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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 17:31

 

La rectrice reproche à nous parents de ce département (le Pas de Calais) notre manque d'ambition. Mais, tous les parents veulent que leur enfant réussisse à l'école.

 

Aujourd'hui pour les enfants dans ce département, dans cette académie, c'est plus difficile qu'ailleurs. L'éducation n'est plus nationale, la Cour des Comptes a souligné l'injustice de la répartition des moyens d'enseignement : pour Paris la dotation par élève est de 3134euros, pour notre académie, elle est de 2955euros ; pour le second degré, 9300euros pour Paris et 7080 pour nous.

 

 

 

Plus difficile parce que les réformes se sont faites non dans l'intérêt de l'enfant, mais pour justifier les suppressions de postes et la marchandisation de l'école, 30 % des familles ont recours à des officines privées de soutien scolaire.

 

Dans le bassin Lens-Liévin, ce sont les maternelles-26 fermetures sur 35- et l'accueil des 2 ans qui ont été les principales victimes de la dernière carte scolaire Chatel/ Sarkozy. Les RASED (réseaux d'aide pour les élèves en difficulté) ont été saccagés : par exemple en 2005, il y avait 156 postes pour le soutien, aujourd'hui 37. Certains membres des RASED sont dans la salle, saluons leur action .

 

Pour le second degré, les lycées professionnels ont été pris pour cible, demandez aux élèves, aux parents et enseignants de OIGNIES, DE lens (Béhal ou Robespierre) ce qu'ils subissent.

 

 

 

Globalement, il faut repenser l 'école ensemble, c'est vital pour l'avenir. L'école doit donner tous les outils nécessaires à tous les enfants,-handicapés, surdoués, en difficulté ou sans papier-, cela veut dire des moyens et des objectifs qui conduisent vers la citoyenneté et la liberté de choisir son parcours professionnel.

 

Dimanche (3 juin), nous avons fait la marche pour la dignité ; pour la rentrée, il nous faut un plan de rattrapage pour cette académie pour le respect de nos enfants, et des personnels de l'éducation.

 

Les législatives sont importantes, c'est à l'Assemblée nationale que se décident les orientations et les budget. Des députés Front de Gauche nombreux à l'Assemblée, c'est un outil pour faire avancer la cause des enfants et de l'école , non pour quelques privilégiés mais pour tous.

 

(Intervention de Laurence ZADERATZSKY, ancienne responsable de parents d'élèves, lors du meeting de Bruno TRONI et Jean Luc MELENCHON le 7 juin à LENS)

 


 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 13:50
 
En tant que symbole et icône du mouvement pour les droits civiques américains, elle est aussi connue que Martin Luther King et Malcolm X., Mais, au contraire des deux personnages précités, Angela Davis a survécu aux années 1960 et, aujourd’hui, elle est toujours aux avant-postes de la lutte pour l’égalité des droits, sans distinction de race, de sexe ou de classe. La semaine dernière, elle a reçu les insignes de Docteur honoris causa de l’ULB.
À l’occasion de sa venue à Bruxelles pour recevoir les insignes de Docteur honoris causa à l’ULB, l’emblématique figure du militantisme aux États-Unis a rencontré quelques journalistes, pour évoquer le monde d’aujourd’hui. Voici un bref compte-rendu de cette rencontre.

Sur Obama

« En fait, il était inévitable que nous soyons déçus, surtout vu la façon dont, il y a quatre ans, la campagne pour Obama a été menée. Bien des gens, partout dans le monde, ont projeté leur espoir sur ce seul individu. Et le fait que, pour la première fois, un Noir soit devenu le président des États-Unis est historique. Mais le pays dont il est devenu le président est resté le même. Son élection n’a rien changé à la nature des États-Unis. Les États-Unis sont un pays impérialiste. En fait, Obama ne pouvait que nous décevoir.
Il aurait cependant pu faire certaines choses qu’il n’a pas faites. Nous avions espéré, par exemple, qu’il allait fermer immédiatement la prison de Guantanamo. Nous n’aurions certainement pas pensé non plus qu’il allait entamer une guerre en Afghanistan, après s’être exprimé contre la guerre en Irak. Mais, malgré ces déceptions, son élection reste historique et sa victoire n’a été possible que parce que beaucoup de gens — surtout des jeunes — ont refusé de croire qu’il était impossible que quelqu’un comme Obama puisse être élu comme président.
L’erreur que nous avons commise après avoir élu Obama, c’est que nous n’avons pas maintenu la pression. Directement après sa prestation de serment, nous aurions dû mobiliser et exercer des pressions sur lui afin de ramener les soldats dans leurs foyers, de fermer Guantanamo, d’améliorer les soins de santé… Alors, il se serait trouvé dans une meilleure position pour réaliser plus de choses qu’il n’en a réalisées.
Le défi pour les prochaines élections présidentielles est donc de créer à nouveau un enthousiasme comme il y a quatre ans. Mais, cette fois, nous ne pouvons pas concentrer cet enthousiasme sur la personne d’Obama. Nous devons susciter un enthousiasme pour créer un mouvement qui se battra pour les droits des travailleurs, des femmes, l’égalité, la fin de l’exclusion massive aux États-Unis, etc. »

