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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 20:06

(2 éclairages : Bruno Suchaut, Claire Leconte)

 

B. Suchaut : Pour une nouvelle organisation du temps scolaire. (cafepedagogique.net , juillet 2012)

Bruno Suchaut, actuellement directeur de l'Unité de recherche pour le pilotage des systèmes pédagogiques (URSP), propose une autre organisation du temps scolaire au primaire qui optimise à la fois la qualité du temps scolaire et réduise le coût du temps périscolaire.

L'étude " vise avec une approche très pragmatique, à s’interroger sur un schéma d’organisation du temps qui intègre les différents aspects liés à ce questionnement qui nous semblent indispensables et qui dépassent la seule dimension des rythmes de l’enfant pour cibler, de manière plus générale, l’amélioration du fonctionnement de l’école primaire".

Elle se propose " d’améliorer l’usage du temps d’enseignement avec l’idée de préférer la qualité à la quantité" et de mieux articuler le temps d'enseignement et le temps du périscolaire.

Pour cela B Suchaut propose de diminuer d'une heure le temps d'enseignement et de le ramener à 23 h hebdomadaires pour les élèves au lieu de 24 mais mieux situées. La tranche horaire 12-15h serait réservée au repas et à du parascolaire. Les enseignants utiliseraient cette heure pour du travail en équipe. L'aide individualisée serait incluse dans le temps normal de la classe.

Pour cela, il pose une condition : " la prise de conscience collective de l’importance d’un changement significatif du fonctionnement de l’école primaire". " Les enjeux sont considérables et l’expérience du passé n’est pas encourageante quand on constate la résistance de notre système éducatif aux transformations, pourtant inéducables de l’école face à une population d’élèves qui, en même temps que la société, a considérablement évoluée ces dernières décennies. Pour ne pas reproduire un scénario trop connu, il est alors de la responsabilité de tous les acteurs de ne pas s’enfermer dans leur tour d’ivoire afin que la future réforme ne s’écroule comme un château de cartes ou ne brûle comme un feu de paille."

 

Entretien avec Claire Leconte à 20minutes.fr (septembre 2010)

Faut-il un rythme différent pour les adolescents, qui ont besoin de plus de sommeil? André Klarsfeld propose, dans le Parisien, de démarrer les cours à 9h30 ou 10h. Qu’en pensez-vous?
C’est vrai qu’il y a un moment à l’adolescence, au moment de la puberté où il y a un plus gros besoin de sommeil qu’avant. Mais il faudrait aussi qu’ils aillent se coucher le soir! Il y a à la fois ce besoin d’un nombre d’heures de sommeil plus important, alors qu’en même temps ils décalent leurs heures de coucher. La puberté est fatigante, coûteuse en énergie, avec souvent une charge de travail importante et plus de temps de déplacement.

Faut-il faire commencer les ados plus tard alors?
Il ne faut pas forcément adapter en fonction de l’âge. Chez les enfants, 8h, c’est un peu tôt aussi, surtout si on veut qu’ils prennent un petit déjeuner. On cale plutôt sur l’horaire de travail des parents... Pour moi, il ne faudrait pas faire d’entrée à l’école avant 8h45, et décaler en fonction du temps de transport scolaire.

Quel serait le schéma idéal selon vous?
Débuter à 9h le matin est une heure acceptable. D’autant qu’on sait que le niveau d’attention atteint le matin est plus élevé. Si on commence plus tard, on perdrait beaucoup de temps. En revanche, ce que je préconise, c’est de bouleverser complètement la journée, sur tous les niveaux, afin d’avoir une matinée plus allongée. Par exemple de 9h à 13h, avec deux pauses de 10 à 15 minutes. On gagne ainsi du temps de concentration. Ce système fonctionne depuis 14 ans dans une école lilloise, c’est très efficace et tout le monde en est satisfait.

Et l’après-midi serait consacrée au sport?
Pas forcément, car tous les enfants ne sont pas tentés. Il faudrait plutôt une multiplicité d’activités pour permettre aux élèves de s’épanouir: théâtre, visites de musées, arts plastiques... Ce n’est pas du temps perdu: on fait passer les apprentissages autrement, et c’est bénéfique au développement général des enfants. Le contenu peut être réfléchi en fonction du contenu pédagogique. Ça modifie le climat de l’école, la représentation de soi-même et le regard sur chacun.

Et on peut aussi reprendre en fin d’après-midi des activités scolaires sous d’autres formes, avec des travaux pratiques pour appliquer concrètement ce qui est appris en théorie. On insiste sur l’emploi du temps, or le contenu est important aussi. Tout dépend de la manière dont c’est transmis. Il faut développer la créativité des enfants. S’ils sont capables d’innover, ils sont beaucoup plus motivés.

Quant aux vacances, faut-il les raccourcir?
On pourrait reprendre quelques semaines l’été. Mais il ne faut pas toucher aux petites vacances. Si elles ne durent que 8 jours, les enfants se décalent biologiquement et ne peuvent pas récupérer. En fait, biologiquement, on a plusieurs horloges, qui ne se décalent pas toutes dans les mêmes délais. Il faut deux semaines pour vraiment récupérer.

La semaine de quatre jours est-elle une bonne solution?
Pour moi, il faudrait absolument une semaine étalée. Que les enfants travaillent aussi le mercredi et le samedi. Les grasses matinées du week-end ne sont pas indispensables, elles sont souvent liées à un coucher plus tardif. Un jour et demi de rupture, ça suffit. Si c’est plus long, l’enfant est désynchronisé le lundi matin.

- - - - - - - - - - - -

En attendant...

 

 

 

… alors, REPOS !

 

 

 

 

 

 

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 19:59

 

Gaz, huile et pétrole de schiste :

peut-on donner sa confiance au gouvernement ?

