets moteur sur les discussions syndicales et patronales au Maroc et en France. C’est cette solidarité internationale des syndicats qui permet d’harmoniser les revendications et de généraliser les avancées sociales et salariales au sein des différents pays qui abritent les multiples plates-formes.

Conclusion : l’avenir des plates-formes téléphoniques
SUD estime que d’ici 2016, il n’y aura plus de « postes clientèle » en France. La tendance est de gérer les appels par une machinisation des réponses, dans le genre d’un service vocal interactif. Selon le discours de la direction, les scripts résolvent tous les problèmes, nul besoin d’intervention humaine pour cela.
Autre cause invoquée, le développement du télétravail à domicile est promu par les centres d’appel, qui met en place des normes précises chez les particuliers qui effectueront cette tâche : Pièce dédiée obligatoire, et caméra de surveillance reliée à un central de contrôle.
Et bien sûr, la délocalisation des centres vers l’Europe du sud ou de pays à faible coût de main d’œuvre, en plus de servir de moyen de pression aux revendications est une option de rentabilisation financière largement envisagée par ce type d’entreprise.
On a donc complètement quitté la logique de service pour mettre en œuvre uniquement la logique de profit avant tout.
L’idéologie ultra-libérale a donc aussi fait son nid dans ce secteur d’activité, assez nouveau pour permettre toutes les tentatives de fonctionnement antisocial, antisyndicale, anti-salariale.
Seules les actions concertées au niveau national et international des travailleurs et avec l’aide des syndicats pourra permettre de maintenir un niveau humainement supportable, tant dans les rémunérations que dans les conditions de travail.

(source : DEMAGOCRATIE.FR)

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 15:25

 

Barbie en mode trash : la photographe Mariel Clayton nous fait sourire

Que sait-on vraiment de Barbie finalement ? Que son mec s’appelle Ken, que ses mensurations sont en réalité inhumaines.

Elle a l’air neuneu comme ça, Barbie. Et si une fois la porte de chez elle refermée, elle collectionnait les têtes de ses amants ? Et si elle aimait sodomiser son partenaire avec un gode-ceinture ? Et si elle avait des envies suicidaires ?


Barbie et Ken jouent avec un gode-ceinture (Mariel Clayton)

Pour notre plus grand plaisir, la photographe Mariel Clayton s’amuse à détourner l’icône de la Barbie. Elle joue avec les clichés qu’on attend d’elle et lui imagine des vies tumultueuses.

A nos confrères de Brain Magazine, la photographe expliquait qu’elle ne se considérait absolument pas comme une féministe mais qu’elle était pour l’égalité :

« Aujourd’hui, il y a tellement de séries télé, d’images qui montrent des femmes “casse-c*******” et salopes, qu’aujourd’hui pour montrer que nous, femmes, on est libérées et indépendantes, on doit apparaître comme rudes et lascives à la fois.

C’est surtout un moyen de tourner en dérision cette nouvelle idée de la “femme idéale” qui veut que les femmes se comportent d’une certaine façon au détriment des hommes. Ce n’est pas représentatif ni de moi-même, ni de quiconque de mon entourage. »

Mariel Clayton nous a gentiment autorisés à reproduire ici quelques unes des ces œuvres. Nous l’en remercions. Et bon voyage au pays merveilleux de Barbie !


Barbie et Ken regardent la télé (Mariel Clayton)


Barbie et Ken, le jour de leur mariage (Mariel Clayton)


Barbie fait des avances à Ken (Mariel Clayton)


Barbie fait une fellation à Ken (Mariel Clayton)


Barbie, heureuse, en pleine scène de meurtre (Mariel Clayton)


Ken fait un cunnilingus à Barbie (Mariel Clayton)


Une Barbie suicidée (Mariel Clayton)


Barbie photographie Ken en petite tenue (Mariel Clayton)


Barbie effraie Ken (Mariel Clayton)

(source : rue89)


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