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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 18:52

  no border bitte 

 

Lettre ouverte de vingt-six organisations à François Hollande
pour une nouvelle politique à l’égard des immigrés



Le 19 juin 2012

Monsieur François Hollande
Président de la République
Palais de l’Elysée
55, rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris

Objet : pour une nouvelle politique à l’égard des immigrés

Monsieur le Président de la République

La majorité qui vient de sortir des urnes va devoir très vite, en matière de politique migratoire, prendre d’importantes décisions. Il ne serait, en effet, guère concevable que nous continuions à vivre plus longtemps avec l’arsenal législatif et réglementaire, discriminatoire dans sa conception, tout-répressif dans ses modalités, en partie hérité de l’ère Sarkozy.

Le maintien de la politique migratoire sous la coupe du Ministère de l’intérieur, fustigé en son temps par le Parti socialiste, nous paraît un très mauvais signe : Alors que tous les citoyens français voient, dans leurs rapports avec l’administration, leurs affaires gérées par autant de ministères « compétents » que leur existence comporte de facettes, les immigrés continuent à se voir, eux, parqués dans un ghetto administratif unique, sous haute surveillance. Cette discrimination doit cesser, même si ce changement ne suffit évidemment pas à garantir à lui seul aux étrangers une meilleure politique.

La totale refonte du CESEDA (Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile. ndlr) est nécessaire et suppose, d’une part, une réelle concertation avec les organisations qui défendent leurs droits et, d’autre part, une réflexion approfondie sur les manières de promouvoir l’égalité des droits et de favoriser, par une approche globale, des conditions de vie décentes et paisibles pour les immigrés et leurs enfants.

La ratification par la France de la Convention internationale des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, adoptée en 1990 par l’Assemblée générale des Nations unies, paraît également indispensable.

Mais, auparavant, des mesures transitoires sont urgentes pour desserrer l’étau dans lequel la population immigrée est aujourd’hui prise et pour sortir enfin de l’ère du soupçon, des tracasseries et des humiliations. Une mesure forte doit être prise immédiatement : un moratoire sur les expulsions. Ce moratoire implique que les étrangers actuellement placés en rétention soient remis en liberté.

Pour en finir avec des dizaines d’années d’une politique xénophobe indigne, qui avilit le pays, avec des lois toujours plus dures en contradiction avec les droits fondamentaux (DUDH, Convention de Genève, CEDH, CIDE), nos organisations attendent de votre gouvernement un signal fort dès maintenant afin d’envisager un changement de politique migratoire en profondeur pour l’avenir, et redonner sens au vivre ensemble tant mis à mal par le gouvernement précédent.

Dans l’immédiat, il y aurait quantité de changements ponctuels qui faciliteraient l’existence des étrangers. Nous nous contenterons de vous en indiquer une : l’abrogation des taxes de régularisation qui contraignent ceux d’entre eux qui reçoivent un titre de séjour à payer jusqu’à 800€, une somme manifestement abusive et discriminatoire au regard de ce qui est exigé des Français pour obtenir un document d’identité (de la gratuité pour une carte d’identité à 86€ pour un passeport).

Nos vingt-six organisations vous remercient de votre attention à ces revendications et vous prient, Monsieur le Président, de recevoir l’assurance de leur très haute considération

Pour les vingt-six organisations,
Stéphane Maugendre,
président du Gisti

Les 26 organisations associatives, syndicales et politiques :

Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie (ACORT) - Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF ) - Association pour la Reconnaissance des Droits des personnes Homosexuelles et Transsexuelles à l’Immigration et au Séjour (ARDHIS) - Association de Solidarité en Essonne aux Familles Roms (ASEFRR) - Association des travailleurs Maghrébins de France (ATMF) - ATTAC - Avocats pour la Défense des Droits des Etrangers (ADDE) - Droits Devant !! - Fédération des Associations de soutien aux travailleurs immigrés (FASTI) - Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) - Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI) - La Générale - La Marmite aux idées (Calais) - Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) - Réseau Education sans frontières (RESF)

Fédération syndicale unitaire (FSU) - Solidaires - Sud-Education - Syndicat des avocats de France (SAF) - Syndicat de la magistrature (SM)

Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE) - Les Alternatifs - Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) - Parti communiste français (PCF) - Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF) - Parti de Gauche

 

(20 juin 2012)

   

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 18:35
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Sans commentaire ni parti pris (presque), la position de différents syndicats et de certaines associations sur le thème...récurant des "rythmes scolaires". Je me contenterai seulement de préciser que les rythmes scolaires n'existent pas. En effet, la notion de rythme renvoie à un événement qui se reproduit périodiquement identique à lui-même, on en est assez loin à l'école...
(Les syndicats apparaissent par ordre alphabétique, il en est de même pour les associations)
 
SE-UNSA
Pour le SE-Unsa, si la question des rythmes scolaires est importante, elle ne peut se limiter à l’école primaire mais doit aussi concerner le collège ainsi que les lycées. Elle doit aussi être traitée dans le cadre d’une très large concertation avec les multiples acteurs concernés : enseignants, personnels, familles, collectivités territoriales, monde associatif, acteurs économiques…
L’expression du ministre qui s’est concentrée sur la semaine scolaire passe sous silence l’organisation de la journée et celle de l’année scolaire. Ce dossier des rythmes est complexe car c’est bien l’ensemble des temps de vie de l’enfant qui doit être traités en cohérence.
L’organisation de l’aide personnalisée est aussi à repenser. Pour le SE-Unsa, elle doit prendre place dans le temps scolaire pour tous.
Enfin, au-delà du temps de l’enfant, la question du service des professeurs des écoles et de son organisation est posée et devra donc être mise sur la table au moment des négociations. Pour le SE-Unsa, toute évolution devra marquer une amélioration pour la réussite des élèves comme pour les conditions de travail de leurs enseignants.
D’ores et déjà, le SE-Unsa a sollicité une audience au ministre pour l’entretenir de tous les dossiers urgents. Ce dossier des rythmes en fait désormais partie.
SGNEN-CFDT
Rythmes scolaires ;
les 10 propositions du Sgen-CFDT
Voilà un sujet qui agite les discussions des cours de récréation et qui suscite beaucoup de rumeurs (Va-t-on raccourcir les vacances d’été ? La semaine de travail sera-t-elle de 5 jours ? Travaillera-t-on 24 heures ou 26 heures avec tous les élèves ?...)
Le nouveau Ministre a annoncé l’ouverture d’une concertation sur ce vaste sujet cet été. À la fin de l’année 2011, le ministre de l’Éducation nationale précédent avait demandé aux organisationssyndicales représentatives leurs avis au sujet des propositions émises dans le rapport de la conférence nationale sur les rythmes paru au mois de juillet. Il annonçait ensuite une dernière consultation des organisations.

Pour le SGEN CFDT, il est indispensable de négocier un nouvel équilibre du temps de travail des élèves et des personnels.Dans ce but, nous faisons 10 propositions parmi lesquelles nous proposons :
- La limitation de la durée journalière des cours de l’école primaire à 5 heures par jour.
- Une pause méridienne minimum de 1H 30.
- L’organisation de la semaine scolaire sur 9 demi-journées.
- Une alternance 7/8 semaines de cours et 15 jours de vacances.
- Une à deux heures d’accompagnement éducatif pour tous
SNALC
RYTHMES SCOLAIRES

NON AUX DIKTATS DE LA NOMENKLATURA !




Le SNALC (CSEN-FGAF) a pris connaissance du rapport relatif aux rythmes scolaires remis hier au Ministre de l'Education nationale.

Il conteste tout d'abord la méthode : une fois de plus un comité Théodule, présidé par l'insubmersible Christian Forestier, prétend rénover le système scolaire, alors que ni les familles, ni les professionnels du tourisme, ni les personnels, ni les élèves n'étaient demandeurs ! Le SNALC invite dès lors M. Forestier à profiter de sa confortable retraite plutôt que de poursuivre son entreprise systématique de destruction de l'Ecole républicaine entamée il y a plus de 30 ans par une défense forcenée du collège unique et poursuivie par une généralisation abusive du bac pro en 3 ans qui a mis à mal l'enseignement professionnel.

Le SNALC rappelle ensuite qu'il est totalement opposé à une diminution des vacances d'été : celles-ci permettent en effet aux élèves comme aux enseignants de bénéficier d'une véritable coupure propice à un repos bien mérité et de la « respiration » nécessaire entre deux années scolaires.

Il s'insurge également contre la diminution journalière des horaires de cours. Celle-ci aboutit en effet à la mise en place de dispositif d'accompagnement éducatif à l'efficacité plus que douteuse ou à livrer les enfants à eux-mêmes, sauf à préconiser un retour des femmes au foyer...

Le SNALC réclame donc qu'avant toute décision en la matière une véritable consultation de tous les partenaires concernés soit véritablement organisée en dehors des cénacles de la nomenklatura qui prétend continuer à faire la loi au Ministère.
 
 
SNE  (2011)

Suite à la remise du rapport sur les rythmes scolaires au Ministre de l’Education, le SNE, syndicat du 1er degré de la CSEN, réaffirme son opposition à un retour à une semaine de quatre jours et demi surtout aux prétextes et motifs évoqués par la commission.

Le maintien du dispositif actuel est possible si on recentre les apprentissages sur les fondamentaux et si on cesse de consacrer l’école à des missions qui ne sont pas les siennes.

Le SNE-CSEN dénonce une organisation décidée par les collectivités locales, le partage des niveaux de décisions et l’inévitable allongement du temps de travail pour les enseignants qui auront à supporter une organisation inadaptée au terrain et à ses difficultés.