Sur le système carcéral aux États-Unis

 
« Une grande partie de mon travail militant concerne aujourd’hui le “complexe industriel carcéral” (le fait qu’en raison de l’influence politique des entreprises carcérales privées, le secteur américain des prisons est devenu un secteur industriel qui a besoin d’un nombre sans cesse croissant de détenus, Ndlr). Un adulte américain sur 100 est derrière les barreaux. Un adulte sur 31, aux États-Unis, est contrôlé d’une façon ou d’une autre par l’appareil judiciaire. Et une majorité écrasante de ces prisonniers sont des Noirs, surtout des hommes. Il y a aujourd’hui plus de Noirs dans les prisons et sous contrôle de l’appareil judiciaire qu’il n’y avait d’esclaves en 1850. Voilà l’exemple le plus dramatique de la façon dont l’héritage de l’esclavage est toujours bien vivant.
La grande majorité des gens en prison — et pas seulement aux États-Unis — y sont parce qu’ils sont pauvres ou illettrés, parce qu’ils n’ont pas eu la chance de bénéficier des services que la société est censée leur proposer. Des choses comme l’enseignement pour tous, les soins de santé, un toit, un boulot…
Nous pouvons également nous poser la question de savoir comment nous pouvons créer un système juridique qui résoudrait vraiment les problèmes. Prenons la violence contre les femmes. Au cours des trois ou quatre dernières décennies, la violence contre les femmes est devenue une chose perçue comme un méfait dont les auteurs doivent aller en prison. Mais que constatons-nous ? La violence contre les femmes n’a pas diminué ! Fourrer les gens en prison n’a donc rien fait pour résoudre ce problème. Si nous voulons bannir cette sorte de violence de notre société, nous ne devons pas reporter nos espoirs sur les prisons, car, alors, on répond à la violence par encore plus de violence. »

Sur le racisme

« Le racisme est toujours une force très active dans la vie politique et sociale des États-Unis. Les gens pensent que le racisme concerne un comportement individuel ou des limitations légales, mais la plupart des lois qui étaient explicitement racistes ont été abrogées entretemps. C’est tout le mérite du mouvement pour les droits civiques.
 
Mais ce que nous appelons aujourd’hui le mouvement pour les droits civiques était appelé à l’époque “freedom movement” (mouvement pour la liberté) par les militants. Les droits civiques n’étaient qu’un aspect de la lutte. Ceux-ci se sont concrétisés — bien que pas encore pour tous —, mais le racisme, lui, est toujours présent dans les soins de santé, l’enseignement, le logement, les services sociaux… Il existe un racisme structurel, institutionnalisé, indépendamment du préjugé raciste individuel, ou même sans qu’il y ait une loi qui discrimine les Noirs ou les Latinos.
 
Prenons la mort de Trayvon Martin (adolescent noir abattu par un garde civique en Floride en février dernier, Ndlr). La plupart des gens semblent considérer ce meurtre comme un incident exceptionnel. Ils concentrent leur attention sur les personnes impliquées à titre individuel. Mais, même si l’auteur est condamné à perpétuité — ce qui ne sera sans doute pas le cas —, le problème de la violence des gardes civiques ou de la police n’en sera pas résolu pour autant. Cela prouve que les peines de prison ne fonctionnent pas, car arrêter l’auteur et l’enfermer n’empêche pas que des crimes similaires se reproduisent.
Nous devons trouver une stratégie d’éradication du racisme. Mais, avant cela, nous allons encore devoir mobiliser et lutter très longtemps. Cela ne se fera pas en un mois, ni en un an, dix ans ou toute une génération. Cela prendra plusieurs générations. Aux États-Unis, nous n’avons pas encore abordé cet effort à long terme. C’est pourquoi le racisme continue de se présenter sous tant de formes différentes. »

Sur les mouvements de protestation actuels

« Je ne suis pas une spécialiste, vous savez. Les mouvements radicaux se constituent pendant qu’ils opèrent. Je ne voudrais pas freiner un mouvement en donnant des conseils sur la base de mon vécu. Mais il est quand même important de tirer des leçons des expériences du passé. Ainsi, en Palestine occupée, des jeunes ont emprunté des bus qui étaient réservés aux seuls colons israéliens, tout comme les jeunes Noirs des années 1960 le faisaient avec les bus réservés aux Blancs et, à l’instar des militants de l’époque, ils se font appeler les “Freedom riders” (usagers de la liberté). Cette sorte de solidarité par-delà les frontières du temps et de l’espace peut être très importante. Je ne suis ici aujourd’hui que parce que des gens en Belgique et dans toute l’Europe, en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient, en Amérique latine, sont descendus dans la rue pour défendre ma liberté. La solidarité internationale est essentielle.
 
Personne n’aurait pu prédire que le mouvement Occupy allait avoir un tel impact sur la façon dont les gens perçoivent notre système économique mondial. Grâce à ce mouvement, un nouveau terrain est né pour le débat politique. C’est le plus grand mérite du mouvement. “Nous sommes les 99 %” est un slogan important. Mais nous devons percevoir ces 99 % comme un groupe très hétérogène. Ceux qui se trouvent dans la couche supérieure de ces 99 % sont bien plus près des “1 %” que de la couche inférieure des 99 %. Comment crée-t-on une unité entre des gens dont les intérêts matériels et les contextes idéologiques sont différents ? Comment convaincre les gens de la classe moyenne de lutter pour des détenus qui, souvent, proviennent des couches inférieures des 99 % ? Comment intégrer les problèmes de la population native américaine ou des Palestiniens au mouvement Occupy ? Le véritable défi consiste à placer tous ces thèmes à l’intérieur d’un cadre dans lequel tout le monde luttera pour les droits des travailleurs du monde entier. »
(source texte : danactu-resistance.over-blog.com)
 
 
 
 

 
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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 16:34

 

 

