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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 14:22
 
PRENEZ LE TEMPS
 
En 2007, nous avions réuni soixante réalisateurs et réalisatrices pour créer et diffuser 100 films les 100 jours précédant le deuxième tour des élections présidentielles. Cinq ans plus tard, nous décidons de renouveler l’expérience avec 100jours en 2012.
Nous voulons réinventer ce projet politique, cinématographique et artistique. Nous voulons à nouveau créer collectivement et bénévolement.
Et nous faisons le pari de mettre en œuvre un décalage :
un autre rapport à l’individu, à l’esthétique, à l’actualité, un autre rapport à l’Autre, où notre système est un espace qui s’invente.
Imaginer des rencontres, approcher des trajectoires, capturer des instants, considérer cette période comme un moment d’expérimentation, de création, d’ouverture des possibles, un moment pour prendre la parole, brutalement ou joyeusement, empli de colère ou d’espoir.
En se projetant de la place du village à l’utopie bien nommée, nous affirmons par ce projet notre désir de saisir le présent.
100jours c’est 100jours et 100nuits.
Dans 100jours nous proposons à des auteurs et à des collectifs la réalisation de 100 films documentaires de 5 minutes. Nous imaginons ces films comme des créations singulières, des points de vue affirmés, des tentatives documentaires, des essais.
Dans 100nuits d’autres expressions documentaires, sous différentes formes (photo, dessin, bande dessinée, son, texte…) seront produites par des auteurs invités.
100jours s’envisage autant comme une succession de propositions que comme une œuvre singulière, un espace d’expressions libres et un tout pensé et construit. De 100jours doit émaner une entité propre, où chaque œuvre vient en écho aux précédentes, où les publications se répondent, se mêlent ou se heurtent pour au final se compléter et former un tout cohérent.
Durant cette période (de janvier à mai 2012) il s’agira donc de faire : faire des films et des créations, organiser des diffusions, débattre, faire de la politique. En réinventant notre place, en tant que créateur et spectateur, individu et collectif, nous souhaitons réaffirmer que ce sont les rencontres qui produisent le politique.
Collectif 100jours (100jours.org)
“C’est l’art qui dispose constitutivement de tous les moyens d’affecter, parce qu’il s’adresse d’abord aux corps, auxquels il propose immédiatement des affections : des images et des sons. non pas que l’art aurait pour finalité première de véhiculer des idées (…). Mais il peut aussi avoir envie de dire quelque chose. Sans doute cette forme de l’art a-t-elle largement perdu les faveurs dont elle a pu jouir dans la deuxième moitié du XX ° siècle, au point que l’art engagé soit presque devenu en soi une étiquette risible, dont on ne voit plus que les intentions lourdement signifiantes, les propos délibérés et le magistère pénible. On peut bien avoir tous les griefs du monde pour l’art -qui- veut- dire, le problème n’en reste pas moins entier du “côté opposé” : car en face de l’art qui dit, il y a les choses en attentes d’être dites. Or elles ont impérieusement besoin d’affections et, l’art politique refluant, les choses à dire menacent de rester en plan -ou bien de vivoter dans la vitalité diminuée, dans la débilité, de la pure analyse.”
Ci-dessous, quelques films, les autres sur :100 jours 2012
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 19:07

 

Brésil/Amazonie : les déboisements ont presque triplé au 1er trimestre 2012

Les déboisements en Amazonie ont pratiquement triplé au cours des trois premiers mois de cette année par rapport à la même période de l’année dernière, a indiqué jeudi l’Institut brésilien de recherches spatiales (Inpe) sur la base de données satellitaires provisoires.

De janvier à mars 2012, la forêt amazonienne a perdu 388 km² de végétation contre 135 km² au premier trimestre 2011.

C’est l’État du Mato Grosso (centre-ouest), terre d’élevage de bovins et grand producteur de soja, qui a été le plus touché avec une zone déboisée de plus de 285 km² en février.

Nous n’avons pas de crise de déforestation [sic], a toutefois assuré la ministre de l’Environnement Izabella Teixeira lors d’une conférence de presse.

Selon elle, l’augmentation des déboisements est due au temps clair au cours du premier trimestre, ce qui a permis au satellite de surveillance d’identifier facilement les zones affectées [sic].

Lors du sommet sur le climat de l’ONU, en 2009 à Copenhague, le Brésil s’était engagé à réduire la destruction de la forêt amazonienne de 80% d’ici à 2020.

En 2011, la forêt amazonienne a perdu 6.238 km² après un pic de 27.000 km² en 2004.