 

Samedi 30 juin et dimanche 1er juillet, les délégués représentant 260 des collectifs contre les pétroles, gaz et huiles de schiste se sont rencontrés en coordination nationale à Lyon.

 

 

 

Les collectifs :

 

- S’inquiètent des signaux négatifs envoyés par le gouvernement : éviction de Mme Nicole Bricq du ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie après l’annonce faite de la "remise à plat" de l’ensemble des permis de recherche ; volte-face dans le traitement des autorisations données au consortium Shell Tullow Total, titulaire du permis Guyane maritime ;

 

- Dénoncent le revirement de M. Jean-Marc Ayrault : le premier ministre a tôt fait d’oublier les propositions de loi du président du groupe parlementaire PS qu’il était.

 

- S’alarment du dépôt le 25 mai 2012 de 6 déclarations de travaux de forage en Seine et Marne, date permettant, à 5 jours près, au titulaire du permis de recherche d’hydrocarbure (Hess Toréador) de s’affranchir d’une enquête publique. Selon les dossiers de déclaration de travaux, les forages ciblent des roches situées jusqu’à 3 500 mètres de profondeur.

 

- Tout l’été, les collectifs seront en alerte sur les territoires. A l’automne les collectifs français s’associeront à la journée de mobilisation internationale contre l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures de schiste du 22 septembre 2012.

 

Les collectifs luttent pour préserver notre environnement, notre santé et prioritairement l’eau et l’air, sources de vie.

 

Chacun sait qu’il n’y a plus, aujourd’hui, en France, de gisements d’hydrocarbures accessibles sans stimulation ou techniques néfastes pour l’environnement à court, moyen et très long terme.

 

Il est urgent de transférer les financements, notamment publics, consacrés aux hydrocarbures, vers la recherche et le développement d’énergies renouvelables.

 

C’est pourquoi, les collectifs s’opposent à toutes les explorations et exploitations d’hydrocarbures sur l’ensemble du territoire français car elles utilisent des techniques destructrices pour l’environnement et entrainent des conséquences désastreuses pour l’économie des territoires, la santé des populations et le climat mondial.

 

Nous dénonçons une politique énergétique irresponsable ainsi que les artifices qui nous sont imposés pour la maintenir à flot :

 

Code minier obsolète, commission illégitime [1], loi ambiguë [2].

 

Plus largement, nous étendons les mêmes revendications au niveau européen et international.

 

Gaz, huile et pétrole de schiste,

 

Ni ici Ni ailleurs,

 

ni aujourd’hui, ni demain !

 

[1] Commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation des techniques d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux.

 

[2] Loi n° 2011-835 du 13 juillet 2011 visant à interdire l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique et à abroger les permis exclusifs de recherches comportant des projets ayant recours à cette technique

 

 

(Source texte : amisdelaterre.org )

 


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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 19:54

 

Une proposition de loi "en faveur de la défense des semences fermières et de l'encadrement des obtentions végétales" a été déposée le 20 juin sur le bureau du Sénat par le groupe communiste, républicain et citoyen. La Confédération Paysanne se réjouit de cette initiative qui permettra de rouvrir le débat parlementaire sur les semences.

 

Le 28 novembre dernier, l'ancienne majorité a en effet fait valider en force et sans aucun changement une loi qui prive les agriculteurs de leur droit inaliénable et ancestraux de réutiliser et d'échanger leurs propres semences.

Elle s'est ainsi pliée aux pressions de l'industrie semencière qui veut interdire les semences fermières et paysannes, ou pour quelques 21 espèces, ne les autoriser que contre paiement de royalties.

 

La Confédération Paysanne espère que cette nouvelle proposition de loi ne sera pas enterrée, mais au contraire rapidement débattue. Il est en effet indispensable de :

- rétablir un partage équitable de la rémunération des travaux de renouvellement de la diversité des semences, travaux réalisés depuis de nombreux siècles avant tout par les agriculteurs, avec le concours très récent de l'industrie,

- permettre aux agriculteurs, qui sont les seuls à même d'adapter les semences à la diversité de leurs terroirs et à la variabilité des changements climatiques, de continuer à contribuer à cette tâche d'intérêt général,

- de ne pas abandonner toutes les semences et notre droit à l'alimentation entre les mains d'une poignée de multinationales qui spéculent sur les marchés mondiaux.

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 15:44

 

Le 1er juillet 1876, mort de Michel BAKOUNINE (Mikhaïl Aleksandrovitch Bakounine) à Berne (Suisse).
Révolutionnaire russe, véritable fondateur du mouvement anarchiste international, théoricien et homme d'action, incarnation même de l'esprit de révolte.
Il est né le 20 ou 30 mai 1814 (8 ou 18 mai dans le calendrier Julien) à Premoukhino (Russie). Issue de l'aristocratie, il fait ses études à l'école militaire de St-Petersbourg, d'où il sort officier d'artillerie à 17 ans. Mais, passionné par la philosophie de Hegel, il renonce à la carrière militaire et part étudier à l'Université de Berlin puis à Dresde. En 1844, il est à Paris, il y rencontre Proudhon et fréquente les milieux socialistes. Il est expulsé de France, en 1847, mais retourne à Paris pour participer à "l'ivresse révolutionnaire" de février 1848.