Le 10 juin 1819, naissance de Gustave COURBET, à Ornans, Doubs.
Peintre de renom, socialiste révolutionnaire, proudhonien, communard et libertaire.
Après l'école chez les curés qui le rendra anticlérical, il poursuit ses études à Paris en 1839. Passionné de peinture, il est admis au Salon de 1844 et devient le chef de file du "réalisme". Devenu socialiste en 1848, il ouvre un club social qui s'opposera au clubs jacobins et montagnards "Républicains sans nature propre". Le 4 septembre 1870, c'est le retour de la république. Le 14 septembre, Courbet est nommé président de la commission artistique pour la conservation des musées nationaux.
La Commune de Parisproclamée, il en est élu membre et s'occupe de la commission de l'enseignement, puis devient un des responsables de la Fédération des artistes. La destruction de la colonne Vendôme ayant été décrété, il en réclame l'exécution, ce qui le désignera ensuite comme responsable de sa destruction.

Arrêté le 7 juin 1871, il est condamné à six mois de prison, mais la réaction conçoit ensuite le projet de lui faire payer la reconstruction de la colonne. Courbet se réfugie en Suisse, mais ses biens et tableaux sont saisis. Antiautoritaire (il s'était opposé au Comité de Salut Public), il participe le 1er août 1875, à un congrès de la Fédération Jurassienneà Vevey, où il s'était fixé, et où il meurt le 31 décembre 1877.
"Je me suis constamment occupé de la question sociale et des philosophies qui s'y rattachent, marchant dans ma voie parallèlement à mon camarade Proudhon. (...) J'ai lutté contre toutes les formes de gouvernement autoritaire et de droit divin, voulant que l'homme se gouverne lui-même selon ses besoins, à son profit direct et suivant sa conception propre". 
(Extrait d'un discourt de Courbet)

 (Source texte : Ephemanar)

(Proudhon entouré de ses filles)

 

 

 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 19:21
 migrenfete.png
 
30 juin 2012 :
Festival MIGR' EN FÊTE à MERICOURT (Pas de Calais !!!) 
 
 
 
 
 
 
 
 
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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 18:48
 
Communiqué d’Attac France,

Après la déclaration scandaleuse de Christine Lagarde...
Les dirigeants européens et le FMI doivent laisser les peuples voter librement !


Le "dérapage" de Christine Lagarde vient couronner une série de déclarations scandaleuses de dirigeants européens. MM. Barroso, Draghi, Schäuble et même malheureusement Laurent Fabius ("on ne peut pas à la fois vouloir rester dans l'euro et ne faire aucun effort ») ont ouvertement menacé les Grecs d'une exclusion de la zone euro au cas où leur prochain gouvernement, qui sera élu le 17 juin prochain, remettrait en cause le mémorandum et les plans d'austérité infligés depuis deux ans à la Grèce. Le même chantage pèse sur les électeurs irlandais appelés à se prononcer à référendum le 31 mai pour ou contre le Pacte budgétaire, qui va aggraver encore et installer définitivement l'austérité en Europe.

Mais, en insultant le peuple grec, Christine Lagarde vient de franchir une ligne rouge. Le journaliste du Guardian lui demandait si au moment d'imposer de nouvelles coupes budgétaires à la Grèce, elle hésite parfois en pensant "aux femmes enceintes qui doivent accoucher sans sage-femme, aux malades qui n'ont plus accès aux médicaments vitaux, aux personnes âgées qui meurent par manque de soins". Mme Lagarde a osé répondre: "non, je pense davantage aux enfants d'un petit village au Niger, qui ont deux heures de cours par jour et occupent une chaise à trois". Les enfants grecs qui sont affectés par les coupes ? "Leurs parents n'ont qu'à payer leurs impôts". Alors qu'elle même, comme directrice générale du FMI, ne paye pas un dollar d'impôts sur ses confortables revenus... et que les plans d'ajustement structurel imposés en Afrique par le FMI ne sont pas étrangers à la misère qui y règne encore.

Submergée de mails indignés sur sa page Facebook elle a fini par déclarer sa "sympathie avec le peuple grec et les défis qu'il rencontre". Mais son cynisme n'est pas isolé. Les dirigeants européens se préparent ouvertement à couper les vivres au gouvernement élu le 17 juin s'il décide, comme le parti de gauche Syriza l'a annoncé, de dénoncer le mémorandum. Ils espèrent ainsi intimider les électeurs grecs et les convaincre de voter pour les deux partis corrompus qui ont mené la Grèce au chaos, Nouvelle Démocratie et le PASOK. Comme le dit Christine Lagarde dans son interview au Guardian, sur le ton de la plaisanterie (?), "quelqu'un a dit que si le peuple n'est pas content de son gouvernement, il n'y a qu'à changer le peuple". Une plaisanterie indécente qui n'a même pas le goût d'un lapsus...

S'ils refusent par leur vote l'austérité et la dictature des créanciers et des banques, les Irlandais et les Grecs rendront un fier service à l'Europe tout entière, en montrant aux autres peuples qu'on peut stopper la course vers l'abîme dans laquelle les dirigeants européens nous entraînent par leur cynisme et leur aveuglement. Le peuple islandais l'a déjà fait, pour son plus grand bien, en refusant par deux référendums de rembourser les créanciers de ses banques en faillite ! Attac France, avec les Attac d'Europe, exige que l'Union européenne et le FMI abandonnent toute pression à l'encontre des électeurs irlandais et grecs.