Entre l’accompagnement éducatif, le soutien, les animations pédagogiques, les conseils et les réunions diverses, il s’annonce à coup sûr une dégradation encore plus marquée des conditions d’exercice.

Pour les enfants, la durée de présence à l’école sera allongée au gré des activités éducatives et associatives, ce qui est proprement à l’opposé de ce qui devrait être recherché.

Le SNE-CSEN revendique fermement dans le même esprit le maintien des vacances d’été en l’état, les arguments spécieux de coupure trop longue ne tenant pas devant la prise en compte d’autres intérêts que ceux de l’école.
Le SNE-CSEN ne peut pas admettre en l’état les propositions faites. Il a été le seul à s’opposer à l’idée de la modification de la semaine scolaire et à l’ingérence des non enseignants dans l’école ; Il continuera.
 
SNUIpp-FSU (Paris)
Un tel chantier devra se faire en prenant en considération les conditions d’exercice du métier et de vie des enseignants. Tout doit être mis sur la table. Le SNUipp-FSU porte des revendications en terme d’améliorations des conditions de travail des personnels : réduction du temps de service, dissociation du temps enseignant et du temps élèves... Cela pose également la question des 60h d’aide personnalisée dont le SNUipp-FSU continue à demander l’abandon. Des améliorations des conditions de travail des personnels sont indispensables et notamment la reconnaissance des temps hors la classe : temps de préparation, lien avec les familles, travail en équipe…

La concertation devra nécessairement aborder les questions d’articulation des temps scolaires, du temps périscolaire et de leurs qualités, les questions de financement et pour cela, réunir tous les acteurs concernés (enseignants, familles, collectivités, associations et mouvements d’éducation populaire...). La réduction du temps de classe quotidien des enfants ne réduira pas leur temps de présence à l’école (garderie, étude, activités diverses). Il ne faudrait pas que la réforme des rythmes scolaires aboutisse au final à l’alourdissement de la journée, de la semaine et de l’année.

La réussite de tous les élèves est loin de dépendre uniquement des rythmes scolaires. C’est aussi une question de contenus d’enseignement, de formation des enseignants et d’organisation pédagogique.
 
 
SNUDI-FO
La réorganisation des rythmes scolaires ne doit pas être le prétexte
à une nouvelle remise en cause du statut de fonctionnaire d'Etat des enseignants
Pour le SNUDI-FO, la première exigence c’est la préservation du statut national des PE, l’amélioration de leurs garanties statutaires et de leurs conditions de travail, ce qui signifie dans l’immédiat :
- l’abrogation des décrets Darcos et la suppression des 108 heures annualisées (dont 60h d’aide personnalisée imposant des journées scolaires à rallonge…et la liquidation des RASED). C’est le préalable à toute discussion.
- le rétablissement des postes supprimés qui depuis des années dégradent les conditions de scolarisation et les conditions de travail des enseignants.
 
Sud educ 63 (14 juin 2012 )
"Vincent Peillon a annoncé sa première mesure dans le cadre d'une réforme très attendue sur les rythmes scolaires. Les vacances de la Toussaint seront allongées de quatre jours à la rentrée 2012 et dureront deux semaines, une première mesure dans le cadre d'une réforme très attendue sur les rythmes scolaires, a annoncé le ministre Vincent Peillon dans un entretien à l'Est républicain publié jeudi. "Je ne suis pas hostile à respecter l'avis du Conseil supérieur de l'Éducation pour le calendrier 2012 et d'instituer deux semaines de vacances à la Toussaint", indique le ministre de l'Éducation nationale. Les vacances de la Toussaint 2012 commenceront le samedi 27 octobre après la classe et se termineront le dimanche 11 novembre. Initialement, les cours devaient reprendre le jeudi 8 novembre."
Cette décision est heureuse et favorable au bien-être des enfants.
Dans l'académie de Clermont-Ferrand, depuis des années était organisé un raccourcissement des vacances de la Toussaint pour permettre un pont au mois de mai (ascension) et éviter un éventuel absentéisme des élèves.
La reprise de la classe un jour plus tôt venait tronquer un temps de repos-déjà trop court- nécessaire aux élèves, à cette période de l'année.
SUD éducation s'était élevé dès le début contre ce calendrier: en CDEN d'abord (où la reconduction de cette organisation était proposée à la fin de chaque année scolaire), puis dans d'autres instances. Face à nous, l'excuse du principe de réalité : "c'est en effet bien dommage, mais on ne peut pas faire autrement". Il y a fort à parier qu'un "autrement" sera enfin trouvé, comme il l'a été dans d'autres académies depuis longtemps...
Le règlement prochain de cette question nous encourage à mener d'autres combats dans lesquels la fatalité de la situation actuelle nous est systématiquement opposée!
 
Sud Education (février 2011)

Des journées interminables

La trop longue durée de la journée scolaire est génératrice de fatigue pour les élèves. Pour le premier degré, une journée c’est 6 heures de « temps contraint » dont 5h30 de temps pédagogique et 30 minutes de récréation dans une cour de récréation rarement aménagée pour la détente des élèves. À cela il faut ajouter le temps des devoirs à la maison. En effet comme la journée de classe ne suffit plus pour boucler des programmes toujours aussi lourds avec une semaine passée de 26 à 24 heures, il existe, malheureusement, une tendance très nette à une augmentation du travail demandé à la maison alors qu’une dizaine de circulaires ministérielles l’ interdisent. Il faut ajouter le temps de la cantine, fréquentée par un nombre croissant d’enfants. C’est une source supplémentaire de fatigue et de stress pour de nombreux enfants, surtout lorsque s’y ajoutent garderie le matin, étude le soir, temps de transport des enfants.
La suppression de l’école le samedi matin alourdit la journée des élèves en difficultés.
D’autre part, la suppression de l’école le samedi matin, décision démagogique et hypocrite (vu qu’on encourage les parents à travailler... le dimanche et les jours fériés !) alourdit la journée, déjà longue pour les élèves rencontrant des difficultés, avec l’aide personnalisée. Dans ce contexte, les enfants ne tirent aucun bénéfice, pour leur « réussite scolaire », de ces heures. Celles-ci sont mal placées dans la journée scolaire, difficiles à organiser pour les enfants très en difficulté et les enseignants ne sont pas formés pour ces missions spécifiques. Face à cette réalité, la démarche qui s’impose parfois est celle d’un approfondissement offert à des élèves plus aptes à supporter un alourdissement du temps scolaire plutôt qu’un soutien à ceux déjà en souffrance.
Dans le second degré, la fermeture de la plupart des établissements le samedi matin, pour les raisons déjà évoquées, se traduit par une amplitude journalière augmentée. Les régressions introduites par la réforme du lycée, compliquent l’élaboration des emplois du temps qui regorgent de « trous » sans que les établissements soient adaptés pour accueillir les élèves en dehors des classes (locaux, effectifs dans les vies scolaires insuffisants). S’ajoutent les temps de transport scolaire pour les lycées et les collèges des zones rurales. Ainsi, il est fréquent de voir un adolescent quitter son domicile dès 7h00 pour y revenir 12 heures plus tard ! Les élèves sont de plus en plus fatigués à mesure que le trimestre se déroule, par exemple en novembre au cours du trimestre le plus long de l’année. Et cette fatigue est source de démotivation, de mise en difficulté des plus fragiles notamment.
Les conditions de travail des personnels sont donc dégradées (journées souvent alourdies par un temps d’enseignement supplémentaire donc par des rencontres avec les parents plus tardives, et des préparations-corrections repoussées toujours plus tard en soirée). Tout cela conduit par rétroaction à défavoriser une seconde fois les élèves. Il ne faut pas oublier les autres personnels qui jouent un rôle fondamental dans le bien-être des élèves (ATSEM, femmes de ménage, EVS, AVS), qui se sont aussi vu imposer des horaires plus contraignants alors que certains (EVS, AVS) sont en plus des précaires payés à des niveaux si bas que c’en est indécent. Un rythme morcelé

Un rythme morcelé

Tous les chronobiologistes et pédiatres le disent, un enfant a besoin d’un rythme de vie régulier et d’un temps de sommeil suffisant. Dans les faits, les enfants ont 2 fois 2 jours d’école. Le reste du temps, les conditions de vie et de travail des parents font que les enfants voient leur rythme sommeil/activité sensiblement modifié –empilement d’activités, coucher tardif... Les difficultés sociales frappant les familles amplifient ces difficultés. De nombreux emplois sont précaires avec des horaires morcelés sur la journée ou sur la semaine. La précarité impose parfois des horaires très tôt le matin et très tard le soir, le weekend. Le chômage de nombreux parents est aussi (et entre autres) un obstacle à la régularité du rythme de vie de l’enfant. Comment établir un rythme journalier et hebdomadaire régulier pour les enfants si les adultes ont des contraintes de plus en plus inadaptées ?
De même, la multiplication des familles recomposées amplifie ce phénomène. Les parents n’ayant la garde de leurs enfants que partiellement cherchent à profiter pleinement de ces derniers et multiplient déplacements, activités, soirées tardives devant la télévision… Quant aux adolescents, les emplois du temps déjà évoqués cumulés à la nécessité de fournir un travail en autonomie à la maison sont sources de manque de sommeil et de difficultés à gérer cette autonomie, et donc d’échec scolaire pour les plus fragiles.
 
