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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 15:14

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Raciste, irréaliste, esclavagiste : 5 raisons de jeter Barbie à la poubelle

Les Monster High et autres jouets plus rock’n’ roll l’ont ringardisée : la poupée mannequin de Mattel est en recul. Et particulièrement aux Etats-Unis, où elle est née.

Les jours de Barbie sont-ils comptés ? Alors qu’il y a dix ans, les ventes de la poupée blonde représentaient 30% du chiffre d’affaires de Mattel, elles ne comptent désormais que pour 20%.

Aux Etats-Unis, la situation est encore plus préoccupante pour la marque : les ventes locales ont ainsi chuté de 50% depuis 2000. Ringardisée par les Monster High, beaucoup plus rock’n’roll et moins uniformisées, Barbie est-elle en passe de devenir un objet de collection, car trop superficielle, irréaliste et raciste ?

Si vous en cherchiez, voici cinq raisons de jeter définitivement Barbie à la poubelle !


Barbie est inégalitaire

Savez-vous qu’une Barbie ingénieure en informatique coûte environ 10 euros plus cher qu’une Barbie fée ou gardienne de zoo ? En cause, le « Barbie Oaradox », énoncé par le très sérieux économiste Matthew J. Notowidigdo :

« Les gens aux revenus élevés dépenseront davantage pour une Barbie. En partant de ce constat, les distributeurs, de leur côté, baseront le prix des Barbie sur le revenu des clients. Les Barbie les plus chères sont en général celles qui occupent un poste avec des revenus élevés : docteur, ingénieure en informatique [...].

Dans mes yeux de néophyte, Barbie docteur et Barbie magicienne étaient les mêmes. La seule chose, c’est que vous payez un bonus de dix euros pour éviter que votre enfant aspire à une carrière dans la magie. »

Quant à ceux qui n’ont pas les moyens de se payer une Barbie docteur, ils se contenteront de la Barbie fée. Anodin ? Pas vraiment, quand on connaît la valeur d’exemple que peuvent constituer les jouets. Une étude menée en 2010 a en effet prouvé que les Barbie avaient une influence sur les futures aspirations professionnelles.

La psychologue en charge de l’étude a ainsi présenté des Barbie astronaute ou pompier aux jeunes filles. Alors que ces dernières ne se projetaient pas auparavant dans ces métiers jugés masculins, la poupée en uniforme a permis de lever les freins qui bloquaient la plupart d’entre elles.

Barbie est irréaliste

Une infographie mettant en valeur les proportions irréalistes de Barbie a fait le tour du Web ces derniers jours. On y apprend que :

son cou trop fin lui empêcherait de tenir sa tête ;

sa taille trop étroite ne permettrait pas de loger tous ses organes ;

ses jambes sont 50% plus longues que ses bras (contre 20% pour une femme normale) et trop fines ;

ses poignets trop frêles ne lui permettraient pas de soulever quoi que ce soit ;

ses pieds, trop petits, la forceraient à marcher à quatre pattes.

Cette infographie fait partie d’un rapport sur les troubles alimentaires, dans lequel on apprend que 42% des filles de 6 ans à 10 ans interrogées souhaiteraient être plus minces.

L’artiste Eddi Aguirre a, quant à lui, choisi de montrer Barbie comme on ne l’a jamais vue : sans maquillage, cernée, boutonneuse et avec un appareil dentaire.

« Je travaillais pour un magazine sur un sujet “ avant/après maquillage ”. J’ai décidé de la représenter car c’est une référence dans la perception de la beauté, elle est très importante »,  Explique-t-il au site news.au

Barbie est complice des pédophiles

Video Girl, la Barbie équipée d’une caméra vidéo cachée dans son collier, a fait frémir le FBI en 2010. Une note a ainsi circulé afin d’avertir les enquêteurs : la Barbie Video Girl pouvait être utilisée pour « la production et le recel de pornographie infantile ».

Selon le site TechEye, « Barbie et les autres poupées sont un outil de prédilection pour les prédateurs sexuels afin d’attirer leurs victimes ».

Barbie est esclavagiste

En décembre dernier, le site Basta a mis en lumière les conditions de travail désastreuses des ouvriers chinois fabriquant la célèbre poupée blonde. Exposition à des produits toxiques, heures supplémentaires excessives, salaires misérables, dortoirs surchargés...

Ce qui n’empêche pas le magazine américain Fortune de classer Mattel parmi l’une des « 100 meilleures entreprises dans lesquelles travailler ». L’UFC-Que Choisir, de son côté, a interrogé les dix principaux industriels du jouet et a demandé à visiter leurs usines au premier semestre 2012 :

« Seuls Hasbro et Playmobil ont accepté. Mattel n’a pas donné suite. En termes de transparence, le fabricant américain régresse. Pendant plusieurs années, en effet, il a laissé l’association Icca (International Center for Corporate Accountability) auditer les chaînes de fabrication de ses jouets, avec à la clé la publication de rapports critiques.

La réponse traditionnelle de Mattel était de nier les entorses à la loi et à l’éthique ou de les réduire à des dérapages isolés. Le rapport des inspecteurs infiltrés montre qu’elles constituent plutôt un système. »

Barbie est raciste

L’affaire a fait grand bruit récemment : une photo d’une Barbie noire, aux cheveux lisses blonds platine, au décolleté plongeant et aux sacs Vuitton, a fait le tour du Net. Les internautes, choqués par cette vision caricaturale de la femme noire, ont réagi vivement.

Devant le tollé suscité par ce cliché, Mattel a dû s’expliquer : « Ces poupées ne sont pas fabriquées ni vendues par Mattel, ce ne sont pas des Barbie », assure-t-on chez le fabricant de jouets.

Pourtant, Mattel s’était déjà essayée aux poupées noires récemment, avec plus ou moins de réalisme : « Longs cheveux, des cuisses fines comme des bâtonnets, les traits du visage à peine différents de leurs homologues blanches (à l’exception du fait qu’ils sont peints en brun) », assure une journaliste du Guardian.

En avril dernier, une mère de famille américaine avait lancé une pétition à ce sujet pour se plaindre de l’invisibilité des poupées noires :

« La Barbie blanche est tellement mise en évidence sur les tasses, les serviettes, les assiettes, les invitations... Ça relègue les Barbie ethniques à la quasi-invisibilité. Ça envoie un message inquiétant aux jeunes filles. »

Pourtant, quand Mattel s’attaque à la diversité, ce n’est pas toujours avec beaucoup de finesse. Il y a quelques jours, la marque a de nouveau subi un bad buzz avec la Barbie mexicaine de sa collection « Dolls of the world ».

Avec sa robe colorée, son chihuahua dans les bras et son passeport rose, elle a été jugée raciste et caricaturale par les internautes. Sur Twitter, les réactions fusent :

– « @Mattel, peut être que #MexicoBarbie devrait être livrée avec un taco au lieu d’un chihuahua, juste pour être parfaitement clair » ;

– « Bien sûr #MexicanBarbie est livrée avec un passeport. Elle ne veut pas être expulsée ».

Poupée normale

Le pouvoir du Net fera-t-il plier la poupée blonde ? On peut l’espérer, si l’on se fie à la campagne menée par Greenpeace en 2011. Elle y révélait, à travers une vidéo virale, que Mattel était impliquée dans la destruction des forêts indonésiennes. Suite à ce buzz, Greenpeace a obtenu que Mattel renonce à la déforestation :

« L’entreprise a en effet reconnu qu’elle ne pouvait se permettre de laisser des produits issus de la déforestation prendre place dans sa chaîne de production, et que l’emballage des jouets ne doit pas se faire au détriment des forêts tropicales et de leurs écosystèmes. »

Si malgré tout, Barbie continue toujours à vous insupporter, il existe désormais des alternatives. A Noël dernier, un fabricant de jouets anglais, Arklu, a décidé de répliquer en lançant Lottie, une Barbie « normale » : sans seins ni maquillage, développée d’après le corps d’un enfant de 9 ans et habillée de vêtements qui lui permettent des activités en extérieur.

Sa devise : « Sois audacieuse, sois courageuse, sois toi ». Après le président normal, voici venu le temps de la Barbie normale ?

(source : rue 89)

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 15:05

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Dans les villes principales des Etats-Unis d'Amérique, l'un des pays les plus prospères du monde entier, des milliers de personnes sans logement vivent dans des tunnels en dessous des rues.

17 Avril 2013 - Ainsi, en dessous de Kansas City, la police a découvert des tunnels profonds où vivaient dans des tentes un groupe de personnes sans toit.

Les autorités ont dit que ces personnes vivaient dans la misère, entourées de montagnes d’ordures et de couches sales.

On ne sait pas qui sont exactement ces personnes sans logement ni comment elles ont creusé des tunnels aussi profonds.

C’est loin d’être la seule information sur ce type d’habitation. En 2010, il a été donné de connaître l’histoire de quelques mille personnes qui vivaient dans 321 km de tunnels en dessous des rues de Las Vegas. Elles meublaient leurs petites habitations comme elles pouvaient. Certaines avaient des lits, des armoires et jusqu’à de petites bibliothèques composées de livres abandonnés.

" Ce sont des personnes normales de tous les âges qui ont perdu leur chemin, en général après un évènement traumatique", a raconté Mateo O’Brien, journaliste, qui a trouvé "les gens du tunnel" alors qu’il enquêtait sur un assassinat. Il a fondé une association pour les aider et a même écrit un livre sur la question.

Selon le journaliste, il y a parmi eux beaucoup d’anciens de la guerre "qui souffrent de stress post-traumatique". En outre, O’Brien a trouvé des preuves (jouets et ours en peluche) que des enfants vivaient aussi dans les tunnels.

Pour leur part, les autorités de New York sont constamment en train d’essayer d’expulser les personnes qui vivent dans des tunnels sous la ville, connues comme "les taupes"...Mais leurs tentatives pour les trouver tous ont jusqu’à présent échoué.

En plus des milliers de vagabonds qui vivent dans les tunnels il y a beaucoup de gens dont les foyers sont des tentes. C’est les cas de 80% des indigents de la ville de Lakewood, dans le New Jersey, qui ont monté un campement qui comprend des poules, une église et un piano.

Au début de ce mois d’avril les habitants du campement sont parvenus à un accord avec les autorités sur les détails d’un plan pour évacuer la zone "après que les résidents aient trouvé un logement".

(source : danactu-resistance)

 

 

 


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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 17:28

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LOL...ben....j' suis nomade...et artiste...et métisse....ananar...et baronne...
j'te carbone...dans le noir...
J'ai l'espoir....viscéral....c'est banal....pas bancal !!

....juste une femme... et son âme....
...pas de trace....ni d'ancêtre... le droit d'être.... une FRANCAISE.....quel malaise....!!?

