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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 20:27

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Quinze associations et syndicats ont décidé de saisir le Défenseur des droits de la situation dramatique des mineurs étrangers en danger en région parisienne.

Depuis quelques mois, la situation des mineurs isolés étrangers a connu une nouvelle dégradation. Jamais autant de ces enfants n’ont été laissés en errance, à la rue jour et nuit, y compris au plus fort de l’hiver. Pour ces jeunes, l’accès à une protection relève du parcours du combattant. Soupçonnés en permanence de mentir sur leur âge ou sur leur situation, ils font face à la défiance et au rejet des institutions en responsabilité de les accueillir, à commencer par les conseils généraux.

Plutôt qu’organiser leur prise en charge, les institutions responsables de l’accueil des mineurs multiplient les obstacles : sous-traitance de leur accueil, rejets purs et simples sur la base d’entretiens expéditifs surtout fondés sur l’apparence physique, utilisation quasi systématique de l’« âge osseux » dont l’absence totale de fiabilité est démontrée depuis des années par les scientifiques, etc.

Pour les mineurs qui franchissent malgré tout ces multiples barrières, la garantie d’une véritable protection est loin d’être assurée. Pour beaucoup, elle ne comporte aucune prise en charge éducative. Elle se limite à une mise à l’abri sous forme de placement à l’hôtel sans formation dans l’attente de la date fatidique de leur majorité. Cet « accueil » vécu comme une charge financière insupportable conduit le plus souvent ces jeunes regardés comme des étrangers avant d’être considérés comme des enfants à un avenir de sans-papiers, alors qu’une véritable prise en charge pourrait leur permettre d’obtenir un titre de séjour à leur majorité, gage de leur insertion dans la société.

Ces pratiques sont graves. Elles exposent ces jeunes déjà vulnérables à la précarité la plus extrême et au monde de la rue. Indéfendables sur le plan moral, elles sont avant tout illégales au regard du droit français comme des textes internationaux, en particulier de la Convention internationale des droits de l’enfant.

C’est pourquoi les organisations signataires interpellent aujourd’hui le Défenseur des droits et lui demandent d’agir le plus vite et le plus fortement possible pour exiger des pouvoirs publics la protection effective de ces mineurs dans le respect de leurs obligations légales comme des plus élémentaires principes d’humanité. Il y a urgence.

 Organisations signataires : ADMIE / CGT-PJJ / La Cimade / Collectif de soutien des exilés Paris / DEI France / Fasti /Gisti / Hors-la-Rue / Ligue des Droits de l’Homme / Mrap / RESF / Sud Collectivités territoriales du CG 93 / Secours catholique-Réseau mondial Caritas / Syndicat de la magistrature / La Voix de l’enfant

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 20:20

Be Street

 

Tout au long de la journée d’hier lundi, les media ont fait part de la récente interpellation à Marseille et autour de l’Etang de Berre de personnes “appartenant à la communauté des Gens du voyage”. La mention de l’appartenance à une ‘communauté’, sous-entendant la généralisation du comportement de quelques délinquants à l’ensemble des membres de ladite communauté, participe d’un racisme ordinaire dont le MRAP n’accepte pas la banalisation. Du fait de la présentation de cette information, des propos à caractère raciste manifeste se déchaînent contre les Gens du voyage, notamment sur les sites d’information et les forums internet.

La plupart des media ont l’honnêteté de mentionner leur source : la Préfecture ! Une fois de plus, les Gens du voyage sont stigmatisés, désignés dans leur ensemble comme des délinquants par les services de l’Etat dont le rôle devrait être, au contraire, la lutte contre le racisme et les discriminations.

Le MRAP rappelle que dans un “avis sur le respect des droits des “Gens du voyage” et des Roms migrants au regard des réponses de la France aux instances internationales” publié le 25 mars, la Commission Nationale Consultative de Droits de l’Homme a conclu que les législations applicables à ces populations tendent à renforcer la stigmatisation et les discriminations dont elles souffrent ; que “ces discriminations, les confusions et les amalgames entretenus à l’égard de ces populations - qui sont souvent perçues dans l’imaginaire collectif comme délinquantes- doivent être combattus par des mesures concrètes d’accès aux droits et par une volonté politique réelle et affirmée de lutter contre les stéréotypes et les discriminations” : tout le contraire de la pratique de la Préfecture des Bouches-du-Rhône !

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 20:05

 

Communiqué CFDT – CGT – FSU – Solidaires – UNSA

Dans cette période de crise en France et en Europe, les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA affirment leur volonté de faire du 1er mai 2012, journée de solidarité internationale du monde du travail, une forte journée de mobilisation, de manifestations et d’expressions revendicatives pour :

-­‐ faire entendre les priorités sociales et les préoccupations des salariés, des demandeurs d’emploi, des jeunes et des retraités, en France et en Europe ;
-­‐ exprimer la défense des droits fondamentaux et des libertés partout dans le monde ;
-­‐ faire reculer la xénophobie, le racisme et l’antisémitisme.

Dans beaucoup de pays européens, les populations subissent des politiques d’austérité et des réformes réduisant les droits des travailleurs et leur protection sociale.

La crise ne peut être le prétexte pour remettre en cause nos systèmes sociaux. _
Il faut une véritable politique de croissance, prenant en compte les enjeux écologiques, qui passe par l’amélioration du pouvoir d’achat et la création d’emplois.

La pression sur les salaires et l’assouplissement des règles de licenciement ne peuvent que fragiliser la croissance économique.

S’il y a un manque de compétitivité des entreprises, elle est notamment due à la rémunération excessive du capital au détriment de l’investissement dans l’emploi, la formation, la recherche et l’innovation.

En ce 1er mai, nous voulons faire écho aux revendications portées par les salariés dans cette période de crise :

-­‐ priorité à l’emploi, en particulier des jeunes, alors que le nombre de chômeurs ne cesse d’augmenter depuis de longs mois et que les restructurations, les licenciements et les fermetures d’entreprises sont le quotidien de nombreux salariés,
-­‐ lutte contre la précarité qui touche un nombre croissant de salariés, en particulier jeunes et femmes, et provoque des situations de pauvreté intolérables ;
-­‐ la promotion des salaires et du pouvoir d’achat doit être une priorité. Il n’y a aucune raison de laisser les inégalités salariales perdurer, notamment entre les femmes et les hommes.

Nous réaffirmons avec le syndicalisme européen notre opposition à ces politiques et au nouveau traité qui, en faisant l’impasse sur la croissance, ne fera que renforcer l’austérité et la crise.

Nous voulons dans les mobilisations du 1er mai réaffirmer le besoin d’une Europe solidaire affirmant sa dimension sociale, ce qui impose de :
- développer les droits des salariés et assurer des services publics de qualité,
- mettre un terme à la concurrence sociale et fiscale entre pays de l’Union européenne qui tire les garanties des travailleurs vers le bas. Il faut une autre répartition des richesses et mettre un terme à la spéculation financière,
- faire respecter la place et le rôle de la démocratie sociale, de la négociation collective et du dialogue social.

La CFDT, la CGT, la FSU, Solidaires et l’UNSA appellent leurs organisations à se rencontrer dans les territoires pour déterminer les modalités concrètes d’organisation des initiatives et manifestations du 1er mai sur ces objectifs.

 

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 19:59

 

Le groupe français Bolloré est mis en cause dans un rapport d’Oakland Institute, une ONG basée en Californie spécialiste du phénomène d’accaparement des terres. En Sierra Leone, le groupe s’installe sur 6500 hectares pour produire de l’huile de palme.

