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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 19:22

 

Intégration : une étude donne la parole aux migrants

Principaux intéressés des débats sur l’intégration, on entend pourtant peu l’opinion des migrants. «Faire entendre la voix des immigrants [...] pour influencer la formulation des politiques d’intégration et d’immigration en Europe», voilà donc le but de l’étude, conduite par la Fondation Roi-Baudouin et le Migration Policy Group, qui sera présentée aujourd’hui lors d’un colloqueà l’Institut d’études politiques de Paris, organisé avec Ipsos et France Terre d'Asile.

7 473 immigrés extracommunautaires, résidant en situation régulière dans quinze villes de sept pays européens (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Hongrie, Italie, Portugal) ont été interrogés entre octobre 2011 et janvier 2012. Compte rendu.

Travail : un immigré sur trois s'estime surqualifié

Au niveau européen : L’emploi occupé par les immigrés sondés correspond généralement peu à leurs qualifications : près d’un tiers des immigrés se sentent surqualifiés pour le poste qu’ils occupent, ayant des difficultés à faire reconnaître les formations ou les diplômes acquis à l’étranger. Ce n'est qu'en Italie que plus de 52% d’entre eux affirment travailler dans leur secteur de formation. C’est à Berlin qu’ils rencontrent le moins de difficulté à trouver un emploi, mais pas dans leur domaine : seuls 18% des immigrés interrogés estiment avoir un travail en lien avec leurs qualifications. Par ailleurs, plus de 15% des sondés en Belgique disent participer à la vie d’un syndicat. Ce chiffre tombe à 3,7% en Hongrie.

Au niveau français : Moins de 30% des immigrés interrogés affirment occuper un emploi correspondant à leurs qualifications. 5,4% des personnes sondées sont membres d’un syndicat de travailleurs. Les principaux obstacles rencontrés lors de leur recherche d’emploi sont, par ordre d’importance, de ne se voir proposer que des contrats courts, d’avoir des qualifications sans lien avec les offres d’emploi, enfin de subir des discriminations à l’embauche.

Obtenir un permis de séjour longue durée : un souhait largement partagé

Au niveau européen : Entre 80 et 95% des migrants souhaitent s’établir dans leur pays de résidence à long terme. Dans la majorité des cas, ils en font la demande rapidement après avoir atteint le temps requis de présence sur le territoire : en Italie, ils séjournent en moyenne 9,3 ans avant de demander un permis de séjour longue durée, 3,4 ans en Belgique et 3,7 ans en Hongrie. En Allemagne, Portugal, Espagne, c’est en moyenne 5 ans. Les migrants expliquent qu’obtenir un permis de séjour de longue durée leur permet d’avoir un meilleur emploi, et de se sentir plus installés.

Au niveau français : Avant de demander un permis de séjour longue durée, les migrants restent en moyenne cinq ans sur le territoire français. Entre 5 et 15% des immigrés rencontrent des difficultés à correspondre aux critères, 10 à 15% à obtenir les bons documents administratifs. Ils sont également près de 30% à avoir le sentiment que les autorités «ont trop le pouvoir de faire ce qu’elles veulent». Parmi ceux qui ont obtenu ce permis de séjour de long terme, près de 70% estiment qu’il leur a donné accès à une meilleure éducation - sentiment largement partagé en Belgique également, mais beaucoup moins dans les autres pays (entre 22 et 50%).

Vie privée : des difficultés face au regroupement familial

Au niveau européen : Les problèmes rencontrés par les immigrés interrogés pour faire venir leur famille dans leur pays de résidence sont la difficulté à obtenir les bons documents administratifs (50% des sondés en Allemagne, 44% en Italie), correspondre aux critères (41% en Italie mais seulement 10% en Belgique et 4% en Espagne) ; enfin le sentiment que «les autorités ont trop le pouvoir de faire ce qu’elles veulent» (28% des sondés résidant au Portugal).

Au niveau français : Seulement 10% ont rencontré des difficultés à obtenir les documents administratifs nécessaires à leur demande de regroupement familial, et 23% à correspondre aux critères. Le sentiment que les autorités ont trop le pouvoir «de faire ce qu’elles veulent» est le plus fort d’Europe : 38% des sondés à Lyon et Paris partagent cette opinion.

Participer à la vie politique : une revendication forte

Au niveau européen : Entre 70 et 80% des immigrés répondent positivement à la question «s’il y avait une élection générale demain, voteriez-vous ?». L’envie de participation politique est plus élevée en Belgique (90% de réponses positives) et en France ; moins importante en Hongrie et au Portugal (un peu plus de 70%). Dans plusieurs villes d’Italie et de Belgique où voter est obligatoire, cette envie est légèrement inférieure à la participation des nationaux. Mais en France, en Espagne et au Portugal, l’intérêt pour la participation à la vie politique est au même niveau que les nationaux.

A la question «devrait-il y avoir davantage de députés issus de l’immigration ?», entre 64 et 87% des immigrés répondent «oui», assurant que ces députés comprendraient mieux les difficultés qu’ils rencontrent, et auraient tout au moins une importance symbolique.

Concernant l’appartenance à une organisation politique, l’Espagne a le taux le plus élevé (4,8%) et la Hongrie est bonne dernière, avec seulement 0,6% des sondés impliqués dans un mouvement politique.

Au niveau français : Près de 90% des immigrés interrogés à Lyon et Paris affirment qu’ils voteraient s’ils le pouvaient. Sur l’intérêt pour la participation à la vie politique, il n’y a pas de différence significative entre les personnes non naturalisées et les personnes naturalisées. 75% des immigrés estiment également qu’il devrait y avoir plus de députés issus de l’immigration à l’Assemblée nationale. Seuls 2,8% des sondés font partie d’une organisation politique.

Accéder à la nationalité : un parcours d'obstacles

Au niveau européen : Trois immigrés sur quatre sont ou ont l’intention de devenir citoyen de leur pays de résidence. Ils expliquent que la naturalisation permet de se sentir mieux installé dans le pays, facilite l’obtention d’un emploi et l’accès à l’éducation. Ceux qui ne souhaitent pas obtenir de naturalisation (moins de 5% au Portugal et en Espagne, jusqu’à 30% en Allemagne) évoquent la faible différence que cela ferait avec leur statut actuel (près de 60% en Belgique), des démarches administratives trop complexes ou des restrictions sur la double nationalité : en Allemagne, c’est la raison invoquée par près de la moitié de ceux qui ne souhaitent pas accéder à la nationalité.

Au niveau français : 50% des migrants qui ne souhaitent pas être naturalisés évoquent la complexité des procédures administratives. 30% n’ont pas l’intention de s’installer définitivement en France. La France est également le pays où les migrants attendent le plus longtemps avant de demander leur naturalisation : jusqu’à treize ans à Lyon, contre cinq ans à Liège et Budapest ou six ans à Madrid. D’autre part, 56% des immigrés présents depuis plus de vingt ans en France se sont fait naturaliser : c’est un peu plus qu’en Italie (29%) mais moins que dans le reste des sept pays étudiés (jusqu’à 91% en Espagne, lorsqu’ils viennent d’un pays ayant des liens historiques avec leur pays d’établissement).