.Territoire....de l'espoir....en arrêt Maladie....DEMOCRATIE....

...comme une tornade..... un oiseau....pas de frontière....rien qu'une Terre !!!!

rien qu'un royaume....qu'on empoisonne....
rien qu'un royaume....qu'on empoisonne.
voilà...je ne suis rien....je suis Terrien.....
comprends ma peine ....toi la Terrienne.....

...Alors j'me ballade....de rade en rade.....de terre en terre.... pas de mystère....
j'ai des ailes ...trop fidèle........ rien qu'un royaume....qu'on empoisonne.:

Dédicace à Sète....et aux Sétois
..à la rue de Lappe...
salut tous les marins !!!

Spécial Kiss à toutes les miss de la rue d'Amsterdam.
...à St Lazare, à globe trottoir...

Kiss au 93... Stains, Villetaneuse, Montfermeil ,
à Ma coiffeuse de Saint Denis....
et l’étoile de la porte Clichy...

92 j'ai le blues ...
Pensée pour ma copine, tombée dans la déprime ...
Djami tu sais j't'aime ...accroches toi ma Sirène !!!

Mention spéciale à Brest, Guingamp, Veules les roses ,
et toute la côte d'opale…et au grès rose
courage pour tous les .agriculteurs....
et vive la COOPé du cœur..!!!

J' Dédicace bien sur des étoiles
l'Algérie, le Maroc, la Tunisie,
le Mali...le Kenya..

KISS et respect à tous Les Massaï, tous les Pygmées qui se marrent,
ainsi qu'à MON tonton Mongol, PEACE pour le Tibet...
Pour Le Liban, le Pakistan, le Turkistan,
et pour l'Irak, l' Iran , La Chine...et même Interpole...

KIKOU les Corses, les Pyrénées,
H 2 O l'Auvergne avec Fico ,
Argenteuil, Renima ...95 dans mon cœur
++, 60 L’Oise....kiss à MISTER BIBICHE....et carré d'as !!!

Kiss à tous les français, qui savent rester Français,
Rester antiracistes, Libéraux pacifistes ,
même si je me sens cernée....d' baby-boomers âgés.... je reste en dédicaces....
vive les NULS ....(C+)
... ! ...

Dédicace aux enfants et à tous leurs parents....et à toute la famille....de mes compatriotes à mwa !!!

some-girls-and-boys.JPG

 

Il y a bien des épines,
sur moi, cœur d'aubépine...
et vos milles pétales déposent
un peu de cette essence rose,
n'existons pas en vain
cultivons les jardins ....

car même ces épines,
qui blessent tous ceux qui jardinent
sont une parure à cette fleur de NOUS
et un peu l’âme de nos douceurs

un peu de ton cœur ...
un peu de son cœur aussi...
un peu de mon cœur,
et même si tu as encore peur..

c'est le miel de tous nos espoirs
qui dans la douceur dérisoire
se libère du fardeau ....chaque .....soir.... >3

Alertez-les-bebes.JPG 

ET, si t ' es blanc, dis-toi que c'est par hasard....
C’est comme l’enfant qui pleure souvent, tout ça
parce qu' il est noir La république c’est comme une FOI.....un TRESOR.... c'est un espoir ET tous les peuples ont les mêmes droits ...... !!!!!!!!!!!

Honte aux racistes
Voyez ...de toutes couleurs....
Rassurez-vous car il existe,
aujourd’hui et à cette heure
un beau pays, qui se relève
et qui retrouve sa grandeur
donnant l'espoir
l'esprit unique
et tout couleurs
De la paix au fond des cœurs......ça ira !!!
PEACEFULL REVOLUTION BB

Et le racisme peu à peu s'éteindra....
"Moi, la seule race qui m'indispose...c'est les CONS ...!!!.
MAiS là, c'est difficile à les repérer...MDR


 

Un lieu sur mesure pour chacun de Nous...
Si de là-haut, ils nous accompagnent et nous protègent
Sans tous ces mots qu'ils ne pensent plus, Oh le sacré privilège !!
Nous écoutent-ils et nous voient-ils, visitent-ils nos rêves?
Combien de fois ai-je pensé à vous tous qui le savez....

Mais tout là-haut, sur vos DODOS, vous qui vous reposez
En paix vos âmes bercent la mienne, et je le ressens, sereine,
Ce souffle chaud des énergies qui se rassemblent parfois...
Je ne sais rien, je me morfonds, mais toi je ne t'oublie pas....

-------------Ce que j'ai appris grâce à toi,
-------------C' est le sens de toute les vies.
-------------Ce que je vis à travers toi,
-------------C’est une histoire dAmour....à dormir debout !!!
-------------Ce que j'ai compris une nuit,
-------------C’est que tu resteras là,
-------------Je suis debout, à travers tout.... (HuGO )
-------------------....comme l’histoire de milliards de fous ....Qui te tenait si chaud !!!

Je vois le toit de la planète, qui nous fait des p'tits clins d'œil
Quand les nuages stoppent et s'arrêtent juste au-dessus de ma gueule
C est clair qu'il va falloir parler et rendre hommage à vos mémoires
Combien de fois ai-je pensé à toujours éviter ....de vouloir y croire....

Mais ici-bas, sur nos matelas, nous sommes devenus insomniaques...
La guerre avance, vide les cœurs et bien souvent, nous arnaque.
Les vents tempêtent et dispersent, ceux qui malgré tout se ressemblent,
Je ne sais rien, je me morfonds, mais je n’oublie jamais comme je tremble.....

Tout est possible, rien d'impossible...Oui, si ce n'est ce néant !!
Ceux qui se battent.... dans l'écarlate et violente mer de sang,
On a pensé, encore pensé, fort simplement ...à s'Unir
Je sais qu'un soir , on a osé, carrément même se le dire....

En paix ton amé, berce mon amé, et je ressens cette ardeur
Combien de fois ai-je pensé, cette force est au creux des cœurs ....


-------------Ce que j'ai appris grâce à vous,
-------------C’est le sens de ma solitude
-------------Ce que je vis à travers vous,
-------------C’est une histoire de multitude !!!
-------------Ce que j'ai compris une nuit,
-------------C’est que tu resteras là,
-------------Je suis debout, à travers tout....
-------------------....comme l’histoire de milliards de fous ....Qui te tenait si chaud !!!
-------------Ce que j'ai compris grâce à vous,
-------------C est que nous resterons là,
Je suis debout, à travers Tout.... ....comme l’histoire de milliards de fous .....


En paix ton amé, berce son amé, et je ressens cette infinie douceur
Combien de fois as-tu pensé, au creux des cœurs ....en vérité ??

a-fleur-de-peau.jpg

 

Sans patience ...
Blasée...Fatiguée...
Marre des histoires qui n'sont que des farces,
j'ai perdu ma patience
Et puis aussi,
j'ai mes préférences....

N'importe qui ne peut pas
Avoir un parcours près du mien
Car je ne changerai pas ma vie
Tu ne me feras pas changer d'avis....tu sais,

Je serai comme çà TOUS les jours
Trop de méfiance, j'suis sans détour
J'suis pas du genre à vouloir me CASER
Plutôt de celles qui rêvent de se casser....

Dès que mon Homme fait un pas de côté
Je redeviens feu d'artifices
Parce que le Monde n'appartient qu'aux Hommes,
et ENCORE aujourd’hui,
Je serai sans pitié...Ça c'est dit !!!

Et quand on me ment sans aucun respect
Parce que toute la Volonté de l'homme,
c'est son petit "CADEAU"....a lui !!
QUAND Je décide de rester "seule"
pour ne plus encore résister,
Je peux "taper" dans le gros tas,
y'a toujours un p'tit "lot" ....pour mwa !!

Plutôt de celles qui vous regardent passer...en sifflant...
Et qui vous considèrent comme des PO-TI-CHES
Parce que le Monde devra bien vous revenir,
et que c'est de pire en pire ...

Avec TOI, raciste imbécile...je serai sans pitié....Ca ,c'est Fait !!

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 19:04

      

Dix-huit décès impliquant des policiers ont été recensés en 2012. Deux fois plus qu’il y a dix ans. Et un scénario souvent similaire : peu d’égards pour les familles des victimes, des procédures judiciaires qui s’éternisent, une difficile transparence sur les circonstances de la mort et le rôle des policiers… Est-ce dû au profil type des trépassés ? Au poids de la corporation policière et à sa difficulté à reconnaître une éventuelle faute ? Alors que trois non-lieux viennent d’être confirmés pour des opérations de police ayant entraîné la mort, Basta ! a enquêté sur les raisons de cette tradition française.

« Je suis très fier de la justice française. » L’enthousiasme de Jean-Pierre Mignard, avocat des familles de Zyed Benna et Bouna Traoré, fait le tour des médias ce 31 octobre 2012. La cour de cassation de Paris vient d’annuler le non-lieu en faveur des policiers impliqués dans la mort de ces deux adolescents de Clichy-sous-Bois, un soir d’octobre 2005. Après sept ans de procédure ponctuée de non-lieux et de reports, la tenue d’un procès va pouvoir avoir lieu. S’en exalter, c’est dire le caractère apparemment exceptionnel de cette décision. Comme si « les gens à Clichy devaient comprendre que c’est classe de la part de la justice, et après fermer leur gueule. On dira merci à la fin, quand il y aura le procès et qu’ils seront condamnés. Alors que c’est complètement normal », tance Noredine Iznasni, co-fondateur du Mouvement immigration banlieue (MIB). Mais derrière cette « décision historique », les classements sans suite, les procédures à rallonge, les acquittements, et les peines avec sursis sont légion.

Ne serait-ce que sur les six derniers mois, quatre plaintes mettant en cause des forces policières ont été déboutées : non-lieu en février dernier pour la mort d’Ali Ziri, ce retraité décédé à la suite d’une suffocation après son interpellation à Argenteuil. Non-lieu en décembre pour Mohamed Boukourou, victime d’un arrêt respiratoire dans un fourgon de police après avoir pris des coups. Non-lieu encore, en octobre 2012, pour Mahamadou Marega, décédé après avoir été la cible d’un tir de Taser à Colombes. Enfin, non-lieu en septembre dernier avec Abou Bakari Tandia, tombé dans le coma pendant sa garde à vue, fin 2004, à Courbevoie. Trois de ces ordonnances de non-lieu viennent d’être confirméespar la cour d’appel de Versailles. Ces drames allongent la liste interminable des violences policières fatales reléguées dans les oubliettes des prétoires. De quoi atténuer la ferveur de l’avocat Jean-Pierre Mignard.