FCPE (juin 2012)
La FCPE salue la prise de position du ministre de l’Education nationale d’accéder à sa demande, soutenue par le CSE du 8 juin 2012, que dès la rentrée 2012, la cadence 7 semaines de classe et 2 semaines de vacances soit respectée et donc que les vacances d’automne 2012 soient portées à deux semaines pleines.
Cette décision constitue une première avancée positive pour les élèves.
 Le ministre ne doit pas s’arrêter en chemin. Pour la FCPE, il faut réformer les rythmes scolaires sur la journée, sur la semaine et sur l’année scolaire. Sur la journée, le temps de travail quotidien des élèves doit être raccourci, afin de ne pas dépasser cinq heures par jour en primaire, six heures au collège, sept heures au lycée le temps de travail personnel et dispositifs d’aide inclus ; la pause méridienne de 90 minutes minimum doit s’appliquer à tous les niveaux d’enseignement ; le travail de la journée scolaire doit être aménagé en tenant compte des temps de forte et de faible vigilance. Enfin, Il faut également organiser la semaine de classe sur au moins cinq jours équitablement équilibrés dans le 1er degré, et, dans le second degré, ne pas excéder, 6 heures au collège et jamais plus de 7 heures de temps de travail par jour au lycée.
La FCPE appelle à dépasser les intérêts particuliers, et à placer l’intérêt de l’enfant et de l’adolescent au cœur de la réforme des rythmes scolaires. Elle prendra toute sa place pour la construction d’une réforme à l’horizon de la rentrée 2013.
(voir le  site de la fcpe)
 
PEEP (2010)
Pour la PEEP, il faut envisager :
La réduction progressive de la durée des vacances d’été
L’application effective dans le primaire des cycles tels qu'ils ont été définis par la loi et la mise en place de cycles au collège. Cela devrait permettre aux élèves d’éviter le redoublement ; chacun pouvant prétendre à faire son parcours scolaire avec un nombre d’années différentes.
L’alternance de 7 semaines de cours / 2 semaines de vacances,
Des emplois du temps hebdomadaires cohérents et sans « trous » qui privilégient l’intérêt de l’élève.
La définition des meilleurs moments de concentration dans la journée scolaire pour l’assimilation des savoirs de certaines disciplines.
Une charge de travail mieux répartie dans la semaine avec un aménagement de la journée scolaire, en fonction de l’âge des enfants.
L’intégration de tout projet d’aménagement des rythmes dans le projet d’école et le projet d’établissement avec consultation des membres de la communauté éducative.
L’évaluation systématique des dispositifs et des expérimentations.
 SOS Education
Le Ministre de l’Éducation, Vincent Peillon, vient d’annoncer qu’il choisissait d’allonger de 4 jours les vacances de la Toussaint pour la prochaine rentrée scolaire.
Cette annonce ne peut se faire sans contrepartie.
L’ensemble de la communauté éducative rassemblée autour de SOS Éducation demande que les vacances d’été soient raccourcies de quatre jours et que cette mesure entre en vigueur à la rentrée 2012-2013.
« Si l’on veut donner les mêmes chances à chaque élève, on doit impérativement regagner ces quatre jours sur les vacances d’été dès cette année. L’annonce du Ministre est totalement incomplète ! », déclare Olivia Millioz, porte-parole de SOS Éducation.
« Si l’on souhaite que tous les enfants réussissent à l’école, il faut leur redonner du temps pour qu’ils puissent apprendre. Ils ont besoin non d’être gavés mais de travailler régulièrement et méthodiquement. Nous avons tous à y gagner : les élèves, les enseignants et les parents ! » ajoute la porte-parole de l’association.
Les écoliers français travaillent en effet déjà 36 jours de moins que les écoliers européens. Ils n’ont que 144 jours de classe contre 180 jours en moyenne en Europe.
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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 18:29

 

Retour en février 2009 :

Nous, professionnels du soin, du travail social, de la justice, de l’éducation, de la recherche, de l’information, de la culture et de tous les secteurs dédiés au bien public, avons décidé de nous constituer en collectif national pour résister à la destruction volontaire et systématique de tout ce qui tisse le lien social.

Réunis sous le nom d’Appel des appels, nous affirmons la nécessité de nous réapproprier une liberté de parole et de pensée bafouée par une société du mépris.

Face à une idéologie oppressive qui promeut le culte de l’argent et la peur de l’autre,

Face à la souffrance sociale que cette idéologie génère,


Face à la multiplication de prétendues réformes aux conséquences désastreuses,


Face au saccage de nos missions et de nos pratiques professionnelles,

Face à la promotion du prêt-à-penser et de procédures managériales et sécuritaires,


Face à la désignation à la vindicte collective de citoyens toujours plus nombreux,


Face à l’abandon progressif des plus fragiles parmi nous…

Nous entendons lutter contre toute politique qui liquide les principes de droit et les valeurs de notre démocratie, issus des Lumières et du Conseil National de la Résistance.

Avec tous ceux et celles qui nous rejoignent, nous nous engageons à :

faire le lien entre toutes les réflexions, les initiatives et les mobilisations dans l’esprit de notre appel et les amplifier ;

constituer un espace public de vigilance vers lequel remonteront les analyses et propositions de professionnels et de citoyens ;

relayer, par nos comités locaux, notre site Internet et nos actions une parole qui échappe aux processus de normalisation, afin de promouvoir une éthique citoyenne, fondée sur le respect de la dignité humaine comme des libertés publiques et individuelles ;

construire, en liaison avec les associations et les partenaires qui le souhaitent, un espace d’analyse des politiques fondées sur le culte de la performance et de la norme dont les corollaires sont la peur, l’exclusion, voire l’élimination ;

donner le plus grand retentissement à tous ceux qui organisent une résistance responsable et non violente aux politiques en cours ;

soutenir et multiplier les actions visant à dénoncer et combattre les dispositifs de servitude, les atteintes aux libertés fondamentales et la dénaturation de nos métiers ;

exiger des instances constituées – partis politiques, syndicats, pouvoirs publics – qu’elles s’opposent, par des réponses adaptées, à la démolition des valeurs pour lesquelles nous nous battons.

Décidés à combattre une idéologie de la norme et de la performance qui exige notre soumission et augure d’une civilisation inique et destructrice de l’humain, nous voulons réinventer une société de libertés, de droits, de justice et d’hospitalité.

 

2012 : Que deviennent nos métiers ? Comment et à qui en rendre compte ?

Chers amis,

Nous poursuivons comme prévu le cycle de réflexions et de propositions inauguré le 14 avril dernier, en vous invitant à vous inscrire dès maintenant à la 2ème journée, qui aura lieu :

Samedi 7 juillet 2012 à Paris.

9h30 - 18h00

au Lieu-dit, 6 rue Sorbier 75020 Paris.

Pour s'inscrire, un simple mail suffit, envoyé à contact@appeldesappels.org

L'entrée est libre.

Il est possible de déjeuner sur place pour un tarif de 14 euros (plat + dessert).

L'inscription se fait en envoyant un mail à contact@lelieudit.com

Programme de la journée

·         9h30: accueil des participants parJulie Caupenne, secrétaire générale et Roland Gori, président de l'Appel des appels.

Trois invités seront présents à chacune des tables ronde, celles-ci seront suivies d'un débat d'une demi-heure avec la salle. Nous essaierons de développer nos propositions pour faire face à la culture du chiffre.

- PREMIERE TABLE RONDE : RECHERCHE (10h-11h)

Animation et modération : Emmanuel Saint-James, Président de Sauvons La Recherche.

·         DEUXIEME TABLE RONDE : SANTE ET SOIN PSYCHIQUE (11h-12h)

Animation et modération : Marie-José Del Volgo et Fabrice Leroy, directeur de recherche et maître de conférences en psychopathologie clinique.

Avec la participation de Patrick Conrath(Journal des psychologues).

·         TROISIEME TABLE RONDE : JUSTICE, PREVENTION ET TRAVAIL SOCIAL

(12h-13h)

Animation et modération : Michel Chauvière, directeur de recherche au CNRS en sociologie. Marie-Blanche Régnier (vice-présidente du syndicat de la magistrature)

13h-14h : pause-déjeuner

·         QUATRIEME TABLE RONDE : CULTURE ET EDUCATION (14h-15h)

Animation et modération : Patrick Geffard, maître de conférences en Sciences de l'Education (sous réserve). Camille Laurens, écrivain (sous réserve).

Avec la participation de Nicolas Roméas(Revue Cassandre/Horschamp).

·         CINQUIEME TABLE RONDE : MEDIAS ET POLITIQUE(S) (15h-16h)

Animation et modération : Roland Goriet Daniel Le Scornet.

Avec la participation de Pierre Winicki (sous réserve), directeur général de l'Institut Confiances.

SYNTHESE DE LA JOURNEE :Stefan Chedri, psychanalyste, initiateur avec Roland Gori, de l'Appel des appels.

Rappel des prochaines dates prévues:

samedi 13 octobre, samedi 5 janvier 2013.

Quelques informations sur nos actions et sur celles de nos amis

·         L'Appel des appels sera présent au congrès de la FNAREN du 20 au 23 juin 2012 à Clamart :

http://www.congresfnaren2012.fr/accueil/ACCUEIL/accueil.html

·         L'Appel des appels participe aux projets de l'Institut Confiances :

http://www.institut-confiances.org/fr/

 

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 20:20
 20110927 1
 
 
Interview d'Hélène Ohresser (Secrétaire départementale Solidaires 13) à propos de la représentativité syndicale, difficultés et tribunaux, relations aux autres syndicats. Enregistré le jour du rassemblement à Berre l'Etang en soutien à Romain Jaoudat.
 