 

 

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 18:58

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Victoire des 3 EVS défendues par SUD Éducation Haute-Normandie en appel aux prud’hommes

EVS : la Cour d’Appel confirme la condamnation de l’Éducation Nationale

SUD ÉDUCATION HAUTE-NORMANDIE avait assuré la défense de trois EVS, dès le 11 mars 2010, pour faire reconnaître leurs droits.

Le Conseil des prud’hommes de Rouen avait, par jugement du 29 septembre 2011 :

- requalifié les contrats en CDI,

- affirmé l’absence de cause réelle et sérieuse concernant ces licenciements

- condamné le Lycée professionnel Bernard Palissy à verser les indemnités correspondant (environ 10 000 € par salariée),

Le Lycée avait interjeté appel et les salariées ont comparu, le 11 avril 2012, devant la Cour d’Appel de Rouen, toujours assistées par un défenseur syndical de SUD EDUCATION.

Dans son arrêt du 12 juin, la Cour d’Appel :

     • «Adopte les motifs du jugement rendu (…) pour le confirmer en toutes ses dispositions. (…)» en apportant des précisions sur les motifs de la décision qui confortent notre argumentation,

    • confirme les jugements déférés, en y ajoutant :

    • la condamnation du lycée à payer à chacune des salariées une somme supplémentaire pour couvrir les frais engagés pour leur défense.

    • La condamnation du lycée professionnel aux dépens.

 

C’est une nouvelle victoire dans la lutte pour la reconnaissance des droits des EVS.

N’hésitez pas à nous contacter (Sud Education). Nous examinerons avec vous la possibilité de déposer un recours si vos droits n’ont pas été respectés.

Ne restez pas isolé-e-s, prenez contact avec le syndicat pour vous défendre !

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 20:35

 

 

La nourriture du futur que nous concocte l’industrie agroalimentaire

 

Hamburgers in vitro, fromages de synthèse, glu de porc, vache ou poisson transgénique… Le tout agrémenté d’une bonne pincée de chimie. L’industrie agroalimentaire multiplie les expérimentations, et commence à inonder le marché de ces nouveaux produits, davantage fabriqués en usines ou en labos que dans les champs. Objectif : nourrir la planète au moindre coût. Sans trop s’attarder sur les conséquences sanitaires et écologiques. Et sans pitié pour les cobayes que nous sommes. Bastamag ! vous présente le menu agro-industriel de demain. Miam !

 

En entrée : une saucisse de glu de porc malaxée

Cela ressemble à de la guimauve rose liquide. Cette mixture de viande est obtenue en passant les carcasses de poulet ou de porc dans une centrifugeuse à haute température, ce qui permet de récupérer le moindre morceau de barbaque. Les tendons, graisses, tissus conjonctifs sont transformés en pâte. À l’arrivée dans l’assiette, le « lean finely textured beef » (bœuf maigre à texture fine) est utilisé depuis quinze ans « sans restrictions » aux États-Unis.

Petit détail : ce hachis liquide provient des parties les plus prédisposées à la bactérie E. coli et aux salmonelles. Ce qui rend nécessaire, pour tuer tous les éléments pathogènes, un traitement à l’ammoniaque, substance considérée comme non dangereuse par les autorités sanitaires, et utilisée par ailleurs pour la fabrication d’engrais, le détartrage des métaux, ou la fabrication d’explosifs… Aux États-Unis, le produit est ajouté depuis des années à la viande hachée ou aux hamburgers. Vous en reprendrez bien un peu ?

Ce pink slime – ou « glu rose », tel qu’il a été rebaptisé par ses détracteurs – a déclenché récemment une tempête aux États-Unis. Des parents d’élèves se sont mobilisés lorsque le ministère de l’Agriculture a annoncé qu’il prévoyait d’acheter plus de 3 000 tonnes de cette mixture pour les cantines scolaires. Devant la fronde populaire, McDonalds et Burger King ont annoncé en janvier qu’ils cessaient d’en ajouter à leurs steaks hachés. Beef Products Inc., le plus grand producteur de pink slime, a dû fermer (momentanément) ses usines. Le géant de l’agroalimentaire Cargill, qui utilise un produit similaire dans ses hamburgers, traité à l’acide citrique au lieu de l’ammoniaque, a annoncé en mars qu’il réduisait sa production.

 

 

 

En plat : la « viande séparée mécaniquement »

Pourquoi l’agro-industrie se donne-t-elle tant de mal ? Pour rentabiliser la moindre calorie bien sûr. « Nos installations traitent 4 500 à 6 000 têtes de bétail chaque jour, et il y a beaucoup de déchets dans le processus de fabrication », a expliquéun porte-parole de Cargill. Du coup, ces restes sont broyés, traités, compactés, et utilisés comme additifdans la viande sortie des chaînes de fabrication. Ajouter du pink slime permet à Cargill « d’économiser » l’équivalent de 1,5 million d’animaux chaque année. Impossible de savoir quelle quantité de cette mixture est ajoutée à la viande. Secret industriel. Aucune mention sur l’étiquetage, puisque le pink slime est considéré comme « 100 % bœuf ». Le ministère de l’Agriculture impose une limite de 15 % du fait du traitement à l’ammoniaque. Difficile à contrôler. 70 % des produits de bœuf haché contiendraient du pink slime, affirme Beef Products Inc.

En France aussi, on pratique le « VSM », pour « viande séparée mécaniquement ». Même objectif : récupérer toute la substance « comestible » possible. La VSM est produite en forçant les os à travers un tamis, sous haute pression. Ce qui provoque la destruction de la structure fibreuse des muscles. Le produit obtenu n’est donc plus vraiment de la viande. La Commission européenne a statué en 2001 qu’un étiquetage différencié était nécessaire, car la viande mécaniquement séparée « ne correspond pas à la perception de la viande par le consommateur et ne permet pas de l’informer de la nature réelle du produit »... Les petits morceaux d’os contenus dans la VSM ont aussi une taille réglementée.

Où trouver cette appétissante substance ? Notamment dans les saucisses. 700 000 tonnes de VSM sont produitespar an en Europe. Un marché de 400 à 900 millions d’euros. En France, le volailler Doux, avec sa marque Père Dodu, a été accusépar la répression des fraudes de tromperie sur l’étiquetage : entre 2009 et 2011, il a écoulé 1 282 colis de saucisses de « poulet séparée mécaniquement » en les présentant comme « viande »... Destination : des cantines scolaires et des maisons de retraite. Côté traçabilité, ce n’est pas gagné.

Le plateau de fromages synthétiques

Du côté des produits laitiers aussi, une formidable innovation technologique permet de casser les prix. Cargill a lancé en 2009 un « fromage » sans lait. « Son aspect, son goût et sa texture correspondent parfaitement à ceux du fromage à base de protéines laitières, vante le géant de l’agroalimentaire. Ils sont semblables à ceux des traditionnels fromages à pâte dure, comme le gouda, le cheddar ou le gruyère, assurant ainsi les mêmes plaisirs et satisfaction aux consommateurs. » Ce fromage chimique, le Lygomme™ACH Optimum, est composé de trois amidons, d’un galactomannane (E410, 412, 417), d’un carraghénane (E407) et d’arômes. Un « système fonctionnel », qui « reproduit la fonctionnalité des protéines du lait et les remplace totalement », sans pourvoir prétendre à l’appellation « fromage », puisque sans produit laitier.