 
Séduit par le fédéralisme de Proudhon, et alors que l'agitation révolutionnaire gagne l'Europe centrale, il part participer en juin 1848 au congrès slave de Prague et à l'insurrection de Dresde. Arrêté et emprisonné, il est condamné à mort le 14 janvier 1850, par le tribunal de Saxe, puis extradé en Autriche, il est finalement livré à la police Tsariste le 17 mai 1851. Enfermé à la forteresse Pierre et Paul, il se résout à faire une confession qui lui vaut d'être déporté en Sibérie, d'où il s'évade et rejoint Londres en décembre 1861.
Il reprend son activité révolutionnaire, parcourt l'Europe de la Suède à l'Italie où il crée une société secrète "La Fraternité Internationale". En 1867, il s'installe à Genève et l'année suivante adhère à la section genevoise de l'Internationale. Déçu par "La ligue Internationale de la paix et de liberté""(démocrate), il fonde le 25 septembre 1868 "l'Alliance Internationale de la démocratie socialiste" qu'il tente de faire entrer à l'A.I.T. En 1869 il est en contact avec Netchaiev (révolutionnaire russe) auteur du "Catéchisme révolutionnaire". Le 15 septembre 1870, il arrive à Lyon, et organise avec d'autres internationalistes, un "Comité de salut de la France" qui proclame l'abolition de l'Etat et la constitution de communes révolutionnaires, mais l'insurrection populaire du 28 septembre échoue et le contraint à fuir. Le 12 novembre 1871, à Sonvillier les sections de l'A.I.T du Jura séduite par les idées antiautoritaires de Bakounine s'unissent pour former la "Fédération Jurassienne".

Mais, au congrès de La Haye en 1872, les socialistes autoritaires (marxistes) prononcent l'exclusion de James Guillaume et de Bakounine, délégués de la tendance antiautoritaire.

Les 15 et 16 septembre 1972, il prend part à Saint-Imier au Congrès constitutif de l'Internationale antiautoritaire. En 1873, Il écrit "L'Etat et l'Anarchie" un des textes les plus significatifs de sa pensée théorique.
En juillet 1874, il est à Bologne (Italie), pour prendre part à un mouvement insurrectionnel mais celui-ci échoue et il regagne Locarno (Suisse) où Carlo Cafierol'héberge. Malade et fatigué, il meurt deux ans plus-tard.
L'anarchiste Arthur Lehning, s'est consacré à la conservation et à l'édition de ses œuvres. D'autres comme Fritz Brupbacher, où Madeleine Grawitz, lui ont consacrés des biographies.
"Je ne deviens vraiment libre que par la liberté des autres..."

(source texte : ephemanar)

 

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 22:23
 
 
Fête populaire des espoirs des indépendances : l’Algérie.
 
Fête populaire
le dimanche 8 juillet 2012 à 15h
 
Sur le site de la fosse 5, ETS Loyez, Bvd Faidherbe
À Libercourt 62820
 
50 ans des indépendances :
Algérie mon amour,
Algérie pour toujours
 
Films
 
Le peuple en marche, de René Vautier, 65mn, 1963.
Moudjahidates, Alexandra Dols, 75mn, 2008
 

Dans un contexte de déni politique concernant le rôle et le passé colonial de l’Etat Français, il s’agissait pour moi de contribuer à l’écriture audiovisuelle de la mémoire des luttes anticolonialistes, en me concentrant sur les engagements des femmes au sein de ce combat. (Alexandre Dols) ! Projection en présence de la réalisatrice-Mardi 13 mars 2012 19H00.

Le documentaire retrace des engagements de femmes dans les luttes pour l’indépendance de l’Algérie au sein du FLN -ALN , à travers des récits de vie d’anciennes combattantes. Elles sont poseuses de bombe, agents de liaison, infirmières, soldates au maquis, ou encore dans une solidarité active car « femme de » prisonniers politiques.

Toutes ces moudjahidate voquent également les villageoises, qui assuraient l’hébergement et le ravitaillement des combattants et combattantes.

Les formes d’engagements des femmes sont multiples tout comme leurs « identités sociales ». Alors, comment commencent-elles à « activer » ? Quels sont leurs rôles et stratégies dans les différents lieux de lutte ?

Quels regards portent-elles sur cette période et qu’ont-elles à nous transmettre ? Les témoignages de Fatma Chebbah A bdelli, Zohra Drif Bitat, Louisette Ighilariz,

Baya Outata Kollé, Baya Laribi Toumia se tressent avec celui de l’historienne et elle-même ancienne combattante, Danièle Djamila Amrane Minne. Ils s’entremêlent aussi avec des extraits du court métrage de Rabah Laradji « La Bombe » et « La Bataille d’Alger ». ( algerie2012.com)


Suivis d’un déba
t
 
Les espoirs des indépendances : La signification de l’indépendance algérienne pour le tiers-monde
Avec Saïd Bouamama (FUIQP 59/62) et un représentant du Collectif Afrique
 
Concerts
 
Hip hop : hommage aux tirailleurs : « Ils étaient de la 1ère », Ch’faid et Cie Mémoire Vive
ZEP (Zone d’Expression Populaire)
Bromer (Rap du bassin minier)
MC Métis (Alter MC)
Miles+ Guests
 

Mais aussi
 
Animation pour enfants
Karaoké indépendantiste
Pétanque et Chamboultout
Slam-scène
d’expression libre
Exposition des figures des indépendances
Expo sur les plaques de rue
Question pour un champion indépendantiste (remise de prix)
 
Tables d’information et de livres
Vidéothèque libre
Stands associatifs
 
Organisé par
Le Front Unis des Immigrations et des Quartiers Populaires 59/62 :
 
Collectif Afrique, Collectif Manouchian, Tribu, Ch’Faïd, Article 1er, Association des Mineurs et anciens mineurs Marocains du Nord-pas-de-calais, Etouchane, Association des Tunisiens du Nord de la France, Association des algériens du nord, Place Publique, et des individu-es
 
Transports :
Sur le site de la fosse 5, ETS Loyez, Bvd Faidherbe
À Libercourt 62820
 
autoroute A1 sortie n°18 Carvin-Libercourt
à 20mn en train de Lille, Douai, Lens, Arras à la gare de Libercourt),
Restauration sur place
Hébergement possible sur réservation
 
Contact : fuiqp59-62@riseup.net , 06.15.93.43.52.
 