 
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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 17:36
 
 
12 films qui chantent la révolte
 
Du 6 au 10 juin 2012
Nouveau Latina, Paris

En présence de Nicole BRENEZ ; HAMÉ ; André S. LABARTHE ; Philippe LANGLOIS ; Françoise FOUCAULT ; Teresa CASTRO ; Thierry NOUEL ; Michael ROGOSIN ; Inger SERVOLIN ; Philippe PILARD ; Max VAN PEEBLES

Chants de libération, hymnes révolutionnaires, mélopées de la révolte qui gronde... Tout au long de ces décennies, des cinéastes ont scruté les soubresauts de l’Histoire en accordant leurs films au rythme du chant révolutionnaire : l’apartheid en Afrique du Sud, Mai 68 et les mouve- ments ouvriers en France, le mouvement pour les droits civiques des Noirs aux Etats-Unis, la guerre d’indépendance au Mozambique, la grande grève des mineurs en Angleterre... Dès 1930, Dziga Vertov donne le « la » avec Enthousiasme ou La Symphonie du Donbass, premier film sonore soviétique, où la musique figure à la fois comme expression de la lutte des peuples et expérimentation formelle. Car il s’agit de lutter sur deux fronts : politique et esthétique. Qu’ils prennent parti de l’intérieur ou qu’ils aillent respirer ailleurs l’air de la révolution, comme les Brésiliens Celso et Luccas au Mozambique, l’Américain Rogosin en Afrique du Sud, Agnès Varda chez les Black Panthers ou le Hollandais Johan van der Keuken, du Ghana au Surinam, au son de l’héritage colonial des fanfares de cuivres (Brass Unbound), les cinéastes creusent le double héritage vertovien. D’une part, la musique comme patri- moine commun (les chansons des mineurs du film de Ken Loach Which Side are you on ?, des ouvrières de Scènes de grève en Vendée, film collectif d’ISKRA), comme transmission d’une histoire populaire (Makwayela, un film rare de Jean Rouch sur des ouvriers au Mozambique chantant et dansant leur oppression dans les mines d’or sud-africaines). D’autre part, l’ambition de révolutionner les formes : créer un cinéma nouveau pour une nouvelle nation (Celso et Luccas avec 25) ou « faire politiquement des films politiques » (Jean- Luc Godard avec One plus One). Affranchissement par et pour le cinéma, la résistance aux normes s’affirme, émancipation des codes narratifs au rythme d’un montage free (Black Liberation / Silent Revolution de Edouard de Laurot). Deux fictions enfin, mais à la portée documentaire retentissante : Come Back, Africa de Lionel Rogosin, film clandestin au cœur du système de l’apartheid et Sweet Sweetback’s Baadasssss Song de Melvin van Peebles, déclaration de guerre à la société raciste américaine, météorite dans le bon goût ciné- matographique, outrée et outrageante.
Le cinéma et la musique sont eux aussi renversés par la révolution, et ils ten- tent d’en restituer avec leurs moyens propres la vibration indicible – celle de la colère, de l’espoir et de l’utopie.
 
 
Quelques extraits :
 
 
 
 
 
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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 16:53
 
Family Affair, c’est une certaine idée de la musique, qui mêle Power Blues et Rock Songs , Balades Irlandaises et compositions Rock teintées de Blues. Des arrangements originaux ciselés au violoncelle électrique sur des textes de William Butler Yeats, James Simons ou entièrement composés par le groupe, une musique suggérée par le mélange harmonieux des sonorités et des instruments, des inspirations et des influences. Le tout décliné avec une énergie ...(lesinrocks.com)
Ci-dessous les vidéos de leur prestation lors de la Marche Emilienne Mopty, le 3 juin dernier.
 
  
 
 
  
 
 
 
 
 
 
 et, une illustation perso de l'Emilienne :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 16:46

antifa by jacekpiotr

 

 « Rassemblement bleu Marine » : bienvenue au musée des horreurs de l’extrême droite

Pour les législatives, les candidats du FN se présentent sous l’étiquette « Rassemblement bleu Marine », histoire de continuer l’opération de dédiabolisation initiée par Marine Le Pen. Mais derrière l’emballage se cachent encore et toujours les divers courants d’extrême droite, des intégristes catholiques aux nostalgiques de l’Algérie française, en passant par les amis des négationnistes. Petit panorama de ces charmants candidats choisis par le FN, qui n’est décidément pas un parti « normal ».

Ils sont tous candidats du « Rassemblement bleu Marine » aux législatives. Et comptent bien surfer sur le score de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle (17,9 % des voix) en tentant de faire oublier – dédiabolisation oblige – le patrimoine historique et idéologique du Front national (FN). Un patrimoine que ces cadres et élus du FN incarnent parfaitement, chacun représentant un courant de pensée de l’extrême droite française : des nostalgiques de l’OAS (Organisation armée secrète, opposée à l’indépendance de l’Algérie, qui a assassiné de 1962 à 1964 entre 2 000 et 12 000 personnes selon les historiens) aux intégristes catholiques de la Fraternité Saint-Pie-X, du GUD (Groupe union défense), groupuscule qui s’est illustré par ses actions violentes dans plusieurs universités, aux islamophobes du Bloc identitaire, des négationnistes du génocide juif aux ex-skinheads adeptes du folklore viking et néonazi. Petit panorama de la diversité de l’extrême droite, rassemblée derrière Marine Le Pen.