(Source texte : le Jura libertaire

 

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 18:48
                
Destiné à expliquer l’homosexualité aux CM1-CM2, «le Baiser de la Lune» est enfin distribué après deux ans de polémiques.
Ça faisait un moment qu’on l’attendait. Deux ans après sa réalisation, le Baiser de la Lune, un court métrage à l’intention des CM1-CM2 qui raconte l’histoire de deux petits poissons, Félix et Léon, épris l’un de l’autre, va enfin être mis à disposition cette semaine pour les enseignants et les éducateurs par l'intermédiaire de la société de production l'Espace du mouton à plumes.
Flash-back : février 2010, ce film d’animation avait provoqué des remous. Destiné à un public trop jeune, taxé d’hétérophobie, d’incitation à l’homosexualité… des associations de parents d’élèves avaient multiplié les lettres et pétitions contre ce projet. Face à la bronca, le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, avait alors estimé que le Baiser de la Lune n’avait pas vocation à être montré en primaire, le traitement de la question des orientations sexuelles lui paraissant prématuré. Avant de spécifier toutefois, que si l’Education nationale ne soutenait pas le projet, «le choix des supports pédagogiques, en fonction du contexte éducatif et du public scolaire concerné, est laissé à la liberté de l’enseignant».
Poétique. Soutenu par la Ligue de l’enseignement d’Ille-et-Villaine, des associations LGBT et plusieurs villes, le court métrage n’a pourtant rien de sulfureux. Dans un château qui prend l’eau, une chatte, Agathe, considère Félix, un poisson-chat, comme son neveu. Agathe, un peu trop bercée par les histoires de princes et de princesses, souhaiterait voir son Félix marié et lui cherche une petite poissonne. Sauf que voilà, Félix, les femelles très peu pour lui : celui qui lui fait battre les branchies, c’est Léon, le poisson-lune. Au grand désespoir d’Agathe. Sous les yeux du Soleil et de la Lune qui vivent, eux aussi, une histoire d’amour, le regard de la chatte va évoluer en voyant les petits poissons s’aimer d’amour tendre. Si l’histoire est poétique, la question demeure : les CM1-CM2 sont-ils trop jeunes pour entendre parler d’homosexualité ?
«Le film parle d’amour, de la pluralité des relations amoureuses. Pas de sexualité. Ce sont les adultes qui réduisent bien souvent l’homosexualité à la relation sexuelle, souligne le réalisateur, Sébastien Watel. C’est un conte moins stéréotypé que d’ordinaire. Nous avons voulu montrer qu’il n’y a pas de différences entre une histoire de princes et de princesses. Le film sert à aiguiser l’œil à la différence, à la tolérance, et à montrer qu’il n’y a pas qu’un seul modèle en matière d’amour, ni un au-dessus des autres.»
«Verrous». Au cours des deux dernières années, Sébastien Watel a montré son film dans divers festivals. Chaque séance était suivie d’un débat avec les enfants. Si certains jeunes spectateurs questionnaient le réalisateur sur des aspects cinématographiques, d’autres rebondissaient volontiers sur l’intolérance d’Agathe, le droit d’aimer qui l’on veut, l’homosexualité… «A 10 ans, les enfants commencent à déconstruire les préjugés, expose Sébastien Watel. Ils font le parallèle avec le racisme, qu’ils connaissent bien. Contrairement aux ados, ils ne sont pas encore pris dans la norme, le regard des autres. Ils comprennent bien le film qui est aussi sur le regard des autres et la liberté.»
Zelda Deloraie, enseignante en Bretagne, a emmené sa classe de CM2 à une de ces projections. Sa motivation ? «On entend régulièrement des insultes dans la cour de récré : "pédé-sexuel", "homosexuel". Bien souvent, les enfants les profèrent sans même savoir ce que cela veut dire. Ce qui m’intéressait, c’était de lutter contre ces a priori» raconte-t-elle.
Si les enseignants sont supposés lutter contre toute forme de discrimination (racisme, antisémitisme, homophobie, sexisme…), il existe peu de support pour traiter de la question. «Il y a des films pour les collégiens ou les lycéens», explique Elisabeth Ronzier, présidente de SOS homophobie qui avait décerné en 2010 au Baiser de la Lune son prix Pierre-Guénin contre l’homophobie. «Mais il existe peu d’outils pédagogiques pour parler d’homosexualité ou de genre aux enfants de primaires. Quelques ouvrages vont aborder l’homoparentalité mais le Baiser de la Lune est le seul film animé pour enfants sur la question. Sans ce support, je ne me serais pas lancée», ajoute Zelda Deloraie.
Dans sa classe, le débat s’est prolongé. Il a servi à expliquer le mot «phobie» et le préfixe «homo». «Ce sont des petits verrous qui s’ouvrent. On ne les fait pas sauter en une projection, mais aborder ces sujets suffisamment tôt permet aux idées de cheminer, de ne pas les rejeter d’emblée», explique l’enseignante, qui imagine aussi que si l’un de ses élèves se découvre homosexuel, il ou elle se sentira moins seul. En tout cas, aucun parent n’a bronché. «J’avais hésité à les prévenir. Je ne l’ai pas fait car c’est parfois plus compliqué d’aborder les questions de racisme et de discriminations avec les parents qu’avec les enfants eux-mêmes !»
(source texte :liberation.fr)
 