Ce rapport publié début avril 2012 pointe la location de 6500 hectares de terres agricoles destinées à la production d’huile de palme et de caoutchouc en Sierra Leone. En mars 2011, un contrat de location de ces terres situées dans la région du Malen a été signé entre le ministre sierra-léonais de l’Agriculture et la Socfin Agricultural Company (SAC), filiale locale du groupe Socfin (Société financière des caoutchoucs) basé au Luxembourg et dont Bolloré [possède] 39 % des parts. La société cherche encore 5000 hectares de plus. L’investissement initial — estimé à $ 100 millions — assorti de promesses de création d’emplois, d’une rémunération pour les exploitations agricoles perdues et de construction d’infrastructures, a bénéficié d’un large soutien gouvernemental.

La publication du rapport a coïncidé avec la tenue du 1er au 4 avril d’une assemblée nationale des collectivités touchées par l’accaparement des terres, réunissant une centaine d’agriculteurs et de militants des droits fonciers, dans la capitale Freetown. Les délégués à la conférence, la première de ce genre, ont exhorté le gouvernement à réexaminer les transactions foncières et à prendre des mesures pour rééquilibrer les contrats et les droits entre les communautés rurales et les puissants investisseurs étrangers. Un observatoire de la société civile pour assurer le suivi des investissements agro-alimentaires a également été lancé.

Populations mécontentes

Pour le moins, le projet ne semble pas soulever l’adhésion des populations locales. En octobre 2011, 40 manifestants ont été arrêtés suite à des heurts entre les villageois et Socfin. Les habitants ont critiqué le manque de transparence autour de la transaction ainsi que l’absence de réelle consultation et d’information sur les déplacements de populations qui pouvaient en résulter. Ils ont également soulevé des problèmes relatifs à l’insuffisance des indemnisations, à la corruption, et aux pressions exercées sur les propriétaires fonciers et chefs de villages.

Le terrain loué par Socfin englobe une trentaine de villages et quelque 120 propriétaires fonciers familiaux. Lors de la signature du bail en mars 2011, Socfin avait convenu du paiement d’indemnités pour la perte des exploitations existantes dans les zones d’opération, en plus d’un paiement annuel des loyers aux propriétaires fonciers. Directeur général de Socfin, Gerben Haringsma, avait également assuré que l’entreprise s’engageait à construire un hôpital résident, un réseau de routes, des écoles et des logements, pour un coût de $19 millions. En outre, Socfin avait pris l’engagement de payer $ 75’000 par année pour des projets de développement social et estimé que des possibilités d’emploi seraient créées pour 10’000 personnes, avec une préférence particulière accordée aux locaux.

Un schéma qui se reproduit

« Les griefs formulés par les agriculteurs en Sierra Leone sur les plantations de palmiers à huile sont pratiquement identiques à ceux des communautés paysannes à travers le monde concernant les autres investissements réalisés par les filiales Socfin », souligne le rapport. Des cas similaires d’accaparement des terres ont été signalés ces dernières années au Liberia, au Cameroun et au Cambodge.

(source texte : le Jura Libertaire )

 

 

 

 

 

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 18:57

 

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Entretien entre François Ruffin (rédacteur à l’excellent journal Fakir) et Nicolas Doisy, un conseiller financier de très haut vol, un authentique bankster de grand chemin. (Merci à Daniel pour avoir relayé cet entretien)

 

Le plan de bataille des marchés : entretien avec le stratège.

« Les gens de marché s’expriment de façon très directe. » Dans sa note (largement traduite ici), le « chief economist de Cheuvreux » conseille en effet à François Hollande de « tromper le peuple » pour mettre fin au « fameux CDI ».« On ne s’embarrasse pas de finasseries », poursuit-il dans un entretien diffusé dans l’émission Là-bas si j’y suis. Raison de plus, cette franchise, pour aller rencontrer ce « senior advisor », Nicolas Doisy. Car il ne faut pas mépriser l’adversaire : il est prêt à livrer bataille. Il a déjà son plan. Présentation.

 

François Ruffin : On se trouve au siège de la Corporate Investment Bank du Crédit agricole. Premier broker indépendant sur actions européennes, Cheuvreux possède quatorze bureaux à travers le monde, y compris New york, San Francisco, Tokyo, Zurich… Donc Cheuvreux conseille 1200 banques, fonds de pension et ainsi de suite.

Nicolas Doisy : Tout à fait.

F.R. : Mais pourquoi une société de courtage comme Cheuvreux a un département recherche ? Et pourquoi cette recherche s’intéresse à la politique française ?

Nicolas Doisy : Pourquoi la politique ? Parce qu’en fait, ce dont on se rend compte, c’est que dans politique économique, eh bien, il y a « politique », y a pas qu’économique. Depuis finalement le début de cette crise, la crise de Lehman en 2008, le cycle économique, financier, est beaucoup dirigé et conduit par la politique, et du coup, tout ce qui est politique prend énormément d’importance, et détermine beaucoup des événements sur lesquels les investisseurs gardent leurs yeux.

Hollande : le choix

F. R. : Vous avez publié un papier là, dont le titre est, en anglais, « François Hollande and France’s labour-market rigidity : the market will rock both ». François Hollande et la rigidité du marché du travail : le marché va chahuter, bousculer les deux.

N. D. : Tout à fait. Quand on regarde un petit peu la façon dont se déroulent les élections, dont les marchés perçoivent le problème européen, on se rend compte qu’il y a des chances non négligeables que François Hollande se trouve pris entre deux forces contradictoires : les marchés qui attendent de lui un certain nombre de réformes dites structurelles, qui vont porter sur l’assainissement des comptes publics évidemment, mais aussi des réformes qui sont appelées à rendre l’économie française plus performante. Or, c’est le type de réforme dont très vraisemblablement une partie de l’électorat de François Hollande se méfie, et si vous regardez bien, pour l’instant, François Hollande s’est abstenu de clarifier de façon nette sa position sur ce sujet.
Et pour cause : il sait qu’il sera pris à terme, à un moment, entre la pression de ses électeurs et la pression des marchés. Déjà on a des investisseurs qui s’étonnent du faible détail des candidats dans leurs programmes, les anglo-saxons que je rencontre me demandent souvent : « Où est le programme ? » Je leur dis : « Il n y en a pas ! », et pour cause, c’est un jeu tactique pour l’instant, le programme on le saura une fois l’élection finie. Et en fait on le connaît déjà, il sera imposé par l’appartenance à la zone Euro.

La fin du CDI

F.R. : Vous dites non seulement François Hollande ne va pas tenir ses promesses, mais en plus c’est lui qui va devoir flexibiliser le marché du travail, c’est lui qui doit remettre en cause ce que vous appelez « the famous CDI » le fameux CDI, contrat à durée indéterminée.

N.D. : C’est lui qui va devoir le faire dans la mesure où c’est lui qui sera élu. En d’autres termes, de toute façon, qui que soit le prochain président de la république française, c’est un travail qu’il va devoir faire, parce que tout simplement il y aura la pression des pairs dans la zone euro, c’est-à-dire de l’Italie, de l’Allemagne, de tous les autres pays. Quand vous regardez bien l’Allemagne au milieu des années 2000 a fait ce genre de réformes, l’Italie, l’Espagne sont obligés de le faire aujourd’hui, la Grèce aussi. Pourquoi la France pourrait-elle s’en dispenser ?

F.R. : Quel type de réforme ?

N.D. : Quelles réformes ? J’y viens. C’est le package typique de réformes qui a été imposé à la Grèce, qui est demandé aussi à l’Italie, qui est demandé aussi à l’Espagne, et c’est, si vous voulez, si on fait référence aux années 80, c’est ce qu’on appelle l’économie de l’offre, c’est ce qu’avaient fait en leur temps Reagan et Thatcher. L’Europe continentale a estimé qu’elle pouvait ne pas adopter ce modèle, c’est un choix de société, c’est un choix politique. Il se trouve qu’aujourd’hui le modèle traditionnel français, le modèle du CDI que vous mentionnez est en train d’arriver en bout de course. Il est à bout de souffle, quelque part. Et donc ce qu’il faut faire maintenant, c’est tout simplement le genre de réformes qui a été faite en Espagne récemment.