 
 
 
 
 
 
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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 19:35

 

 

Un article de Politis (n° 1206) consacré à l'essai de Jean-Pierre FILIU (Histoire de Gaza)

 

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 19:10

luter plus

 

 

Ci-dessous, un article écrit, il y a quelques mois, avec mon camarade de luttes, Franck pour la revue N'autre école.(Revue syndicale et pédagogique disponible sur abonnement)

Le n° 31 de cette revue est maintenant paru, retrouvez en un apperçu ici

 

 

 

Handicaped or not handicaped ? Il apparaît que les élèves en difficultés sont classés en deux catégories : ceux qui relèvent du champ du handicap, et ceux qui n’en relèvent pas. Ce constat peut sembler brutal et réducteur, et pourtant… Les élèves de la 2° catégorie sont bien souvent considérés comme « en difficulté scolaire », d’où la mise en place de l’aide perso, des stages de remise à niveau, bref de toutes ces mesures prônant le « bien-fondé » des réformes…Notre hiérarchie, ne pouvant totalement ignorer les effets du démantèlement des Rased [http://www.cnt-f.org/nautreecole/?Glossaire-le-handicap-a-l-ecole], considère alors que les enseignant(e)s doivent savoir gérer la difficulté scolaire, considérant que la difficulté est scolaire ou n’est pas. C’est l’occasion pour nous de revenir sur la lutte des Rased mais aussi d’interroger le lien avec le handicap à l’école.

 

 

 

Face au manque de moyens humains, les Rased se concentrent (par nécessité ou par pression) sur les élèves de cycle 2, au détriment des élèves de cycle 3. Ceux-ci sont donc totalement abandonnés, sauf par la / le psy scolaire vers qui se tournent alors les enseignant(e)s en vue d’une éventuelle orientation en Segpa. (Rappel : sont orientés en Segpa les élèves qui rencontrent des difficultés scolaires persistantes et qui – pour faire simple et brutal – ont redoublé une fois). Mais le redoublement coûte cher ! Peu importe le temps nécessaire, la tendance est à la réduction drastique et économique du taux de redoublement. On peut donc ainsi justifier la disparition progressive des Segpa… Les enseignant(e)s du collège auront à gérer la difficulté (dite) scolaire…

Il est également « demandé » aux Rased (E & G surtout) d’être efficaces. Les élèves en situation de handicap (par exemple en attente d’un établissement, d’un Sessad[http://www.cnt-f.org/nautreecole/?Glossaire-le-handicap-a-l-ecole]) ne sont pas aidé(e)s par le Rased qui doit se centrer sur des missions courtes et efficaces. Ainsi, au sein des équipes enseignantes, la tentation est de plus en plus grande de faire appel aux AVS[http://www.cnt-f.org/nautreecole/?Glossaire-le-handicap-a-l-ecole].

Revenons aux enfants qui relève(raie)nt du champ du handicap Pour les familles, accepter la notion de handicap, nécessite un parcours long et souvent douloureux, ce parcours peut être jalonné de culpabilité, déni, examens et bilans, attentes, doutes, rejets, jargon, inquiétudes, nouveaux bilans, incertitudes. Ce parcours nécessite, le plus souvent, un accompagnement professionnel et humain, accompagnement qui requiert écoute, recul, conseils, temps, disponibilité, et donc, complètement à l’opposé du rendement et de l’efficacité. À tort ou à raison, j’estime que cet accompagnement des familles fait aussi partie des missions des Rased (au moins des psy). Mais pour y parvenir, encore faut-il en avoir le temps…

Au bout de ce parcours, les familles peuvent se heurter à un autre écueil : la liste d’attente. Cette liste se mesure parfois en nombre d’années (1, 2, 3, parfois 4). Il faut alors expliquer que le handicap de l’enfant est bien reconnu, qu’il a droit à ces fameuses mesures de compensation, mais qu’il va continuer son parcours scolaire dans son école, et ce, sans aide, pas même celle du Rased. Il faut également expliquer à l’enfant que pendant une année on l’a préparé à changer d’école, de copains/copines, d’environnement, qu’on l’a préparé à une rupture, mais que son dossier est en liste d’attente. Il faut également l’expliquer aux équipes enseignantes et affronter la terrible question : « ben comment je vais faire moi ? ».

Face à cette situation, l’Éducation nationale a deux armes imparables :

– Le concept d’élèves à besoins éducatifs particuliers. Il s’agit en fait d’un doux euphémisme, mis en forme sur le site du MEN 1, où on nous rappelle toutes les mesures auxquelles ont droit les élèves handicapés… même quand, de fait, ils n’y ont pas droit.

– Les AVSi (Auxiliaire de vie scolaire individualisé). Le redoublement coûte cher, les Rased coûtent cher, le handicap coûte cher, on fait donc appel aux AVS qui ne coûtent pas cher. On fait appel aux AVS précaires, interchangeables, sans avenir professionnel (parce que cet avenir leur est refusé !).

Prenons une situation (presque) au hasard, celle de Kévin. Kévin est un enfant autiste (oups, on ne dit plus autiste, on dit TED pour Trouble envahissant du développement). Les différents bilans, les équipes éducatives se succèdent durant 18 mois. En mai, la famille de Kévin a bien reçu une notification de la MDPH 2 indiquant qu’il peut être scolarisé en Clis[http://www.cnt-f.org/nautreecole/?Glossaire-le-handicap-a-l-ecole]. En juin, elle reçoit un courrier de la Car 3 précisant que, faute de place, Kévin sera scolarisé en classe ordinaire, mais que son dossier est en liste… d’attente. En septembre, Kévin est scolarisé dans son école habituelle, sans aide, la prise en charge du maître G a été interrompue. En octobre, nouveau courrier de la MDPH[http://www.cnt-f.org/nautreecole/?Glossaire-le-handicap-a-l-ecole], on y précise que Kévin a droit à un accompagnement par AVSi, pour la durée de son temps de scolarisation. Il faut maintenant recruter un(e) AVS. Après 2 mois d’un parcours administratif kafkaïen, Lucie est recrutée. Kévin et sa famille, son enseignante, apprennent la nouvelle avec soulagement. On se dit qu’à la rentrée de janvier, Lucie sera présente pour accompagner Kévin et l’aider à gérer ses angoisses. En janvier, Lucie n’est pas là, elle attend le courrier lui confirmant son contrat. Le lycée mutualisateur, qui gère sa situation, lui a précisé que cela pouvait prendre un ou deux mois. Kévin et son enseignante vont mal. Mais Lucie va arriver bientôt, en plus elle a lu des choses sur la triade autistique. Le 15 février, Lucie arrive, mais elle n’accompagnera Kévin que durant 12 heures, les 12 autres heures étant réservées à Chloé, scolarisée dans une autre école (le dossier de Chloé est aussi sur liste… d’attente).

Lucie découvre alors que la théorique triade autistique est bien éloignée de la réalité des angoisses de Kévin. Lucie craque et rompt son contrat. Kévin reste avec sa notification MDPH, et sa liste d’attente. Kévin est autiste. Il arrive aussi que Lucie soit en fin de contrat. Double peine pour Lucie et Kévin. Un(e) autre AVS viendra, après recrutement…

Vous avez dit handicap ? Retour sur la lutte des Rased

Cette situation est bien le fruit d’une volonté politique. Souvenons-nous, en octobre 2008, le sinistre DarK-os, dévoile les « mesures et les réformes » prévues pour l’école, parmi celles-ci : la suppression de 3 000 postes Rased. Jusque-là, les menaces contre le dispositif Rased étaient insidieuses, larvées et, brutalement, elles prennent forme, elles sont chiffrées. On tente même de les argumenter, expliquant combien cette réforme est légitime et nécessaire.

Cette réforme, rappelons-le encore, n’est pas le fruit du hasard, elle est le fruit d’une « logique » programmée de longue date, Darcos (et ses réseaux) s’y étant préparés depuis plusieurs années. La rentrée 2008 voit d’abord la mise en place de la semaine de 4 jours. La nouvelle organisation du temps scolaire tend à remettre en question le texte d’avril 2002, pourtant non abrogé, qui précise le fonctionnement des Rased (heures de synthèse, aides spécialisées, spécificités des missions…). Un guide pratique des parents est distribué dans les écoles, et à aucun endroit on ne trouve la moindre allusion aux Rased. Puis, quelques semaines après, les rumeurs n’en sont plus : 3 000 postes Rased sont voués à disparaître !

Pour certain(e)s collègues, c’est la seule peur de perdre son poste qui apparaît alors d’emblée, mais, pour beaucoup d’autres, les enjeux sont ailleurs. C’est l’ensemble d’un dispositif destiné à aider, accompagner, mettre en valeur, restaurer la confiance en soi des élèves en difficultés qui est menacé.

Dès le mois de septembre à Lens, vêtu(e)s de gilets jaunes, des membres de Rased s’étaient déjà mobilisé(e)s lors d’une animation pédagogique, pour interpeller l’ensemble des collègues présents. Cette opération de tractage voit la naissance du Collectif Rased 62. Il est constitué de personnes syndiquées ou non, majoritairement des enseignant(e)s travaillant en Rased (maître G, maître E, psy) mais également d’autres enseignant(e)s, des parents, des retraité(e)s, des élu(e)s. Il s’agit d’un collectif, donc sans hiérarchie, sans responsable (au grand dam des RG…), et sans argent, fonctionnant en totale autogestion ; un collectif créé pour mener une réflexion, mais aussi des actions et surtout engager la lutte.

Collectif de réflexion et d’action

Dès le début, s’y retrouvent des personnes aux parcours militants très divers. Si certain(e)s ont une longue expérience de la lutte, la plupart d’entre nous est bien souvent novice en la matière. Les premières assemblées générales du collectif font apparaître un large ensemble de propositions d’actions. Au début, la mobilisation est forte, et ce d’autant plus que ces menaces de suppression des Rased ont un certain écho médiatique.