C'est Libération qui l'annonce – dans un article au titre très Libé: «Parler des homos? Même pas carpe» –: Le Baiser de la Lune va enfin être distribué aux enseignant-e-s. C'est donc aux enseignant-e-s que va revenir la décision de montrer ou non le film à leurs élèves.
Le court métrage d'animation de Sébastien Watel (lauréat du Prix Pierre Guénin contre l'homophobie 2010), destiné aux élèves de CM1 et de CM2, raconte l'histoire de Félix et Léon, deux petits poissons mâles amoureux l'un de l'autre.
Début 2010, alors même qu'il n'était pas terminé, le film s'est retrouvé au cœur d'une polémique: une pétition intitulé «Halte aux incitations homosexuelles dans les écoles primaires» avait été lancée par le site d'extrême droite Les 4 Vérités, Christine Boutin avait repris le flambeau, l'inspection académique d'Ille-et-Villaine avait fait retirer son logo de la liste des partenaires du film, la Ville de Rennes et le Conseil régional avait en revanche tenu bon tandis que Luc Chatel se disait opposé à la diffusion du film, ce qui lui avait valu bon nombre de critiques (essentiellement à gauche).
«Le film parle d’amour, de la pluralité des relations amoureuses. Pas de sexualité. Ce sont les adultes qui réduisent bien souvent l’homosexualité à la relation sexuelle, rappelle Sébastien Watel dans Libération. C’est un conte moins stéréotypé que d’ordinaire. Nous avons voulu montrer qu’il n’y a pas de différence entre une histoire de princes et de princesses. Le film sert à aiguiser l’œil à la différence, à la tolérance, et à montrer qu’il n’y a pas qu’un seul modèle en matière d’amour, ni un au-dessus des autres.»
(source texte : yagg.com)
 
Notre principe républicain « Liberté, Egalité, Fraternité » met en avant le respect de la personne humaine.

Le Code Civil (article 9) rappelle que « chacun a droit au respect de sa vie privée ».

Le Code Pénal (article 225-1) indique que « constitue une discrimination toute distinction opérée entre personnes (…) à raison de leur sexe, de leurs mœurs, de leur orientation sexuelle ». Les sanctions encourues peuvent atteindre 3 ans d’emprisonnement et 45000 euros d’amende.

Le Code du Travail interdit toute discrimination à l’égard d’un salarié en raison de son orientation sexuelle (article L 1132-1 de la nouvelle version du Code du Travail).

De plus la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) permet notamment de punir la provocation à la haine, à la violence et à la discrimination mais aussi l’injure commise publiquement envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur sexe, leur orientation sexuelle ou leur handicap. Les peines maximales pour injure homophobe sont de six mois de prison et 22 500 euros d’amende.

Pour le sexisme et l'homophobie, la loi condamne tous les actes et attitudes discriminatoires à l'égard d'une personne (articles 225.1 et 225.2 du Code Pénal).

66 pays ont appelé le 18 décembre 2008 aux Nations Unies à la dépénalisation universelle de l’homosexualité. Ils condamnent « les violations des droits de l’homme fondées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre où qu’elles soient commises, en particulier le recours à la peine de mort sur ce fondement, les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, la pratique de la torture et autres traitements ou peines cruels, inhumains et dégradants, l’arrestation ou la détention arbitraire et la privation des droits économiques, sociaux et culturels, notamment le droit à la santé ».

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 18:46

 

Première contribution

Nous croyons que c’est aujourd’hui plus que jamais que nous devons décloisonner les anciennes lignes de rupture (citoyen-ne-s/syndicats, libertaires/militant-e-s d’organisations politiques etc.) pour rendre tangible de nouveaux imaginaires subversifs et être collectivement offensifs face à ce monde qui s’effondre.