10 à 15 morts par an suite à des opérations de police

Dix à quinze décès par an. C’est la moyenne nécrologique de la répression policière qu’avance l’historien Maurice Rajsfus et son Observatoire des libertés publiques : Que fait la police ? . Elle s’étire sur plus de cinquante ans. Six à huit décès entre 1977 et 1997. Une dizaine de 1997 à 2001. Au début du 21ème siècle, la macabre moyenne atteint les douze cercueils par an. Désormais, on compterait un mort tous les vingt jours selon la comptabilité du Collectif « Vies volées ». Ce qui élève l’année 2012 au rang des plus meurtrières, avec 18 décès. En quatre décennies, entre 500 et 1 000 personnes auraient ainsi succombé, directement ou indirectement, des suites d’une opération de police. Le profil type du trépassé ? Un jeune homme des quartiers populaires, d’origine maghrébine ou d’Afrique Noire.

 

Deux constats sont sans appel : d’une part, la police tue, même si c’est involontairement. D’autre part les responsables sont rarement inquiétés. Sur un échantillon de 180 personnes décédées au cours d’une opération de police, environ un tiers des affaires sont classées sans suite, une trentaine débouchent sur un non-lieu, et une dizaine sur des relaxes. Soit plus de la moitié des affaires. Près de soixante-dix entraînent des peines avec sursis pour les auteurs des violences. On relève moins de dix condamnations à de la prison ferme .« C’est presque un lieu commun de parler d’impunité », lance Rafik Chekkat, ancien avocat et animateur du site État d’exception. Pourtant, « les policiers sont des justiciables de droit commun », rappelle la juge d’instruction et vice-présidente du Syndicat de la magistrature, Sophie Combes. En théorie… Comment se traduit cette immunité de fait ? Quel chemin suivent les procédures ?

De mort naturelle

« Aucun élément ne permet de retenir la responsabilité d’un fonctionnaire de police dans le processus ayant abouti au décès de la victime ». Ce type d’ordonnance de non-lieu revient régulièrement pour signifier l’abandon d’une action judiciaire. Il n’y a donc pas de relation de cause à effet entre la mort d’une personne et l’intervention dont il a fait l’objet. « Même lorsque les preuves sont accablantes contre les flics », se désole Omar Slaouti du collectif « Vérité et justice pour Ali Ziri ». Juin 2009, ce chibani de 69 ans succombe à la technique d’interpellation dite du « pliage » à Argenteuil. Une première expertise médicale dédouane les policiers. Mais une seconde autopsie indique « un arrêt cardio-circulatoire multifactoriel », suite à un manque d’oxygène avec plus de 27 hématomes sur son corps.

Pour Lamine Dieng mort à Paris dans un fourgon de police en juin 2007 : du vomi dans tout le système respiratoire, et un hématome de 5 cm au sommet du crâne occasionnant gonflement et écoulement du cerveau, explique sa sœur Ramatta Dieng. « Personne n’aurait pu survivre au traitement qu’il lui a été infligé ». Motif du décès : asphyxie due à « l’appui de la face contre le sol ». Les policiers sont placés en qualité de témoins assistés, ce qui n’est pas vraiment une mise en examen.

Armes non létales

En cause : la technique « d’asphyxie posturale », une technique d’immobilisation largement dénoncée depuis dix ans par Amnesty International ou la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) et interdite dans plusieurs pays. En France, elle serait à l’origine de plusieurs fins de vie prématurées, tel Abdelhakim Ajimi en 2008, qui s’est éteint devant dix témoins et dont le sursis des responsables vient d’être confirmé.

 

Idem pour les armes dites non-létales. Mahamadou Marega en décembre 2010 est retrouvé inanimé dans un ascenseur d’immeuble à Colombes suite à une intervention policière. Il a été aspergé de gaz lacrymogène et électrocuté de 17 coups de Taser, un pistolet à impulsion électrique. Son cœur est gonflé de sang. Mostefa Ziani expire à Marseille d’une crise cardiaque suite à un tir de flash-ball. La CNDS ou son successeur, le Défenseur des droits, attestentd’« usage abusif » de ces armes, « d’immobilisation peu académique », ou encore de « traitement inhumain et dégradant » de la part des agents publics. De leur côté, magistrats et Inspection générale des services (IGS) concluent généralement à une « mort naturelle » liée au stress de l’interpellation ou à l’état de santé.

« Si ce ne sont pas les policiers, qui l’a tué ? »

« Le non-lieu, ça veut dire qu’il s’est tué tout seul. Si ce ne sont pas les policiers, qui l’a tué ? C’est qui ? », s’énerve Touré Ismail, l’oncle de Mahamadou Marega. Un non-lieu n’est pas un acquittement mais une décision qui clôt l’instruction, prise lorsque les preuves n’apparaissent pas suffisantes à l’encontre de la personne mise en cause. Dans plusieurs décès, des suites d’une opération de police, l’état de santé de la victime est jugé responsable de la mort : « malformation cardiaque » voire maladie génétique. Comme pour Abdel El-Jabri, décédé à Aulnay en janvier 2012 après un contrôle d’identité. Selon le Parquet, le décès est dû à « une rupture de l’aorte, déjà fragile, liée à une maladie génétique », malgré le massage cardiaque effectué par un policier. « A croire que lorsqu’on est immigré, on a tous un problème de valve cardiaque. C’est complètement délirant », ironise Omar Slaouti.

Abou Bakari Tandia aussi serait mort en se frappant la tête contre les murs d’un commissariat de Courbevoie en 2004. Avant que les rapports médicaux, bizarrement disparus, réapparaissent cinq ans plus tard et évoquent une asphyxie posturale. Puis qu’un policier avoue s’être essayé à la clef d’étranglement… La caméra de surveillance de sa cellule aurait été hors service suite à un arrachage de fils. Son avocat Yassine Bouzrou, qui a porté plainte pour faux témoignage, a également fait appel du non-lieu rendu.

Vaine volonté de transparence

Matériel technique qui fait défaut, « zones d’ombres », « versions contradictoires », « contre-autopsie » rythment inlassablement nombre de procédures. Certaines affaires se suivent et se ressemblent. « A la limite si on nous faisait la démonstration que ce ne sont pas des meurtres… mais qu’il y ait une volonté de transparence sur les choses », soupire Omar Slaouti. Ce sentiment est alimenté par la difficulté pour les proches de disposer d’informations claires sur les circonstances de la mort. Les familles sont parfois prévenues bien après le dernier souffle. Dix heures après pour Tina Sebaa et Raouf Taïtaï, tués à bord d’une voiture volée lors d’une poursuite avec la brigade anti-criminalité (BAC), à Saint-Fons, dans la banlieue lyonnaise, en 2007. Trente-six heures pour Lamine Dieng. Quarante-huit heures après pour Ali Ziri.

Déjà en 2006 Amnesty International alertait l’opinion sur « ces policiers au-dessus des lois » : réticence à poursuivre les responsables, enquêtes partiales, lenteurs administratives… Une situation qui impose aux familles de se constituer partie civile auprès du juge d’instruction pour accéder aux éléments du dossier et consulter les examens médicaux. Durant l’enquête préliminaire, l’avocat n’a accès qu’au procès-verbal et aux auditions, et non à tout le dossier comme le revendique le Syndicat de la magistrature.

« Connue des services de police »

Durant cette phase de l’enquête, c’est souvent le profil de la victime « connue des services de police » qui est pointée. Au mieux celle-ci est alcoolique ou toxicomane. Au pire un dangereux délinquant. Ainsi, découvrait-on dans la bouche du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, Zyed et Bouna en voleurs de chantiers alors qu’ils rentraient d’un match de football. « J’ai mal car ils ont sali le nom de mon neveu, ils ont déclaré qu’il était délinquant », confie de son côté Touré Ismail, à propos de Mahamadou Marega. Celui que les médias appellent le sans-papier malien n’attendait en fait que son renouvellement de titre de séjour de dix ans.

Quant à Amine Bentounsi, décédé le 21 avril 2012 à Noisy-le Sec (Seine-Saint-Denis), il est réduit dans plusieurs médias à son statut de « caïd multirécidiviste ». Fuyant un contrôle d’identité, alors qu’il aurait dû regagner la maison d’arrêt de Châteaudun, en Eure-et-Loir, où il bénéficie d’une permission de sortie, il est abattu par un agent de la BAC, d’une balle logée dans le dos. Le jeune homme était armé mais n’a pas ouvert le feu. « On a voulu le rendre coupable à titre posthume », regrette Amal, la sœur du défunt.

Peine de mort abolie ?

La peine de mort est abolie en France. « Toute personne appréhendée ne doit subir de la part des fonctionnaires aucune violence ni traitement inhumain », stipule l’article 10 du Code de déontologie de la police nationale. Pourquoi alors charger le casier judiciaire du cadavre encore chaud ? Avoir un comportement illicite délivrerait-il un permis de tuer aux fonctionnaires assermentés ? « Les policiers ne sont-ils pas formés pour désamorcer ce genre de choses ? »s’étonne Ramatta Dieng, animatrice du site A toutes les victimes, et sœur de Lamine Dieng, décédé à Paris dans un fourgon de police.

Yassine Bouzrou avance une analyse : « Comme les magistrats se prononcent sur leur intime conviction, il est plus facile de légitimer que le policier n’a pas dérapé mais a répondu à un acte anti-flic. » La systématisation de la plainte pour « outrage et rébellion » va dans ce sens, remarque l’avocat. Autre argument récurent de la part de l’institution policière : l’interpellation s’est effectuée « dans le respect de la procédure ». Pas vraiment rassurant.

Présomption de légitime défense

La légitime défense est également invoquée. Notamment lorsque les voitures en fuite, considérées comme « armes par destination », se dirigent vers les barrages installés pour les stopper. Abdel Kader Bouziane aurait ainsi été abattu d’une balle au nom de ce principe. Et tant pis si l’accidentologue révèle une vitesse de 36 km/h : non-lieu pour le fonctionnaire. Le commissaire honoraire Georges Moréas reconnaît sur son blog que la jurisprudence fait jouer depuis longtemps la « présomption de légitime défense » en faveur des policiers.

La mise en examen pour homicide volontaire du policier qui a tiré sur Amine Bentounsi provoque la fronde de ses collègues – nous sommes la veille du premier tour de l’élection présidentielle. Ils réclament l’instauration de la fameuse présomption . « Un policier mis en examen doit pouvoir continuer à travailler, peut-être dans un autre service, et toucher la totalité de son salaire, sinon c’est antinomique avec la présomption d’innocence », expliquait alors Nicolas Comte, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police. « Si on laisse passer une balle dans le dos, c’est qu’il n’y pas de justice en France », répond Amal, la sœur d’Amine Bentounsi. Vivement engagée pour la reconnaissance du meurtre de son frère, elle subit depuis des pressions. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls a porté plainte contre elle pour « diffamation envers une administration », à cause de son site urgence-notre-police-assassine. « Tous les policiers ne sont pas à mettre dans le même sac, mais il existe une grosse pression des syndicats de police qui sont très puissants. C’est presque un lobby », estime-t-elle.