Son avantage ? Son prix. Le Lygomme™ACH Optimum permet de ne pas dépendre des fluctuations du marché du lait. Une « alternative rentable » pour les pizzas au fromage : le Lygomme est 200 % moins cher que la mozzarella ou l’emmental ! Et même 60 % moins cher que le « fromage analogue », autre produit de substitution en circulation. Ce dernier, à base d’huile de palme, d’amidon, de sel et d’exhausteurs de goût – et 15 % seulement de protéines de lait –, a déjà inondé le marché européen. Cargill vante aussi les propriétés diététiques de son Lygomme : moins de matières grasses et moins d’acides gras saturés. Le produit a même été nominé aux Food Ingredients Excellence Awards 2009, grand rendez-vous de l’agroalimentaire, pour le titre d’« Innovation de l’année », catégorie... Produits laitiers (sic).

En Europe, pas de problème de commercialisation des substituts de fromage : il suffit que les composants soient clairement indiquéssur l’étiquette. Mais qui peut deviner que le « galactomannane » inscrit sur l’emballage désigne la pâte fromagère de la pizza ou des lasagnes ? D’autant que les producteurs laissent souvent une part de « vrai fromage » dans la liste des ingrédients pour ne pas effrayer le consommateur. Selon un reportage de la chaîne ZDF, l’Allemagne produit chaque année 100 000 tonnes de « faux » fromage. Un dixième de sa production. Un laboratoire allemand a analyséune centaine de sandwichs au fromage. Verdict : un tiers d’entre eux ne contenaient pas du « vrai fromage ».

Au menu demain : animaux transgéniques et hamburgers in vitro

Autre solution pour produire plus de protéines animales : des animaux qui « poussent » deux fois plus vite. Dans les laboratoires se multiplient les expériences pour produire des animaux génétiquement modifiés aux propriétés intéressantes pour l’industrie agroalimentaire. Aux États-Unis, les cochons « Enviropig », génétiquement modifiés pour moins polluer, et les saumons « Frankenfish », qui grandissent deux fois plus vite, attendent leur autorisation de mise sur le marché (lire notre enquête). Des vaches hypermusclées, des chèvres dont le lait fabrique de la soie, des porcs avec un gène de souris… Des animaux porteurs de gènes étrangers à leur espèce pourraient arriver bientôt dans nos assiettes. La Chine est à la pointe de la recherche sur la transgénèse animale. Et l’Europe se prépare discrètement à suivre le mouvement.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) vient de lancer une consultation publique concernant l’évaluation des risques environnementaux des animaux génétiquement modifiés. Objectif : définir les données requises et la méthodologie à appliquer « si des demandes d’autorisation de mise sur le marché dans l’Union européenne devaient être soumises dans le futur »… L’évaluation porte « essentiellement sur les poissons, les insectes, les mammifères et les oiseaux génétiquement modifiés ». Vaste programme ! « Jusqu’à présent, aucune demande d’autorisation de commercialisation d’animaux GM n’a été déposée dans l’UE », précise l’Efsa. Mais « la technologie a rapidement évolué ces dernières années et, dans certains pays non membres de l’UE, les autorités de réglementation évaluent déjà la sécurité des animaux GM, tant au niveau de l’environnement qu’au niveau de l’alimentation humaine et animale ».

Et bientôt… le steak de sérum de fœtus de cheval

Demain, nous pourrons aussi nous demander si le steak ou la saucisse que nous avalons goulûment a bien un jour été « vivant ». De nombreux programmes de recherche travaillent depuis des années sur la viande artificielle. La Nasa a été la première à s’y intéresser (pour nourrir les futurs astronautes en route vers de lointaines planètes). En 2000, des chercheurs new-yorkais ont réussi à produirede la chair de carpe à partir de cellules prélevées. Comment fabriquer de la viande en éprouvette ? Les scientifiques cherchent à développer du muscle à partir d’une cellule de porc (bien vivant celui-là), par la mise en culture dans un milieu riche en nutriments.

Pour le moment, les morceaux de viande produits in vitro, fabriqués avec des cellules souches de porc et du sérum de fœtus de cheval, mesurent 2,5 cm de long et apparaissent gris et ramollis. Pas de quoi ouvrir l’appétit… En France, on doute d’arriver à un résultat à court terme. « L’une des difficultés majeures est de reproduire la finesse de l’irrigation sanguine, qui apporterait les nutriments et les facteurs de croissance nécessaires aux cellules, en mimant l’irrégularité des pulsations cardiaques », expliqueJean-François Hocquette, directeur de recherche à l’Inra. En septembre dernier, des chercheurs néerlandais promettaient d’ici à six mois un steak prêt à manger… Le coût du morceau de viande reste pour le moment prohibitif : 250 000 euros.

Ces travaux sont encouragés par la plus importante organisation des droits des animaux, People for the Ethical Treatment of Animals (Peta), qui voit dans la viande in vitro un moyen de mettre fin aux souffrances des poulets, porcs ou vaches tués chaque année. Peta a promis une récompensed’un million de dollars au premier chercheur qui – avant le 30 juin 2012 – produira de la viande de poulet in vitro, au goût identique à celui du « poulet réel », et pouvant être fabriquée à grande échelle.

La solution écolo : mangez des vers, des scarabées et des papillons

Pour faire face à la demande mondiale, la production animale devrait doubler d’ici à 2050, estime la FAO. Si d’ici quelques décennies les protéines ne poussent pas encore dans les laboratoires, cela représentera 36 milliards d’animaux – en plus de 9 milliards d’humains – sur la planète. Alors que l’élevage est déjà responsable de 18 % des émissions de gaz à effet de serre… La solution ? Réduire notre consommation de viande. Autre moyen pour réduire l’impact écologique de l’élevage : développer les cultures d’insectes. Certes, la quiche au vers ou la tarte à la chenille risquent d’avoir du mal à trouver des adeptes en France… Mais, selon la FAO, plus de 1 000 espèces d’insectes sont consommées dans le monde. Une alimentation très saine et nutritive : les insectes apportent autant de protéines que la viande traditionnelle. Avec une teneur en fibres comparable à celle des céréales, plus du fer, du calcium et de grandes quantités de minéraux et de vitamines. Scarabées, papillons ou fourmis mais aussi punaises, termites et abeilles seront peut-être la base des repas les plus sains… De quoi en tout cas varier les menus !

Les insectes, c’est bon pour l’environnement : il faut 8 kilos de végétaux pour produire un kilo de viande bovine. Et moins de deux kilos pour produit un kilo d’insectes. Une matière première que l’industrie agroalimentaire semble pour le moment délaisser. En attendant les élevages intensifs et la future pâte d’insectes que ne manquera pas de nous concocter l’industrie alimentaire, il est toujours possible de dégusterune sucette scorpion aromatisée à la myrtille, des raviolis de criquets ou des brownies aux vers.