Bouches-du-Rhône

Jean-Pierre Baumann (5e circonscription)

Jean-Pierre Baumann compte bien perturber le duel entre Renaud Muselier (UMP) et Marie-Arlette Carlotti (PS), dans une ville où Marine Le Pen a recueilli plus de 21 % des suffrages. Il est une figure du FN local de longue date : le 21 février 1995, c’est chez lui que se réfugient les trois colleurs d’affiches du FN qui viennent de faire feu à plusieurs reprises sur un groupe de jeunes Marseillais. Touché, Ibrahim Ali, 17 ans, ne se relèvera pas. Les trois militants sont condamnés respectivement à 2 ans, 10 ans et 15 ans d’emprisonnement. L’association qui les soutient est animée par Jean-Pierre Baumann. La famille et les amis d’Ibrahim Ali grincent des dents : « Dix-sept ans après, celui qui était notre avocat lors du procès de ses assassins, Gilbert Collard, est devenu le porte-parole de Marine Le Pen », ont-ils rappelé lors d’une journée de commémoration en mémoire du jeune homme, le 21 février 2012.

Laurent Comas (6e circonscription)

Laurent Comas siège comme conseiller régional FN en Paca et dirige la section départementale du parti. Déjà candidat aux élections cantonales en mars 2011, il avait recueilli 37,5 % des votes : le meilleur score du FN dans les Bouches-du-Rhône. Son directeur de campagne était alors Pierre-Olivier Sabalot, un ancien skinhead inculpé en 2004 pour détention d’une arme de guerre et de matière pouvant servir à la fabrication d’explosifs. Soit une kalachnikov, un bidon de chlorate de soude et des revues sur les explosifs. Après avoir purgé une peine de deux ans de prison ferme, Pierre-Olivier Sabalot écrit une biographie sur le fondateur de l’apartheid en Afrique du Sud, Hendrik Verwoerd. Laurent Comas démentira ensuite avoir choisi Sabalot comme directeur de campagne. Mais c’est à ce titre que celui-ci répond à un journaliste de La Provence pendant la campagne. Lors des élections municipales de 2007, Laurent Comas avait aussi accueilli sur sa liste des militants des Jeunesses identitaires Massalia, rendues célèbres pour avoir tenté de distribuer une « soupe au cochon » aux sans-abri pour en exclure les musulmans, une initiative interdite par la préfecture.

Bernard Marandat (7e circonscription)

Conseiller régional du FN, il était lui aussi arrivé en tête lors des élections cantonales de 2011, avec 28,7 % des voix. Issu d’une famille d’anciens de l’OAS, il a été le responsable du GUD (Groupe union défense, groupuscule d’extrême droite adepte de l’affrontement violent) à la faculté de médecine de Marseille dans les années 1970. Son frère, Philippe, en était le responsable à la faculté de droit d’Aix-en-Provence. Après un passage au MNR de Bruno Mégret, il retourne au Front. Sa fille, Marie, a été la responsable de l’association Marseille Solidarité, cache-sexe des Jeunesses identitaires Massalia pour l’organisation de leur soupe au cochon. Bernard Marandat a récemment assuré que « des discussions existent avec l’UMP à Aix ». C’est-à-dire avec Maryse Joissains, député-maire UMP d’Aix, membre de la Droite populaire, qui n’est pas avare de déclarations scandaleuses. Elle juge illégitime la victoire de François Hollande. Elle a aussi lâché : « Je ne veux plus un seul Rom sur ma commune. » C’est elle enfin qui a fait de Jean-Pax Méfret, chanteur nationaliste et défenseur de l’Algérie française, un « citoyen d’honneur de la ville d’Aix », et qui se dit prête à baptiser une rue « Bastien-Thiry », du nom du militant de l’OAS auteur de la tentative d’assassinat de Charles de Gaulle. De quoi réjouir Bernard Marandat.

Calvados

Philippe Chapron (5e circonscription)

Candidat du Rassemblement bleu Marine dans le Calvados, Philippe Chapron est lui aussi est passé par le GUD dans les années 1970. Il est ensuite l’un des responsables du « DPS » (département protection sécurité), le service d’ordre très spécial du FN. Contrôlé le 3 juin 1993 au retour d’un point presse de Jean-Marie Le Pen à Châtillon, les policiers découvrent dans son véhicule « un fléau japonais, un poing américain, un pistolet lance-fusées calibre 12 et des balles en caoutchouc, un sabre d’exercice japonais en bois ainsi que 26 manches de pioche », note le rapport parlementaire établi par la commission d’enquête sur le DPS. Embauché comme ouvrier au Musée de la bataille de Normandie à Bayeux, Philippe Chapron en sera ensuite nommé directeur, ce qui provoquera la colère des associations antiracistes locales en 1998.

Charente-Maritime

Jean-Marc de Lacoste-Lareymondie (1re circonscription)

Marie-Françoise de Lacoste-Lareymondie (5e circonscription)

Respectivement fils et belle-fille d’un vieux compagnon de route de Jean-Marie Le Pen, Alain de Lacoste-Lareymondie. Celui-ci participa en 1965 à la campagne présidentielle de Jean-Louis Tixier-Vigancour, ancien membre du régime de Vichy, puis avocat de plusieurs responsables de l’OAS. Le couple Lacoste-Lareymondie, qui tient le FN charentais depuis toujours, représente fort bien la vieille noblesse française, ultracatholique et traditionaliste. Ils sont membres de la Fraternité Saint-Pie-X, fondée en 1970 par l’évêque Marcel Lefebvre. La Fraternité Saint-Pie-X est notamment accusée d’avoir aidé Paul Touvier, chef de la milice lyonnaise pendant l’Occupation, recherché pour crime contre l’humanité pour avoir assassiné des juifs et des résistants. Plus récemment, un évêque de la Fraternité Saint-Pie-X, Richard Williamson, a déclaré le 1er novembre 2008 qu’il ne croyait pas « qu’il y ait eu des chambres à gaz. Je crois que 200 000 à 300 000 juifs sont morts dans les camps de concentration, mais aucun dans des chambres à gaz ». Ambiance. Jean-Marc et Marie-Françoise de Lacoste-Lareymondie ont peu de chance de se maintenir dans une éventuelle triangulaire, malgré les 17,5 % réalisés par Marine Le Pen dans le département. Selon un sondage publié par le quotidien Sud-Ouest, Marie-Françoise de Lacoste-Lareymondie est créditée de 9 % des voix.