 
  
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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 16:45
 
 

Quand le discours managérial se fait de plus en plus totalitaire

 
Une publicité parue en pleine page du Monde résume parfaitement la vision du monde que nous impose l’oligarchie économique. L’humain et la nature ne sont qu’un capital, des chiffres et des courbes à gérer. L’entreprise, au contraire, c’est la vie, avec un ADN. La vie dont il faut prendre soin dans l’environnement des marchés
 monde-air-liquide.png
 
C’est une pleine page du Monde . Une page de publicité que d’habitude on tourne sans voir. Là le regard s’attarde. Des lettres, des mots retiennent l’attention, provoquent un léger frisson. Leur sens prend corps, vaguement dérangeant. Puis clairement inquiétant. D’abord : « Air Liquide : Le Lauréat du Trophée du Capital Humain 2012. » Ensuite, cette citation mise en valeur : « La compétence, la performance et la motivation des collaborateurs sont une caractéristique majeure de l’ADN de l’entreprise. » Les mots s’entrechoquent. Capital humain, ADN de l’entreprise. Les images se bousculent. Leur signification se précise.
L’entreprise, ce sont des molécules, ce sont des gènes, ce sont des cellules, c’est une histoire biologique. Un ADN. Un organisme. C’est la vie. La Vie dont il faut forcément prendre soin.
L’humain est un capital. Un capital, cela se dépense, cela s’accumule. Cela se place. Cela se dilapide. Ce doit être rentable, cela doit rapporter. Ce sont des chiffres. Ce sont des additions. Ce sont des courbes. Ce sont des taux. Au service de l’entreprise, au service de la Vie. Capital humain, ADN de l’entreprise.
L’auteur de la citation s’appelle François Abrial. Mais son nom importe peu. Lui aussi fait partie du capital humain. Un numéro parmi d’autres, proche du sommet de la pyramide, certes, mais quantité négligeable dans le cycle de vie qu’est l’entreprise. Sa fonction pèse davantage : le DRH du groupe, une fonction vitale pour l’organisme vivant qu’est devenu Air Liquide.
Ce n’est pas l’humain François Abrial qui s’exprime dans le publi-interview. C’est le gestionnaire du capital (humain). Il répond avec autant de vie, de chaleur, de philosophie et de clarté qu’un bilan comptable. Lisez plutôt : « Le programme Alma (âme en espagnol, ndlr) fédère les collaborateurs du Groupe autour d’une ambition et d’objectifs communs. Il s’agit de saisir toutes les opportunités d’un monde qui change. Pour anticiper les transformations de ses marchés. Air liquide a choisi de réaffirmer son ambition (…) en se dotant d’objectifs à moyen terme et en définissant une stratégie pour atteindre ces objectifs. »
On pourrait s’amuser à inverser les mots pour démontrer le vide du propos. Par exemple : « Il s’agit de saisir toutes les transformations des marchés. Pour anticiper les opportunités d’un monde commun » ou « Air liquide a choisi de réaffirmer ses objectifs (…) en se dotant d’une stratégie à moyen terme et en définissant une ambition pour atteindre ces objectifs. » Discours managérial type. Mots creux, mots uniformes, mots substituables. Langage totalitaire. Oppressant. Il ne laisse aucune prise, aucun point d’appui. Aucune discussion. Aucune interrogation. Ceux et celles qui le reçoivent, les 46 200 collaborateurs (le capital) du Groupe (l’ADN), ne peuvent qu’acquiescer.
L’ensemble de l’entretien – une demi-page – est une mine inépuisable pour ce genre d’exercice. D’ailleurs, une fois qu’il l’a parcouru, un lecteur ne connaissant pas Air liquide ne sait toujours pas ce que fait cette entreprise. Quelle est son activité, son utilité ? Est-ce finalement si important ?
L’essentiel n’est pas là. Mais dans ce qu’on y apprend vraiment. En plus d’un ADN, l’entreprise a une âme. Cette âme, c’est son programme de gestion des ressources humaines Alma. Et quand on invoque le groupe, on l’écrit avec un G majuscule, un G tout-puissant. Comme État. Comme Dieu. Au service de cette puissance, l’humain n’est qu’employabilité, performance, motivation, compétence, expertise. Un capital humain dont il faut modeler les comportements, les attitudes, quitte à les récompenser.
Cette publicité, ces mots, résument à eux seuls la vision – l’idéologie – qui domine le monde. Qui domine les salariés. Qui domine les citoyens des États endettés auprès des marchés. Qui domine la démocratie. Qui domine la nature. Ou tente de le faire. Avec la complicité consciente ou inconsciente de ses sponsors (HEC, mais aussi Le Point et Le Monde ). « Ces mots, il faut les combattre, parce qu’ils ne sont pas inoffensifs. Ils modifient profondément notre réalité et nous font penser différemment », rappelle Franck Lepage, spécialiste en matière de décryptage de langue de bois, de langue totalitaire. Il est temps que la vie, la vraie, reprenne ses droits.
(Source texte : Bastamag.net)
 
 
 
 
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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 13:34

 

Communiqué de la fédération SUD éducation du 29 juin 2012.

Le Ministère de l’Éducation Nationale multiplie les effets d’annonces pour la rentrée scolaire 2012 : 1000 postes supplémentaires de professeurs des écoles, 250 postes d’enseignants dans le secondaire, 75 postes de CPE.

En additionnant nous sommes loin de compenser les 14000 postes supprimés à cette rentrée par l’ancienne majorité !

Pour SUD Éducation la réalité que nous devrons affronter à la rentrée prochaine c’est bien la suppression de 12645 postes (-14000 + 1355).