Nous, ce sont les grévistes indéboulonnables, les squatteur-se-s de tout poils, les hacker-euse-s anonymes, les occupant-e-s de places publiques, les syndicalistes désillusionné-e-s, les paysan-ne-s en devenir, les activistes nomades, les yourteux-se-s, les bricoleur-se-s de bouts d’autonomie, les gratteur-se-s de papier, les féministes enragées, les théatreux-ses aux gorges déployées, les associatif-ve-s de terrain et tout autre empêcheur-se-s de tourner en rond.

*

Si un premier temps d’échange et de rencontres s’est déroulé au Maquis, à la ferme autogérée de Cravirola, nous nous revendiquons maquisard-e-s car nous voulons prendre le maquis, autant pour nous soustraire à la marchandisation généralisée que pour la combattre.

Nous ne voulons pas attendre la prochaine mobilisation, courir derrière le prochain mouvement, être débordé par nos contestations. Nous voulons être le mouvement, les faire déborder par nos offensives plurielles, les faire se démobiliser pour mieux nous retrouver.

Nous voulons nous revoir au fur et à mesure des espaces qui, tout en s’inscrivant dans une perspective de convergence des luttes, associent vie politique et vie collective, comme nous l’avons fait par la suite sur la ZAD à Notre-Dame-des-Landes, autour d’une base commune qui ne demande qu’à s’étoffer au gré des réflexions collectives.

*

Au delà des affinités politiques et humaines, nous voulons avant tout dessiner les premiers champs politiques qui nous réunissent, nous portent et autour desquels nos luttes convergent. Nous mettons également en œuvre un corpus de pratiques lors de nos différentes rencontres, pratiques qui prennent part entière dans nos tentatives d’esquisser un imaginaire politique commun.

L’ÉMANCIPATION. Si en tant qu’individu à part entière chacun-e cherche à s’émanciper (aussi bien dans nos réflexions politiques que dans nos vies quotidiennes), cette émancipation individuelle ne sera entière que si il existe les conditions d’une vraie émancipation collective.

La RÉAPPROPRIATION de nos vies et de tout espace (public, géographique, médiatique, sémantique, etc.) de plus en plus confisqués par toute volonté d’étendre toujours plus les territoires alloués au capital.

L’AUTONOMISATION. En tant que processus, elle nous permet l’autonomie de réflexion en dehors de tout dogmatisme et de tout parti. Quant à l’autonomie matérielle, elle a pour objectif de briser les rapports marchands, de se rapproprier pleinement la question de la production sans être une fin en soi.

Le RÉSEAU. Notre rapport de force s’exprime à travers les contours indéfinissables et sans cesse mouvants d’une nébuleuse constituée d’individus, de collectifs et toute autre organisation formelle ou informelle. C’est au sein de cette mise en réseau que dialoguent et s’échangent sans cesse réflexions, savoirs théoriques et savoir-faire. La construction d’un rapport de force effectif passe alors par la mise en place de solidarités inter-luttes au sein même de notre réseau : mutualisation de caisses de grèves, caisses anti-répression, aide juridique, cantines sauvages, prêt de matériel sont autant d’initiatives qui permettent de dépasser l’impasse perpétuellement renouvelée de la contestation.

Les PRATIQUES AUTOGESTIONNAIRES. Assemblées générales, horizontalité des prises de décisions, intelligence collective, démocratie directe… les pratiques d’organisation et de discussion plurielles sont pour nous les outils de base pour contrer l’illusion représentative et déconstruire tout rapport de domination lors de nos instants collectifs.

Cette première contribution est réappropriable par tous-tes. Elle n’est qu’une tentative de mettre en forme les réflexions issues des Rencontres du Maquis de l’été 2011 et ne demande qu’à être étoffée, rayée, supprimée, contestée.

Des gens se sont motivé-e-s pour organiser des rencontres en 2011.

Des listes de matos, des lieux, des contacts sont dispos pour réorganiser des rencontres pour toutes personnes motivées à recréer ces instants collectifs en 2012.

À vous de jouer !

(source texte : collectif convergence )

 

 

 

 

 

 

 

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 18:29

 

Le Grenelle de l’environnement, c’était il y a bien longtemps. Que reste-t-il de ce début en grande pompe du quinquennat ? Le transport routier a-t-il reculé ? Les énergies renouvelables se sont-elles développées ? L’agriculture bio a-t-elle été soutenue aux dépens des pesticides ? Basta ! tire le bilan des quatre grandes arnaques écolos du président-candidat.