F.R. : Vous avez un encadré pour dire, en gros, le Royaume Uni et l’Irlande ont flexibilisé leur marché du travail, et ça a marché. En revanche, en Europe continentale, et notamment en France on a fait de la résistance, et finalement, on obtient des moins bons résultats.

N.D. : Oui, tout à fait. En Europe continentale, on a voulu s’épargner l’idée de faire un contrat de travail unique qui soit suffisamment flexible, et tout est dans le « suffisamment », c’est une question de bon dosage de la flexibilité, mais l’important c’est un contrat de travail unique, donc le CDI tel que nous l’avons connu, nous ne le connaîtrons plus normalement, ça c’est clair.

F.R. : Alors vous dites, « ça ne s’est pas fait en Europe continentale, alors que ça s’est fait au Royaume-Uni et en Irlande, donc aujourd’hui le moment est venu de flexibiliser le marché du travail en Europe continentale, on le voit en Espagne, on le voit en Italie, on le voit en Grèce… La France ne peut pas être le seul ilot à maintenir une rigidité sur son marché du travail dans une Europe qui flexibilise. »

N.D. : L’idée c’est de permettre aux entreprises d’avoir une plus grande flexibilité dans la gestion de leurs ressources humaines, de façon à ajuster au mieux leur personnel, leur force de travail, de façon a être les plus performantes. En d’autres termes, ça revient finalement à réduire substantiellement un certain nombre de garanties dont bénéficient, dont ont bénéficié jusqu’à présent les titulaires de CDI notamment. Et donc à imposer plus de flexibilité aussi sur les travailleurs. C’est là que ça va coincer, c’est là que ce sera problématique, parce que je ne suis pas certain qu’on pourra maintenir le modèle français tel qu’il est. C’est ça le point important. C’est que le conflit d’objectifs que va avoir François Hollande, c’est rester dans la zone euro et satisfaire les demandes de son électorat naturel. Les deux ne sont plus compatibles maintenant, on le voit depuis la crise grecque, il faudra qu’il fasse un choix. C’est pourquoi il est resté très prudent jusqu’à présent dans son expression publique.

F.R. : Juste une question qui vient comme ça… Vous vous êtes en CDI ou vousn’ êtes pas en CDI M. Doisy ?

N.D. : Je suis en CDI, bien évidemment… Euh voilà… (Rires.)

L’Eurozone

F.R. : Alors dans votre papier vous écrivez : « C’est regrettable pour François Hollande, mais la nécessité d’une libéralisation du marché du travail est le résultat direct d’une appartenance de la France à la zone euro, aussi ne peut-on avoir l’une sans avoir l’autre. » Donc la seule question est de savoir si François Hollande va ne serait-ce qu’essayer de respecter ses promesses, ou s’il va volontairement revenir dessus aussitôt élu.

N.D. : C’est exactement ça, et effectivement je vous remercie de citer ce passage, c’est probablement un des plus importants de la note – en passant la traduction est très bonne – c’est exactement ça, on est au pied du mur, alors beaucoup de français penseraient « c’est la victoire du modèle libéral »… Oui en quelque sorte, mais ensuite effectivement, la France sera au pied du mur, tout autant que l’Espagne l’est, tout autant que l’Italie, tout autant que la Grèce, tout autant que tous les pays qui n’ont pas fait ce genre de réformes…

F.R. : Ce que vous dites dans votre note, c’est, y aura quelqu’un de déçu.

N.D. : Oui, le marché ou les électeurs seront déçu.
Quelque part c’est un peu une répétition de 81-83. Pour ceux qui n’étaient pas nés à cette époque on va faire un petit point d’Histoire : en 81, alors qu’on venait d’avoir le choc pétrolier de 73- 74 et puis de 79, la France avait besoin précisément d’être plus flexible, mais François Mitterrand est élu sur un programme on va dire vraiment de gauche, très de gauche, très socialiste keynésien, relance par la consommation, etc. etc. Et tout ça pour qu’au bout de deux ans à peine, trois dévaluation du franc, en mars 83, après avoir perdu les élections municipales, François Mitterrand soit obligé de faire un complet demi-tour, et d’adopter les politiques de Madame Thatcher, de Monsieur Reagan à l’époque… Évidemment pas aussi ambitieuse, mais tout de même.

Qu’est-ce qui s’est passé à cette époque ? Le choix avait été très simple pour François Mitterrand, la question c’était : rester dans la construction européenne, dans le projet européen, ou en sortir. Et après avoir hésité, et apparemment failli quitter le SME, et donc le projet européen, la France a décidé d’y rester. Et donc la traduction de ça, ça a été ce qu’on a appelé la politique d’austérité, qui a duré des années, des années, des années, de désinflation compétitive…

Eh bien là la situation est un peu la même, si la France veut rester dans la zone Euro, il faudra très vraisemblablement qu’elle se plie à un certain nombre de programmes de réformes qui sont maintenant imposés, ou sinon l’idée sera que la France devra quitter la zone euro. Autant en 83 il était peut-être moins compliqué de quitter le projet de construction européenne, autant aujourd’hui ça risque d’être beaucoup plus compliqué. On l’a vu : si l’idée même de la sortie d’un petit pays comme la Grèce a causé une crise comme nous l’avons connue l’an dernier, je vous laisse imaginer pour la France…

La confiance

F.R. : Dans un premier temps vous dites, en gros, les marchés peuvent avoir confiance en François Hollande, parce que d’abord c’est quelqu’un de pragmatique, c’est un européen de cœur, donc il ne va pas remettre en cause l’appartenance de la France à la zone Euro et ainsi de suite… Et le troisième point : il était conseiller de François Mitterrand lorsque François Mitterrand a négocié le tournant de la rigueur en mars 1983, donc il en a gardé le souvenir de ça, donc il ne va pas commettre la même erreur aujourd’hui.

N.D. : Il me semblerait inconcevable qu’un homme de la formation et de l’intelligence de François Hollande qui a vécu l’expérience dont on vient de parler, c’est-à-dire 81-83, ne s’en souvienne pas. En gros l’alzheimer peut pas être aussi précoce que ça, et du moment où il s’en souvient, je ne vois pas comment à partir de là il serait capable de ne pas prendre en compte la réalité du marché telle qu’elle s’imposera à lui. Parce qu’il faut pas l’oublier : le marché s’imposera.
Donc je dis « ne vous inquiétez pas : a priori même si je ne suis pas dans le cerveau de François Hollande, ce que je vois ce qu’il y a tous les éléments nécessaires pour qu’il ait une approche tout à fait pragmatique… »
Et en plus, c’est visible pour ceux qui prennent le temps de scruter, François Hollande n’a pas promis le Grand soir. François Hollande n’a rien promis, parce que dans votre phrase y avait, l’hypothèse la plus optimiste, c’est celle où François Hollande prend ses fonctions et « revient sur ses promesses », mais il n’en a pas fait ! C’est ça mon point : il n’en a pas fait, ou il en a fait si peu que, finalement, de toute façon c’est comme si ça comptait pas. Donc il a gardé les mauvaises nouvelles pour plus tard.

Le danger

N.D. : Maintenant il y a un danger qui se présente, c’est la semaine qui vient de s’écouler, en particulier le week-end qui vient de s’écouler : on voit que Mélenchon est vraiment en phase ascendante, on a bien entendu ce week-end, François Hollande qui dit « oui, croyez moi, ça va être du sérieux ma renégociation du traité ». Mais bien sûr, il est bien obligé, parce que avant de gagner le deuxième tour, ceux qui ont connu 2002 savent qu’il faut gagner le premier, donc il est bien obligé de faire quelques concessions verbales à son électorat. Mais là encore je suis pas sûr qu’il ait été très spécifique sur sa renégociation. Et c’est pour ça, j’en reviens à ce point, il n’a pas fait de promesses, parce qu’il sait qu’il va devoir se renier par la suite, donc il essaie d’en promettre le moins possible pour que le retour de bâton soit le moins violent possible.