Côtes-d’Armor

Gérard de Mellon (2e circonscription)

Il est le beau-frère de l’un des époux Lacoste-Lareymondie (lire ci-dessus), et lui aussi adepte de l’ultracatholicisme. Pour tenter de faire oublier ce patrimoine idéologique, il déclare dans le quotidien breton Le Télégramme : « Je me fous de l’Algérie française ou de la Deuxième Guerre mondiale (sic). Je considère l’Holocauste comme le pire crime de l’humanité contre elle-même. Je ne comprends les dérapages de Jean-Marie Le Pen que par la nécessité de se faire connaître, en posant des bombes verbales. » Pas sûr que cela l’aide à faire mieux que les 13,6 % de Marine Le Pen obtenus dans le département.

Dordogne

Emmanuelle Pujol (4e circonscription)

Emmanuelle Pujol est une fan inconditionnelle de Bruno Gollnisch, député européen, conseiller régional en Rhône-Alpes, et candidat dans la 3e circonscription du Var (vous avez dit cumul des mandats ?). Lors du duel entre son mentor et Marine Le Pen pour la présidence du FN, elle s’est distinguée en publiant un communiqué intitulé : « Bruno Gollnisch : son honneur s’appelle fidélité. » Influence révélatrice ? La devise « Mon honneur s’appelle fidélité » (« Meine Ehre heißt Treue ») était celle des SS, l’armée politique du parti nazi… Dans son ode à Bruno Gollnisch, Emmanuelle Pujol se donne les moyens de vous faire pleurer (de rire) : « Bruno Gollnisch est au combat politique ce qu’est la Légion étrangère dans la bataille : sa pensée est précise et fulgurante comme les Commandos du REP (Régiment étranger parachutiste, ndlr) .Sa force est celle des Régiments du Génie : elle désamorce, ratiboise, remblaie, rassemble et élève les remparts de la Cité. Il avance, pugnace, inlassable, infatigable, de son pas régulier, malgré les rafales, les tempêtes, avec l’opiniâtre endurance de l’Infanterie… ». Ah, la poésie version FN… Les 17 % de votants pour Marine Le Pen la suivront-ils aveuglément dans ses sinueuses tranchées ?

Eure

Jean-Michel Dubois (5e circonscription)

Conseiller régional de Haute-Normandie, où Marine Le Pen a attiré 22,7 % des votants, Jean-Michel Dubois est passé du RPR au FN. Il a dirigé la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) en Seine-Saint-Denis, et est un ancien administrateur d’HEC. On le dit l’homme des réseaux pro-arabes du FN, depuis ses séjours auprès du régime irakien de Saddam Hussein. Il s’est rendu une vingtaine de fois à Bagdad avant la chute du régime, accompagné notamment de Jany Le Pen, deuxième épouse du président d’honneur du FN. Il y fut reçu par le vice-Premier ministre irakien, Tarek Aziz. Et anime depuis l’association « SOS enfants d’Irak ». Celui qui était trésorier de la campagne de Le Pen père en 2002 et en 2007 est présent au Zenith lors du spectacle où Dieudonné fait remettre un prix au célèbre négationniste Robert Faurisson, en compagnie de Bruno Gollnisch, de l’essayiste nationaliste Alain Soral, de l’ancien responsable du GUD Frédéric Chatillon et de… Roland Dumas.

Hérault

Joseph Castano (9e circonscription)

Ce fils de militant de l’OAS est le candidat idéal pour séduire les voix des rapatriés d’Algérie et de leurs familles à Lunel, entre Nîmes et Montpellier, où Marine Le Pen est arrivée en tête avec près de 27 % des suffrages. Lors des élections cantonales de 2011, Joseph Castano n’a pas hésité à désigner « la communauté maghrébine qui ne cesse de croître » comme bénéficiant de prestations sociales et de logements sociaux dont seraient privés les autres Lunellois. Des maghrébins amalgamés « à l’insécurité croissante qui gangrène les établissements scolaires ». Cette stigmatisation se double d’un discours pour « le rétablissement de la vérité historique sur la guerre d’Algérie »… Ou comment surfer sur les frustrations.

Nord

Louis-Armand de Béjarry (3e circonscription)

Il est présenté par la presse locale (La Voix du Nord) comme un « gestionnaire de copropriétés de 32 ans ». Mais son CV ne s’arrête pas à cette très convenable facette. Ancien responsable du FNJ (Front national de la jeunesse) et ancien secrétaire départemental du FN en Loire-Atlantique, il sera un moment en conflit avec Marine Le Pen pour avoir participé à la « Fête de l’Identité », événement organisé par la droite du FN. C’est lui qui nomme responsable de la propagande du FNJ un certain Arnaud Fréry, qui s’illustrera entre les deux tours de la présidentielle de 2002, opposant Jacques Chirac à Jean-Marie Le Pen, en déclarant : « Jean-Marie Le Pen a fréquenté des nazis comme il a aussi fréquenté des PD »… En 2010, le nom de Louis-Armand de Béjarry figure dans le fichier hacké des clients de « Thor Steinar », une marque allemande de vêtements très prisée par les néonazis. La marque a été créée par un proche du parti néonazi allemand NPD, et son ancien logo, une rune germanique, n’était autre que l’emblème de la division SS Das Reich, responsable – entre autres exactions – de nombreuses exécutions dans la région de Cahors et de Figeac en 1944. Près de 22 % des électeurs ont choisi Marine Le Pen dans le département du Nord.