Omerta ?

Dans ces affaires, ce sont des policiers qui enquêtent sur des policiers. « La police joue à domicile, la justice est l’annexe du commissariat », critique l’ancien avocat Rafik Chekkat. Que ce soient l’IGS, l’IGPN ou la police judiciaire, tous font partie intégrante de la même maison. Une certaine omerta s’y illustre par la réticence de plusieurs agents à dresser des procès-verbaux dénonçant leurs collègues, pour ne pas passer pour un « traître » ou une « balance ». Des recommandations du Défenseur des droits ont même été rejetées par le ministère de l’Intérieur, toute sanction disciplinaire devant venir après une éventuelle sanction pénale. Ce qui peut durer longtemps.

Pourtant, quand on veut sanctionner une mortelle incompétence ou une tragique faute, on peut. Une demi-douzaine de policiers ont été condamnés pour homicide à de la prison ferme. A chaque fois, l’acte mortel est solitaire, s’exécute par balle et l’intentionnalité est peu contestable. Jean Carvalho – condamné à 12 ans pour le meurtre de Fabrice Fernandez, dans un commissariat de Lyon –, Alain Marty – 10 ans pour avoir tué un SDF de quatre balles en 1998 à Tarbes – et Pascal Compain – 8 ans pour une balle dans la tempe de Makomé M’Bowolé dans un commissariat parisien – demeurent les trois policiers le plus lourdement condamnés. Caractéristique ? Ils ont été lâchés par leurs collègues, leur hiérarchie ou la Place Vendôme. Présentés comme « médiocre », « caractériel », « désinvolte et dilettante », « déprimé » ou « impulsif ». Soit comme des fonctionnaires non représentatifs de la corporation. Comme un aveu de cette influence, Manuel Valls a promis que « personne ne sera protégé » à propos du policier qui a tué hors-service Yassin Aïbeche à Marseille devant une épicerie, mi-février.

Justice à plusieurs vitesses

Environ 600 fonctionnaires de police sont décédés pendant leur service depuis 1971. Dont les deux tiers lors d’accidents de service, selon le décompte du blogVictime du devoir. Environ 200 agents ont été tués lors d’opérations de police proprement dites (fusillade, interpellation, contrôle, prise d’otages...). Et la plupart des coupables dorment désormais entre quatre murs. Le meurtre d’une personne dépositaire de l’autorité publique est passible de la réclusion criminelle à perpétuité, contre 30 ans pour tout autre personne.

 

D’un côté, la fermeté et la rapidité sont la règle, et c’est normal. De l’autre, le classement sans suite, le non-lieu ou la peine avec sursis semblent banalisés. Pourquoi cette différence ? Mantes-la-Jolie en 1991. Saïd Lhadj tue de manière accidentelle la policière Marie-Christine Baillet : dix ans de prison ferme [8]. Ce même soir de juin, au Val-Fourré, Youssef Khaïf, est tué d’une balle dans la nuque par l’arme de service de Pascal Hiblot. Dix ans après, le policier est acquitté. Toulouse en 1998 : Henri Blois tue Habib d’une balle dans le dos. Verdict en correctionnel : trois ans de sursis. Jérôme Chaboub blesse un policier dans les révoltes qui font suite à la mort du jeune toulousain : douze ans derrière les barreaux pour tentative d’homicide. Villiers-le-Bel en 2007 : les frères Kamara purgent douze et quinze ans de prison. Ils sont condamnés, sur la foi de témoignages sous X et sans preuves irréfutables, pour avoir tiré sur des policiers lors d’affrontements suscités par le décès de Larami et Moushin, tués lors de la collision de leur moto avec un véhicule de police. Leurs familles attendent encore qu’un procès fasse la lumière sur les circonstances de leur mort.

Vers des commissions d’enquête autonomes ?

Comment en finir avec ce qui ressemble à une certaine impunité ? L’avocat Yassine Bouzrou suggère que les membres de l’IGS, chargés d’enquêter sur leurs collègues en cas de délit ou de faute, ne soient pas des policiers intégrables aux services classiques, afin de leur éviter des représailles. Au Syndicat de la magistrature, Sophie Combes propose de placer la PJ sous l’autorité d’une instance judiciaire à qui on ne pourrait reprocher aucun lien d’empathie avec la corporation. C’est ce que souhaite également le collectif Vies volées en lançant une pétition pour la création d’une commission d’enquête autonome et indépendante. Objectif : 10 000 signatures à déposer au ministère de Justice. Afin qu’avocats et magistrats indépendants puissent juger les crimes policiers « sans parti pris ».

« Le jour où ils seront condamnés normalement, certains policiers réfléchiront avant de faire ce genre d’actes », espère Noredine Iznasni. Quitte à étudier d’autres formes d’incarcération pour les policiers jugés coupables d’homicides.« C’est irresponsable de confier tant de pouvoir à des individus sans qu’il y ait de contrôle derrière, c’est normal qu’il y ait des dérives », ajoute Ramatta Dieng. Pour que demain, plus personne ne meure, en France, sans autre forme de procès. Et que méfiance et suspicion ne planent plus sur les procédures judiciaires impliquant des policiers.

 (Source : bastamag.net)

      


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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 16:19

 

Cinq ans après le scandale de la mélamine, la Chine peine toujours à instaurer un contrôle rigoureux des produits alimentaires.

 

Cinq ans après l’affaire de la mélamine, les scandales alimentaires se répètent en Chine. Un haut responsable d’une société partenaire du groupe suisse Hero a ainsi été arrêté pour avoir frelaté du lait pour bébés, ont annoncé des responsables jeudi 28 mars. Près de 25 tonnes de poudre ont été saisies dans les entrepôts de Xile Lier, son entreprise installée à Suzhou, dans l’est de la Chine.

D’après la chaîne de télévision nationale chinoise CCTV, qui a révélé l’affaire, la société avait mélangé du lait en poudre importé avec du lait périmé, changé la date de péremption sur les boîtes et fait passer du lait pour des enfants plus âgés pour du lait destiné à des nourrissons, qui est plus onéreux.

La question du lait pour bébés est particulièrement sensible en Chine depuis l’affaire de la mélamine en 2008, une substance utilisée à la place de protéines dans le lait qui avait provoqué la mort d’au moins six enfants en bas âge et des maladies chroniques chez 300’000 autres.

EXPLOSION DE LA DEMANDE DE LAIT IMPORTÉ

Les autorités de la ville de Suzhou affirment que la fabrique de lait en poudre de Xile Lier est à l’arrêt depuis novembre. Mais ses produits, vendus sous le label Hero Nutradefence, n’ont pas été retirés des rayons des magasins en Chine. Aucun responsable de la société n’avait pu être joint jeudi pour un commentaire.

Depuis le scandale de la mélamine, la demande pour le lait en poudre pour bébés importé a explosé en Chine, provoquant même une pénurie à Hong Kong qui a dû limiter la quantité de boîtes que les voyageurs sont autorisés à sortir du territoire.

Le groupe Hero, dont le siège se trouve à Lenzburg, dans le canton suisse d’Aargau, a réalisé en 2012 un chiffre d’affaires de 1,43 milliard de francs suisses (1,17 milliard d’euros). Dans un communiqué, la société a déclaré qu’elle “n’avait détecté aucun problème concernant la qualité et la sécurité de ses produits sur le marché chinois”. Le groupe “va continuer à surveiller étroitement ses sous-traitants de distribution pour s’assurer de la pureté des produits Hero vendus en Chine”, a affirmé la société.

 

Le lait frelaté est toujours au menu des Chinois

Avec 600 vaches, Zhang Liang gère la plus importante ferme laitière de Taicang, dans la province chinoise du Jiangsu. Elle appartient à son oncle et il y emploie trente personnes. Tout le lait est vendu au groupe Guangming, l’un des trois géants nationaux des produits laitiers. Sa production, assure le jeune homme, est d’une qualité bien supérieure aux standards imposés par le gouvernement. “Pour nous, dit-il, c’est très simple de les atteindre, ils sont très bas.” Quatre ans après le scandale du lait à la mélamine, qui avait éclaté le 16 juillet 2008 – le bilan allait s’élever à 294’000 enfants malades, 54’000 hospitalisés et 6 morts –, mais n’avait pas fait de bruit dans les médias locaux jusqu’à la fin des Jeux olympiques de Pékin, les standards de qualité du lait chinois laissent toujours à désirer.

Le 27 juin, le groupe Guangming a dû rappeler des packs de lait, une solution de nettoyage alcaline ayant contaminé 300 briques lors d’une opération de maintenance dans une usine. Quelques jours plus tôt, le 13 juin, le plus important producteur de Chine, Yili, avait dû rappeler six mois de production de lait en poudre pour enfants contenant un taux anormal de mercure.

L’entreprise familiale de Zhang Liang, explique celui-ci, investit dans de la nourriture de qualité pour ses vaches : du grain importé qui offre ensuite une meilleure rentabilité. Le nombre important de bovins permet également de réaliser des économies d’échelle. La ferme vend le lait à Guangming selon un prix établi par l’entreprise, sans négociation, en fonction de la qualité du lait.

COUPÉ AVEC DE L’EAU

“Les fermiers sont vulnérables, car ils n’ont aucun moyen d’influer sur le prix”, confie le jeune producteur. Ce n’est pas un problème dans sa ferme, où les profits sont stables, mais les petites exploitations agricoles “ont beaucoup de mal à tenir l’équilibre, dit-il. Elles achètent de la nourriture de qualité médiocre, leurs équipements ne sont pas très avancés, leurs employés peu formés”. Ces exploitations produisent un lait de mauvaise qualité, qui leur est acheté à bas coût et qu’elles peuvent être tentées de couper avec de l’eau pour gagner sur la quantité.

Le gouvernement pourrait placer la barre plus haut, mais “il doit aussi penser à l’ensemble des fermiers du pays”, explique Zhang Liang. C’est ce qui s’est passé en juin 2010, lorsque la Chine a redéfini les normes du nombre de cellules somatiques tolérables par millilitre de lait cru. Jusqu’alors existaient quatre niveaux de qualité, échelonnés entre 500’000 et quatre millions de cellules par millilitre. Les discussions, deux après le scandale de la mélamine, s’orientaient vers un consensus sur un nouveau standard unique, soit un maximum de 500’000 cellules bactériennes par millilitre et un minimum de 2,95 grammes de protéines pour 100 grammes de lait, rapporte, sous le sceau de l’anonymat – il n’est pas autorisé à parler à la presse étrangère –, un responsable d’association régionale d’industrie laitière qui a assisté à trois sessions de négociations.