Dans le Premier degré : l’insuffisance criante des moyens de remplacement, les RASED démantelés, le recul de la scolarisation des 2 ans, les classes trop chargées…

À cela s’ajoutent pour le Second degré les conséquences de la réforme du lycée qui se font de plus en plus sentir (postes supprimés, augmentation des effectifs, suppression des dédoublements, accroissement de la charge de travail...), réforme dont le ministre n’a aucunement annoncé une possible remise en question.

Quid également de la réforme de l’enseignement professionnel qui supprime 25% de formation pour les élèves de bac pro ?

Quid de celle de la voie technologique qui n’a d’autre objectif que de supprimer des postes ?

Quid de la démolition en règle de la Vie scolaire prise en étau entre suppressions d’emplois, restructurations et dérives sécuritaires ?

Quant aux stagiaires : passer à 15h devant élèves au lieu de 18, ce n’est pas leur donner les moyens de se former. D’autant que cette mesure se traduira par de nouvelles heures supplémentaires imposées pour les personnels titulaires !

Non, nous ne voulons pas faire la rentrée prévue par Sarkozy-Fillon-Châtel, à peine édulcorée par Hollande-Peillon, avec pas loin de 13000 postes en moins au lieu des 14000 suppressions initialement prévues.

SUD éducation rappelle que le renouvellement des milliers de CAE-CUI arrivant en fin de contrat ne fera que les maintenir dans la précarité alors qu’il s’agit de missions pérennes qu’il faut titulariser sur des emplois de fonctionnaires. De même, la décision de créer un nouvel emploi de “médiateur violences”, une fois de plus précaire, et alors que les postes de surveillants sont notoirement insuffisants, n’est pas acceptable.

Pour la Fédération SUD Éducation l’urgence pour la rentrée prochaine c’est :

La réouverture des 2500 postes RASED supprimés, la mise en place de formations spécialisées pour rétablir les réseaux d’aides complets, créer des postes de Maîtres E et G, de psychologues,

L’augmentation des moyens de remplacement, la baisse significative des effectifs-classe par des créations de postes à la hauteur des besoins,

L’extension du recrutement sur listes complémentaires, l’organisation d’une session de concours supplémentaire (comme en 1981...),

Le réemploi et la titularisation sans conditions de concours ni discriminations de nationalité de tous les précaires,

Le retour au tiers temps face aux élèves pour les stagiaires,

Mais aussi la suppression des dispositifs liberticides : Livret personnel de compétences, systèmes de fichage centralisé des élèves et des personnels,

Et l’arrêt des atteintes aux libertés syndicales et le rétablissement dans leurs droits des militants sanctionnés.

SUD Éducation ne se satisfera pas d’un sparadrap sur une jambe de bois et s’adresse à nouveau au Ministre pour réclamer un véritable plan d’urgence pour la rentrée.

SUD Éducation appelle les personnels à se réunir en AG, à se mobiliser activement, à coordonner leurs actions et soutiendra toutes les initiatives prises pour refuser cette nouvelle rentrée d’austérité.

 

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 19:35

 

Le « redressement productif », version Montebourg ou Amazon ?

 

Le site de vente en ligne Amazon pourrait percevoir en théorie entre 4,5 et 12,5 millions d’euros de subventions en échange de la création de 300 à 500 emplois sur sa nouvelle plateforme de Chalon-sur-Saône. Problème : l’entreprise est pointée du doigt pour ses mauvaises conditions de travail et pour sa fiscalité très « évasive ». Créer des emplois, oui, mais à quel prix ? Une question à laquelle devra répondre le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.

Le site de vente en ligne états-unien Amazon a annoncé la création d’une troisième plateforme logistique en France. Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) a été préféré à Beaune (Côte-d’Or). Installé dans un entrepôt de 40 000 m2, le site d’Amazon devrait créer entre 300 et 500 emplois directs. Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, longtemps député de Saône-et-Loire et ancien président du conseil général, s’est défendu d’être intervenu dans le dossier pour favoriser Chalon. Il devrait cependant s’intéresser de près aux types d’emplois créés, aux conditions de travail qui y seront en vigueur et à « l’optimisation fiscale » pratiquée par l’entreprise accueillie à bras ouverts.

Avec sa nouvelle plateforme, Amazon percevra les « aides légales » prévues en échange de créations d’emplois : « La prime d’aménagement du territoire, les aides en matière de service de ramassage des salariés du Grand-Chalon et des investissements dans des crèches pour les enfants des femmes qui travailleront chez Amazon. Ce dernier devrait employer 60 % de femmes, c’est important, l’essentiel des chômeurs en France sont des femmes », détaille le ministre. La prime d’aménagement du territoire représente quand même une aide de 15 000 à 25 000 euros par emploi créé. Soit entre 4,5 et 12,5 millions d’euros de subventions théoriques dans le cas d’Amazon à Chalon, ville où les entreprises sont éligibles aux aides publiques en vertu de la « Carte des aides à finalité régionale ». Par comparaison, les revenus mondiaux de la société s’élèvent à 42 milliards de dollars en 2011.

Cadences infernales

Problème : aucune condition n’est a priori demandée en échange à partir du moment où le territoire qui bénéficie des créations d’emplois est éligible à ces aides publiques, car socialement en difficulté. Un emploi et un revenu sont toujours bons à prendre en ces temps d’austérité dans des villes moyennes sinistrées. Reste que la vie des salariés d’Amazon ne fait pas vraiment rêver. Dans la plus grande plateforme logistique française, à Saran, en périphérie d’Orléans, les employés du site de vente en ligne sont payés au Smic, quand ils ne sont pas intérimaires, et malgré des cadences souvent épuisantes.

Ils sont soumis à des fouilles corporelles, sont obligés de vider leur casier à heure fixe, sous le regard d’une vidéosurveillance.

 

Certaines dispositions inscrites dans leur contrat de travail sont rédigées en anglais.