On voit la montée en puissance de Mélenchon. Ce qu’on se dit tout simplement, c’est que à partir de maintenant, il va bien falloir que Hollande commence à donner quelques gages à sa gauche, et c’est là que ça va devenir un peu plus compliqué pour lui, parce que les marchés vont commencer à comprendre, vous commencer à le sentir, c’est pour ça qu’il est resté très prudent jusqu’à présent dans son expression publique.

Tromper le peuple

F.R. : François Hollande dit « je vais demander la renégociation du dernier traité européen », vous, vous écrivez ça :

« François Hollande va avoir à naviguer à travers des forces dans la gauche, notamment à cause du référendum manqué de 2005, et dans cette perspective, vous écrivez, il serait politiquement intelligent que ses pairs de l’eurozone, ses partenaires allemands, belges italiens et ainsi de suite, permettent à François Hollande de prétendre qu’il leur a arraché quelques concessions, même si c’est faux en réalité. La demande de renégociation du traité serait alors utilisée pour tromper le public français, pour rouler – j’ai lu to ‘trick’ : rouler, tromper – pour tromper le public français, en lui faisant accepter des réformes convenables, dont celle du marché du travail. »

N.D. : Oui, alors, avant d’entrer dans le fond du sujet je voudrais préciser un point : les gens de marché s’expriment de façon très directe, donc le vocabulaire que j’ai pu choisir dans la citation que vous venez de lire, ça paraîtra peut être excessif a beaucoup de vos auditeurs. Maintenant, c’est vrai que voilà, on ne va pas s’embarrasser de finasserie, on va aller directement au point.
De « rouler » les électeurs français, c’est peut être un mot quand même excessif, l’idée c’est de dire : ce sera une concession en quelque sorte de façade qui aura été faite à François Hollande et au peuple français entre guillemets, de façon à ce que tout le monde constate qu’à la fin des fins, il les faut bien les autres réformes, les fameuses réformes structurelles dont personne ne veut entendre parler.
Le mot rouler les électeurs est peut- être un peu fort, je regrette qu’il soit traduit comme ça en français, peu importe, c’est pas très grave, mais à défaut de les rouler, ça va leur permettre de peut-être prendre conscience qu’il y a un certain nombre d’idées qu’ils ont en tête, qui ne peuvent pas marcher, même s’ils en sont convaincus. Ce que je suis en train de dire, c’est qu’il y a un petit théâtre, le script est un peu écrit, si on est malin on s’écartera pas trop du script, et de cette façon là on arrivera peut- être à faire passer la pilule de façon un peu plus simple que ça n’avait été le cas au début des années 80.

F.R. : Alors je reviens sur cette phrase. Ce que vous dites c’est, admettons, y a un sommet à Bruxelles, François Hollande demande une partie sur la croissance, les autres européens ils vont faire comme si « bon ben d’accord, on t’accorde ça », il rentre ici en France en disant « regardez ce que j’ai obtenu », et du coup il peut dire derrière « eh ben, en échange nous on va libéraliser notre marché du travail ».

N.D. : Vous avez parfaitement compris le sens de mon propos, c’est exactement ça. C’est une petite mise en scène, c’est un petit théâtre, alors faut pas avoir l’impression que je fais de la théorie du complot et qu’on manipule tout le monde, et c’est juste que vous avez un électorat qui a un certain nombre d’idées préconçues. Elles sont fausses peut être, n’empêche que c’est les idées que l’électorat porte, et là y a de la pédagogie à faire.

F.R. : C’est déjà un peu ce qu’il s’est passé en 1997 : en 1997, Lionel Jospin est élu avec la gauche plurielle en disant ce pacte de stabilité je n’en veux pas, donc il va à Amsterdam, on lui fait rajouter Pacte de stabilité et de croissance, et il revient en disant « regardez y a le mot croissance dans le titre ».

N.D. : Vous avez tout compris. C’est pas l’exemple que j’avais en tête quand j’ai écrit la note, mais oui vous avez raison, c’est exactement ça. J’avais pas en tête l’exemple, mais vous avez entièrement raison, c’est exactement ça. C’est…Alors certains pourraient considérer que c’est une manipulation, moi je pense pas que ce soit une manipulation, c’est juste une façon d’arrondir les angles, on va dire, voilà.

La formule

F.R. : Vous concluez sur les deux mesures nécessaires. C’est :
1) couper dans les dépenses publiques
2) libéraliser le marché du travail ; et vous dites le vrai défi pour François Hollande est de
trouver la formule politique pour le vendre au public français.

N.D. : Bien entendu, il faut trouver la formule pour vendre ça au peuple français. Je suis pas le conseiller de François Hollande, c’est pas mon rôle de définir le message qu’il doit porter. Mais je voudrais quand même citer un exemple historique, c’est celui de la Pologne qui quitte le communisme et qui fait sa transition vers l’économie de marché au début des années 90. La Pologne est connue pour avoir subie ce qu’on appelait la thérapie choc, c’est-à-dire que eux ils se sont pas embarrassés de beaucoup de précautions, ils y sont allés franco d’un seul coup dès le début. Ils ont fait la totale des réformes quasiment en un an ou deux. Ça a été extrêmement douloureux pour la population polonaise, mais ce qu’il faut savoir c’est que la Pologne est le pays qui s’en est sorti le mieux, le plus vite, quand on le compare à ses pairs.

Le sujet n’est pas là, le sujet c’est comment cela est il possible ? Pas seulement parce qu’il y avait la détestation des communistes, mais parce qu’il y avait aussi un gouvernement où il y avait un ministre des affaires sociales et du travail qui allait régulièrement à la télévision expliquer à la population pourquoi on fait ces réformes, que certes c’est douloureux, certes ça fait mal aujourd’hui, mais les bénéfices viendront plus tard. Que si on ne fait pas ce genre de travail aujourd’hui, demain ce sera encore pire qu’aujourd’hui, et ainsi de suite. C’est un effort de pédagogie.
Regardez maintenant Monti. Mario Monti aux affaires en Italie, c’est quand même assez frappant. C’est un homme qui fait les réformes les plus impopulaires que le peuple italien pouvait imaginer, et qui se trouve être le Premier ministre le plus populaire de l’après guerre ou presque. Donc y a vraiment un sujet sur la communication avec l’électorat, le peuple, et une façon de faire passer les messages. Ça, moi j’ai envie de dire, c’est ce pourquoi les hommes politiques sont payés, c’est leur métier, j’espère juste que François Hollande trouvera la bonne formule.

L’angoisse

F.R. : Si je fais un récapitulatif, je me suis amusé à faire des cas à partir de votre document :
Le cas n°1, c’est François Hollande est conciliant et il revient de lui-même sur ses maigres promesses de campagne et il libère le marché du travail et en finit avec le CDI comme norme de travail.
Cas n°2, il lui faut une petite pression de ses partenaires européens, une petite concession qui lui sert de prétexte, et derrière il libéralise le marché du travail.
Cas n°3, il refuse de se plier à ce programme, à cette injonction, et alors les marchés vont le punir, le rappeler sérieusement à l’ordre.

N.D. : Oui.

F.R. : Donc là, jusque-là dans les trois cas, quand vous dites, « soit les électeurs, soit les marchés seront déçus », dans les trois cas c’est toujours les électeurs qui seront déçus et les marchés qui gagnent ?

N.D. : Oui oui. Eh bien regardez la Grèce, regardez l’Espagne, regardez l’Italie, regardez tout ce qui se passe en Europe depuis 2010, on a bien vu que de toute façon, à la fin, c’est le marché qui l’emporte. Je ne vais pas encore dire que le marché a nécessairement raison au sens moral du terme, en tout cas il aura raison factuellement puisqu’il s’imposera, c’est clair. Donc, c’est de ce point de vue-là que je le dis, oui en effet. Vous avez raison, les électeurs risquent d’être plus perdants que les marchés.