“Cela a changé à la dernière minute”, raconte-t-il. Au final, le nouveau standard adopté fut de 2 millions de cellules somatiques par millilitre – l’Union européenne n’en tolère que 400’000 et les États-Unis 750’000 –, et de seulement 2,8 grammes de protéines. Le même responsable soupçonne l’industrie d’avoir pesé de tout son poids : “Les entreprises ne peuvent pas formuler les normes, c’est le travail du gouvernement, mais elles peuvent influencer les autorités.” Il dit avoir questionné un officiel du ministère de la santé, qui lui a répondu qu’il s’agissait du “résultat de la coordination entre les treize agences concernées”.

100’000 VACHES IMPORTÉES EN 2011

Entre le lobbying de l’industrie et l’impossibilité pour l’État de laisser les fermiers les plus faibles sur le carreau, la Chine a du mal à faire face aux exigences de qualité, alors qu’il lui faut répondre à la demande chaque jour plus forte de ses nouveaux consommateurs. En 2011, le pays a dû importer près de 100’000 vaches laitières d’Uruguay, d’Australie et de Nouvelle-Zélande.

“De ce que j’en comprends, les standards ont régressé, donc les consommateurs ont des raisons d’être en colère”, commente Zheng Fengtian, vice-président de la faculté d’économie agricole et de développement rural de l’Université du Peuple, à Pékin. “La Chine compte 200 millions de petits fermiers, il est impossible de tous les contrôler. Certains ajoutent différentes substances à leur production pour augmenter leurs revenus”, dit le Pr Zheng.

À ses yeux, la Chine doit organiser des coopératives de grande échelle afin de pouvoir mieux contrôler la production. Dans cet esprit, Yili a ouvert le mois dernier une ferme de 5000 bovins pour 220 millions de yuans (28,2 millions d’euros) et Mengniu, numéro deux du secteur, promet d’investir 3,5 milliards de yuans dans huit à douze fermes de grande taille, d’ici à 2015. Mais ces installations ne représentent pas encore la majorité de la production.

Pour Peter Ben Embarek, spécialiste de la sécurité alimentaire en Chine à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la volonté politique de changer existe chez les autorités chinoises, qui se sont lancées dans un colossal travail de révision des normes et mettent en place des cellules capables de gérer les crises.

Mais les services d’inspection pèchent toujours, notamment dans les régions plus reculées dépourvues de moyens. “Le contrôle public n’est pas fait de manière appropriée, ce qui laisse le secteur privé se développer sans encadrement”, constate-t-il. La difficulté consiste à former les inspecteurs sanitaires: “Il en faudrait entre 100’000 et 300’000, ce qui demande beaucoup de temps.” En attendant, beaucoup d’incidents détectés restent liés à des manipulations intentionnelles, observe M. Ben Embarek : “Les produits sont dilués, des conservateurs y sont ajoutés, toujours pour gagner de l’argent au détriment de la qualité. L’appât du gain est d’autant plus fort que la probabilité d’être appréhendé est faible et la connaissance des risques liés à ces fraudes limitée.”

(Source : le jura libertaire)

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 17:40

Harcèlement sexuel au travail : des salariées sanctionnées pour avoir parlé ?

Trois salariées d’une société de nettoyage, sous-traitante de la SNCF, ont décidé de porter plainte pour harcèlement sexuel et moral contre leur supérieur hiérarchique. Elles racontent être embrassées contre leur gré, subir des attouchements et des insultes. Mais depuis qu’elles ont parlé, leurs conditions de travail se sont dégradées et les vexations se poursuivent. La direction de l’entreprise demeure silencieuse, assurant qu’une enquête interne est en cours. Un éventuel procès ne se déroulera pas avant des mois...

 « Depuis qu’on a parlé, nos chefs d’équipe nous donnent les pires choses à faire : les trains les plus sales, les quais les plus éloignés. Ils nous demandent même de nettoyer les locaux du personnel, alors que cela ne fait pas partie de notre contrat. » Karima, Houria et Bahia sont salariées de la société de nettoyage H.Reinier, une filiale du groupe Onet, sous-traitant de la SNCF. Elles travaillent à la gare du Nord à Paris, où elles nettoient les wagons et l’intérieur des rames des TGV, Thalys et Eurostar. En octobre dernier, elles ont décidé de dénoncer leur chef d’équipe : elles assurent être harcelées sexuellement et subir des injures de sa part depuis plusieurs mois. Elles sont d’abord allées voir leur direction, qui ne leur a pas apporté le soutien qu’elles espéraient. « Nous sommes ressorties des entretiens en pleurant », rapportent les trois femmes, des mères de familles âgées de 44 à 56 ans.

Épaulées par l’association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), elles ont finalement déposé plainte, pour harcèlement sexuel et moral, le 12 décembre dernier. « Quand on arrive le matin, il nous embrasse dans le cou, et y laisse de la salive », « il nous serre les hanches... »« il nous montre son sexe et se frotte contre nous », égrènent les trois femmes, entre deux sanglots. Et l’ont raconté aux policiers. « C’est tellement humiliant. Il pourrait être mon fils ! », lâche Bahia. « Elles ont osé parler mais beaucoup d’autres femmes sont victimes d’attouchements dans l’entreprise », poursuit Rachid Lakhal, cariste et élu CFDT. Selon plusieurs témoins, l’accusé considèrerait de son côté que « dans le nettoyage, toutes les femmes sont des putes ».

Une direction « préoccupée » mais silencieuse

« Il a aussi enfermé une collègue dans le vestiaire pour la toucher », rapporte une salariée qui est intervenue pour l’arrêter. « Les femmes sont terrorisées », décrit Marilyn Baldeck, déléguée générale de l’AVFT, qui a passé de nombreuses heures à écouter les plaignantes, dont certaines souhaitent rester anonymes. « Certaines d’entre elles ne descendent plus au vestiaire, de peur d’y être agressées. D’autres ont renoncé à déjeuner au réfectoire, préférant être sur les quais, où elles se sentent plus en sécurité. »

Alertée par les plaignantes, puis par la presse, la direction se dit « très préoccupée » par cette affaire. Sollicitée à plusieurs reprises par Basta !, la filiale du groupe, qui porte le nom de son principal actionnaire, la famille de Louis Reinier (160ème fortune française), a refusé de s’exprimer sur le dossier. Nous renvoyant à un communiqué publié le 9 janvier 2013, dans lequel elle assure « avoir pris les mesures de prévention nécessaires à la sécurité et à l’intégrité de ses salariés ».

Mais sur les quais de la gare du Nord, les salariées qui ont dénoncé les violences sont sur le qui-vive. Et continuent de travailler sous les ordres de supérieurs qui soutiennent l’homme qu’elles accusent de harcèlement. « Si elles se sentent en danger, pourquoi ne demandent-elles pas une mutation temporaire ? », interroge Vandrille Spire, l’avocat de l’agresseur présumé. « Ce n’est pas aux victimes de bouger mais aux agresseurs », répond Nathalie Bonnet de Sud Rail.

« Un terreau parfait pour que des violences s’exercent »

Avertie par l’AVFT, la fédération a retiré son mandat au délégué syndical qui soutenait le chef d’équipe mis en cause. Ce délégué est par ailleurs accusé de racket. Plusieurs salariés racontent lui avoir versé de l’argent pour obtenir des contrats de travail. Un temps accueilli par le syndicat Force ouvrière, il en a finalement été aussi exclu. « Les violences sexuelles dans le secteur du nettoyage, c’est malheureusement très commun », constate Nathalie Bonnet, secrétaire fédérale de Sud Rail. « On a une structuration sexuée de l’emploi qui pose un vrai problème », ajoute Marilyn Baldeck de l’AVFT. « Chez H.Reinier, il n’y a que des hommes en situation d’autorité. Les pouvoirs hiérarchiques renforcent les pouvoirs de domination masculine. On a un terreau parfait pour que des violences s’exercent. »

« On ne comprend pas pourquoi la direction ne réagit pas. Leurs conditions de travail sont devenues vraiment pénibles », s’étonne Nathalie Bonnet, qui assure disposer « d’un nombre élevé de témoignages qui vont tous dans le même sens ». Les salariées sont tellement éprouvées qu’elles ont dû être placées à plusieurs reprises en arrêt de travail. « On se sent même punies d’avoir parlé », souffle Bahia. Selon l’association qui les soutient, elles subissent reproches et vexations. « L’une d’entre elles a reçu un rappel à l’ordre pour n’avoir pas porté son badge. Une autre se voit reprocher de venir travailler à 12h au lieu de 13h, alors que ses horaires sont les mêmes depuis des années... », décrit Marilyn Baldeck.

« Il est clair qu’il règne au sein des équipes de la gare du Nord une très forte tension », peut-on lire dans un rapport du Comité d’hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l’entreprise. « Ce climat ne favorise pas la libération de la parole, les auditions (menées dans le cadre de l’enquête interne, ndlr) devraient être menées loin du contexte de la gare ». Pour l’AVFT, le fait que l’enquête soit menée par l’employeur « alors même que tous les mis en cause sont toujours en poste et exercent une autorité hiérarchique sur de potentielles plaignantes lui ôte d’emblée tout crédit ».

Se taire pour être tranquille ?

« Pourquoi mon client devrait-il subir une sanction disciplinaire alors qu’il n’a rien à se reprocher ? », proteste de son côté l’avocat Vandrille Spire. « Je vous rappelle qu’il est présumé innocent. Beaucoup de salariés le soutiennent. Des courriers et pétitions en attestent. Il est très affecté par cette histoire et est d’ailleurs arrêté pour dépression depuis plus d’un mois. » « Nous ne demandons pas de sanction disciplinaire mais une simple mutation », précise Nathalie Bonnet. « Nous avons adressé un courrier en ce sens à la direction de H.Reinier, ainsi qu’à la SNCF qui, en tant que donneur d’ordre, est responsable de la santé des salariés. » Pour le moment, aucune des deux sociétés n’a répondu.

Plusieurs membres de l’entreprise évoquent par ailleurs des mises à l’écart de personnes soutenant les plaignantes. « J’ai été licencié pour faute grave, ce qui est totalement faux. La vraie raison c’est que je défendais les victimes », affirme ainsi un ancien salarié. Convoqué ce 21 mars a un entretien préalable à une éventuelle sanction, Rachid Lakhal, de la CFDT, s’attend à être licencié. « Mon patron soutient les plus forts. J’aurai dû me taire pour être tranquille et garder mon travail » , estime-t-il. Du côté de l’AVFT, on regrette par ailleurs que la confidentialité des courriers envoyés à la direction par l’association, et dans lesquels sont nommées des femmes rapportant des violences, ne soit pas garantie.