 

Le travail de nuit s’y pratique sans aucune prévention en matière de sécurité des conditions de travail.

 

Et l’exercice de la liberté syndicale y est difficile.

« Amazon recherche dès à présent 34 managers et spécialistes, et des centaines de personnes passionnées pour rejoindre les équipes de ce nouveau centre », a indiqué la société. Vu les conditions de travail, mieux vaut, effectivement, être « passionné ».

Côté fiscalité, Amazon est aussi loin d’être exemplaire. « Tout en créant des emplois, Amazon rapatrie en effet l’essentiel des revenus engrangés en France... au Luxembourg, où il a installé son siège européen », rappelle un article de Rue 89. Amazon y bénéficie d’un impôt sur les sociétés allégé (21,8 % contre 33,3 % en théorie en France). Et fait d’ailleurs l’objet d’une enquête du fisc français, l’entreprise ne s’acquittant pas de la TVA sur plusieurs biens. Une éventuelle prime d’aménagement du territoire sera-t-elle accordée dans ces conditions ? Ce sera à la commission interministérielle ad hoc d’en décider, commission présidée par la ministre à l’Égalité des territoires, Cécile Duflot.

Le redressement productif, d’accord, mais à quel prix ?

 (source texte : bastamag.net)

                                

 

 

 

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 19:17

 

Grave lacune de sûreté sur huit réacteurs : les piscines de combustible vulnérables aux séismes

Communiqué de presse - 28 juin 2012

Le Réseau "Sortir du nucléaire" a reçu de source anonyme des documents internes d'EDF et de l'IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) qui font état d'une anomalie générique sur les réacteurs nucléaires de Paluel, Flamanville et Saint-Alban. Des dispositifs sous-dimensionnés, alliés à la vulnérabilité au séisme de certaines canalisations des piscines d'entreposage de combustible, pourraient mener au « découvrement » des combustibles usés en une heure environ. Ceux-ci, n'étant plus refroidis, pourraient alors entrer rapidement en fusion, ce qui provoquerait d'importants dégagements de radioactivité empêchant toute intervention sur le site.


Retour sur une anomalie déjà observée à Cattenom

Le 18 janvier 2012, EDF a déclaré une anomalie sur les piscines de combustible 2 et 3 de la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle) : il y manquait un dispositif censé empêcher la vidange accidentelle des piscines de combustible en cas de problème sur les circuits de purification et de traitement des eaux. Ce dispositif, dénommé "casse-siphon", prend la forme d'un orifice de 20 mm de diamètre sur les tuyauteries [1].

La vidange accidentelle d'une piscine de combustible constituerait un événement grave : en effet, les combustibles usés, extrêmement chauds et radioactifs, doivent être refroidis en permanence. S'ils n'étaient plus recouverts d'eau, ils pourraient libérer des radioéléments, voire entrer en fusion. Ces scénarios pourraient aboutir à d'importants rejets dans l'environnement, dans la mesure où les piscines, à la différence des réacteurs, ne possèdent pas d'enceinte de confinement.

Le problème remarqué à Cattenom, d’ailleurs signalé très tardivement à l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), a été classé au niveau 2 de l'échelle INES. Le Réseau "Sortir du nucléaire" avait porté plainte, menant à l'ouverture d'une enquête par le Parquet de Thionville [2].


Une anomalie similaire détectée sur 8 réacteurs :

Le Réseau "Sortir du nucléaire" a reçu récemment de source anonyme des documents d'EDF et de l'IRSN, accompagnés d'une note explicative, qui font état de problèmes similaires à ceux de Cattenom sur d'autres réacteurs nucléaires français. Ainsi, sur les 8 réacteurs de Flamanville (Manche), Paluel (Seine-Maritime) et Saint-Alban (Isère), les fameux "casse-siphons" sont d'un diamètre insuffisant pour permettre le bon fonctionnement du dispositif et prévenir efficacement la vidange des piscines [3].

De plus, sur les piscines de ces huit réacteurs, une partie des tuyauteries du circuit de réfrigération et de filtration des eaux n'est pas dimensionnée pour résister aux séismes [4] ! En conséquence, en cas de séisme, la conjugaison de ces deux anomalies pourrait aboutir en une heure environ à un début de découvrement des combustibles entreposés dans les piscines [5]. Si ceux-ci entraient en fusion, toute intervention sur le site pourrait devenir impossible du fait du haut niveau de radiation.


Des risques pris à la légère :

Ce scénario catastrophe ne peut être balayé, la centrale de Saint-Alban étant située dans la vallée du Rhône, une zone de sismicité "modérée".

Il est frappant que le risque ne soit identifié que vingt-cinq ans après la construction des réacteurs concernés ; cette anomalie s'ajoute donc à la longue liste de toutes celles qu'EDF "découvre" tous les ans, invalidant largement l’idée d'une sûreté sous contrôle.

Il est déplorable que l'ASN, informée depuis trois mois de ces graves anomalies, n'ait à ce jour publié aucun avis d'incident à ce sujet.

Enfin, les centrales concernées étaient censées avoir passé avec succès l'épreuve des "évaluations complémentaires de sûreté", qui devaient étudier entre autres leur vulnérabilité au séisme. Les anomalies récemment découvertes confirment une nouvelle fois qu'il ne s'agissait que d'un exercice de communication.

Retrouvez tous les documents et une analyse plus détaillée sur notre site : http://groupes.sortirdunucleaire.org/Piscines-de-8-reacteurs-et-seisme

Contact :
Marc Saint-Aroman : 05 61 35 11 06

Chargée de communication :
Charlotte Mijeon : 06 64 66 0123

Notes :

[1] Voir la note ASN : http://www.asn.fr/index.php/content/view/full/132438

[2] Voir notre dossier juridique : http://groupes.sortirdunucleaire.org/Cattenom-Degradation-des

[3] Le document IRSN nous apprend en effet que « les 8 réacteurs sont équipés d’un casse-siphon d’un diamètre interne n’excédant pas 10,4 mm » (p.9). Or, différentes études ont amené EDF à proposer, pour des raisons de sûreté, de passer à un diamètre de 40 mm sur l’ensemble des réacteurs.