Var

Frédéric Boccaletti (7e circonscription)

Frédéric Boccaletti, conseiller régional en Paca, ancien conseiller municipal de Six-Fours-les-Plages, près de Toulon, fait partie des « ex-félons » du MNR, scission du FN fondée par Bruno Mégret. En 2000, il est condamné à un an de prison dont six mois ferme pour « violence en réunion avec arme ». Lors d’un collage d’affiches, le passager de la voiture qu’il conduit fait feu sur des jeunes. En 2008, il invite l’avocat des négationnistes Éric Delcroix, lui-même condamné pour contestation de crimes contre l’humanité, à une réunion dans une salle municipale de Six-Fours, gracieusement prêtée par le maire UMP. Ces polémiques locales ne l’empêchent pas d’être le directeur de campagne de Jean-Marie Le Pen lors des élections régionales de 2010. Malgré ses sympathies, Frédéric Boccaletti demeure pragmatique : il vient de faire invalider la candidature du Parti de la France, petit parti d’extrême droite fondé par Carl Lang et d’autres anciens membres du Front en 2009. Un département qui vote à 25 % pour Marine Le Pen, et où le FN arrive en tête dans une commune sur cinq, attire forcément la concurrence.

(Source : Bastamag.net) 

antifa mur

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 01:38

 

Je m’autorise une remarque qui pourra paraître farfelue mais qui correspond à un constat que je fais de plus en plus souvent depuis que je parcours de plus en plus fréquemment les écoles. Le premier clivage selon moi est celui qui existe, et me semble-t-il, n'est pas prêt d'être supprimé, entre celles et ceux qui lisent, commentent et s'expriment sur ce type de "billet" (NDLR : sur Facebook), qui l'analysent, qui le contestent aussi, et tous les autres qui n'ont pas la moindre idée des discussions et échanges qui peuvent se faire sur, autour et pour l'école. Je fais depuis plusieurs mois environ une conférence grand public deux à trois fois par mois, sur les travaux que je mène depuis trente ans dans les écoles. Je contextualise évidemment toujours ces travaux, et de plus en plus j'ai la surprise (encore que !) de constater à quel point le public présent, souvent composé de parents d'élèves ou de grands parents, découvre littéralement les informations que je leur apporte sur le fonctionnement de l'école, sur les attentes du système vis à vis de leurs enfants, sur les questions que se posent les "spécialistes" de l'éducation. Ils sont tout à fait intéressés, mais complètement non-avertis.

Comment dès lors parler d'eux comme "acteurs" éducatifs, alors que cette place est complètement confisquée par les seuls penseurs, chercheurs, spécialistes, etc., qui souvent pensent savoir -souvent à juste titre- ce qu'il faudrait faire pour que ça marche mieux.

Ce n'est pas ce fait que je remets en question, c'est celui consistant à croire que tout le monde est au même niveau d'informations et peut donc réfléchir au problème de la même façon que nous. Mon plus gros souci depuis quelques mois, par rapport aux changements à apporter dans les écoles ne serait-ce qu'autour de la réorganisation complète des temps de vie des enfants, principalement de leurs temps éducatifs, c'est de parvenir à faire entendre au parent lambda que sa parole et ses idées ont autant d'importance que n'importe quelles autres, qu'il a un rôle majeur à jouer dans l'amélioration du système éducatif, pas uniquement de façon virtuelle. Et ceci pas uniquement pour les parents élus dans les conseils d'école, que je respecte infiniment par ailleurs. Dernièrement un parent m'a demandé :"vous ne croyez pas qu'il faudrait instaurer des "écoles" de parents ?" ? Sa question n'était absolument pas méprisante, elle interrogeait notre capacité à nous, chercheurs, d'associer toute la population des parents à nos réflexions, et donc de leur apporter toutes les informations relatives à l'école indispensables pour comprendre les changements que nous aimerions voir se concrétiser. Car il faut que nous entendions que si nous tous, nous sommes convaincus que l'école doit changer, se refonder, etc., la plupart des personnes concernées par cette école ne comprennent pas ce que nous voulons ni pourquoi nous le voulons. C'est là un clivage bien réel auquel nous devons nous attaquer si nous voulons vraiment que cette école redevienne l'école de tous. Sommes-nous prêts ?

Claire Leconte. (avec son autorisation)

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 01:06

 

Les bancs plutôt que le ban :
Le RASED, vital pour les écoliers en difficulté, est en danger.

Il est un système remarquable, au sein de l’Éducation nationale, du nom de Rased. Il permet aux enfants en difficulté de rester sur les bancs de la classe plutôt que d’être jeté au ban de l’école. Tout formidable qu’il est, il a bien failli être rasé. Le Rased rayé d’un coup de plume d’écolier. Le tout nouveau ministre de l’Éducation nationale a assuré sur France Inter* qu’à la rentrée prochaine, un millier de postes seront affectés aux écoles, notamment aux cas les plus urgents et aux Rased en particulier.