F.R. : Je propose un quatrième cas, l’irruption du peuple sur la scène de l’Histoire.

N.D. : La prise de la Bastille numéro 2.

F.R. : Hier, à Paris, y avait, bon, on va pas chipoter, 80 000, 90 000, 100 000, 120 000 manifestants à l’appel du Front de gauche. Si, comme en 1936, on avait une élection qui s’était suivie de mouvements de masse, de manifestations, de grèves…

N.D. : Qu’est-ce qui se passerait en Europe ? Ben là je crois que c’est le gros coup d’angoisse, parce que si, quand les grecs manifestent, on a déjà une Europe qui se sent sur le point d’exploser, je vous laisse imaginer pour la France. C’est bien pour ça que je passe mon temps à répéter dans cette note que j’espère bien que François Hollande se souvenant de ses années de formation en 81-83 auprès de François Mitterrand évitera précisément de laisser se développer ce genre de scénario à nouveau, ou en d’autres termes trouvera la formule politique qui lui permet de vendre les réformes à la population française d’une façon qui soit acceptable…

À la revoyure…

F.R. : Je vous propose quelque chose pour terminer : qu’on se retrouve dans six mois, par exemple, à l’automne, et on fait le point pour voir où on en est dans votre scénario.

N.D. : Lequel des trois...

F.R. : Voilà, lequel des trois advient ?, où est ce qu’on en est ?, est-ce qu’effectivement y a eu des négociations ?, on a rajouté croissance dans le titre à la fin ?, vous voyez, ce genre de choses là.

N.D. : Eh pourquoi pas, avec plaisir, on a une conférence je crois à Paris au mois de septembre, je vous recevrai à ce moment-là avec plaisir.

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 16:08
 
 
   
L’urbanisme contemporain, c’est magique : une décision made in gouvernement Raffarin, un maire surexcité par l’opportunité d’imprimer sa marque sur la région, quelques champions de la rénovation urbaine, et paf : une ville en devient une autre. Lens, aux forceps, accueille une antenne du Louvre, qui ouvrira fin 2012. Et tout doit s’y plier. Un simple musée ? Nope. Un bulldozer. Visite guidée.

« Le radeau de la méduse » - Théodore Géricault, 1819

  
  
   
La cause est entendue – enfin, il paraît. Lens serait une ville morte. Et à parcourir son centre-ville un matin de janvier, bruine saumâtre et rues désertes en arrière-fond, le naufrage semble avéré. Sortie de gare, le premier coup d’œil est pour l’Apollo, joli bâtiment art-déco qui tombe en ruine : le dernier cinéma de la ville a fermé en 2000. 36 000 habitants et pas un endroit où voir une toile ? Bigre. Le reste est à l’avenant : rues commerçantes fantomatiques où les agences bancaires règnent en maître, bistrots désertés, commerces fermés... Médusé, j’écoute quelques vieux de la vieille expliquer devant leur premier ballon du jour que le centre-ville s’est « déplacé » dans la zone commerciale : Cora, Auchan, Leroy-Merlin et tout le tralala périphérique. « Ça s’est fait progressivement, on n’a pas vu venir le coup. Aujourd’hui, il faut prendre la bagnole dès que tu as besoin de quelque chose d’autre que d’une baguette. » Les Pages Jaunes confirment, qui répertorient 31 banques et 20 sociétés d’assurance en centre-ville, contre 16 boulangeries et 2 boucheries. Ici, plus facile d’ouvrir un PEL que de trouver un beefsteak...
Côté chiffres ? Enlisement confirmé. En 2008, le taux de chômage dépassait les 23 % à Lens, soit largement plus que la moyenne départementale (14,9 %) ou nationale (11,1 %)1. Peu de travail, guère plus d’argent : le revenu moyen par foyer fiscal plafonnait la même année à 15 253 euros – peu ou prou 5 000 euros de moins que pour la région Nord-Pas-de-Calais et 8 000 en-dessous de la moyenne nationale. Grand écart. Cerise sur le terril, le FN s’est révélé plutôt costaud aux dernières élections – 25,42 % aux régionales de 2010 pour la candidate Le Pen2.
Un militant local a beau s’insurger (à raison) lorsque j’évoque une ville « sinistrée » – « Faut faire gaffe aux mots ; vous trouvez qu’on a l’air sinistres ? » –, la grisaille ambiante colle aux basques. Attablé au comptoir d’un rade un peu fréquenté, le Tout va bien, Raymond, ex-chauffeur routier à la voix rocailleuse, s’échauffe en pointant la rue : « Tu vois l’avenue, là ? Il y a quinze ans, il y avait de l’animation, des gens partout, des commerces, des marchés. Aujourd’hui, il n’y a plus rien, c’est triste à mourir, une cité dortoir. Moi je m’en fous, j’ai vécu des jours meilleurs. C’est pour les jeunes que c’est triste. »

« La naissance de Vénus » - Sandro Botticelli, 1485

  
  
  
  
  
Difficile de le nier : Lens a la gueule de bois. Les dernières mines ont fermé en 1990 ; pas grand-chose, depuis, pour combler le vide. Un temps, le foot a donné le sourire à la ville, avec un surprenant titre de champion de France en 1998. Las, le club est désormais moribond, cantonné à la ligue 2. Et son ancien président emblématique, l’ « enfant du pays » Gervais Martel, vient d’être mis en examen pour « corruption privée et recel d’abus de biens sociaux ». Tout un symbole3.
C’est dans ce paysage un tantinet morose que le projet Louvre-Lens a été lancé en 2004. Il y avait d’autres villes au portillon, Calais ou Arras notamment, mais Chirac et Raffarin ont tranché : à Lens, la timbale. Depuis, les élus locaux n’ont que le musée à la bouche ; parlent Louvre, rêvent Louvre, pontifient Louvre. Tout doit s’effacer pour qu’enfin la Vénus urbaine sorte de son vilain coquillage. Même le passé minier est mis à contribution : l’office du tourisme, dans les starting-blocks, évoque ainsi avec enthousiasme le ticket gagnant Louvre/corons4. Et Daniel Percheron, président du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, ose carrément : « Ainsi, les mineurs qui remontaient chaque jour vers la lumière obtiennent justice. Et quelle justice ! »5. L’antenne du Louvre ouvrira d’ailleurs ses portes le 4 décembre 2012, pour la Sainte Barbe, la fête des mineurs. Germinal et La Joconde sont dans un bateau ; qui tombe à l’eau ?

« La liberté guidant le peuple » - Eugène Delacroix, 1830

  
  
  
Difficile de faire un pas dans Lens sans tomber sur une reproduction du fameux tableau de Delacroix célébrant la révolution de 1830, transformé en affiche promotionnelle pour vanter le futur musée. Le peuple guidé par la Liberté franchit les barricades ; à ses côtés, le Crédit Agricole, Véolia, Orange et les autres sponsors du projet... Le tableau est même reproduit, format XXL, dans l’enceinte du stade Bollaert, patrie des footeux du coin. Pas loin du centre, une horloge numérique tient le décompte des jours restants avant l’ouverture en fanfare – « J - 314 » lors de mon dernier passage –, juste au-dessus de la Liberté triomphante : tic-tac, la révolution (urbaine) approche.
L’intronisation du tableau de Delacroix au rang d’outil marketing omniprésent n’a rien d’innocent. Il symbolise à la perfection cette « marque » Louvre censée amener la prospérité sur Lens ; après La Joconde, c’est sans doute le tableau le plus connu du musée parisien. Surtout, il porte un message subliminal fort : l’équipe municipale vous guide vers le bonheur, ralliez-vous à sa bannière. Une fuite en avant qui n’admet pas la remise en cause : quel genre de salaud oserait stopper la course de la Liberté ? Le Lens-rocket est chargé à la poudre républicaine, pas question de critiquer un projet chiffré à 150 millions d’euros6. « À Lens, on Louvre pas, on la ferme », rigolent certains.
Pourtant, rares les convaincus dans les rues de Lens. Certains sont fatalistes, comme ce patron de bar bientôt exproprié pour cause d’aménagement urbain : « C’est sans doute la seule chose qui peut nous sauver. Bien sûr que ça a l’air absurde. Mais quelle autre solution ? » D’autres, moins conciliants, prédisent un raté d’envergure. « Ça va faire un flop du tonnerre : tu pourrais ramener la Grande Pyramide et les Champs-Élysées, ce serait pareil. Il s’agit de Lens, les touristes ne sont pas stupides », balance Raymond, rigolard. Bref, hors décideurs, l’enthousiasme n’est pas vraiment au rendez-vous. Mais voilà : la machine est lancée. Et tant pis si la Marianne républicaine a de faux airs de Louis XIV...