 

Ce devait être « un New Deal écologique », selon Nicolas Sarkozy. La signature, en octobre 2007, des 268 engagements issus du Grenelle de l’environnement devait incarner « l’acte fondateur d’une nouvelle politique ». Le nouveau chef de l’État avait su mettre autour d’une même table organisations environnementales, syndicats, patronat et collectivités locales. Ce que n’avait jamais envisagé de faire ni le gouvernement de gauche plurielle ni Jacques Chirac. On allait voir ce qu’on allait voir. Au bout de cinq ans, 2 lois et 128 décrets, force est de constater que nous n’avons pas vu grand-chose, alors que le ministère de l’Écologie est en vacance pour cause de campagne électorale.

« Le Grenelle était avant tout une autopromo élyséenne », fustige Stephen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’environnement. En moins de cinq ans, les mesures de « rupture » se sont perdues en chemin. Cerise sur le gâteau, Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l’Écologie, a annoncé sa démission le 22 février, afin de devenir porte-parole du « président-candidat ». C’est désormais François Fillon qui a repris ses attributions. Pas sûr que le président sortant accepterait aussi facilement la vacance du ministère de l’Économie et des Finances…

Arnaque n° 1 : le transport routier favorisé

« Toutes les décisions publiques seront désormais arbitrées en intégrant leur coût pour le climat et la biodiversité, affirmait Nicolas Sarkozy il y a à peine cinq ans. Très clairement, un projet dont le coût environnemental est trop lourd sera refusé. » Ce principe fondamental n’a pas été traduit dans les textes de loi. De nombreux chantiers ont vu le jour malgré leur très lourd coût environnemental. Le 17 janvier 2012, le Président a notamment confirmé le lancement de l’appel d’offres du projet A45 entre Saint-Étienne et Lyon. Son tracé longe une liaison ferroviaire et constitue le doublon d’une autoroute existante, l’A47. Un an plus tôt, le ministère de l’Écologie a présenté l’avant-projet de Schéma national des infrastructures de transport (Snit), qui prévoit 732 kilomètres d’autoroutes supplémentaires en France, venant s’ajouter aux quelque 10 000 km existants. Augmenter de presque 10 % la pieuvre autoroutière, ce n’est pas vraiment « le changement de paradigme » qu’on pouvait espérer du Grenelle de l’environnement.

Le gouvernement n’a pas cessé d’accorder des avantages concurrentiels à la route. Le 6 septembre 2011, à l’occasion d’une rencontre avec les salariés d’une société de transport, le Président affirme que l’augmentation du report modal – vers le transport ferroviaire, fluvial et maritime – ne se fera pas au détriment du transport routier. Mieux, il « regrette que l’autorisation de circulation des 44 tonnes ne soit pas directement généralisée au-delà du seul transport de marchandises agricoles ». Nicolas Sarkozy peut être rassuré. La part du ferroviaire et du fluvial a diminué de 12 % entre 2006 et 2009. Et si le ministère de l’Écologie se réjouit de l’augmentation des lignes de tramways, elles sont principalement financées par les collectivités locales… Dans le même temps, Sarkozy multiplie les appels du pied aux transporteurs routiers : après avoir allégé la taxe à l’essieu en 2008, il a également repoussé la taxe kilométrique poids lourds en 2013. C’est très discrètement que le Parlement a adopté le 29 février 2012 la levée de l’obligation d’un sixième essieu pour les 44 tonnes, ce qui va accroître l’usure des routes [1]. Or, le transport routier représente le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre avec 27 % des émissions totales françaises, rappelle l’Union Solidaires Transports.

Arnaque n° 2 : les énergies fossiles subventionnées

Le secteur aérien, le plus énergivore par passager et kilomètre parcouru, est lui aussi préservé. L’aéroport Notre-Dame-des-Landes est bien inscrit dans le projet de Schéma national des infrastructures de transport, et le kérosène reste le seul carburant exonéré de taxes pour les vols intérieurs. Un manque à gagner de 1,3 milliard d’euros qui n’a pas échappé à la Cour des comptes. Dans un rapport sur l’impact budgétaire et fiscal du Grenelle de l’environnement publié le 18 janvier 2012, elle constate que le « réexamen des dépenses fiscales défavorables à l’environnement (…) fournirait des marges de manœuvre très importantes qui permettraient aisément d’équilibrer le volet fiscal du Grenelle ». La seule suppression du taux réduit de la taxe sur le gazole et le fioul domestique permettrait de dégager des marges de manœuvres fiscales à hauteur de 16 milliards d’euros pour, par exemple, financer la rénovation thermique des bâtiments trop énergivores.