 

 

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 19:54

 

NOUVEAUX ÉPISODES DE LA CHRONIQUE DES HORREURS ANNONCÉES DU SUCCESSEUR DE SARKOZY

 

Après l'expulsion du père Rom de Macédoine d'un garçon de 17 ans resté seul avec sa mère à Lyon, Manuel Valls met vraiment ses pantoufles dans les traces de Guéant : c'est maintenant la grand-mère d'une enfant de 5 ans qu'il entend mettre dans un avion demain 27 juin à 7h55 du matin, à destination des Pays-Bas d'où elle risque d'être réexpédiée vers l'Arménie qu'elle a fuie.
Une histoire banale de vies dévastées que Sarkozy mettait un point d'honneur à dévaster un peu plus, une voie dans laquelle son successeur semble vouloir le suivre.

Lousin SIMONIAN est Arménienne, elle a 55 ans et est divorcée. En 2011, elle avait demandé l'asile aux Pays-Bas, demande rejetée, semble-t-il. Elle se rend alors en France en compagnie de son fils Jirair OHANIAN et de sa petite-fille de 5 ans, Lousiné OHANIAN. La mère de l'enfant est on ne sait où, en Europe, accompagnée du second enfant du couple. Ils sont hébergés par la Croix rouge à Poitiers.
Venant après celle introduite aux Pays-Bas, leur nouvelle demande d'asile n’est même pas reçue.
Convoquée hier 25/06 à la préfecture de la Vienne Lousin SIMONIAN y a été arrêté. La classe ! Comme au temps de Guéant ! Son fils, lui, n'a pas été arrêté, probablement du fait de la présence de l'enfant et de l'engagement du candidat Hollande (mal respecté jusqu'à présent !) de ne pas placer de mineur en rétention. Si cette interprétation est la bonne, c'est un mieux... qui ne justifie pour autant pas le reste, en la circonstance l'expulsion d'une grand-mère vers un pays où elle ne connaît personne, loin de la seule famille qui lui reste, son fils.

A Dieppe, plein de tact, le préfet attend (presque) la fin de l'année scolaire pour ouvrir la chasse à l'enfant : madame Mustafa, d'origine roumaine, et ses deux enfants, Béatrice 11 ans et Ionut 9 ans, vivent en France depuis 2008.
Les deux enfants sont scolarisés à l'école Michelet du Pollet à Dieppe. Ionut a fait un an de maternelle à l'école Vauquelin. Ce sont de bons élèves appréciés de leurs camarades et de leurs enseignants.
Après avoir travaillé comme aide-ménagère, Madame Mustafa est inscrite à un stage devant déboucher sur un emploi d'aide cuisinière.
Alors qu'elle allait renouveler sa carte de séjour, une obligation de quitter le territoire français (OQTF) lui a été signifiée. En appel, le Tribunal administratif de Rouen a confirmé cette OQTF. L'étau se resserre autour d'elle et de ses enfants puisqu'elle est assignée à résidence et doit se présenter deux fois par semaine au commissariat.

Elle a été informée de son expulsion jeudi 28 juin. Son comité de soutien et RESF Dieppe s'opposent vivement à cette mesure injuste qui touche une femme et des enfants bien intégrés et désireux de vivre en paix à Dieppe.

 

Voir et signer la pétition en ligne

 

En son temps, Nicolas Sarkozy avait mérité le titre de ministre de la Chasse à l'Enfant. Manuel Valls serait-il candidat déclaré à cette succession aussi ?

(source texte : educationsansfrontieres.org)

          

 

 

 

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 19:34

 J'suis pas aux beaux-arts mais j'ais que guerre se dit war

Artiste amène ta face pour servir de crachoir

Vas-y viens par ici, descends de ton perchoir

Pauv' charognard qui lorgne sur des bouts de trottoir

 

war

 

(source : le Jura libertaire)

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 19:22

 

Exposition les 30 ans du Frac Languedoc Roussillon stop ça suffit !

Le changement c’est maintenant, nous chantait-on sur un air culturel de marketing politique pendant la campagne présidentielle et législative ! Mais il ne sera ni pour maintenant et ni pour demain ! Rien ne changera, ni dans l’art contemporain comme dans tous les secteurs, les injustices sociales, culturelles seront notre pain quotidien

Exposition Les 30 ans du Frac Languedoc Roussillon : 30 ans ça suffit ! Y en a marre ! Ras le bol ! Leurs dissolutions seraient un bienfait pour la communauté artistique en deuil d’ateliers pour travailler et de lieux d’exposition en France.

En France les artistes crèvent car il y a un monopole des institutions sur la diffusion de l’art contemporain, les Frac Fonds Régional d’Art Contemporain comme le Cnap, Drac ou les musées d’art contemporains sont les seuls responsables de cette faillite en cascade depuis trois décennies. La France, un pays qui devient totalement maudit pour les artistes créateurs auteurs.

Les expositions en 2012 cet été pour Les 30 ans des Frac : Fonds Régional d’Art Contemporain, un Frac par région financé par le contribuable est un prétexte à différentes expositions dans les Frac comme cette exposition "Les 30 ans du Frac Languedoc Roussillon", 30 ans stoppons les dégâts !

Les 30 ans de Frac apportent la preuve de l’inertie culturelle en France du ministère de la culture jusqu’aux conseils régionaux quelques soient leurs étiquettes politiques, gauche ou droite. L’anniversaire de cette association d’art contemporain d’utilité publique avec ces 30 ans de présence culturelle sur le terrain nous prouve que nous sommes immergés dans une culture française dans l’incapacité de générer de nouvelles perspectives culturelles. Ces 30 ans de Frac sont les 30 ans du refus de voir en France de nouvelles émergences alternatives indépendantes des pouvoirs des élus en région Languedoc Roussillon comme dans tous les 22 conseils régionaux.

Les 30 ans du Frac Languedoc Roussillon c’est 30 ans d’opacité sur la sélection des artistes achetés pour la collection ou exposés en région.

Les 30 ans du Frac Languedoc Roussillon ce sont 30 ans du refus politique de la part des élus, des conseillers régionaux, du président du conseil régional, d’égalité des chances dans la communauté artistique face à l’argent public et aux aides publiques.

Les 30 ans du Frac Languedoc Roussillon comme dans les autres Frac, ce sont 30 ans de conflits d’intérêts entre les directeurs des Frac avec les marchands d’art, les galeristes, les conservateurs et les collectionneurs. Des conflits d’intérêts dont la principale source est l’association CIPAC réunissant des acteurs du service public et des acteurs du marché de l’art contemporain, galeristes, critiques, commissaires d’expositions ou curator, etc…

Monsieur Emmanuel Latreille, directeur du Frac Languedoc-Roussillon cumule les titres et fonctions puisqu’il est aussi président du CIPAC accompagné de Bernard Zürcher vice président du CIPAC, marchand d’art (galeriste) qui travaillait auparavant au musée de l’Orangerie et au Palais de Tokyo, ex membre du comité de sélection des galeries participant à la FIAC à Paris. Voilà, un pied dans le service public et l’autre dans le privé et dans le marché d’art contemporain, c’est scandaleux, la honte !