« Louis XIV en costume de sacre » - Hyacinthe Rigaud, 1701

  
  
Ce tableau-ci a également les honneurs du stade de Lens, en mode poster géant. Perché sur la façade extérieure, un Louis XIV gigantesque (23 mètres de haut) et majestueux jette un regard dédaigneux sur les grappes de supporters sang et or qui défilent à ses pieds les soirs de match. Les esprits chagrins n’ont pas tardé à faire le rapprochement entre le Roi Soleil et l’astre politique majeur de Lens, Guy Delcourt, maire PS de la ville depuis 1998. De l’avis de tous, sympathisants comme opposants, l’homme n’est pas du genre commode. « C’est un sanguin, il vaut mieux ne pas aller au contact avec lui, soupire un habitué des conseils municipaux. Il flatte beaucoup son ego, ne se remet jamais en question. » Un autre le décrit en « Brejnev du Nord », régnant sur le Conseil d’une main de maître. Et le maître sait ce qu’il veut : imprimer sa marque sur la ville, comme a pu le faire Martine Aubry, voisine jalousée pour avoir su transformer la plus prospère Lille en bobo-land cultureux. Un mélange de complexe régional mal géré et de syndrome Napoléon – option campagne de Russie. Car Guy Delcourt est catégorique : « Lens va figurer sur la carte d’Europe grâce au Louvre. »7 Pas moins. Il faut donc mettre la main à la pâte, dresser un plan de bataille ambitieux, qui ne se cantonne pas aux 20 hectares dévolus au seul projet Louvre-Lens. Bref : sortir le bulldozer.
La culture n’a jamais été le dada de Monsieur Delcourt. Il aime la « marque » Louvre, ce qu’elle annonce et permet en matière de développement urbain et de modernisation aux forceps, pas les vieilles pierres. En août 2010, il lançait ainsi la démolition d’un bâtiment classé au patrimoine historique, n’hésitant pas à vilipender « le diktat des fonctionnaires de l’État qui s’autorisent à décider à la place des élus locaux ». Hélas ! Une mise en demeure de la préfecture a stoppé les pelleteuses à mi-chemin. Déclenchant les protestations de l’intéressé, « sidéré par la promptitude avec laquelle les services de l’État ont réagi ». On ne peut plus démolir en paix.
Mais les ennemis du modernisme ont beau entraver ses beaux projets destructeurs – il a lui été interdit de s’en prendre à la façade art-déco de l’ancien cinéma Apollo ou de lancer la construction d’un hôtel cinq étoiles dans les jardins des Grands Bureaux8 –, lui ne se laissera pas si facilement stopper. Louis XIV a eu son Versailles, Guy Delcourt aura son Louvre. Massif et clinquant.

« L’enlèvement des Sabines » - Nicolas Poussin, 1637

  
  
  
  
Qui dit projet pharaonique dit populations sacrifiées. Romulus lança ses troupes en manque de compagnes sur les naïves Sabines, Guy Delcourt, plus modeste, lâche ses architectes, paysagistes, chefs de projets et autres aménageurs sur les populations vivant aux abords du futur musée. L’écrin doit être à la hauteur du public attendu, et notamment de ces Japonais fantasmés comme Graal touristique suprême (« Où logera-t-on les Japonais ? », s’angoisse ainsi un entrepreneur du coin dans La Voix du Nord9). Pour les accueillir comme il se doit, les établissements de luxe ne suffisent pas, non plus que la rénovation annoncée des 1 000 hectares environnant le musée ; il convient d’également construire un sas entre le musée et la ville, d’éviter les interactions avec les zones moins « reluisantes ». D’où le projet d’une sorte de « coulée verte » menant directement de la gare au musée, corridor végétal qui encadrerait les déambulations. « Dans ce projet, tout est fait pour que le touriste ne sorte pas des sentiers balisés, explique Ahmed, amer, rencontré au coin d’une rue. Ça se comprend, il vaut mieux qu’ils ne voient pas le vrai Lens... »
Aux alentours du site, pas franchement bobo, tout doit changer. L’ancien centre culturel Albert Camus, qui offrait un embryon de vie associative populaire, a cédé la place à la Maison du projet, grand cube blanc qui propagande le barnum à venir. Emblématique. Le vélodrome qui lui faisait face a été démoli ; ici sera érigé un hôtel de luxe. Quant aux cités environnantes, elles ne feront sans doute pas long feu. L’exemple du 104 à Paris, lieu censé « réconcilier » les classes populaires parisiennes du XIXe arrondissement avec l’art, fait office de jurisprudence : à court terme et dans les abords proches, les prix montent et la population change. Exit les prolos. Dans le cas du Louvre-Lens, il suffit de lire la prose de Dominique Soyer, directeur général de la Soginorpa10, pour deviner le tour que prendront les événements : « On commence à travailler sur les cités autour du Louvre pour effectuer du relookage tout en traitant la population sur place. »11« Relookage », « traitement » de la population, le registre de langage ne trompe pas : les indésirables (comprendre : les pauvres) seront vite délogés.
Les premiers travaux d’aménagement impliquent de raser quelques bâtiments, d’exproprier des commerces et des habitants. Fatalistes, les concernés protestent peu. Le bar Le Calamity sera bientôt livré aux pelleteuses, mais son patron n’en fait pas une montagne - « C’est devenu tellement désert dans les environs que j’aurais fermé de toute manière. » Par contre, il livre l’adresse d’un voisin qui refuse de se faire évacuer. Après quelques coups de sonnettes, la porte s’entrebâille et un visage méfiant s’encadre dans l’ouverture. Dialogue lapidaire : « Vous voulez quoi ? » ; « J’ai rien à dire » ; « Ils m’auront pas. Je bougerai pas ! » ; « Au revoir ».
Lui est l’exception. Il n’est finalement pas si simple de rejeter en bloc l’installation de cette antenne du Louvre. Parce que la ville a clairement besoin de trouver « quelque chose » pour renaître de ses cendres. Et que l’idée de base agitée en trompe-l’œil dans les discours dominants est généreuse – rapprocher classes populaires et « grande » culture. Sur le papier, ça semble tentant. Mais il importe d’aborder le sujet avec les bonnes questions, à l’instar du militant précédemment cité : « Je n’oppose pas culture et social ; pour moi, les deux vont ensemble. Et l’idée d’avoir un grand musée à Lens me plaît. Par contre, il faut questionner la manière de mener ce projet et le public visé. »

« Luxe, calme et volupté » - Henri Matisse, 1904

  
  