Soutien des cheminots

Refusant de changer de lieu de travail, comme le lui proposait sa direction pour la « protéger », la principale plaignante a elle aussi été convoquée à un entretien préalable à une éventuelle sanction. « Pour me rendre sur le chantier qu’ils me proposaient, j’aurai dû multiplier par deux mon temps de transport »s’indigne-t-elle. Accompagnée par une dizaine de cheminots de Sud Rail lors de cet entretien, elle en est finalement ressortie sans sanction. Au quotidien, sur la gare du Nord, la présence de ces syndicalistes aguerris rassure les plaignantes. Mais l’ambiance reste très dure. « Notre déléguée cheminote de site a été menacée par téléphone, elle a dû changer de numéro de portable, rapporte Nathalie Bonnet. Et dans la gare, un homme soutenant l’agresseur présumé lui a couru après. »

Pour justifier l’absence de mesures, ne serait-ce que préventives, pour protéger les plaignantes, la direction avance que l’enquête interne « se poursuit ». De même que l’instruction judiciaire. Mais celle-ci risque de durer des mois, si ce n’est des années. A moins que le dossier ne soit classé, comme le prévoit la défense. « Les collègues qui nous humilient vont-ils rester en place tout ce temps ? C’est impossible. C’est trop dur pour nous », confie Bahia, la voix tremblante. « C’est vrai, reprend Karima. C’est tellement injuste que quand on arrive au travail, on a l’impression de quitter la France. »

 (source : bastamag.net)

 

 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 15:14

 

Au Qatar, plusieurs centaines d’ouvriers meurent chaque année dans le secteur du bâtiment. Et la Coupe du monde de football se prépare en dehors de toute légalité.

 

Toutes les heures au Qatar, 20 nouveaux ouvriers arrivent pour construire un immense projet baptisé « Qatar 2030 » et dont l’élément phare est la Coupe du monde 2022, acquise dans des conditions troubles.

Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), ils seront un million d’ouvrier –immigrés- engagés au Qatar d’ici 2022. Pour construire un aéroport, des infrastructures hôtelières, neuf grands stades ultramodernes et… démontables, le Qatar n’en ayant plus besoin après la Coupe du monde.

Avant que ces ouvriers n’arrivent dans le pays le plus riche du monde (par habitant), on leur parle d’un salaire mensuel de 1.200 à 1.300 riyals, soit 250 à 270 euros. Dans les faits, ce sera plutôt la moitié, selon la Confédération syndicale internationale (CSI).

Au moins 300 morts par an chez les ouvriers du bâtiment

Mettre fin à « l’esclavagisme moderne » au Qatar est devenu la priorité de la CSI, confirme à Rue89 l’Australienne Sharan Burrow, secrétaire générale :

« Ces travailleurs n’ont pas de voix. Ils ne sont pas autorisés à se syndiquer, ils n’ont pas de liberté au Qatar. Nous devons mettre la pression sur le gouvernement qatari pour qu’il y ait une amélioration. »

« Plus de travailleurs vont mourir pendant la construction (des stades) que de footballeurs ne fouleront les terrains », a-t-elle affirmé au journal grec Avgi.

Les chutes d’échafaudages sont la deuxième cause de blessures graves au Qatar après les accidents de la route. Il est extrêmement compliqué de définir précisément le nombre de travailleurs blessés sur les sites en construction.

Au moins 300 ouvriers du bâtiment meurent chaque année sur leur lieu de travail, chiffre communément admis. Leur dépouille est souvent renvoyée dans leur pays d’origine dans un cercueil en bois. Ou disparaît purement et simplement.

L’analyste d’une ONG, qui souhaite rester anonyme car enquêtant actuellement au Qatar, explique à Rue89 :

« Souvent, les travailleurs se sont lourdement endettés pour arriver au Qatar. Ils voient fréquemment leurs passeports confisqués et peuvent être contraints de signer un nouveau contrat en arabe qu’il ne comprennent pas et qui revoit leur salaire à la baisse.

S’ils décident de fuir, s’ils se blessent et ne peuvent plus travailler, ils n’ont plus de moyens de subsistance. Ayant rompu leur contrat de parrainage, ils sont également susceptibles d’être jeté en prison à tout moment ».

Plus de 90% des habitants sont étrangers

Au Qatar, un seul syndicat est autorisé et les étrangers en sont exclus. Problème : le Qatar comptait environ 1.450.000 habitants en 2010 dont 90% de citoyens étrangers. Un record mondial.

Pour Nabil Ennasri, auteur de L’énigme du Qatar ces travailleurs immigrés sont victimes d’une ségrégation.

« Certains jours, les week-ends notamment, sont interdits aux immigrés dans les grands centres commerciaux, et ils vivent dans des labour camp en périphérie des grandes villes. »

Le Qatar ne s’est pas adapté à l’explosion du nombre de travailleurs

L’image que renvoient ces camps d’immigrés est un problème pour la monarchie, qui veut apparaître comme un modèle de développement dans la région.

Répondant à l’indignation de la communauté internationale, le gouvernement qatari a récemment fait construire le camp de Barwa El Baraha. Un prototype de ville nouvelle pour quelque 50.000 travailleurs immigrés.

« Mais la question législative et juridique et les conditions d’accueil et de transit des ouvriers ne bougent pas encore, alors que c’est précisément ce que demande la CSI », souligne Nabil Ennasri.

Pour notre analyste, le Qatar ne s’est pas adapté à l’explosion du besoin de travailleurs, ces 15 dernières années :

« L’État est suffisamment centralisé pour assurer ses obligations mais il est trop permissif et trop peu équipé. Il n’y a que 150 inspecteurs du travail pour une population de près de deux millions d’habitants et d’environ 600’000 ouvriers du bâtiment.

Ça devient donc une véritable loterie. Soit le patron respecte ses ouvriers [sic - NdJL], soit il les exploite. »

Le système du kafala

Dans un rapport publié en juin dernier, Human rights watch parle de travailleurs en conditions très précaires. Pour certains cas, « on peut clairement parler d’exploitation », dit Nicholas McGeeghan, fondateur de Mafiwasta, une association de défense des ouvriers dans le Golfe persique :

« Si tous les ouvriers présents au Qatar ne sont pas des travailleurs forcés, il est évident que le système en place permet voire facilite leur exploitation. »

Ce système qu’adorent les entreprises de BTP, c’est le kafala. Méconnu en Occident, il est pourtant l’une des clés de développement des monarchies du Golfe, explique le chercheur Gilles Beaugé :

« Pour s’installer ou travailler, tout étranger dans le Golfe, qu’il soit entrepreneur ou simple ouvrier, a besoin d’un kafil (sponsor) qui est à la fois le garant juridique de sa présence juridique dans le pays et un intermédiaire avec la société locale. »

Ce système permettait à la base de déléguer à la société civile le contrôle et la régulation de l’immigration. Mais le développement à grande vitesse du Qatar et ses voisins ne permet plus cette régulation. Les travailleurs immigrés se retrouvent à la merci de leur employeur, qui joue le rôle du garant, du parrain, et leur permet d’entrer sur le territoire.

Les organisations internationales alertent régulièrement le Qatar sur les dérives du kafala et appellent à son abrogation. Sa réforme, en 2009, n’est pas allée aussi loin qu’ils l’espéraient.

« Le Qatar viole des traités internationaux qu’il a ratifiés »

Pour tous les spécialistes de la région et du droit international interrogés, le Qatar viole le droit international. Nicholas McGeeghan :

« Le Qatar a signé le protocole international contre le trafic d’êtres humains de l’ONU. Il a aussi signé la Convention contre le travail forcé. En ne s’assurant pas de leur respect, le gouvernement qatari viole les traités internationaux qu’il a ratifiés. »

La CSI a discuté à de nombreuses reprises avec les dirigeants qataris. Sharan Burrow a rencontré deux fois le ministre du Travail, à Genève, en juillet dernier, puis lors du sommet climatique des Nations unies, en novembre à Doha. Tim Noonan, son porte-parole : « Le Qatar s’est engagé plusieurs fois à faire évoluer sa loi du travail auprès de Sharan Burrow. Mais il n’ont jamais évoqué clairement la liberté d’association. »

D’autres organisations internationales ayant rencontré les responsables qataris se sont elles aussi vu promettre des avancées sur ce dossier. Mais ces promesses sont restées lettre morte.

Il en va de même de la Fédération internationale de football.

Le 2 décembre 2010, la Fifa attribuait l’organisation de la Coupe du monde de football au Qatar. Une date historique : c’est la première fois qu’un pays arabe sera l’hôte d’une compétition internationale de cette envergure.

Mais si cette Coupe du monde au Qatar a une infime chance d’être annulée, ce sera du fait de l’enquête de l’Américain Michael Garcia sur les conditions de son attribution, pas parce que le droit international du travail est piétiné tous les jours sur les chantiers des stades.

(source : le Jura libertaire)

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 18:48

 

Eaux du Nord : La Métropole paye en liquide

Après trente ans de gestion de l’eau par les multinationales, la Communauté urbaine (LMCU) a les moyens d’un retour en régie publique. Malgré les magouilles financières et les prix prohibitifs, les technocrates locaux n’ont pourtant pas l’air convaincus. Le « collectif eau » tente de peser sur le débat avec un objectif : le contrôle public de cette ressource élémentaire.

Petit rappel des faits : en 1985, la gestion de l’eau dans la métropole lilloise est attribuée à la Société des eaux du Nord (SEN). Le contrat est signé pour trente ans. L’activité comprend le pompage (aller chercher l’eau dans les nappes phréatiques), l’assainissement (la rendre buvable) et la distribution (l’amener jusqu’à nos robinets et chasses d’eau). Propriété de Véolia et Suez jusqu’en 2010, la SEN est détenue aujourd’hui uniquement par Suez-Lyonnaise des Eaux. Suez et Véolia sont les deux plus grosses multinationales de l’eau dans le monde. Elles gèrent en plus de leur contrats en Europe l’approvisionnement en eau d’une bonne partie des pays d’Amérique du Sud, d’Afrique du Nord et d’Asie. Des pays dans lesquels elles réalisent la grosse part de leurs 6,7 milliards de chiffre d’affaires cumulés .

Trente ans de magouilles

En 2015, le contrat arrive à terme. Les élus communautaires doivent donc décider si, oui ou non, on repart pour un tour avec Suez en « délégation de service public » (DSP) ou si, au contraire, la métropole lilloise suit les exemples de Paris, Grenoble, Clermont-Ferrand etc., et s’engage vers une re-municipalisation de l’eau.