[4] p. 9 note IRSN : « Dans le cas particulier des réacteurs de type P4, il doit être pris en considération que le circuit de traitement et de purification de l’eau des piscines, connecté au circuit de refroidissement, n’est pas dimensionné au séisme (particularité de ce type de réacteurs). De plus, les tuyauteries de ce circuit (d’un diamètre d’environ 100 mm) sont difficilement inspectables sur toute leur longueur […]. Par le passé, des fissurations traversantes ont déjà été détectées sur ces portions de tuyauteries. »

[5] p. 9 note IRSN : « Un séisme susceptible d’entraîner une rupture brutale de la ligne du circuit de traitement et de purification des piscines a une forte probabilité de conduire simultanément à une perte totale des alimentations électriques externes, donc à un arrêt automatique du réacteur et à la mise en œuvre des procédures de conduite accidentelle des règles générales d’exploitation. L’entrée dans ces procédures mènerait l’équipe de conduite à ignorer toutes les alarmes et procédures incidentelles relatives à la piscine de désactivation. Compte tenu du dimensionnement actuel du casse-siphon des réacteurs de type P4, un tel élément conduirait à une forte probabilité de dénoyage des assemblages combustibles entreposés en piscine de désactivation et donc d’accident grave ».


 

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 19:05

 

La garde à vue en 10 questions

Rappel :

Le ministère de l'Intérieur reconnaît ce mercredi qu'il y a eu non pas 600 000 mais 800 000 gardes à vue l'année dernière. N'étaient pas comptabilisées les gardes à vue pour délits routiers.(liberation.fr, 27 janvier 2010)

Le nombre des gardes à vue en France a enregistré une baisse entre 2009 et 2010, passant de 800 000 en 2009 à 700 000 en 2010, délits routiers inclus, ont indiqué mardi 25 février des sources proches des responsables des statistiques officielles de la délinquance. (lemonde.fr, 25 janvier 2011 )

 Un policier ou un gendarme n’a pas tous les droits. Il peut vous demander vos papiers (c’est le relevé ou contrôle d’identité), vous emmener au poste (c’est la vérification d’identité), vous interpeller (c’est la garde à vue).
La garde à vue est une mesure de privation de liberté prise par un officier de police judiciaire pour « maintenir à la disposition des enquêteurs une personne soupçonnée d’un crime ou d’un délit ».
Cette mesure doit constituer l’unique moyen de parvenir à certains objectifs comme empêcher que la personne ne modifie les preuves, ne fuit ou ne consulte ses complices.
Mais même en garde à vue, vous avez des droits à faire respecter, calmement et poliment (si possible) pour éviter toute accusation d’outrage et rébellion. Plus de 500 000 gardes à vue ont lieu chaque année : chacun-e d’entre nous, dans sa vie privée ou dans son activité militante peut y être confronté-e.

                                      La Vérification d’identité, c’est pareil ?



Non, la vérification d’identité effectuée par un officier de police judiciaire (OPJ), le plus souvent au poste de police, ne peut durer plus de 4 heures. Cette mesure n’a pour seul but que de déterminer l’identité de la personne qui en fait l’objet. Il y est mis fin dès le but atteint. Il ne s’agit pas d’une garde à vue. Toutefois la vérification d’identité fait l’objet d’une procédure définie par le Code de Procédure Pénale, et garantit à la personne qui en fait l’objet le droit d’aviser une personne de sa famille.

Les policiers ont 4 heures pour établir votre identité ; au-delà de ce délai, ils doivent vous relâcher ou vous placer en garde à vue.

Tous les moyens, sous réserve de leur prise en compte par la police (témoignage d’un tiers, quittance de loyer, appels téléphoniques,…) peuvent être utilisés pour établir votre identité.

En cas d’impossibilité d’établir votre identité, la police peut prendre vos empreintes et une photo, et si vous le refusez, vous risquez 3 mois de prison et 3 750 euros d’amende…

En Garde à vue (GAV), la prise de photos et d’empreintes, est prévue par l’article 55-1 CPP, afin de comparaison avec les traces relevées sur les lieux du délit ou dans le cadre d’autres délits. Le refus est plus lourdement sanctionné.

Conseils :
♦ Ne répondez qu’aux questions qui ont un rapport avec la vérification d’identité.
♦ Demandez à informer le Procureur ou toute personne de votre choix.
♦ Vérifiez avant de signer le procès-verbal qu’il mentionne la raison et qu’il précise que les policiers vous ont bien informé de vos droits.
♦ Ne signez le procès-verbal que si vous êtes d’accord avec son contenu.

Quelle durée de garde à vue ?


La durée de la garde à vue est de 24 heures.

Elle ne peut être prolongée jusqu’à 48 heures que si la peine encourue est d’au moins 1 an d’emprisonnement.

Pour les affaires particulièrement complexes et graves, la prolongation peut aller jusqu’à 72 heures (voire 96 heures ou 120 heures, en cas de risque terroriste), sur décision du juge des libertés et de la détention (JLD) ou du juge d’instruction.

La garde à vue démarre généralement au moment de l’interpellation.

On a le droit de prévenir un proche ?



Oui, et ce droit doit être notifié à la personne immédiatement au moment de son placement en GAV.