Au contraire, « la crise a eu raison des incitations fiscales pour la rénovation des logements, en supprimant l’aide pour les propriétaires de logements anciens », relève l’association les Amis de la Terre. Cet abandon en rappelle un autre : la « contribution climat énergie », initialement appelée « taxe carbone », devait être « la » mesure permettant d’asseoir enfin une fiscalité écologique efficace en France. En décembre 2009, le Conseil constitutionnel estime que les nombreuses exonérations inscrites dans le texte de loi créent une rupture de l’égalité devant l’impôt et rejette la nouvelle taxe. En matière de fiscalité écologique, au sens entendu par le gouvernement, seuls la prime à la casse et le bonus-malus ont été mis en œuvre, dopant l’achat de véhicules neufs, certes un peu moins polluants.

Arnaque n° 3 : les énergies renouvelables stagnent

La loi Grenelle 1 affiche l’objectif de 23 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie d’ici à 2020, un objectif partagé par les pays européens. Or, les dispositions de la loi Grenelle 2 ont rendu plus contraignantes les règles d’implantation d’éoliennes avec un seuil minimum de cinq éoliennes par parc. Surtout, elle les considère comme des « installations classées pour la protection de l’environnement » , au même titre qu’une décharge ou qu’un oléoduc. L’élan de la filière photovoltaïque est également stoppé avec la dégringolade des tarifs de rachat, et malgré la demande des industriels du secteur de dégonfler progressivement la bulle spéculative qui s’était constituée. 10 000 à 15 000 personnes ont été licenciées à la suite des décisions politiques prises en 2010 et en 2011. Résultat, la part des énergies renouvelables n’atteignait dans la consommation d’électricité que 14,6 % en 2010… soit le même niveau qu’en 1997.

Le gouvernement a-t-il fait mieux dans la maitrise de la consommation d’énergie ? Nathalie Kosciusko-Morizet avait promis une révolution énergétique avec la nouvelle réglementation thermique (RT 2012) encadrant les constructions neuves. Le manque de formation des professionnels, les mauvais calculs des performances thermiques, les faibles contrôles et l’absence de transparence révèlent une terrible imposture. Et l’incapacité du gouvernement à penser l’émergence de nouvelles filières industrielles.

Arnaque n° 4 : les pesticides plutôt que le bio

Sur le papier, enfin, c’est vive le bio ! Dans les faits, le gouvernement a assoupli les normes d’épandageet autorisé l’augmentation des rejets de nitrate. Et a réduit les aides à l’agriculture biologique. La loi de finances 2011 stipule que le crédit d’impôts alloués aux agriculteurs qui se convertissent en bio sera divisé par deux (il passe de 4 000 à 2 000 euros). Lors du fameux Grenelle de l’environnement, le gouvernement avait promis de multiplier par trois la surface des champs cultivés en bio, histoire de grimper à 6 % de surface agricole utile. Aujourd’hui, la France n’aligne que 2,5 % de surfaces cultivées en bio contre 15,7 % en Autriche.

Autre promesse non tenue : alors que la France s’était engagée à réduire de moitié l’usage des pesticides d’ici à 2018 grâce à son plan Ecophyto, elle reste le premier pays européen consommateur de pesticides. Au même moment, la recherche en santé environnementale est mise à mal. Ainsi, la décision de suspendre un registre sur les malformations congénitales va à l’encontre des dispositions du Grenelle et du Plan national santé environnement, qui insistent sur l’urgence de mieux connaître les facteurs toxiques qui affectent les nouveau-nés. « L’environnement, ça commence à bien faire », avait lâché le Président désormais candidat lors de l’édition 2010 du Salon de l’agriculture. À l’aune du maigre bilan sur le sujet, c’est peut-être sa seule déclaration vraiment sincère.

[1] En permettant aux camions de circuler avec quatre tonnes de plus sans avoir à ajouter un essieu supplémentaire, cette disposition va entraîner l’usure accrue de la route, engendrant un supplément annuel d’entretien de 400 millions d’euros, selon le conseil général de l’Environnement et du Développement durable.