 

Le bilan de ces trente années de gestion privée est édifiant. Florilège : le prix du mètre cube d’eau dans la métropole est parmi les plus élevés de France (3,77 euros contre trois au niveau national et jusqu’à deux dans certaines villes), 20% de l’eau pompée et traitée se perd le long des 4200 kilomètres de tuyaux. Et cerise sur le gâteau : pas moins de 115 millions d’euros se sont mystérieusement perdus dans les caisses de Suez entre 1985 et 1997. Un petit magot qui avait été inscrit dans les comptes de la SEN sous l’appellation « provisions sur renouvellement ». La SEN s’était engagée à faire des travaux sur son réseau. Sauf que rien n’a jamais été fait.

 

Au bout de plusieurs années de bataille menée par les association « Eau secours »  et la fondation « France libertés » , la communauté urbaine reconnaît la magouille et négocie avec la SEN une première baisse de 10% du prix de l’eau. Sauf qu’aujourd’hui, de 115, la somme s’élève à 315 millions d’euros avec les intérêts.

Liquide sous pression

Un monopole néo-colonial , des factures d’eau qui viennent engraisser les actionnaires, un service de piètre qualité et des arnaques financières : l’affaire devrait être pliée. Mais les élus communautaires hésitent encore, Alain Cacheux en tête. Le vice-président LMCU en charge du dossier prévient même dans la presse, avant tout débat : « il vaut mieux une bonne gestion privée, qu’une mauvaise régie publique ». Et quelques semaines plus tard : « je reste à l’écoute, mais j’ai ma préférence  ». On l’a compris, pour les technocrates de LMCU, l’eau doit rester une affaire de business. Pourtant, de nombreuses métropoles françaises sentent le vent tourner et souvent le spectre de la re-municipalisation est brandi dans les conseils communautaires. Tour à tour, villes et communautés urbaines re-négocient leurs contrats avec des baisses importantes du prix de l’eau. A Lens, Véolia a une nouvelle fois remporté l’appel d’offre. Mais les pressions de la mairie ont fait baisser le prix de 20% et empêché les coupures d’eau en cas de non paiement, contrairement à ce que pratique la SEN. à Antibes, le prix a même diminué de 40%.

 

La démocratie dans le Blockhaus

Le « Collectif eau » s’est créé il y a quelques mois pour faire entendre la voix des partisans du passage en régie publique. Pour Pierre-Yves Pira, animateur du collectif, « c’est un désastre dans la gestion précédente. Le but est d’obliger à un débat sur le fond et d’exiger de la transparence  ». Le collectif s’invite aux trois « grands débats » sur la gestion de l’eau organisés en fin d’année 2012 par LMCU. Des réunions entre amis qui se sont déroulées loin des regards, dans le blockhaus de la rue du Ballon , plusieurs journées en semaine. Les communicants et commerciaux des deux mastodontes Véolia et Suez y étaient largement représentés. Relégué dans le public, le collectif n’a eu qu’une quinzaine de minutes pour exposer son point de vue et poser ses questions.

Pot de terre contre pot de vin

Le 18 décembre dernier, plus de 130 personnes sont venues assister au « quatrième atelier sur la gestion de l’eau » à la Maison d’éducation permanente de Lille. Un atelier animé cette fois-ci hors de l’enceinte de LMCU et par le « Collectif eau ». Alain Cacheux est présent : pompes luisantes, costard de bourgeois et I-phone dernier cri. Il refuse de monter à la tribune et s’enfonce dans un siège du premier rang. Son argument massue ? Le coût du passage en régie. Pourtant pour Pierre-Yves Pira : « Cet argument de la droite et de la LMCU sur le prix est un faux argument. Il ne tient pas. La chose qui est vraie, c’est que c’est plus confortable pour un élu de reconduire une DSP plutôt que de passer en régie. » Également présent ce soir-là, Jean-Luc Touly, ancien cadre de Véolia et auteur d’un bouquin sur les magouilles de son ex-boite . L’exposé est clair et à charge contre la SEN et la Communauté urbaine. Contrat hyper rémunérateur, négociations à l’amiable : pour lui, la gestion de l’eau à Lille et ailleurs, «  c’est la lutte du pot de terre contre le pot-de-vin.  »

Salariés, patronat : même combat ?

En face, les salariés de la SEN, délégués CGT et FO en tête, prennent le relai des politicards et opposent leur « savoir-faire » et le prix du passage en régie. « Les salariés et syndicats de la SEN sont venus, explique Pierre-Yves Pira. Dès qu’on hésitait : ils attaquaient. Ils contestaient les chiffres. Ils mettaient en avant le sérieux de leur travail et prétendaient qu’on voulait casser l’emploi ». Situation ubuesque, mais malheureusement connue, où les salariés défendent leur boîte à tout-prix et par là... leurs patrons et les rémunérations des actionnaires. Pourtant, du côté des pro-régies les propositions ne manquent pas : protection des salarié-es de la SEN lors du passage en régie, progressivité du prix de l’eau, gratuité des premiers mètres cubes, etc. La SEN fait partie de ces nombreuses DSP avec lesquelles les PS du Nord et du Pas-de-Calais ont pris de grandes largesses pendant un temps. On ne compte plus les histoires de magouilles financières avec les aménageurs du Pas-de-Calais, la gestion du logement minier, des déchets dans le Nord, etc. Une chose est sûre : quand un contrat public-privé est pourri à ce point, les responsables sont des deux côtés.

 (source : labrique.net)

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 18:28

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Article 23 de la Déclaration universelle des droits de l'homme


"Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
Toute personne a le droit de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts."

 

Ces dernières années furent marquées par la triste actualité de la vague de suicides dans diverses entreprises. Encore en février, IBM et la Poste étaient sur le devant de la scène. Une vraie constante de la dégradation des conditions de travail. Alors que peut en dire le cinéma, qui pourrait être un lieu de résistance et de dénonciation, comme l'est parfois le cinéma anglais ? Certes quelques documentaires existent déjà, mais les fictions sur ce sujet sont rares.

  Voilà pourquoi le film "Article 23" de Jean-Pierre Delépine est intéressant à plus d'un titre.

  D'abord il permet de mieux ressentir ce que peut être un acte désespéré dans le cadre du travail, et comment il contamine les proches de la victime. Comment cet engrenage se met en place, qui le met en place, comment le salariat est devenu une machine à exclure. Trop vieux, trop jeune, trop "bronzé".... La machine à produire de l'exclusion se met en place et tue. Même le bourreau d'aujourd'hui, simple rouage, sera demain la victime...

  L'horreur économique produit de plus en plus d'horreur humaine, et cela est bien montré dans "Article 23", avec une sobriété bienvenue et surtout un regard qui saisit bien les détails qui parlent. Une main, un regard, un stylo, un tract syndical. Même si beaucoup de choses passent par les mots. Une violence des mots qui prouve que l'auteur connait bien son sujet, ayant d'ailleurs passé par la case licenciement. Le scénario étant inspiré d'une histoire réelle.

  Certes "Article 23" n'est pas sans défaut. La plupart des acteurs, hormis l'excellente Thanh Ingle-Lai, sont assez peu dans le ton. S'appesantir sur les défauts d'un premier film serait consternant, surtout quand l'on sait que le film avait un petit budget, fut tourné en une poignée de jours par un auteur qui ne fait pas partie du sérail. Un sérail cinématographique d'ailleurs très coupé de la réalité sociale actuelle. Les films de fiction traitant de la réalité de notre crise actuelle se compte sur les doigts de la main chaque année...

 

  Avec une force certaine, "Article 23" nous rappelle que rien ne peut justifier le management par la peur et le stress où chacun est l'ennemi de chacun, où les plus faibles sont laminés durablement par ce système capitaliste qui tente de survivre. Trois parcours de vie se croisent, Cécile, veuve et mère de deux enfants, licenciée à plus de quarante ans, Cédric, recruteur "parfait" d'un cabinet de chasseurs de têtes, et Alice qui va choisir de changer de vie, en refusant un système mortifère...

 

  Jean-Pierre Delépine, n'ayant pas la puissance de frappe d'une campagne de marketing à sa disposition, accompagne son film dans de nombreuses villes. Tant mieux, car ce film incite au débat après sa projection. Un film d'intervention, un film qui parle de ceux dont les grands médias ne parlent pas souvent. Un film de résistance comme nous les aimons...

(source : danactu-resistance)

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 18:52

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Andalousie : des centaines d’ouvriers se réapproprient des terres livrées à la spéculation

Au sud de l’Espagne, des ouvriers agricoles occupent une ferme de 400 hectares, menacée par la spéculation. Ils contestent une répartition féodale des terres, réservées aux grands propriétaires. Et développent une agriculture biologique et paysanne, qui nourrira bientôt des milliers de personnes. Reportage en Andalousie, dans la ferme de Somonte, devenu le symbole d’une lutte populaire contre les inégalités et pour la souveraineté alimentaire. « Land and freedom », version 2013.

 

« Quand nous sommes arrivés à Somonte pour occuper les terres, c’était un matin très tôt, au lever du soleil, se souvient Javier Ballestero, ouvrier agricole andalou. J’ai été surpris par le silence. Il n’y avait pas d’oiseaux sur ces terres ! Pas de vie ! Rien ! » C’était il y a presque un an, le 4 mars 2012. Cinq cents journaliers agricoles, des habitants des villages voisins et des citoyens solidaires venus de toute la région ont commencé à occuper la « finca » (ferme en espagnol) de Somonte. Le lendemain, la propriété, qui appartient au gouvernement autonome régional, devait être vendue aux enchères, très certainement à l’un des puissants propriétaires terriens de la zone, qui l’aurait achetée à un prix avantageux.

Le SOC-SAT (Le SOC-SAT est l’ancien Syndicat des ouvriers agricoles (SOC). En 2007, il a été rebaptisé, syndicat des travailleurs andalous (SAT). ),syndicat d’ouvriers agricoles qui a organisé l’occupation, est habitué aux luttes foncières. C’est lui qui a mené tous les combats historiques des journaliers andalous depuis les années 70. Mais les occupations de terre ne datent pas d’aujourd’hui. En 1936, elles s’étaient multipliées. Javier évoque la répression féroce qui s’en suivit lors de la victoire des franquistes. Un puissant propriétaire terrien fit exécuter 350 journaliers à Palma del Rio, le village voisin de Somonte. La plupart des terres qui jouxtent la « finca » appartiennent aux descendants de cet homme.

« La terre est à vous. Reprenez-la ! »

En ce matin hivernal, une trentaine de personnes se pressent autour d’un brasero, installé devant la petite cuisine de la « finca ». Deux hommes réparent un vieux tracteur Fiat sur lequel est fiché un drapeau andalou portant le sigle SOC-SAT. Quand le tracteur finit par démarrer, des responsables du lieu répartissent les tâches entre les occupants et les visiteurs solidaires, selon les décisions prises la veille au soir en assemblée générale. Un groupe ira désherber le champ d’oignons dont les plants viennent d’être mis en terre. Un autre ramassera les piments, les Piquillo, la variété locale, rouge sang, qui seront ensuite mis à sécher en grappes. Le troisième groupe préparera le repas collectif de la mi-journée.