Les membres du collectif Rased 62 restent pourtant vigilants.

Qui n’a pas connu à l’école un élève hors circuit ? Face au môme qui sort des rails, les parents sont souvent désemparés et les enseignants, démunis. Il faut parfois poser un regard spécialisé sur la situation et le Rased – réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté – a cette connaissance particulière. C’est un dispositif qui existe au sein même de l’Éducation nationale, au sein même de l’école. Constitué d’instituteurs spécialisés et d’un psychologue scolaire, il travaille en partenariat étroit avec l’enfant, la famille, l’école et les partenaires extérieurs. Les résultats sont troublants. Il suffit de voir le documentaire de Pierre de Nicola (Production FNAREN), « Un parmi les autres » pour s’en convaincre. Le film, suivi d’un débat, a été projeté aux excellents cinémas Les Étoiles de Bruay-la-Buissière etCinémovida d’Arras. Il raconte comment, par le jeu, un à un, des enfants sortent de l’échec en quelques semaines, en quelques mois. L’investissement semble lourd au départ mais quel bénéfice à terme ! Quelle économie quand, en fin de compte, le jeune réussit sa scolarité et n’est pas désabusé par le système ! « Neurologiquement, 99 % des enfants sont bâtis pour faire polytechnique, explique Alain Bouregba, maître de conférence/psychologie Paris V et psychanalyste. Il n’y a pas de déficience innée… ». La difficulté scolaire vient parfois du système éducatif lui-même qui oblige l’élève à la performance. Il est évalué sans cesse. L’école a oublié que l’enfant devait jouer. « À travers le jeu, l’enfant à a dépasser ses propres difficultés, analyse Jean-Pierre Klein, psychiatre honoraire des hôpitaux, docteur en psychologie. Le jeu est aussi un apprentissage. Il permet parfois d’acquérir des choses qu’on ne peut pas acquérir en direct… » Rien à voir donc avec le soutien scolaire, ni les heures passées… à travailler plus. Avec le Rased, on apprend souvent en jouant, mine de rien.


Un enjeu démocratique fort

L’origine philosophique du Rased remonte à l’après-guerre, quand le Conseil National de la Résistance a demandé de tracer des pistes éducatives pour la population française. Il avait proposé que des psychologues s’intéressent aux difficultés des enfants. Il souhaitait qu’au cœur de l’école-même, il y ait un recours. Il est vrai qu’aider les jeunes en déshérence est un enjeu démocratique très fort ; on sait que les ignorants sont facilement manipulables… Pour reprendre les mots de Nelson Mandela, « l'éducation est l'arme la plus puissante pour changer le monde ».
Les membres du collectif Rased 62 affirment que leur dispositif est parfois la seule solution aux difficultés d’un enfant. Quand un instituteur demande de l’aide, le réseau tente à chaque fois de poser trois regards sur la même réalité, entre soin et éducation : le psychologue scolaire vérifie s’il y a ou pas une pathologie ou une altération familiale. Le maître G à dominance rééducative, part des difficultés de l’enfant et tente de libérer les blocages. Le maître E à dominance pédagogique apprend à apprendre. Pour chaque problème : réflexion, cogitation, questions… Qui est le mieux placé pour intervenir ? Mais surtout – et hélas – y a-t-il des cas plus urgents ? Car le démantèlement des Rased oblige à des choix cruels. Il faut trier les demandes souhaitables, nécessaires, ou impérieuses – quand l’enfant est ou en dépression ou en début de violence par exemple. Peut-être eut-il fallu l’aider avant. Seulement voilà, 1/3 des effectifs Rased ont disparu** ! Des milliers de postes ont été supprimés, des cursus de formation de rééducateur et des centres de formation de psychologues scolaires ont disparu, les réseaux bien établis ont été déconstruits,
les professionnels qui collaboraient ont été désunis… Le Rased devient peu à peu invisible. Conséquences : les enseignants ne pensent même plus à faire appel au dispositif, les rééducateurs et psychologues sont alarmés ; les jeunes futurs professionnels sont découragés et les enfants… de plus en plus en danger. En échec, ils pourront s’enfoncer dans la violence ou dans l’exclusion, d’autant plus profondément que les effectifs par classe ont augmenté, que la formation des maîtres s’est dégradée, que les postes de remplacements ont diminué et que la scolarisation des 2 ans a été abandonnée. Accroître le fossé entre les élèves qui réussissent et ceux qui décrochent, c’est aller vers une société divisée et agressive ; donc menaçante. Personne ne le souhaite.

 

* Le 17 mai 2012


** Selon le Collectif Rased 62, dans le Pas-de-Calais, il y avait encore 120 postes G en 2008, il n’en restera moins de 40 à la rentrée 2012, et aucun départ d’enseignant en formation E et G cette année, aucun en G depuis 3 ans (cette formation n’est plus attractive car l’avenir est incertain).
Pour la rentrée 2012, on annonce 2500 suppressions de postes d’enseignants spécialisés, de quoi désorganiser définitivement les RASED et conduire à très court terme à leur extinction.
Carte scolaire rentrée 2012 au 24/02/2012 : estimation sur 65 départements : suppressions de postes G : 486 ; suppressions de postes E : suppression de postes psy : 16 ; suppression de postes d’autres enseignants spécialisés RASED : 152. D'où estimation : 2507 sur l’ensemble du territoire.

 

(Source :  echo62.com  Merci à Marie-Pierre Griffon pour nous avoir reçus)

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