Frac, Cipac, galeristes d’art, collectionneurs, musées d’art contemporain, il n’y a plus de frontière entre le public et le marché privé. Les différents responsables forment avec insolence grâce à l’argent public des réseaux d’influences où partout ailleurs ça ce serait puni de délit par les juges dans nos tribunaux. Des différents acteurs du privé et du public regroupés dans un lobbying d’art contemporain au sein d’une association. Ce lobbying décide des achats d’œuvres d’art pour nos collections publiques et décide des artistes sélectionnés pour les expositions publiques sachant que ces dernières servent de réputation aux artistes, enjolivent leurs CV afin de gonfler artificiellement leur cotation ou leur prix de vente en galerie afin d’enrichir les galeristes ou marchands d’art, et les collectionneurs qui spéculent sur les œuvres d’art. Voilà où valse l’argent public dans un pays où l’on inflige à la population française l’austérité des plus pauvres à la classe moyenne. Tout ceci est une honte, un scandale alors que les artistes en en grande majorité n’ont plus d’atelier et de lieu pour exposer en France. Il faut remonter sous Pétain sous l’occupation et son gouvernement collabos d’extrême droite pour retrouver une telle catastrophe, une telle débâcle s’exemplifiant au fil du temps en un naufrage sans précédent chez les artistes plasticiens, artistes peintres, sculpteurs, installateurs, plasticiens vidéastes, (…) dans la création contemporaine en France.

2% d’augmentation du Smig mais des millions d’euros pour des institutions d’art contemporain comme la biennale d’art contemporain de Lyon (budget de 7 millions d’euros) et tout ça pour faire crever les artistes créateurs auteurs en France ! Cherchez l’erreur !!!

Piqure de Rappel : en 2005 Lili-oto possédait un espace d’art contemporain Artoong Studio à Bordeaux après avoir quitté Paris et Lyon, il proposera publiquement une autre feuille de route pour le Frac Aquitaine en plein crise, démissions en cascade... N’étant ni aidé ni subventionné, connaissant des difficultés de quelques milliers d’euros, lili-oto et Artoong Studio seront virés de leur espace à Bordeaux dans les mois qui suivirent cette lettre publique au Frac Aquitaine, l’espace Artoong Studio programmait plus d’exposition que le Frac... Aujourd’hui Lili-oto vit à Narbonne et il n’a pas d’atelier pour mener son activité artistique comme beaucoup d’autres artistes narbonnais et il ne trouve plus de lieu pour exposer. La ville de Narbonne qui est gérée par le Parti Socialiste exposera cette exposition en hommage au Frac comme d’autres lieux aux alentours dans tout le Languedoc Roussillon... Lili-oto cherche un lieu pour remonter Artoong Studio, résistance du PS qui refuse de débloquer des lieux vides à L’abandon appartenant à la ville, préférant sa bureaucratie culturelle médiocre et les rats accompagnés du salpêtre dans des espaces vides ! Le maire de la ville lui avait promis pendant les élections une réunion avec la communauté artistique narbonnaise que lili-oto lui avait demandé, on attend toujours !

(lili-oto, artiste contemporain. Voir son site )

 

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 19:09

 Your-own-world.jpg

 

(1)

« De l'art ça Monsieur ? Vous me prenez pour qui ?

_ Madame, je vous prends pour ce que vous êtes, une de ces salopes salonnardes qui font tout ce qu'il faut pour que les galeries aient des odeurs de cimetière.

De l'art, Madame, vous attendez qu'il vous donne des petits frissons joliment accordés à votre luxueux appartement-poutres apparentes et à votre garde-robe. L'art, Madame, vous l'avez confisqué avec l'aide de vos polices, de vos professeurs d'esthétique, de morale, avec l'aide de vos richissimes « amateurs », Vous l'avez émasculé. Et quand il revient au galop, l'art, après avoir bien traîné dans les rues chaudes de la vie vraie, vous défaillez, asphyxiée par trop de culture avec un grand C (comme con, cul, couille s'il vous plaît !!) »

 (Extrait du catalogue d’une expo consacrée à l’art brut dans les années 80)

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 (2)

 

(1) : Collages sur toile (78 x 115 cm)

(2) : Collages sur toile (78 x 111 cm)

 

 

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 19:46

CULture

 

C’est une notion qu’on ne remet jamais en question, tant on est habitué à la considérer comme forcément positive. Et pourtant, la « culture », telle qu’elle est développée dans nos démocraties contemporaines, est loin d’être un instrument d’émancipation. C’est en tout cas l’opinion d’Alain Brossat, auteur du « Grand dégoût culturel ». Entretien dans Article 11.

  

  

  

S’il y a une notion que se plaît à défendre – avec tambours et trompettes – l’ensemble des acteurs et décideurs de la démocratie française contemporaine, c’est bien celle de culture. À droite, à gauche, dans les colonnes des hebdomadaires de la gauche molle ou dans celles des quotidiens de la droite dure, le refrain est le même : la culture (vaste entité molle jamais réellement définie) est par définition positive, porteuse d’espoir, de changement, d’amélioration. Il en faudrait toujours plus, partout, tout le temps. Si bien qu’on n’interroge finalement très peu cette idée de « tout-culturel » et ses répercussions sociales ou politiques. Œillères. Comme l’écrit Alain Brossat : « Les préjugés qui nous portent à voir la culture comme un domaine élevé et une instance salvatrice sont si puissants qu’on conçoit difficilement que la culture est désormais bel et bien enraciné au cœur des dispositifs biopolitiques. »

Avec Le Grand dégoût culturel, publié en 2008 (Le Seuil), le philosophe Alain Brossat jetait un pavé affuté dans le marigot culturel. Il y pointait les contradictions de nos démocraties contemporaines gavées de culture ainsi que la servitude béate de citoyens dépossédés de toute réelle implication dans le champ politique. Alors que pseudo-intellectuels, politiques, bureaucrates cultureux et médiacrates pompeux se rengorgent d’aise en clamant qu’ils sont au service de la Sainte Culture – jurisprudence Lang –, les processus de dépossession politique se généralisent et le sujet immunisé se replie sur un quotidien consensuel mais irréel. Longtemps posée comme instrument d’émancipation, la culture serait désormais largement au service du pouvoir. Rencontré dans un café de la porte des Lilas, Alain Brossat a accepté de revenir sur les éléments clé de son livre, avant d’élargir les problématiques soulevées1. Entretien.

La digestion des oppositions

« Le Grand dégoût culturel est un livre qui a relativement bien marché en librairie, une chose qui ne m’arrive pas souvent. Il a eu tout de suite un papier dans Télérama et ça a contribué à le propulser dans le milieu des industries culturelles, auprès des gens même qu’il dénonce. Parce que s’il prenait totalement à revers les cultureux, il leur parlait aussi de choses qu’ils rencontrent tous les jours dans leur métier, d’éléments de malaise qu’ils ressentent à l’occasion. Il a donc bénéficié d’un certain bouche à l’oreille dans ces milieux, sur un mode très ambivalent.

Ce n’est pas si paradoxal : aujourd’hui, la culture fonctionne en digérant les oppositions, le négatif. Les gens qui baignent dans ces milieux peuvent tout assimiler, ce sont des estomacs d’autruche. Et ce n’est pas ma dénonciation en règle du « tout-culturel » qui risque de les déstabiliser. Tant qu’on ne leur coupe pas les crédits, ils se fichent d’être traînés dans la boue. D’autant qu’ils ne demandent qu’à s’afficher comme les plus séditieux, les plus subversifs ; au moins en façade...