Une dizaine de militants portugais d’extrême gauche, en visite, et quelques militants français et espagnols, de passage ou séjournant à Somonte, se dirigent vers le hangar où est entreposé le matériel agricole. Peint sur le bâtiment, un slogan rappelle les enjeux de l’occupation : « Andalous, n’émigrez pas. Combattez ! La terre est à vous. Reprenez là ! » Au passage, les travailleurs matinaux croisent une patrouille de la Guardia civil, qui vient relever, comme tous les jours, les numéros des plaques d’immatriculation des voitures stationnées sur le parking de la ferme. A voix basse, les moqueries fusent. Les guardiasdemeurent indifférents. Ils ne descendent jamais de leur véhicule. Ils notent et repartent.

Développer une agriculture biologique paysanne

Près du hangar, sous les regards complices de Malcolm-X, Zapata et Geronimo, immortalisés par un artiste sur un mur, Javier et son collègue Pepe distribuent sarcles et bêches, puis accompagnent les militants jusqu’au champ d’oignons. Les allées sont interminables. Briefés par les deux hommes, les militants se courbent et s’accroupissent. Les herbes résistent, déchirent les doigts. Une main arrache par inadvertance un plant d’oignon. Un pied en écrase un autre. Difficile de s’improviser paysan. Ceux qui ont l’habitude avancent en ligne. Les autres tentent de s’appliquer, s’assoient, redressent leur dos... Les conversations vont bon train. Les chants révolutionnaires s’élèvent, repris en chœur.

 

Peu à peu, la brume se lève. Apparait en contre-bas la plaine du fleuve Guadalquivir, qui s’étend à perte de vue dans cette partie de la province de Cordoue. Une terre rase, ondulante, sans un arbre, sans une haie. Cette même terre épuisée, sur laquelle poussera en été, sous la chaleur ardente, blés ou tournesols. Les journaliers qui occupent les quatre cents hectares de Somonte ont décidé d’abandonner ces pratiques agricoles intensives. « Depuis que nous sommes ici, les oiseaux sont revenus et la vie aussi, confie Javier. L’homme appartient à la terre. Nous devons la respecter et veiller sur elle. C’est pour cela que nous allons faire ici de l’agriculture biologique paysanne. » Pour développer une agriculture en rupture avec le modèle dominant, les journaliers andalous font appel à leur sensibilité et à leur mémoire, ravivée par leurs parents ou leurs grands-parents.

Contre une répartition « féodale » des terres

Comme la plupart des 25 occupants permanents de la finca, Lola Alvarez se définit comme « journalière agricole, depuis toujours », et fière de l’être. Elle rappelle que les premiers pieds de tomates plantés dans le jardin de Somonte proviennent de semences très anciennes apportées par son père de 84 ans.« Dès que nous avons occupé Somonte, beaucoup de personnes âgées sont venues nous apporter des semences de piments, d’oignons, de laitues... Toutes les semences traditionnelles qu’elles avaient héritées de leurs parents et qu’elle avaient conservées et protégées précieusement année après année. » Les occupants ont aussi reçu des graines du réseau andalou Semences et de la coopérative française Longo Maï. Somonte sera libre de semences transgéniques et de pesticides. « Nous sommes fatigués de voir ceux qui spéculent avec la terre spéculer aussi avec les produits chimiques, avec les semences et avec l’eau. Il va être difficile de mettre les 400 hectares en agriculture biologique mais nous allons le faire », explique simplement Lola.

Les occupants ont aussi décidé d’en finir avec l’injuste et scandaleuse répartition féodale des terres en Espagne qui fait que la duchesse d’Alba possède encore 30 000 hectares de terres et le duc del Infantado, 17 000. Plus de 60 % des terres les plus riches du pays sont entre les mains d’une poignée de puissantes familles, qui spéculent avec elles et perçoivent la majorité des aides agricoles . « La terre n’appartient à personne. Elle n’est pas une marchandise,s’insurge Lola. Elle doit être entre les mains de celles et de ceux qui la travaillent. Nous l’occupons pour nourrir nos familles et vivre dignement. »

 

Javier Ballestero, né dans une famille paysanne anarchiste, se réclame encore de cette tradition. « Les moyens de production doivent être au service du peuple. Pour cultiver sainement, nous n’avons pas besoin d’un patron qui nous exploite et nous vole. Nous voulons décider nous-mêmes de notre avenir. » Dans les années 80, pour initier une réforme agraire, le gouvernement autonome andalou (dirigé par le Parti socialiste ouvrier espagnol, PSOE) avait acheté plusieurs dizaines de milliers d’hectares aux grands propriétaires terriens. Il les avait grassement payés, pour qu’il n’y ait pas trop de mécontents. Mais n’avait pas redistribué les terres. L’objectif étant surtout de désamorcer un vaste mouvement d’occupations de terres organisé par le SOC qui réclamait alors des expropriations sans indemnisation.

Droit d’usage

Une partie de ces terres sont alors louées à des coopératives de petits paysans. Mais la grande majorité d’entre elles demeurent sous la responsabilité de l’Institut andalou de la Réforme agraire (IARA), et sont consacrées soit à des cultures intensives, soit à de vagues projets destinés à la recherche, pourvoyeurs d’importantes subventions européennes. Quelques hectares de la finca Somonte servaient ainsi de champs d’expérimentation à des cultures destinées à la production d’agro-carburants. Aujourd’hui, les socialistes dirigent toujours le gouvernement autonome. Comme les caisses sont vides, 22 000 hectares de terres appartenant à l’IARA ont été mis en vente aux enchères en 2011. Plus de la moitié ont été vendus.

« Le SOC a mené des occupations très dures dans les années 80. Elles ont notamment abouti à la création de la coopérative El Humoso, dans le village de Marinaleda, sur 1 200 hectares expropriés à la duchesse d’Alba », commente Lola Alvarez. « Depuis des années, nous ne menions plus que des occupations symboliques pour tenter d’infléchir la politique du gouvernement. Mais quand nous avons vu que les terres gérées par le gouvernement andalou allaient revenir entre les mains des spéculateurs, nous avons décidé de reprendre les occupations effectives. » Depuis l’occupation, la vente des terres a été suspendue. Mais les occupants ne souhaitent pas devenir propriétaires de Somonte. Il réclament un simple droit d’usage. Rappelant que depuis 20 ans, ces 400 hectares n’ont nourri personne.

Somonte, symbole d’une lutte populaire

L’Andalousie connaît actuellement un taux de chômage record de 34 % pouvant aller jusqu’à 63 % chez les jeunes de moins de 25 ans . De nombreux Andalous, partis travailler comme ouvriers du bâtiment dans d’autres régions d’Espagne, reviennent aujourd’hui chez eux et proposent leur force de travail sur un marché agricole andalou déjà saturé et en crise. Avec la mécanisation à outrance et les mauvaises récoltes des oranges et des olives, il est désormais impossible aux 400 000 ouvriers agricoles de la région de réunir les 35 journées de travail annuelles nécessaires pour bénéficier d’une allocation mensuelle de 400 euros.

Fin 2012, le parlement andalou a demandé que le nombre de journées de travail exigé soit diminué. En vain. Cette crise sociale n’alarme pas les grands propriétaires terriens qui profitent de la situation pour mettre en concurrence les journaliers andalous avec la main d’œuvre immigrée, bien moins payée. Le SOC-SAT réunit des ouvriers agricoles de tous les horizons et organise régulièrement des grèves pour défendre leurs droits. Il dénonce aussi les injustices sociales, en organisant dans des supermarchés des opérations de récupération de produits alimentaires de base, distribués ensuite à des cantines de quartiers pauvres.

 

Durant l’été 2012, des marches ouvrières ont parcouru toutes les provinces andalouses pour dénoncer les mesures d’austérité. Une grande ferme appartenant à l’armée, laissée à l’abandon, a été brièvement occupée. Ce contexte social et politique tendu, et toutes ces luttes, font aujourd’hui de Somonte un symbole très populaire de la capacité des ouvriers à prendre en main leur destin. L’alimentation est au cœur des luttes.

Nourrir des milliers de familles de la région

Peu à peu, avec le soutien des anciens, d’ingénieurs agronomes, d’organisations locales et de réseaux de solidarité internationaux, le projet agricole de Somonte prend corps. Trois hectares de légumes ont déjà été mis en culture pour l’autoconsommation, la vente sur les marchés locaux ou dans une coopérative de consommateurs de Cordoue. Plusieurs dizaines d’hectares vont être consacrés à des cultures maraîchères. Quarante hectares seront réservés à de grandes cultures en rotation avec notamment du blé biologique. Les occupants de Somonte envisagent de planter près de 1 500 arbres de variétés locales, de développer des vergers d’abricotiers, de cerisiers, d’amandiers, de créer une oliveraie, d’entretenir des haies.

En décembre 2012, près de 700 arbres sont plantés le long du domaine. Une eau saine sera récupérée grâce à des retenues, des puits et à une protection des petits cours d’eau existants. Les occupants veulent réunir rapidement un troupeau d’au moins 300 brebis. Une grande partie de la production agricole de la finca sera transformée sur place dans des ateliers. Le projet agro-écologique et social de Somonte, organisé sous forme de coopérative de travailleurs, pourra donner du travail à plusieurs centaines de personnes et permettre à des milliers de familles de la région de se nourrir.

Occuper les terres, les logements et les banques

La situation de Somonte est aujourd’hui suspendue à la situation politique en Andalousie. Le nouveau parlement autonome élu début 2012 est majoritairement à gauche. Cela n’a pas empêché le Parti socialiste de faire expulser les occupants de Somonte, le 26 avril 2012, le jour même où il signait un accord avec la Gauche Unie. Le 27 avril au matin, la finca était de nouveau occupée. Aucune menace d’expulsion n’a été formulée depuis, mais les négociations sont au point mort.

« S’ils nous expulsent 20 fois, nous occuperons 21 fois ! », ironise Lola. « Nous n’avons pas le choix. Le gouvernement ne sait pas comment réagir. Et nous, pendant ce temps, nous montrons qu’une autre voie est possible. Nous disons qu’il faut occuper les terres pour avoir un travail et pour vivre. Mais il faut aussi occuper les logements pour donner un toit aux familles. Et il faut occuper les banques pour dénoncer les aides financières que nos gouvernements leur apportent tout en faisant payer les plus pauvres. Il faut occuper ! Voilà la solution. »

 

(Source : bastamag.net)

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