(Source texte : bastamag.net)

 

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 23:56
 
 film "L'An 01" tourné par Doillon d'après Gébé
L'An 01 est un film français de 1973, réalisé par Jacques Doillon, Gébé, Alain Resnais et Jean Rouch. Il est adapté de la bande dessinée L'An 01 de Gébé
Le film narre un abandon utopique, consensuel et festif de l'économie de marché et du productivisme. La population décide d'un certain nombre de résolutions dont la première est « On arrête tout » et la deuxième « Après un temps d'arrêt total, ne seront ranimés - avec réticence - que les services et les productions dont le manque se révélera intolérable. Probablement : l'eau pour boire, l'électricité pour lire le soir, la TSF pour dire « Ce n'est pas la fin du monde, c'est l'an 01, et maintenant une page de Mécanique céleste ». L'entrée en vigueur de ces résolutions correspond au premier jour d'une ère nouvelle, l'An 01.
L'An 01 est emblématique de la contestation des années 1970 et aborde des thèmes aussi variés que l'écologie, la négation de l'autorité, l'amour libre, la vie en communauté, le rejet de la propriété privée et du travail.
 
 
 
 
 
 
les 10 premières minutes :
 
 
 
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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 20:30

 

 

L'hypocrisie du gouvernement sur les gaz et huiles de schiste : comment contourner en douce une interdiction mise en scène à travers la loi ?

 

Paris, le 22 mars 2012 – Alors que le gouvernement se targue d’être le premier au monde à avoir « interdit » le recours à la fracturation hydraulique, technique jugée « mal maîtrisée et dangereuse » par la ministre de l’Environnement, nous apprenons aujourd’hui la création d'une Commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation de cette technique ayant pour mission « d’évaluer les risques environnementaux liés à la fracturation hydraulique et émettre un avis sur les conditions de mise en œuvre des expérimentations réalisées à seules fins de recherche scientifique ».

Pourquoi cette évaluation des risques alors que tant d’études scientifiques indépendantes démontrent de manière certaine la dangerosité de cette technique (pollution massive des sols, contamination des nappes phréatiques, risques sanitaires majeurs) ? Pourquoi ces expérimentations scientifiques alors que les citoyens français ne cessent d’exprimer leur totale opposition à l’utilisation de cette technique mortifère pour notre environnement et notre climat ?

Sous couvert de recherches scientifiques, le gouvernement joue aux apprentis sorciers pour le plus grand bonheur des lobbies pétroliers et gaziers.

L’analyse du décret portant création de cette Commission nationale achève de démontrer le parti pris gouvernemental. Certes, une place est laissée à trois représentants d’associations agréées pour la protection de l’environnement mais, à côté des cinq représentants de l’Etat, y siégeront aussi trois représentants des entreprises gazières et pétrolières, ainsi que trois représentants du personnel de ces industries. Trois personnalités qualifiées au vu de leurs compétences scientifiques seront également de la partie, cette compétence étant laissée à l’appréciation du seul ministre de l’Industrie… L’équilibre des forces et intérêts en présence est donc loin d’être assuré.

Nos associations rappellent en outre que le problème de l’exploration et de l’exploitation des gaz et huiles de schiste ne se limite pas à la question de la fracturation hydraulique. Selon le Potsdam Institute for Climate Impact Research, si l’on veut éviter le pire et contenir le réchauffement global moyen en deçà de 2°C d’ici à la fin du siècle, seul moins du quart des réserves prouvées en combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon) peut être utilisé d’ici à 2050 ! Dans ces conditions, pourquoi sonder le sous-sol ?

Alors que la Bulgarie vient, elle, d’interdire définitivement le recours à la fracturation hydraulique et d’abroger les permis délivrés à Chevron, nos associations dénoncent cet énième pied de nez du gouvernement à l'écologie et à la démocratie. Nul besoin d’une Commission à l’indépendance douteuse pour affirmer notre rejet total de toute utilisation de la fracturation hydraulique et, plus largement, de toute exploration ou exploitation de gaz et d’huiles de schiste en France ou ailleurs.

La conférence de Rio+20 en juin au Brésil sera l’occasion de montrer que la mobilisation citoyenne ne faiblit pas et qu’elle compte bien faire entendre sa voix, comme ce fut le cas il y a peu lors du Forum Mondial de l’Eau à Marseille.

Gaz et huiles de schiste : ni ici ni ailleurs, ni aujourd’hui ni demain !