Bref, ce livre les intéresse parce qu’il leur donne du grain à moudre sur leurs propres contradictions. Évidemment, cette réception marche sur des simplifications. Comme quand ces gens se penchent sur les situationnistes, qu’ils citent à tort et à travers. Ou sur tout autre écrit subversif. Je pense par exemple aux personnes animant la revue culturelle Cassandre qui ont tenu à faire un entretien avec moi, alors même qu’ils sont installés au cœur du dispositif mis en place par Lang, nourri aux subventions et aux niches culturelles : j’ai aligné ce genre de personnages dans le livre, mais ils tiennent quand même à présenter mes positions. »

La culture comme valeur suprême

« Il y a un consensus autour de la culture : ce serait une notion inattaquable, parce que forcément progressiste. C’est cet unanimisme que j’ai voulu casser dans Le Grand Dégoût culturel. Et c’est sûrement pour ça que le livre a aussi intéressé des gens qui avaient l’habitude de se reposer dans ce bain d’eau tiède, dans cette conviction que la culture nous éduque, nous civilise et nous sauvera.

Il y a eu par le passé des périodes où la culture était en mesure de soutenir des possibilités massives d’émancipation. Je prends souvent l’exemple du personnage de Jacques le fataliste chez Diderot ou celui de Figaro chez Beaumarchais : ce sont des gens auto-éduqués qui sortent de leur condition de valet parce qu’ils ont lu des livres et qui renvoient leur maître dans les cordes. Rancière a beaucoup travaillé sur cette question au-delà de l’approche fictionnelle, notamment sur la formation d’une intelligence ouvrière autodidacte, tournée vers l’émancipation. Cette intelligence permettait aux ouvriers de penser les conditions de l’égalité avec leurs propres termes.

Il s’est effectivement produit, dans certains moments historiques, une synergie entre la culture et une politique tournée vers l’émancipation. Mais c’est une illusion de penser qu’il s’agit d’une caractéristique intrinsèque de la culture, qu’elle la porte à tout moment, structurellement. Quand on entre dans le temps des industries culturelles, de l’étatisation de la culture, cela disparaît totalement. A fortiori après 1981 et la vague Lang ; là, la culture devient une espèce d’étendue liquide qui n’a plus aucun bord : tout est culture. La culture devient alors un moyen de gouvernement parmi d’autres.

Cela va même plus loin : dès qu’on entre dans le monde de la culture, on est pris par un dispositif de séparation entre des producteurs et des consommateurs. Même quand il y a volonté de casser l’élitisme de la culture, ces barrières restent. Par exemple, dans le cadre de la « démocratisation de la culture », on amène des cars de banlieusards au Théâtre de la Commune à Aubervilliers. Ce sont des gens modestes, des ouvriers, etc. Pourquoi pas ? Sauf qu’une fois la culture arrachée à son public bourgeois traditionnel, on considère que le contrat est rempli. Mais non. Pour que quelque chose change, pour que les objets de l’art entrent dans des synergies politiques, il ne suffit pas d’élargir le public.
Tant que demeure ce jeu de partition entre des créateurs ou des producteurs culturels et un public qui consomme, il subsiste une barrière. C’est pour ça qu’il faut penser les conditions d’une appropriation de l’art par les sujets eux-mêmes, mettre en avant le devenir artiste de chacun. Une autre paire de manches ! C’est quelque chose que l’on voit apparaître dans tous les événements émancipateurs. Même une simple grève avec occupation suffit à en créer les conditions : les gens commencent à fabriquer des trucs, à organiser eux-mêmes... Quand la communauté émerge, il y a des chances nouvelles pour l’art. Ce sont des dynamiques où les gens s’inventent d’autres profils sans même s’en rendre compte. Il se crée des cassures du temps ordinaire, des moments d’interruption. Et c’est dans ces brèches qu’on peut engouffrer des pratiques permettant de trouver des lignes de fuite.

Pour moi, évidemment – c’est une question de génération –, Mai 68 correspond au moment exemplaire de ce processus. Il s’invente alors spontanément une poésie de la rue : elle s’écrit sur les murs, dans les tracts, les affiches, etc. Rien d’étonnant à ce que le situationnisme ait trouvé sa pleine prospérité dans cette constellation Mai 68 : il s’était justement installé à la jointure de pratiques politiques et artistiques radicales. »

Les sujets immunisés

« Je crois qu’il est très difficile de changer les conditions générales de la politique aujourd’hui. Parce qu’elles sont liées à la fabrication en masse de sujet immunisés qui ont de moins en moins envie de s’exposer. Or, faire de la politique, c’est s’exposer.

Ce n’est pas seulement la question de l’État, des mécanismes du pouvoir. Il y a vraiment un problème dans la relation entre les gouvernants et les gouvernés. Aujourd’hui, tout va dans le sens d’une rétraction des possibilités d’émancipation des sujets. Et la culture joue un rôle fondamental dans ce processus, parce qu’elle est l’une des enveloppes les plus efficaces des sujets immunisés.

Il existe en fait toutes sortes d’enveloppes : sanitaires, sécuritaires... et culturelles. Ces dernières sont d’une redoutable efficacité. L’enveloppe culturelle ordinaire devient une espèce de sac fermé qu’on transporte partout avec soi. Par exemple, on peut traverser une ville sans avoir entendu un bruit, sans avoir croisé un regard, sans avoir aucune expérience de cet espace urbain. Le sujet se replie sur lui même, avec ses prothèses – le téléphone portable, le lecteur MP3 – dans lesquelles il se déplace comme dans une bulle.

Il est certain que la technique contribue à ce mouvement, via divers dispositifs.

L’innovation est devenue mortifère, elle participe à la domestication.

Mais ce n’est pas la technique en elle-même qui est responsable, c’est l’appareillage. Se fabrique ainsi une humanité sous cellophane, qui a horreur du contact, qui est toujours dans le simulacre social.
Ce qui pose réellement question, c’est l’extraordinaire vivacité et acharnement de ceux qui travaillent constamment à capter ces dispositifs technologiques, voire à les susciter pour en faire le pire usage. Le discours flaubertien des années 1960 sur la bêtise de la bourgeoisie a fait son temps. Parce que les dominants ont fait preuve d’une impressionnante constance dans la capacité d’innover pour toujours rebondir, se redresser, avoir un coup d’avance. Ce qui passe par une maîtrise de la technique. Il n’y a qu’Internet pour échapper un peu à cette mise en coupe ; mais ça ne devrait pas durer. »

Dépression politique collective

« On ne peut évidemment désigner une période donnée comme précisément celle où la sphère culturelle l’emporte sur la sphère politique : il y a eu des superpositions, une stratification de différentes durées. Mais le basculement qui se produit pendant les années Mitterrand est fondamental. C’est un moment essentiel dans l’histoire politique de la France contemporaine, notamment parce que l’arrivée de la gauche au pouvoir se produit sur un malentendu : une partie des populations populaires pense que ça va vraiment transformer la société. Sauf que non : on entre dans une période interminable, quatorze ans de règne, où seule l’enveloppe change. Pire, la situation se dégrade : tout se met à fonctionner aux illusions perdues, au leurre, ce qui crée une véritable dépression politique collective. C’est là que disparaissent les formes politiques traditionnelles où le politique se pensait encore sous la forme de la conflictualité. Avec les deux septennats Mitterrand, les lignes de partage se brouillent et la société fait un grand pas en avant vers la démocratie culturelle : tout se vaut, les positions politiques ne comptent plus. Un moment très fort de destruction de la politique.