La nouvelle organisation de l’école voyait aussi la mise en place de la fameuse aide personnalisée, imposée à chacun par la pression des IEN. Dans le Pas-de-Calais, les désobéisseurs qui refusaient la mise en place de l’aide perso étaient loin d’être légion… pas forcément facile de s’opposer à sa hiérarchie en refusant l’aide perso et en soutenant les Rased… Lors des conseils d’écoles, certains directeurs pouvaient voir d’un mauvais œil l’arrivée de collègues qui venaient revendiquer le maintien des Rased. Et puis, pour bon nombre d’enseignant(e)s, le fonctionnement des Rased était souvent obscur, il a été réellement nécessaire d’effectuer un véritable travail de communication. Ainsi le collectif a voté, pétitionné, débattu à la télé, à la radio, dans les journaux, gambergé, mais… n’a pas oublié que quand il se passe réellement quelque chose, c’est dans la rue que cela se passe ! Et dans la rue, le Collectif s’y est rendu, soit lors des manifs nationales ou régionales, soit de sa propre initiative devant l’IA, la préfecture, les écoles, dans les quartiers… Nous étions parfois grisé(e)s par le nombre de militant(e)s, par les fins de manifs au son de L’Internationale, HK ou Damien Saez, nous avons aussi connu les rassemblements à 30 participants, les attentes dans le froid lors des demandes d’audience.

Les AG ont aussi donné lieu à des débats, à des oppositions. Même si elles sont restées minoritaires, et non adoptées, des actions plus radicales ont été plusieurs fois évoquées (blocage de péages, non-transmission des comptes rendus des psychologues). À plusieurs reprises, la question d’un élargissement des actions du Collectif s’est posée : se placer dans une perspective de lutte pour l’ensemble de l’école publique, se placer dans une perspective de convergence des luttes. Ces questions restent posées… Un certain nombre de militant(e)s du collectif se sont régulièrement retrouvé(e)s à l’occasion d’autres luttes (défenses de migrant-e-s, des sans-papiers, mouvement contre la réforme des retraites, défense des services publics, manifestations antifascistes, etc.).

À l’origine, le collectif s’est créé aussi pour mener des réflexions, deux moments forts sont à retenir :

– Un forum régional en février 2011 avec les interventions remarquées de Daniel Calin, Jean Biarnes, Claudine Ourghanlian et Pierre Delion.

– La projection du film Un parmi les autres (produit par la Fnaren 4) et les débats qui ont suivi.

Et aujourd’hui ?

À ce jour 2 500 postes ont été effacés . En parallèle, les formations se réduisent à peau de chagrin, et tout est fait pour décourager les collègues qui souhaiteraient en suivre une. D’ailleurs, en septembre 2012, dans le Pas-de-Calais, on note : 0 départ en formation pour les E et les G, 3 départs possibles pour la formation psy. Les collègues pour la formation psy devront en outre aller à Boulogne-Billancourt (centre maintenant le plus… proche) puisque le ministère a autoritairement et arbitrairement décidé la fermeture de 50 % des centres de formation pour les psy scolaires.

De nombreux collègues sont épuisés par une lutte qui n’a pas produit les effets escomptés, certain(e)s misent sur un mois de mai « prometteur », d’autres se tournent vers d’autres missions. Ceux qui restent, tentent de résister aux pressions des chéfaillons qui déshabillent Kévin pour habiller Mattéo, qui calculent, mesurent, évaluent et finalement dévaluent. Ceux qui restent tentent de continuer de défendre un autre projet d’école et de société basé sur la coopération, l’étude de la complexité, la réflexion, la tolérance, la générosité, et non pas sur la simplification réductrice, la compétition, la mise en concurrence, la domination et la RGPP.

Une certaine idée de l’éducation…

Nous apprenons également un nouveau concept : travailler plus et plus vite, avec moins, c’est en tout cas celui auquel nous devons résister. Résistance d’autant plus difficile que la hiérarchie fractionne et individualise, que les collègues enseignant(e)s soumis(e)s aussi aux pressions de résultats multiplient – souvent à juste titre – les demandes d’aide mais y voient souvent une urgence, une situation qui serait résolue en un seul entretien. À l’inverse, la créativité et l’estime de soi des élèves semblent de plus en plus oubliées, quand elles ne sont pas piétinées. J’en veux pour preuve cette petite phrase d’une enseignante adressée, il y a quelques jours, à un élève qui demandait s’il pouvait aller jouer : « …avec toutes les fautes que tu m’as faites… certainement pas ! » On pourrait hélas multiplier ce type de phrases ou de comportements sentencieux qui n’ont rien à voir avec l’école publique que nous défendons.

Nous devons aussi faire face à des réponses institutionnelles qui s’éloignent dangereusement d’une école humanisante et me semblent de plus en plus sécuritaires : d’un côté, nous sommes de plus en plus contrainte(e)s de laisser de côté des élèves qui en ont besoin, ce qui est déjà une forme de rejet inacceptable. D’un autre côté, nous assistons à des réponses de type « informations préoccupantes », exclusion, stigmatisation, orientations prématurées, déscolarisation (pour favoriser la socialisation ?). De plus en plus d’élèves en souffrance, faute d’accompagnement adapté, manifestent leur mal être et présentent des troubles du caractère, du comportement, et perturbent le fonctionnement de la classe, voire de l’école. « Cachez ces trublions que nous ne saurions voir » nous répond l’institution, en oubliant qu’elle participe largement à la construction de ces mal être. La lutte est loin d’être terminée et les motifs pour la poursuivre loin d’être éteints !

Ces luttes doivent aussi être une force de construction et de propositions. Entre les propositions floues et celles qui veulent externaliser et privatiser encore plus l’aide aux élèves en difficultés, le Collectif Rased 62 entend bien montrer encore qu’une autre école est possible, et ne lâchera rien !

Franck (maître G) et Laurent (psy sColère), Sud Education et Collectif Rased 62.

Pour aller plus loin :

– l’excellent site du collectif Rased en lutte : http://rased-en-lutte.net

– le blog de « Jean Rumain » : http://jean-rumain.over-blog.com/

– le site de Daniel Calin : http://dcalin.fr/rased.html

1. www.esen.education.fr/fr/ressources-par-type/outils-pour-agir/le-film-annuel-des-personnels-de-direction/detail-d-une-fiche/ ?a=101&cHash=edacb88737)[http://www.esen.education.fr/fr/ressources-par-type/outils-pour-agir/le-film-annuel-des-personnels-de-direction/detail-d-une-fiche/?a=101&cHash=edacb88737)]

2. Maison départementale de la personne handicapée.

3. Commission d’affectation et de régulation.

4. Fédération nationale des associations des rééducateurs de l’Éducation nationale.

Les Rased sont apparus en 1990, avec les CMPP, ils sont les héritiers de l’approche psychopédagogique des difficultés scolaires qui s’est développée en France après la Seconde Guerre mondiale, dans la foulée de la Résistance.

Les Rased ont pour mission de fournir des aides spécialisées à des élèves en difficulté dans les classes ordinaires des écoles primaires, à la demande des enseignants de ces classes, dans ces classes ou hors de ces classes. Ils comprennent des enseignants spécialisés chargés des aides à dominante pédagogique, les « maîtres E » (difficultés d’apprentissage), des enseignants spécialisés chargés des aides à dominante rééducative, les « maîtres G » (difficultés d’adaptation à l’école) et des psychologues scolaires.

(d’après le site de Daniel Calin : http://dcalin.fr/rased.html)

 

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 18:46
 
 
 
 
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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 15:57

 

Le manifeste du SYRIZA sur les politiques sociales et économiques se compose de neuf points principaux et est à la base du programme économique mis à jour et amélioré par le parti de la Coalition de la gauche.

Une présentation complète du programme par Alexis Tsipras a eu lieu le vendredi 1 Juin, à midi, à Athinaida.

Voici les principaux points et les « questions essentielles » dans le détail :

POSITIONS SUR DES ENJEUX ESSENTIELS

 

1. ANNULATION DES MÉMORANDUMS

Comme première mesure de sa gouvernance du pays, SYRIZA procédera à une annulation immédiate des mémorandums et plus particulièrement du 2e mémorandum, qui a été créé en collaboration avec la troïka [UE, BCE, le FMI] et que le gouvernement de Papademos -soutenu principalement par le PASOK et la Nouvelle Démocratie- a commencé à appliquer.

Au lieu de cela, SYRIZA soumettra une législation au Parlement d’un plan national pour le développement économique et social, la reconstruction de la production, la redistribution équitable des revenus et l’assainissement équitable des finances publiques.

Le mémorandum, et en particulier le 2e, ont été sanctionnés par la loi par le biais de procédures accélérées et sont en violation du règlement parlementaire et de la Constitution. À l’époque, SYRIZA avait condamné le vote des mémorandums au parlement, nous avions présenté une exception d’inconstitutionnalité pertinente au cours des procédures de vote d’approbation, que nous avions définit comme un coup d’État parlementaire et nous avions précisé que nous souhaitions en annuler les lois.

2. ANNULATION DES LOIS MISES EN PLACE

L’annulation immédiate des mémorandums et des lois qui les établissent sera suivie par l’annulation du programme à « mi-parcours » et des lois issues des mémorandums, à commencer par ces lois qui réduisent les salaires, les pensions et les dépenses sociales, qui détruisent les conventions collectives, limitent les libertés syndicales et dissolvent les relations de travail. Ainsi, les conséquences des politiques antipopulaires seront progressivement reconstituées tandis que des mesures visant à des mesures profondément progressistes seront simultanément prises.

3. CONDAMNATION DES ACCORDS DE PRÊT

SYRIZA entend annuler les accords de prêt, afin de remplacer leurs conditions onéreuses et de renégocier le processus d’annulation de la plus grande partie de la dette publique totale, pour que le reste soit remboursable, selon les termes et les conditions qui ne mettront pas en doute la souveraineté nationale et la viabilité économique de notre pays.