Signataires : Amis de la Terre, France Libertés, ATTAC, AITEC, RAC, Greenpeace, Helio, CRID, WECF, Réseau Sortir du Nucléaire

Contact presse Attac : Maxime Combes 06 24 51 29 44

 

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 20:03
 
Quelques collages numériques Home made :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 14:49

 

Le 27 mars,  lors de son meeting à Nantes, le locataire de l’Elysée en fin de bail a dévoilé une des « mesures » qu’il entend mettre en place pour l’école. Oubliant qu’en 5 ans il a méthodiquement détruit les services publics, le candidat agité a pris conseil auprès de Borloo pour aider les élèves en difficultés. Dernière trouvaille : les conseils de soutien.  Il s’agit de mettre à dis­po­si­tion de « chaque direc­teur d'école » une enve­loppe de cré­dit, pour consti­tuer ces conseils de sou­tien asso­ciant dif­fé­rents spé­cia­listes : psy­cho­logues, ortho­pho­nistes et aides sco­laires.

Une mesure cache-misère ? Ce projet va bien au-delà d’un simple colmatage et s’inscrit dans la vision ultralibérale de l’école (mise en place depuis des lustres).

On nous rappelle à longueur de temps que les caisses sont vides, que la dette publique est abyssale, qu’il faut être inconscient pour envisager des créations de postes dans l’Education Nationale. Soit la dette s’est magiquement résorbée, soit il faudra prendre ailleurs l’argent destiné à ces enveloppes de crédit (où ? au détriment de qui ?).

Quand on sait comment les AVS et EVS sont déjà traité(e)s on peut craindre le pire pour les futur(e)s aides scolaires. Le gouvernement est toujours resté sourd aux demandes de professionnalisation des précaires qu’il utilise comme des Kleenex ou comme variables d’ajustement des chiffres du chômage. Pourquoi en serait-il autrement ?

De nombreux dispositifs tels que les SESSAD (Service d'Education Spécialisée et de Soins à Domicile) qui interviennent dans les écoles rencontrent souvent d’importantes difficultés à recruter les orthophonistes dont ils ont besoin. Comment Zébulon va-t-il s’y prendre pour résoudre ce problème ?

Conseils de soutien : on parle ici de soutien et non d’aide spécialisée. L’aide personnalisée (et la semaine de 4 jours) avaient (notamment) pour objectif de démanteler les RASED. On se souvient tous de la manière dont Darcos & Co entretenaient la confusion entre aide personnalisée et aides spécialisées. Celui « qui a changé » en remet une couche aujourd’hui. « Mais enfin, braves et naïfs électeurs, comment pourriez-vous rejeter une mesure qui permet le soutien des élèves ?! »

Parmi les spécialistes au sein de ces conseils de soutien : des psychologues. On parle là de psychologues, et non de psychologues scolaires. Il ne s’agit certainement pas d’un oubli ni d’une simplification. J’ai déjà noté ce fait dans un autre programme…

Enfin, rappelons qu’il existe déjà un dispositif destiné à aider les élèves en difficultés, d’un dispositif destiné à accompagner, mettre en valeur, restaurer la confiance en soi des élèves en difficultés, un dispositif qu’on appelle encore RASED. Le locataire en fin de bail n’a eu de cesse que de le détruire. Cette proposition de conseils de soutien en est une preuve supplémentaire, un pas de plus vers l’externalisation de l’aide aux élèves en difficultés !

luter plus

 

Rappel : Pétitions

Appel des RASED

 

NON à la fermeture des centres de formation pour psy scolaires !

 

 

 

 

Ouvrez la 2

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 18:53

 

L’ APEN (Association contre la Précarité dans l’Education Nationale) met en place une enquête intéressante auprès des acteurs de l’École afin de connaître leur vision de l’évolution de l’Éducation Nationale.

C’est le moment de vous exprimer sur la manière dont vous vivez ces changements. L’enquête restera en ligne jusqu’au 20 avril. Vos réponses resteront anonymes.

Les données recueillies seront analysées par l’APEN, avec l’aide de sociologues, afin de donner le reflet le plus précis de la situation dans l’EN.

Les données brutes seront également transmises aux syndicats et collectifs qui soutiennent cette initiative afin que chacun puisse analyser ces données et faire entendre la voix des acteurs de l’Éducation Nationale.

 

Cette enquête concerne les A.E.D, les EVS, les AVS, les titulaires dans le primaire et dans le secondaire, les remplaçant(e)s en primaire, les TZR, les contractuel(le)s, les vacataire, les stagiaires, les parents, les retraité(e)s, les COP…

(Ça m’a pris à peine plus de 5 minutes pour y répondre)

Pour répondre à cette enquête, CLIQUER ICI

 

 

 

 

 

 

 

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