Ceux qui se réjouissent aujourd’hui en clamant « Enfin, on va se débarrasser de Sarko » n’ont pas seulement la mémoire courte : ils sont au degré zéro de réflexion sur l’évolution plus ou moins récente de la politique. Un tel degré de connerie me semble hallucinant. Quand j’entends les gens dire « Ah maintenant avec Hollande, ça va, tout va bien se passer »... Mais le mal est fait !
Quand j’ai lu l’édito du numéro pré-élections de la revue Vacarme, «
Occupons le vote », j’étais atterré. Que des gens que je considérais jusqu’alors comme estimables, Sophie Wahnich par exemple, tombent là-dedans, appellent au vote utile, et le fassent avec une telle agressivité comme si ceux qui ne se plient pas à ce faux réalisme étaient des ennemis de l’humanité – ça me stupéfie. Car ça signifie qu’on est toujours dans cette espèce de spirale qui n’en finit jamais, cette adaptation continuelle à la dégradation. Ce qui m’a sidéré dans ce texte est aussi cette espèce de morgue contre les gens qui se posent la question de ne pas voter. Il n’y a plus d’espace de débat : c’est comme ça et pas autrement. Sur cette question, il suffit de dire « Attention, c’est un peu plus compliqué », et tout de suite on te catalogue comme sentant le souffre, comme un furieux. »

La pauvreté du débat public

« Je suis frappé par l’appauvrissement des conditions de la discussion publique. Et ça concerne tous les sujets qui fâchent, pas seulement le vote : ce qui touche à Israël et à la supposée question juive, ce qui porte l’étiquette de terrorisme, l’Islam et le voile, etc. Sur le voile, le paradigme Caroline Fourest est par exemple très intéressant : il montre à quel point les cartes se brouillent. On voit des hyper-réactionnaires, dont la xénophobie est patente, conserver une image de penseurs de gauche qui vont à contre-courant. Ils accaparent cette posture de l’intellectuel courageux alors qu’ils constituent évidemment le mainstream. De ce point de vue, il y a une marée montante de la confusion dans les débats d’idées, avec une criminalisation de tout ce qui ne transige pas. Sur la question palestinienne, la propension à vous mettre à l’écart, voire plus, se manifeste dès que l’on se montre intransigeant. Autre exemple : si vous expliquez que le « problème » nucléaire iranien tient en grande partie au fait qu’Israël veut conserver son monopole nucléaire dans la région, on vous taxera d’antisémitisme.

La dégradation des conditions du débat est vraiment patente, avec un spectre des positions acceptables qui se rétrécit. Il y a des effets d’agglomération, d’agglutinement : un certain nombre de différences sont tolérées à condition qu’elles soient subsidiaires. À l’image des pseudo engueulades entre politiques ou entre journalistes : ils peuvent parfois se jeter des anathèmes ou se déchirer en surface tant qu’ils demeurent homogènes sur le fond. Ils s’entendent ainsi sur le fait que la politique se fait aux conditions de l’État, que quiconque prononce le mot « peuple » est un populiste. Un simulacre de débat.

La culture est un liant dans ce processus, un coagulant. Elle donne le ton, crée le style. Et la culturisation du débat politique prospère sans fin. Par exemple, quand on passe sur France Culture d’une émission censée être politique avec Colombani et Casanova à une émission culturelle, on sent bien qu’il y a pas de déclivité entre les deux : c’est le même ton, le même dispositif, le même ronron. Et c’est normal : dans les politiques d’immunisation du vivant ayant cours aujourd’hui, la politique est considérée comme un espace dangereux, qu’il faut anesthésier. »

L’entité culture

« On ne peut pas définir la culture par énumération, parce qu’il est impossible d’en dresser un tableau exhaustif. Il y a tous les jours des nouveaux objets qui pénètrent la sphère culturelle. À mes yeux, il ne faut pas faire de hiérarchie entre ces objets. C’est là que je suis en opposition avec l’école de Francfort qui rétablissait les hiérarchies entre culture valable et décadente. Sur le cinéma hollywoodien, sur le jazz, les tenants de cette école avaient une approche très superficielle, ne comprenaient la multiplicité des niveaux des signes et des messages. C’est la limite de ce qu’Adorno et Horkheimer nous ont légué.

Mais aujourd’hui, nous vivons le contraire de la hiérarchie. La culture est devenue un monde d’immanence, horizontal, où tout peut s’échanger, tout est équivalent. Ce n’est pas un hasard si un des peintres les plus chers dans les salles de vente est Basquiat, quelqu’un qui a passé son temps à paraphraser les arts de la rue.

N’importe plus que la façon dont cette culture se déploie dans ses rapports avec les sujets. Elle enveloppe collectivement la population, et avec des dispositifs qui diffèrent des dispositifs sanitaires ou sécuritaires. Il y a là une forme de pastorat spécifique, un mode d’encadrement, de domestication. La culture est très utile pour désamorcer les tensions.

Il ne faut pas regarder uniquement les objets, la marchandise, mais également la façon dont sont mises en forme des vies, des subjectivités. D’autant que cette marchandise culturelle a fonction de remplir les vies à une époque où le travail et la famille ne suffisent plus à le faire. La biopolitique a horreur du vide, et la culture remédie à ce problème. Quand on assoit les gens au théâtre ou au cinéma, il y a peu de chances pour que ça se transforme en émeute... »

Le contrôle par la saturation

« On pense souvent le contrôle total sur l’humain par rapport à la rareté de la culture, comme dans 1984. Nous subissons en réalité le contraire : un temps d’absolue profusion de la culture.

Nous tombons aujourd’hui dans la culture dès la naissance et nous n’en sortons plus jamais. Les gens et les groupes sont toujours accompagnés par toutes sortes d’objets culturels, de rumeurs culturelles. Le nœud est là, pas dans une sorte de rareté de la culture. Ce n’est certainement pas en prônant une conception hiérarchique qu’on va avancer, par exemple en se battant contre la télé trash et pour Arte. C’est une question de structure, de dispositif. La télévision engourdit, même si c’est à des degrés différents. Ceux qui ont les moyens – les cultivés – regardent Arte ; ils sont juste des consommateurs plus éclairés. Comme les gens qui achètent leurs légumes bio... Tant qu’on ne se réapproprie pas les médias, en en cassant les dispositifs actuels, en brisant les monopoles et la verticalité dans le rapport émission/réception, le mécanisme reste le même. »

L’horizon de l’autonomie

« La ligne à suivre est celle de l’autonomie. Il faut que les sujets éprouvent une capacité à devenir eux-mêmes producteurs de cultures, de discours, d’informations, de pratiques, d’actions... C’est dans ces conditions que les choses changent. Et ça peut très bien commencer par une démarche à la marge, par exemple par la création d’une petite radio locale associative.