La priorité donnée au remboursement des prêts par rapport aux besoins internes et en faveur de la révocation de l’immunité des biens d’Etat en raison de la souveraineté nationale ne peuvent en aucun cas être acceptés. Nous avions fait valoir cela et démontré de façon fiable lorsque ces [la négociation collective] clauses ont été portées au vote.

La manière, le calendrier, ainsi que tout l’aspect politique et juridique de cette condamnation et la renégociation des accords de prêt seront décidés et mis en œuvre par un gouvernement de gauche en fonction de sa capacité et des circonstances particulières.

Le financement de la troïka, qui est subordonnée aux accords de prêt ci-dessus est dirigé, presque exclusivement, à la restitution des taux d’intérêt et des dettes et n’a aucun lien direct avec la mise en œuvre des dépenses et du budget.

4. EFFACEMENT DE LA PLUS GRANDE PARTIE DE LA DETTE

Dans le même temps, grâce à la fin de l’accord de prêt, SYRIZA réclamera une négociation complète de la dette à un niveau européen et dans tous les cas au niveau national depuis, en particulier en ce qui concerne la dette de l’Etat grec, qu’il est montré que ce n’est pas seulement injuste, mais profondément partial et irréalisable.

L’objectif de la négociation sera l’éradication de la plus grande partie de celle-ci et le remboursement du reste liée à la croissance avec de nouvelles conditions favorables. Dans ce contexte, nous allons profiter du processus de vérification de la gestion internationale de la dette. La non-viabilité de la dette grecque et des dettes des autres pays européens est incontestable.

L’objectif d’un gouvernement de gauche sera, grâce à des alliances appropriées et en particulier avec les gouvernements du Sud, de réaliser une conférence européenne et internationale sur la dette publique, qui doit être organisée de manière à offrir une solution commune et viable à un problème Européen, dans le but d’organiser un effacement des dettes publiques sans désintégration sociale.

Le résultat d’un tel accord pourrait être un moratoire au remboursement de la dette avec [le remboursement] un équilibre lié à la croissance et à l’emploi, sur le modèle des décisions prises pour l’Allemagne en 1953. Notre objectif est de communiquer et de parvenir à une solution juste et viable pour tous les peuples de l’Europe. Les actions unilatérales, par exemple une sécession des paiements, seront prises si nous sommes forcés de les prendre en vue de défendre le droit de notre peuple à la survie.

5. NATIONALISATION DES BANQUES

SYRIZA ne ​​s’oppose pas au programme de recapitalisation des banques, même si cela est bien différent de leur nationalisation.

Il est bien connu que la recapitalisation s’inscrit dans le cadre du programme PSI. SYRIZA n’avait pas accepté ce programme d’échange d’obligations (décote) et l’avait indiquée insuffisante, tandis que ce programme était aussi une prédation vers les fonds de sécurité, les entités juridiques de droit public (hôpitaux, universités, etc.) ainsi que vers les personnes physiques.

Néanmoins, ce programme ne peut être interrompu au cours de cette phase de recapitalisation des banques sans un effondrement bancaire. SYRIZA n’est pas, par conséquent, en opposition à la recapitalisation des banques en conformité avec l’accord de prêt spécifique qui prend en charge cette recapitalisation. La seule différence étant que cela doit se faire avec les actions ordinaires, après un vote (et non sans un vote tel que décidé par le PASOK et la ND dans le cadre de leur gouvernement de coalition sous L. Papademos).

La recapitalisation des banques par actions ordinaires, après un vote, se traduira par retour sous la propriété de l’État national. Cette nationalisation des banques est particulièrement nécessaire et absolument nécessaire dans un gouvernement de gauche.

Un gouvernement de gauche ne fera pas seulement que nationaliser les banques, mais les socialisera, ce qui signifie qu’elles seront sous contrôle du social et de l’Etat, afin qu’elles soient utilisées pour la mise en œuvre d’un nouveau développement, un crédit productif et social et une politique des finances destinée à couvrir les besoins sociaux.

6. CONTRÔLE PAR L’ÉTAT DES ENTREPRISES STRATÉGIQUES

Une direction stratégique fondamentale du SYRIZA sera le contrôle de l’Etat des secteurs stratégiques de l’économie (par exemple l’énergie, les télécommunications, les chemins de fer, ports, aéroports, etc.). Dans ce contexte, les entreprises stratégiques seront progressivement passées sous contrôle de l’Etat, que ce soient celles qui sont dans le processus de privatisation ou celles déjà privatisées (DEH, OTE, OSE, ELTA, EYDAP, transports publics, etc.)

Le calendrier, la manière, la vitesse et les moyens par lesquels le programme stratégique fondamental et non négociable se concrétisera, sera précisément déterminé par le gouvernement de la gauche sur la base des circonstances spécifiques, des capacités et des problèmes auquel il devra faire face.

Dans tous les cas, les privatisations prévues par le Fonds de développement des actifs de la République hellénique seront immédiatement suspendus.

7. REDISTRIBUTION RADICALE DE LA RICHESSE

Une politique fondamentale et immédiate de SYRIZA sera la redistribution radicale des richesses à travers laquelle, entre autres choses, nous allons tenter d’appliquer une nouvelle stratégie de justice sociale, de croissance et de reconstruction productive.

L’outil de base pour une telle redistribution radicale des richesses sera un nouveau système de taxation juste et fonctionnel, simple, qui, entre autres choses, facilitera la lutte graduelle et efficace contre la fraude fiscale et l’économie souterraine, simultanément à une réorganisation des mécanismes de taxation.

Les membres de SYRIZA ne ​​doivent pas exprimer à travers les médias leurs propositions personnelles en matière de fiscalité, aussi justes ou correctes qu’elles puissent paraître au premier coup d’œil, tant les questions de fiscalité sont très complexes et nécessitent des connaissances particulières. Nous allons bientôt présenter un programme compréhensible de 4 ou 5 mesures de redistribution des richesses.

8. PRELEVEMENTS D’URGENCE, SALAIRES, RELATIONS DE TRAVAIL

Dans le cadre d’une redistribution équitable de la richesse nationale ainsi que du soutien des salaires et des relations de travail, le SYRIZA a volonté :

a) Comme promis, procéder à une annulation de tous les prélèvements d’urgence, avec leur annulation immédiate pour les revenus faibles et moyens et avant tout pour les chômeurs, les travailleurs à faible revenu et les retraités à faible revenu et tous ceux vivant sous le seuil de pauvreté.

b) Entreprendre immédiatement de rétablir le salaire minimum, les allocations de chômage et les pensions minimales et annuler immédiatement l’abolition de la négociation collective et rétablir et restaurer l’institution d’arbitrage.

Notre objectif est de redistribuer les revenus de bas en haut par l’annulation immédiate des coupes horizontales et des mesures d’austérité qui aggravent la récession. SYRIZA favorisera ainsi l’augmentation progressive des salaires et des pensions, d’abord pour celles du bas, simultanément avec la croissance et la reconstruction de l’économie grecque dans le but d’établir des salaires et des pensions pour un niveau de vie humain et digne.

9. EXTORSIONS

La possibilité de sortie d’un pays de l’euro est utilisée comme chantage dans la perspective de ces élections. Pour nous cette possibilité ne peut pas être le choix de nos partenaires, à moins qu’ils n’aient décidé de la destruction de l’euro et du démantèlement de la zone euro. Dans un tel cas, cependant, nous allons être confrontés à une évolution à travers le monde auquel seul un gouvernement de la gauche axé sur la priorité de protéger les faibles et avoir un plan qui mettra la cohésion sociale comme priorité pourrait faire face suffisamment et efficacement.

Des parties des notes des mémorandums ont largement utilisé cette fausse dichotomie pour faire du chantage au vote au peuple grec, dans le même temps que les analystes internationaux confirment que le coût d’un effondrement de zone euro serait énorme. Si un pays quitte la monnaie commune, les marchés vont anticiper la sortie du pays suivant créant ainsi un effet domino.

Aucune autorité politique ne veut cela et il est dans l’intérêt de tous les peuples de chercher une solution européenne commune, qui permettra d’éviter la poursuite de la catastrophe en Grèce et le début de la catastrophe dans d’autres pays européens. La perspective d’un effondrement de la zone euro devient cependant de plus en plus probable si les politiques des mémorandums continuent.

L’Europe des mémorandums est vouée à l’échec. SYRIZA répondra, chaque fois que la question est posée sur l’annulation du mémorandum qui pourrait interrompre le financement du pays et le mettrait sur la voie de la sortie de la zone euro, que la sortie de la zone euro n’est pas notre objectif.

Au contraire, il deviendra inévitable si les mémorandums se poursuivent.

Dans tous les cas, nous ne céderons pas au chantage dominant qui viole notre programme anti-mémorandum, progressif et de croissance, sans lequel la destruction du pays, à l’intérieur ou à l’extérieur de la zone euro, pourrait être fatale et totale.

Par conséquent, le chemin que nous proposons ne sera pas parsemé de pétales de rose, il peut y avoir des difficultés mais il y a une route qui mènera le pays dans la perspective d’une sortie de la crise avec justice, démocratie et dignité.

Comité de coordination politique, SYRIZA – United Front social

(source texte : danactu-resistance.over-blog.com)

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 20:05

 

 

Via l’alerte Google « psychologue scolaire », j’ai découvert l’article ci-dessous publié sur blogs.lexpress.fr…L’Express, ce « journal » dont le directeur de la rédaction porte une écharpe rouge et a des « avis » sur tout…Je vous laisse apprécier la teneur de ce dégo-billet…Vous trouverez également le commentaire que j’ai laissé à la suite de cet « article »

 

                                

                            Enfant en difficulté = parents responsables ?