C’est un cabinet d’architectes japonais, Sanaa, qui a décroché le contrat du Louvre-Lens. Jackpot. À voir la maquette, ils ont fait du beau boulot. Sur les 22 hectares du site seront disséminés une dizaine de bâtiments aussi imposants qu’apaisants, tout en légèreté, avec jardins zen de-ci de-là. Au cœur du projet, la Galerie du temps – qui accueillera 250 œuvres prêtées par le musée parisien –, gigantesque rectangle de verre et de métal, symbolise l’orientation architecturale choisie, entre Starck et Jean Nouvel. Frais et aérien. Branché. Du verre partout, du vert ailleurs. Sur un mur de la Maison du projet, ces quelques mots pour résumer l’approche : « Harmonie ; reflet ; transparence ; fluidité ; lumière ; légèreté. » L’heure est au rhabillage pseudo-écologique12, quasi new age. Luxe, calme, volupté. Et pouvoir d’achat.
Lens, pour les touristes, se vitrifie, change de couleur : du rouge des corons au vert des « cordons boisés », des « espaces végétaux » et des « rideaux de plantations », le tout en « mode doux »13. Maintenus hors de la « vraie » ville, les visiteurs trouveront leur bonheur en suivant le parcours fléché proposé. Dans et hors du Louvre. À la manœuvre, une génération d’architectes, d’aménageurs, d’urbanistes, qui appliquent la même recette à chaque nouveau projet – de Bilbao14 à Lille –, pure optique de carrière. Lens avec les loups. « L’urbanisme moderne, c’est du ’copier-coller , écrivait A. D. dans le numéro de mars-avril 2011 du journal lillois de contre-informations La Brique15. Si une technique fonctionne à un bout de l’Europe, elle refera surface, ailleurs, sous une forme à peine retouchée. » Le Louvre-Lens s’inscrit dans cette veine porteuse, l’habillage verdâtre – green washing – suffisant à justifier un projet absurde et mégalo.

« Mickey Mouse » - Andy Warhol, 1981

Tirant comme un furieux sur sa roulée, José, la quarantaine désœuvrée, chemise à carreaux et yeux roulant comme des billes, tente d’expliquer ce qui le dérange dans ce projet. Soit, il déteste le maire, qu’il gratifie d’imprécations savoureuses. Mais il a surtout vu Lens péricliter, le centre se vider et les inégalités se creuser ; le Louvre parachèvera le processus, dit-il. José parle à cent à l’heure, parfois confus, mais une phrase revient souvent - « Ça va juste accentuer le fossé entre pauvres et riches. » Et puis, foin de musée : il s’agit juste d’un « parc d’attraction pour les gogos friqués ».
Bien vu. Ce qui se met ici en place relève davantage du Mickey démultiplié en mode Warhol que de l’éducation populaire. Il s’agit de créer un monde artificiel, faussement ouvert, pour évacuer la population actuelle, la repousser hors des limites du lieu fantasmé. Le public visé – les décideurs tablent sur 700 000 visiteurs la première année – est propre sur lui, doté d’un portefeuille conséquent. Il présente bien, dépense bien. Et aime cette reproduction d’un univers culturel qu’on lui présentera aussi bien à Bilbao qu’à Metz16, Paris, Lille, Bruxelles ou Madrid. Son attente ? Un cadre uniforme et rassurant, bordé de symboles fédérateurs, piliers de la culture globale. C’est ainsi que le Louvre, à Lens comme à Abou Dhabi17, accomplit son devenir « marque » et devient l’équivalent de Disney : un vecteur d’uniformisation.
C’est un détail, mais il dit beaucoup. Norbert Crozier, l’actuel chef de projet de Mission Louvre-Lens Tourisme, est trop jeune pour avoir un CV gonflé aux hormones. Mais il affiche fièrement dans son « parcours en trois points » une étape éloquente : « Mise en place d’une offre de tourisme culturel pour Disneyland Paris18. » Interviewé dans le supplément Louvre-Lens de L’Avenir de L’Artois, le même livre sa philosophie : « Notre travail est d’écrire un scénario pour développer le tourisme. Nous sommes les metteurs en scènes, les acteurs sont les touristes et les décors sont les lieux. » Comment ils disent, déjà, chez Disney ? Ah oui : « Bienvenue dans un monde de magie ! »
 (source texte : Article11...avec l'accord de l'équipe)
Tout est politique
  
  
  
notes :
  
1 Il s’agit des chiffres de l’Insee pour les 15-64 ans.
2 Pire, le seul canton de la ville renouvelable aux élections cantonales de 2011, celui de Lens-Nord-Est, propulsa le candidat FN au deuxième tour, où il engrangea 43,45 % des voix.
3 Autre figure de la région, Jean-Pierre Kucheida, maire de la ville limitrophe de Liévin, batifole lui-aussi dans le pétrin judiciaire sauce PS Ch’ti.
4 Les mêmes se prennent à rêver de lui adjoindre une troisième entité : les nécropoles de l’Artois, souvenir d’une Première Guerre mondiale qui n’épargna pas Lens. Veinards de touristes.
5 Les 1 099 morts de la catastrophe de Courrières – 10 mars 1906, grisou – et les dizaines de milliers de mineurs qui se sont tués à la tâche dans les mines des environs sont ravis.
6 La majeure partie du Louvre-Lens est financée par l’État, l’Europe et la région Nord-Pas-de-Calais. Ce chiffre de 150 M€, qui n’a cessé d’augmenter depuis l’annonce du projet en 2004, ne concerne pas les nombreux aménagements urbains qui accompagneront l’installation du Louvre à Lens.
7 Lens info métropole, novembre 2011.
8 Bâtiments qui accueillaient par le passé les bureaux somptueux de la Compagnie des mines de Lens et qui sont aujourd’hui occupés en partie par l’Université.
9 Édition du 18 novembre 2011.
10 Société gérant un immense parc de logement issu des compagnies minières du Nord-Pas-de-Calais. Détail piquant : Jean-Pierre Kucheida, maire de Liévin récemment mis en examen pour diverses malversations financières, était jusqu’ici le président de cette société, dont il aurait utilisé la carte bleue avec une certaine prodigalité... Le monde est petit.
11 La Voix du Nord, 18 novembre 2011.
12 Lire à ce sujet l’ouvrage de Tomjo, intitulé L’Enfer vert, qui souligne l’influence néfaste des écolo-technocrates lillois, anciens opposants virulents désormais meilleurs alliés du système. À commander sur le site de La Brique.
13 Prose piochée dans Lens Info Métropole, janvier 2012.
14 Le gigantesque musée Guggenheim de Bilbao a ouvert en 1997. Son implantation « réussie » – les chercheurs parlent d’un « effet Guggenheim » – est souvent citée par les décideurs lensois.
15 Article à lire ICI.
16 Qui accueille aussi son musée délocalisé, avec une antenne du Centre Pompidou.
17 Une franchise du musée du Louvre y ouvrira en 2013.
18 Lens info métropole, janvier 2012.
 
 
 Cité rouge
 
 
 
 
 
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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 21:20

On ne saurait attendre de meilleur moment que la période électorale actuelle pour reparler de la Commune de Paris. Alors que tant de bons citoyens se préparent à renouveler leur servitude dans les urnes mises à leur disposition, il n’est pas inutile de se rappeler qu’une population d’un tout autre genre, à Paris et plus brièvement dans quelques grandes villes de province, choisit quant à elle, il n’y a même pas 150 ans, de se soulever et de prendre ses affaires en main.

Loin de se résumer à un sursaut patriotique visant à libérer Paris du joug prussien, la Commune fut sans doute l’expérience révolutionnaire la plus avancée jamais survenue en France : en seulement neuf semaines, entre le 18 mars et le 29 mai 1871, la Commune de Paris sut non seulement prendre des mesures qui feraient pâlir plus d’un Indigné d’aujourd’hui, mais surtout élaborer des formes de pouvoir authentiquement anti-autoritaires. La République, qui n’a jamais cessé par la suite d’être versaillaise, ne s’y est pas trompée, multipliant les avenues et places « Thiers » en signe de gratitude au boucher qui parvint à rétablir l’ordre.