C’est à l’intéressé-e d’en faire la demande : Toute personne placée en garde à vue peut, à sa demande, faire prévenir, par téléphone, une personne avec laquelle elle vit habituellement ou l’un de ses parents en ligne directe, l’un de ses frères et sœurs ou son curateur ou son tuteur de la mesure dont elle est l’objet. Elle peut en outre faire prévenir son employeur. Lorsque la personne gardée à vue est de nationalité étrangère, elle peut faire contacter les autorités consulaires de son pays. Dans ce cas, elle fournit un numéro.

Il n’y a pas d’entretien direct entre la personne gardée à vue et son destinataire, c’est le policier qui passe l’appel. Dans certaines affaires, l’OPJ peut refuser, mais il doit alors en informer le procureur qui seul a le pouvoir de décider.

On a le droit de garder le silence ?

Oui, on a le droit, lors des auditions, après avoir décliné son identité, de faire des déclarations, de répondre aux questions posées ou de se taire.

Ce droit doit être notifié à la personne en GAV.

Il n’empêche cependant pas l’OPJ de poser les questions qu’il juge nécessaires, même si on refuse d’y répondre.

Conseil : on a tout intérêt à ne pas répondre aux questions afin de ne pas communiquer d’éléments qui pourraient être ensuite réutilisés à son encontre.

C’est aussi utile pour ne pas charger involontairement une autre personne également en garde à vue... ou risquer d’être contredit par un tiers … même si cela peut allonger un peu la durée de la GAV.

Et physiquement ?

* Le menottage n’est pas automatique. Il s’effectue lorsque la personne interpellée est susceptible d’être dangereuse pour elle-même ou pour autrui ou lorsque celle-ci est susceptible de prendre la fuite.

* Les policiers doivent vous donner la possibilité de boire lorsque vous le désirez.

« Sauf exceptions circonstancielles, les personnes gardées à vue doivent être alimentées avec des repas chauds, aux heures normales, et composés selon les principes religieux dont elles font état ».

On a le droit à un-e avocat-e ?


0ui, c’est à l’OPJ d’informer la personne de cette possibilité. Elle peut y renoncer. _
Elle peut également revenir sur ce refus à tout moment. Soit le/la gardé-e à vue désigne un avocat, et alors le policier doit tout faire pour le joindre, soit il demande la désignation d’un avocat d’office. Dans ce cas, le policier doit accomplir les démarches nécessaires, mais il n’est pas responsable du résultat : c’est au Barreau de prévoir une permanence. En attendant, la GAV se poursuit normalement. L’avocat intervient dès le début de la GAV, puis dès le début de la prolongation. Si le personne a renoncé à ce droit au début de la GAV, en clair s’il a raté le coche, il ne pourra réclamer un entretien immédiat. Et ne pourra user de ce droit jusqu’à la prochaine prolongation éventuelle. La rencontre avec l’avocat est limitée à 30 minutes. Elle doit s’effectuer en tête-à-tête, en principe dans un local réservé à cet usage.

La personne gardée à vue bénéficie désormais du droit d’être assistée d’un avocat lors de tous les interrogatoires et confrontations.

L’avocat peut être désigné par la personne gardée à vue ou par le proche qui a été prévenu lors du placement en GAV.

La personne placée en GAV peut demander à bénéficier d’un avocat gratuit, désigné par le bâtonnier.

On peut voir un médecin ?


Oui, à tout moment au cours des premières 24 heures, on peut demander un examen médical. C’est le policier qui choisit le médecin et en attendant sa venue, la GAV se poursuit normalement. En cas de prolongation, un nouvel examen est possible.

Quelle fouille ?

Les mesures de sécurité ayant pour objet de s’assurer que la personne gardée à vue ne détient aucun objet dangereux pour elle-même ou pour autrui ne peuvent consister en une fouille intégrale. Seuls sont autorisés :

* la palpation de sécurité, pratiquée par une personne du même sexe au travers des vêtements,
* l’utilisation de moyens de détection électronique,
* le retrait d’objets et d’effets pouvant constituer un danger pour la personne ou pour autrui,
* le retrait de vêtements, effectué de façon non systématique et si les circonstances l’imposent

Et après la garde à vue ?


Plusieurs solutions :

* vous sortez libre du commissariat,

* vous sortez libre du commissariat avec une convocation devant le Tribunal,

* vous êtes « déféré au Parquet » : après avoir été transféré au Palais de justice, vous rencontrerez le procureur de la République :

● Celui-ci pourra vous convoquer à une audience quelques jours plus tard devant le Tribunal et vous sortirez libre du Tribunal.

● Si vous avez reconnu les faits, le procureur pourra vous proposer de « plaider coupable » (CRPC). Il vous proposera une peine que vous pourrez accepter ou refuser avec votre avocat.

● Le procureur pourra également désigner un juge d’instruction. Après un entretien avec un avocat, vous serez alors présenté à ce juge d’instruction qui pourra envisager avec le Juge des libertés et de la détention (JLD), votre placement sous contrôle judiciaire ou votre placement en détention provisoire.
● Le procureur pourra décider de vous faire passer en « comparution immédiate » : vous serez alors jugé dans quelques heures par le Tribunal après vous être entretenu pendant quelques minutes avec un avocat…

Vous pourrez accepter d’être jugé immédiatement ou vous pourrez demander un délai pour préparer votre défense avant d’être jugé. Dans les deux cas, vous pouvez ressortir libre ou bien être placé en détention… Parlez-en avec votre avocat, mais la comparution immédiate est rarement un bon calcul.

Et les prélèvements ADN ?

Les prélèvements ADN sont possibles pour un nombre limité d’infractions, par exemple dans le cas où une personne est suspectée d’avoir commis ou tenté de commettre des violences, des dégradations ou destructions de biens, ou menacé de le faire, ou dans les affaires de terrorisme. Par contre, ça n’est pas prévu pour les simples manifestations sans autorisation, attroupement, ni les délits d’outrage ou de rébellion.

(souce texte : solidaires.org)

 

 

 

 

 

 

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