Parcours typique d’un enfant ne filant pas droit (autiste, « dys », hyperactif…).

J’ai eu l’idée d’écrire cet article suite à des réactions de psychanalystes qui disaient ne pas être choqués par les propos d’une de leur consœur, qui attribuait les causes de l’autisme à une carence maternelle. Je rajoute que nous n’avons pas réussi à obtenir de leur part une seule réaction négative vis à vis du contenu des propos.

Ce que je vais décrire est n’est pas systématique… Mais on en n’est pas très loin. Cependant, il est possible de court-circuiter ce parcours, surtout quand les parents sont bien informés, merci internet.

*Je ne mets pas « enfant psychotique » car les troubles de psychose infantile ( on rajoute « vieillie » quand l’enfant grandit), dysharmonie psychotique évolutive n’existent qu’en France ( aucun enfant étranger n’en est atteint, quelle chance ! )

Problème

Votre enfant a des difficultés à l’école ? A la crèche ou tout autre endroit social ? On vous fait des réflexions sur votre façon de l’éduquer ?

Attention, vous pénétrez dans une zone non sécurisée !

→ Grosse probabilité que vous soyez convoqué(e) par le psychologue scolaire ( formé par des pedopsychiatres psychanalystes) qui, après avoir interprété les dessins de votre enfant, vous sondera pour vous dire finalement quelque chose du genre : « Si votre enfant ne va pas bien, c’est que son environnement familial est pathogène » ( ou psychogène, cela dépend… Au passage, c’est une expression très appréciée des psychanalystes. )

Conséquence hautement probable si l’enfant a un Trouble Envahissant du Développement.

Le psychologue scolaire, ou toute autre professionnel du service public suivant l’enfant, fait un signalement auprès de l’Aide Sociale à l’Enfance ou du Procureur de la République, pour défaut de soins.

Si les parents n’ont pas les ressources nécessaires pour se défendre , ce signalement conduit à une enquête sociale doublée d’une expertise psychologique, confortant l’hypothèse de départ, à savoir un environnement familial nocif… La décision de placement devient de plus en plus probable. Un placement en institution le plus souvent.

chance

 

 

Voilà comment un innocent dessin et des interprétations arbitraires peuvent tracer le destin d’un enfant.

 

Pourquoi cette façon de faire ?

 

Nous baignons tous dans la culture psychanalytique : ce bain nous le prenons chaque jour par exemple au travers de la presse, de la radio, de la télé, et dans toute librairie : allez donc faire un tour à la FNAC dans le rayon sciences humaines…

 

Considérés comme des personnes capables de décrypter notre psychisme, d’interpréter sans erreur les comportements humains ( exemple l’affaire DSK ), les relations familiales, les psychanalystes sont les consultants favoris des magazines de santé, féminins, culture et médias. On peut sentir l’impact de leurs discours dans les multiples forums de santé, éducation.

 

Cette pensée est bien présente dans nombre formations comme par exemple en fac de psychologie évidemment, protection de l’enfance, sciences de l’éducation, justice, psys scolaires, formation des infirmières, universités, médecine, formations des psychologues exerçant dans l’Aide Sociale à l’Enfance, éducateurs spécialisés, ouvrages sur l’éducation, professeurs, assistantes sociales, psychomotriciens, orthophonistes

 

Les professionnels à qui ont affaire les parents et les enfants ont suivi ces formations. Ils ont développé cet automatisme, qui consiste à considérer que presque tout trouble est d’origine psychologique, que cela résulte d’une mauvaise relation familiale. Une croyance chère aux psychanalystes.

 

Leurs façons de procéder est donc logique, finalement…

 

Conclusions

 

Les parents, pas vraiment satisfaits des solutions proposées, voudraient que les professionnels remettent en question leur manière de « régler le problème ».

 

Voilà pourquoi, par exemple concernant l’autisme, syndrome considéré par les psychanalystes comme « la pire des psychoses » et dont le quasi-monopole de la prise en charge leur revient, les parents deviennent souvent militants malgré eux : simplement pour le bien de leur enfant.

 

Pour qu’il ne soit pas diagnostiqué psychotique (trouble relation maternel) → hôpital ou institution psychiatrique, psychanalyse pour la maman.

 

Ce fameux automatisme dont on ne veut plus…

 

                   

 

                                             Commentaire (à chaud !)

 

Je ne sais pas ce qui est préférable entre une personne qui ne sait pas de quoi elle parle ou une personne ignoble dans ses propos...Mais, peut-être que là, on trouve une combinaison des 2 !!

 

Madame, dans le meilleur des cas vos propos sont réducteurs et basés sur une méconnaissance manifeste du terrain ; mais j'y lis surtout des procès d'intention qui ne peuvent qu'être nuisibles (tant aux parents, aux élèves qu'à l'école publique). Je fais-moi même partie de ces psychologues scolaires que vous fustigez, à la limite de l'insulte...Sachez que je ne CONVOQUE PAS les parents, je les rencontre, je dialogue avec eux (certes pas autant qu'il le faudrait puisque la politique ultralibérale des précédents gouvernements a démantelé le dispositif RASED !). Sachez Madame, que je ne me permettrais EN AUCUN cas de poser un diagnostic d'autisme, et encore moins sur la base de quelques dessins ! Sachez, Madame que ce type de diagnostic prend du temps et nécessite une équipe pluridisciplinaire.

 

Sachez Madame, -notamment depuis la loi de 2005- qu'un diagnostic, n'est qu'un diagnostic, il est donc différent d'une éventuelle PROPOSITION d'orientation  vers un établissement ou un SESSAD ! Sachez, Madame, que lorsqu'une orientation est souhaitable elle nécessite l'élaboration d'un dossier (étayé) qui est transmis à la MDPH (je ne vous ferai pas l'injure de vous apprendre ce qu'est la MDPH). Ce dossier comporte obligatoirement le compte-rendu de l'Equipe éducative, dont les parents sont membres DE DROIT. Dans ce compte-rendu figure nécessairement les avis et propositions de la famille ! Même en cas de désaccord avec la famille, nous respectons ses choix et poursuivons le DIALOGUE et le nécessaire accompagnement.

 

 

 

Sachez Madame, que lors de ma formation au DEPS (vous savez certainement ce que c'est...) je n'ai pas été formé (et encore moins formaté) par des pédopsychiatres psychanalystes...Je ne pense pas que le centre de formation de Lille 3 soit envahi par ces pédopsychiatres psychanalystes que vous détestez tant.

 

Sachez aussi que la moitié des centres de formations pour les psychologues scolaires a été purement et simplement fermée par le précédent gouvernement.. je suppose que ça ne vous a pas ému outre mesure....

 

Sachez Madame, que je travaille dans un secteur où bon nombre d'écoles publiques ACCUEILLENT régulièrement des enfants souffrant de troubles autistiques, les familles y ont toujours été reçues, écoutées, accompagnées.

 

Vous vous targuez de savoir ce qu'est (ou pas) l'autisme...Alors, vous n'ignorez pas que ces enfants et leurs familles connaissent l'angoisse, le doute, la souffrance, la recherche d'une scolarisation  la plus adaptée, année après année...Il ne saurait ici être question de signalement aux services sociaux...S'il y a une maltraitance condamnable, je le vois dans vos propos !

 

Ne recevez pas, Madame, mes salutations cordiales

 

Jean Rumain (psychologue sColère)

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 17:44

 

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Que feront les candidats FN s’ils sont élus députés ?

Le FN disposera-t-il d’une poignée de députés ? Dans ce cas, quelles positions prendront-ils sur les grandes questions qui seront soumises à l’Assemblée ? Pour le savoir, Basta ! a décrypté les votes et déclarations des conseillers régionaux du FN, en particulier en Provence-Alpes-Côte-d’Azur et en Rhône-Alpes. Dans l’économie ou la culture, en matière de santé, de transports ou d’environnement, voici ce que prône vraiment le parti de Marine Le Pen.

 

Marine Le Pen dit son parti « républicain », « laïc » et soucieux du bien-être des classes populaires. Qu’en est-il dans les faits ? Le FN ne compte ni députés, ni sénateurs, ni maires (depuis les précédents de Marignane, d’Orange, de Vitrolles et de Toulon). Le Front totalise cependant 118 conseillers régionaux dans douze Régions, depuis les élections de 2010. Pour les législatives, ses candidats pourraient se maintenir dans plus d’une centaine de circonscriptions.

Alors que Marine Le Pen tente de présenter son parti comme se préoccupant des questions sociales et des classes populaires, Basta ! a jugé utile de se pencher sur les votes et positions de ses élus en région. D’autant que les conseillers régionaux sont très souvent les candidats du Rassemblement bleu Marine aux législatives (lire notre article sur ces charmants candidats). Les beaux discours sur la mutation du FN correspondent-ils à la réalité ?

Vous avez dit économie sociale et solidaire ?

À chaque passage télévisé, Marine Le Pen se pose en défenseuse des ouvriers, de leurs emplois et de leurs salaires. Sur le terrain, c’est la contradiction totale. En octobre 2010, les 24 élus frontistes du conseil régional Paca, dont Jean-Marie Le Pen, refusent de voter une motion de « solidarité avec les salariés de Fralib » proposée par la gauche. En Rhône-Alpes, les élus frontistes enchaînent les votes contre les rapports relatifs à l’industrie et à l’artisanat dans les contrats de développement.