Comment des anarchistes, partisans des mandats impératifs révocables à tout instant, ont pu coexister avec des blanquistes, plutôt adeptes des changements révolutionnaires sous la conduite d’une élite ? En quoi les idées et les pratiques mises en œuvre à l’époque peuvent-elles instruire le contexte qui est le nôtre ?

Venez-en discuter au CCL, rue de Colmar à Lille, le 19 avril à partir de 21 heures, avec Jean-Philippe Crabé, auteur du livre « Les anarchistes et la Commune de Paris ».

 

 

 

 

 

 

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 15:26
 
 
 
Jean Grenet, le maire de Bayonne, a annoncé ce matin qu’Alain Afflelou serait le sponsor des prochaines fêtes de Bayonne, du mercredi 25 au dimanche 29 juillet 2012, à raison d’un engagement de 500 000 euros. Un partenariat éventuellement renouvelable pour les prochaines éditions de 2013 et 2014.
 
C’est la première fois qu’un investissement privé de cette importance est opéré dans le cadre des célèbres festivités bayonnaises. La mairie de Bayonne est engagée depuis plusieurs mois dans la recherche de solutions pour amortir le coût de cette manifestation de renommée internationale, dont la facture pour le contribuable s’élève à 1,5 million d’euros
 
(sudouest.fr)
 
Il est FOU Afflelou
 
SCANDALEUX !!
L'enseigne d'optique et lunettes "Alain Afflelou" offre la somme astronomique de 500.000€ pour l'organisation de corridas à Bayonne!
La tauromachie étant économiquement déficitaire, c'est notamment à cause de tels financeurs privés qu'elle perdure!

Cette enseigne est très représentée en Belgique et les porteurs de lunettes qui aiment les animaux doivent savoir qu'en achetant chez Afflelou, ils financent la torture.

Nous vous invitons à le contacter en masse afin de lui faire part de votre indignation et de votre refus de participer à la torture d'animaux en achetant ses produits.

Pour les Belges :

http://www.alainafflelou.be/  entreprise/contactez   ou   cbolton@afflelou.net
 
Pour les Français :

0 800 74 98 40 (appel gratuit)
http://www.alainafflelou.fr/  entreprise/contactez

 
 
 
 
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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 14:38

 club du livre libertaire

 

Une plaisanterie assure que lorsque quatre anarchistes sont dans la même pièce, les disputes ne sont pas loin. Si la vanne repose sur un petit fond de vérité, le Club du Livre Libertaire fait la démonstration inverse. C’est ainsi que 31 éditeurs libertaires peuvent présenter des centaines de livres neufs à prix réduit dans un catalogue commun. L’édition 2012 est alléchante.

 

Qui aurait parié sur la survie du Club du Livre Libertaire quand l’idée est venue dans l’esprit des fondateurs des éditions Libertaires en 2005 ? Pas grand monde. Et pourtant, elles sont (presque) toutes là aujourd’hui. Aux éditions Libertaires se sont jointes Marginales, Praz, La Gouttière, Places d’Armes, Le Flibustier, Réfractions, Spartacus, Nautilus, Attrape-Sciences, L’Insomniaque, L’Impossible, Le Monde Libertaire, Le Coquelicot, La Digitale, Tops, La Gréneraie, No Pasaran, la Libre Pensée Autonome, l’Association pour l’Art et l’Expression libre (AAEL), Acratie, Le Mot et le Reste, CNT-RP, Alternative Libertaire, Révolution Intérieure, Dessin’Acteurs, Chien Rouge, Colibri, l’Association des Amis de Han Ryner, Ivan Davy. Des éditions aux histoires différentes, aux sensibilités variées, aux fonctionnements multiples.

Pour son catalogue 2012, soixante-quatre pages bien pleines, on trouve de quoi rassasier les appétits politico-historico-littéraires les plus gourmands. De Jacques Lesage de La Haye à Alexandre Jacob en passant par Stig Dagerman, Claire Auzias, Pierre Kropotkine, Eugène Dieudonné, Michel Bakounine, Fernand Pelloutier, Octave Mirbeau, Emile Pouget, Sébastien Faure, Rudolf Rocker, Daniel Guérin, May Picqueray, Benoist Rey, Jean-Marc Raynaud, Jean-Pierre Levaray, Maurice Joyeux, René Lochu, Abel Paz, Yannis Youlountas, Pierre-Joseph Proudhon, Errico Malatesta, René Berthier, Rirette Maîtrejean, Ernestine Chasseboeuf…, morts ou vifs, ils et elles diffusent tous et toutes leurs belles graines d’ananar.

Leurs livres (ignorés des médias et pas toujours faciles à trouver en librairie) nous parlent de la résistance zapatiste, du manifeste lesbien, de grève générale, de la connerie militariste, d’art et d’anarchie, de Freinet et de l’Ecole moderne, de la Palestine, des anars dans l’affaire Dreyfus, de la Commune de Paris, de l’insurrection de Cronstadt, du contrôle des naissances, de la peste brune, de la Patagonie rebelle, de décroissance, de philosophie, du salariat, de Louise Michel, des affiches de la révolution espagnole, des bagnes d’enfants, de la mort de l’asile, de la bande à Bonnot, de l’Ukraine libertaire, du Larzac, de l’histoire du 1er Mai, de Radio libertaire, de Mai 68, d’anticléricalisme, des prisons, d’alternatives, de révolutions, de syndicalisme, de la grève des électeurs… Essais, romans, manifestes, livres d’anticipation, bandes dessinées, livres d’art, brochures, biographies, revues, témoignages, livres jeunesse… démontrent la vigoureuse bibliodiversité des éditeurs libertaires.

Grâce à l’ardeur des initiateurs, à la qualité du travail des éditeurs et au réseau d’adhérents relais, le Club du Livre Libertaire s’étend un peu plus chaque année. L’attractivité des prix est aussi un bel argument pour les lecteurs et les lectrices peu fortuné-e-s en ces temps difficiles. Une remise de 30% est en effet accordée aux membres qui prennent une adhésion de 15€ pour douze mois (chèques à l’ordre de CLL). Il n’y a bien sûr aucune obligation d’achat ni envoi d’office chez les adhérent-e-s.

Alors, qu’attendez-vous pour vous aventurer dans ce vaste champ social où fleurissent de très beaux bouquets de pensées sauvages ? Nous en avons bien besoin pour construire un autre présent.

On peut demander le catalogue du Club du Livre Libertaire en écrivant à CLL Les Ginestes 81350 Crespin ou à clubdulivrelibertaire@orange.fr. Il est encore possible de le consulter sur le site du club.

 

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De nombreux éditeurs membres du Club du Livre Libertaire seront présents au SALON DU LIVRE LIBERTAIRE qui se tiendra les vendredi 11 mai (14 h à 21 h), samedi 12 mai (10 h à 20 h) et dimanche 13 mai (10 h à 16 h) à l’Espace d’animations des Blancs Manteaux 48, rue Vieille-du-Temple 75004 - Paris (métro lignes 1 ou 11 : station Hôtel de Ville ou Saint-Paul). Entrée à prix libre.

 

 

 

 

  Rappel : 1° mai, salon du livre à Arras

 

Affiche-2012

 

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 19:13
 
 
 Bande annonce :
 
 

Les films en sélection : 

Ca y est, la liste de tous les films sélectionnés en compétition et hors compétition de la 14e édition est consultable en ligne.

Nous avons reçu près de 1500 Très courts cette année. Beaucoup de films de qualité, ce qui a donné lieu à de nombreux débats passionnés et l’équipe de sélection a eu fort à faire pour arrêter ses choix.

Tous n’ont malheureusement pas pu être retenus, merci à tous les réalisateurs qui nous ont proposé leurs créations.

 
 
 
en savoir plus ICI
 
 
 
 
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