Mais tout est fait pour que cette autonomie n’émerge pas. On veut bien que vous soyez intelligent pour être un bon agent, pour que vous compreniez que vous devez faire attention aux conduites sexuelles à risque, pour que subissiez à partir d’une certain âge tous les tests pour le cancer du colon ; cette forme d’intelligence immunisée/immunisante est encouragée. Par contre, celles qui tendent à éloigner du système de guidage et de surveillance sont rapidement pénalisées, comme on l’a vu avec les SEL, les Services d’Échanges Libres, des systèmes de troc qui se sont surtout développés dans les zones rurales, du type « j’échange un cours de philo contre une intervention du plombier »... Cette initiative collective a immédiatement été interdite en tant que travail au noir, emploi illégal. Alors qu’elle pouvait faire tâche d’huile et s’avérer importante pour les gens qui ont peu de revenus.

L’autonomie se valide par la pratique, ce n’est pas une notion condamnée aux beaux discours. C’est une forme d’expérimentation qui n’est pas forcément glorieuse ni spectaculaire. Il faut d’ailleurs se battre contre cette obsession de notre époque pour la visibilité : ce n’est pas grave de ne pas être très visible. Ce qui importe, c’est ce qu’on fait et avec qui on le fait. C’est particulièrement malaisé dans les milieux intellectuels, où la concurrence à la notoriété est très forte. Avec des amis, nous avons créé une association de philo qui s’appelle « Ici et ailleurs, pour une philosophie nomade », avec laquelle on expérimente des pratiques non universitaires de la philo : des débats, des rencontres, des sorties hors des structures habituelles. Ça nous permet de rompre avec certaines habitudes tout en constituant une expérience de la communauté. Tant pis si c’est minime, il faut essayer.

Ce qui est vraiment fatal, c’est de se dire que tout est plié, de se convaincre qu’il y aurait une perfection de la biopolitique qui nous envelopperait totalement et nous enlèverait toute possibilité de réaction. Prendre les choses ainsi tient à une forme de paresse, de capitulation. Il y a un confort dans cette posture passive, qu’on retrouve souvent chez les gens de ma génération qui ont vécu les grands possibles des années 1960. Et elle est encore plus choquante chez des gens qui bénéficient d’un certain confort. »

La violence en politique

« Dans Les Nouveaux chiens de garde, ce bon film de critique des médias, il y a une séquence intéressante dans laquelle le délégué des Contis, Xavier Mathieu, répond à Pujadas. Là, le masque s’effondre. On voit bien le présentateur tomber dans l’injonction à dire que toute forme de violence, même matérielle, est une chose criminelle : il tente de forcer Mathieu à désavouer les dégâts matériels. Et il y a une certaine jubilation à observer ce dernier l’envoyer balader. C’est très dur de résister à un dispositif télévisé de ce genre. Normalement, ça n’arrive jamais.

C’est très symbolique. Nous subissons un état des choses où toute association d’énergie politique à un moment violent est immanquablement criminalisée. Nous endurons une politique très immunitaire, qui fait tout pour faire disparaître les corps : là où il y a des corps, il y a toujours un risque de violence. Voilà pourquoi la politique se fait de plus en plus sur Internet, ou sur un mode complètement grégaire, à l’image de ce que sont devenus les meetings électoraux. Il n’y a pas si longtemps, les meetings étaient des moments de tension. De même qu’il y avait des bastons et des morts autour des collages d’affiches ; des gens restaient sur le tapis. Pendant les élections, il y avait un climat tendu, une forme d’affrontement. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, ou alors à la marge. Il ne se passe rien, en fait.

On voit également de plus en plus de mouvements, type indignados, qui se disent fondés sur la colère et l’indignation, mais qui ont intégré ce refus de la violence. C’est étonnant. Ils se posent à eux-mêmes des limites, chassent ceux qui sont considérés comme violents.
Cet interdit a pénétré très profondément la plupart des milieux sociaux. Voilà pourquoi la violence politique se trouve circonscrite à quelques endroits localisés, par exemple les cités. Seule cette plèbe reste inflammable. C’est d’ailleurs pour ça qu’elle est si facile à criminaliser. D’abord parce qu’elle est localisable, et ensuite parce qu’il est aisé de lui coller les stigmates de la barbarie, ce qu’on a vu avec les émeutes de 2005. On considère que ceux- là sont violents parce que mal civilisés. Mais je suis convaincu que si on voit réapparaître un niveau de conflictualité suffisamment élevé, ce bouchon va sauter ailleurs que dans les cités. Il y a toujours un moment où le rapport de force est à nu et où quelque chose fait basculer la situation. La pacification des mœurs politiques n’est pas un vaccin infaillible contre le retour de la politique vive. »

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 19:56

 

 

Conseil National du Tourisme :

L’évolution du calendrier et des rythmes scolaires : La chronobiologie de l’enfant est au cœur du débat mais Il faut tenir compte de l’enjeu économique du tourisme dans une réforme risquant d’impacter fortement le secteur. Il ne s’agit pas d’opposer les points de vue mais de trouver les convergences entre enfants, enseignants, parents et professionnels du tourisme. (sur tourisme.gouv.fr)

 

Confédération Nationale du Travail :

Ci-dessous, un des articles publié dans le n° 7 de la revue N’autre école

      Freinet 1-copie-2

    Freinet 2

     Freinet 3

 

   

« Il ne faut pas perdre de vue que le mouvement Freinet n’est pas seulement pédagogique, il est social et politique. Changer l’école pour changer le monde, en attendant l’inverse !! »

labrique12_laune-bis.jpg

 

 

 

 

 

 

 

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 19:46

   

 

Mail envoyé ce jour à TF1 :

Je viens de regarder par hasard, une partie de l'émission 7 à 8 de ce 24 juin...

Un reportage y est consacré aux enfants que vous qualifiez pudiquement "d'enfants difficiles".

On sent très bien au travers des commentaires et des exemples choisis une envie d'employer un autre qualificatif....

S'il n'y avait eu que cela, je n'aurais pas pris la peine de vous écrire (je savais très bien sur quelle chaîne j'avais zappé....)

Vous parlez d'un enfant qui est au collège en SEGPA, et vous considérez alors que la SEGPA est sensée accueillir les...ENFANTS DIFFICILES(en d'autres termes, POUR VOUS, les enfants difficiles, les enfants qui ont des troubles du comportement, des réactions émotionnelles inadaptées vont nécessairement en SEGPA.

Votre raccourci révèle votre méconnaissance du système éducatif français (je n'ose imaginer la manière dont vous traitiez les "réformes" de l'école durant ces 5 dernières années.

Mais, ce "raccourci" est surtout une énième manière de stigmatiser certains enfants et leurs familles, d'opposer ceux qui SELON VOUS iraient dans les bons collèges (les enfants faciles) à ceux qui iraient en SEGPA (les enfants difficiles). Les élèves orientés en SEGPA -pour difficultés scolaires persistantes- apprécieront !!!

Viendrez-vous, vous-même, expliquer aux futurs élèves susceptibles d'être orientés en SEGPA qu'ils sont des élèves difficiles, puisqu'ils l'ont entendu à la télé ?

Viendrez-vous leur expliquer qu'alors ils doivent retrouver confiance et estime de soi ?

 Je vous renvoie à ce lien http://eduscol.education.fr/cid46765/sections-d-enseignement-general-et-professionnel-adapte.html qui vous expliquera qui sont les élèves accueilli(e)s en SEGPA

 

Sans salutation cordiale

Jean Rumain (psychologue sColère !!!)

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