Le 27 mai 2010, Bruno Gollnisch, conseiller régional en Rhône-Alpes, déclare que le rôle des élus « n’est pas de voler au secours de toutes les entreprises ». Résultat : les petites entreprises ne sont plus encouragées. Quant aux rapports traitant de l’économie sociale et solidaire, ils se voient tous opposer un refus par les élus FN. Les mots « social » et « solidaire » heurteraient-ils leurs blanches oreilles ?

Le FN contre l’apprentissage du français

Quant aux budgets pour la formation professionnelle et continue, le FN vote systématiquement contre, que ce soit en Alsace, en Paca ou en Rhône-Alpes. Entre autres, souligne un document d’analyse du Parti socialiste, « parce qu’ils comprennent un volet "apprentissage du français" pour les travailleurs d’origine étrangère ». Le FN serait-il contre la francophonie ? Le groupe écologiste en Rhône-Alpes rappelle également l’opposition du FN à financer les échanges internationaux d’étudiants, « compte tenu du nombre important de bourses concernant des partenariats avec des pays ex-communistes » (sic). Pourtant, le mur de Berlin est tombé depuis deux décennies.

Le 23 septembre 2010, à l’occasion d’un vote sur l’aide aux formations et aux jeunes, Sophie Robert, élue FN en Rhône-Alpes, indique que son groupe vote contre, considérant qu’il serait plus éducatif que les professeurs apprennent aux jeunes à financer leurs projets de voyages pédagogiques plutôt que de compter sur les subventions...

Le FN pour le travail à 14 ans ?

Le FN s’est également opposé à l’aide à la mobilité aux jeunes, en décembre 2011 en Rhône-Alpes, rappellele Front de gauche. Les lycéens sont qualifiés de « fanfarons en quête de jouissance et d’oisiveté » par l’élu frontiste en Rhône-Alpes Alexandre Gabriac, le 21 octobre 2010 (ce dernier sera exclu du FN le 19 avril 2011 après la diffusion d’une photo le montrant en train de fanfaronner en faisant le salut nazi).

Il n’y aurait pour l’élu frontiste Dominique Martin qu’une seule mesure à prendre pour être efficace en matière de formation : « Tout remettre à plat et placer l’entreprise au centre des dispositifs de transmission des savoir-faire en revalorisant l’apprentissage, et ce dès l’âge de 14 ans. » Nous sommes là dans la droite ligne préconisée par Marine Le Pen durant la campagne présidentielle. Bientôt des managers de chez Disney enseignant la culture générale à de jeunes apprentis de 14 ans ?

Les femmes, à la maison ?

Après avoir fait scandale en parlant d’ « avortement de confort » durant la campagne présidentielle, Marine Le Pen a mis en avant le besoin d’ « une meilleure prévention ». Dans les faits, les élus de ce parti s’opposent systématiquement à la mise en œuvre par les Régions des dispositifs de prévention et d’information que sont les « pass contraception », rappellel’association LGBT. « Plus que jamais en ces temps troublés où notre société perd tout repère, et particulièrement les jeunes générations sous l’influence conjuguée d’un totalitarisme sexuel débridé et d’un hédonisme dévastateur, il nous faut revenir aux fondamentaux de la loi naturelle », déclare ainsi l’élue FN Sophie Robert en juin 2011.

En matière de prévention, c’est souvent les relents fondamentalistes catholiques des élus FN en Rhône-Alpes qui s’expriment. La même Sophie Robert lance en assemblée plénière que « le danger est grand, quand on banalise le geste contraceptif, de se sentir déresponsabilisé vis-à-vis de la valeur de la vie et ainsi d’envisager l’avortement comme un simple moyen de contraception sans comprendre qu’il y a en jeu la vie d’un être humain en formation ». Quant à la question de l’égalité hommes-femmes, c’est un sujet qui préoccupe assez peu le Front national. Le mot « femmes » n’apparaissait que deux fois dans le programme présidentiel du FN, comme le rappelle cet article de Basta !. « Les femmes, en France, sont-elles aujourd’hui déconsidérées et la société a-t-elle à gagner à faire accéder les femmes aux mêmes activités que les hommes, et vice-versa, dans tous les domaines ? », interroge l’élue frontiste Blanche Chaussat. Reste à savoir quelles seraient ces activités réservées traditionnellement aux femmes…

Le FN n’aime pas la lutte contre les discriminations

Le Front national jette régulièrement l’opprobre sur les associations de lutte contre les discriminations. À titre d’exemple, les élus de la région Rhône-Alpes n’ont pas voté la demande de subvention de la Lesbian and Gay Pride de Lyon pour le Sidaction. « Sous couvert de lutte contre le sida, cette manifestation a des relents de christianophobie et de pornographie », lâcheSophie Robert sur son blog. Le 30 novembre 2011, Julien Sanchez, conseiller régional FN Rhône-Alpes, s’offusque que la Région Languedoc-Roussillon puisse soutenir, au nom de la lutte contre les discriminations, l’organisation du congrès national de la Licra. Selon lui, « cette association a uniquement pour but de soutenir l’immigration et s’attaque régulièrement à la liberté d’expression dans notre pays, (…) pour imposer la pensée unique sur les bienfaits de l’immigration et favoriser la préférence étrangère ».

Bruno Gollnisch avait promis de « diversifier » les subventions aux associations. Par « diversification », il faut entendre subventions réservées aux mouvements du scoutisme et aux services de protection, qu’ils soient militaires ou civils. L’idée que des citoyens puissent apporter leur avis inquiète les élus frontistes. Le conseiller régional Christophe Boudot y voit « une habile manœuvre politique en vue d’associer de plus en plus les ressortissants étrangers aux décisions de nos institutions ». À l’idée de démocratie participative, le FN préfère le référendum d’initiative populaire. « Comme en Suisse », précise Bruno Gollnisch le 4 février 2011. Clin d’œil au référendum qui avait abouti à l’interdiction des minarets.

Des voitures plutôt que le tramway et le vélo

Dans le domaine de la santé, les élus FN en Rhône-Alpes ont voté contre le rapport concernant les réseaux de patients et les réductions d’inégalités d’accès à la santé en mai 2011. Trois mois plus tôt, le 18 février, ce sont les conseillers régionaux FN de Paca qui votent contre le dispositif des Maisons régionales de la santé, au prétexte que « les déserts médicaux » n’existent pas.

Côté transports, le groupe FN en Rhône-Alpes vote systématiquement contre les propositions de développer les « modes doux » comme les pistes cyclables. « Ils les voient en creux comme des politiques antivoiture », analyse EELV. Le FN conteste également la modernisation de certaines lignes ou la gestion « multimodale » (plusieurs modes de transport combinés) du déplacement à Grenoble. Il appelle enfin à la suppression des tarifs solidaires pour les billets de train. Et refuse l’amendement du Front de gauche visant simplement à étudier la possibilité de la gratuité des TER Rhônalpin. Vous avez dit « virage social » ?

Quand le FN entend le mot culture…

Sur le plan culturel, les élus FN en Rhône-Alpes vilipendent les conceptions « élitistes » de la culture, tout en remettant en cause la gratuité de l’accès à certaines institutions pour les jeunes disposant d’une carte M’RA. « Cette gratuité a poussé dans les salles de cinéma tout un public très éloigné des étudiants, des gens qui sont là pour casser, chahuter », regrette Joël Cheval, élu FN en Rhône-Alpes, le 4 février 2011. Pas de cinéma pour les non-étudiants…

Les élus frontistes votent contre les rapports concernant l’accompagnement et l’élargissement des publics, le soutien au spectacle vivant, le rayonnement culturel. De manière générale, le FN prône une politique de la demande, à l’opposé des politiques actuelles de la culture qui ont pour but de protéger la création parfois non rentable. « Il serait de meilleure gestion et plus conforme aux attentes du public à tout le moins de lier les subventions aux institutions culturelles à la fréquentation et aux recettes propres qu’elles génèrent », déclare par exemple Liliane Boury le 27 mai 2010. Ou comment tuer toute expression artistique naissante…

Des élus pro-OGM

Il y a des mots tabous au FN comme « émissions de gaz à effet de serre », « changement climatique », « dette écologique » ou « préservation de la biodiversité ». Les élus lepénistes enchaînent les déclarations les plus climatosceptiques. « Je ne crois pas que notre planète va mourir sous les coups répétés des émissions de gaz carbonique de l’activité humaine », assène le conseiller régional Rhône-Alpes Joël Cheval, en octobre 2010. « Voilà un nouvel axe de repentance, après l’esclavage et le colonialisme, voilà la dette écologique », renchérit Olivier Wyssa le 7 avril 2011. Cette conception se traduit par des votes contre tous les rapports ayant trait à l’énergie et au climat, au programme emploi-environnement ou aux normes « haute qualité environnementale » (HQE) dans l’habitat. Payer cher sa facture d’électricité et de fioul dans un logement mal isolé, c’est mieux…

À l’inverse, le FN croit aveuglément en la capacité de la recherche à trouver des solutions aux problèmes d’environnement. « Est-il responsable de s’interdire de rechercher sur les OGM, de s’interdire de rechercher des aliments qui consomment moins d’eau, qui consomment moins de pesticides et qui sont plus productifs ? », interroge Joël Cheval, n’hésitant pas à citer l’inénarrable Claude Allègre. Le groupe FN a toutefois soutenu l’opposition de la région Rhône-Alpes aux gaz de schiste. Pointant le risque de « dégradation importante du paysage » dans un communiqué, le Front national avait également intérêt à ne pas contredire les importantes mobilisations locales. Malgré son opportunisme, le Front national a perdu des conseillers régionaux, passant de 156 élus en 2004 à 118 en 2010. À l’épreuve des faits, le parti « normal » ne résiste pas. Qu’en sera-t-il de son avatar, le Rassemblement bleu Marine ?

 

non fn

 

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