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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 20:42
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 18:41

 

 

MCE...Qu'est ce que c'est ?

MCE, c'est Ma Chaine Etudiante...On se dit que c'est du sérieux...

 

Je ne suis plus étudiant, pourtant, je n'ai pas oublié cette époque où on ne parlait pas vraiment de précarité... mais, les galères pour payer un ticket de bus, "manger" au CROUS, payer les photocopies, s'offrir une toile à 25 francs, mettre 40 francs d'essence dans la 2 CV étaient déjà présentes et récurrentes...

 

Je me rends sur le site de MCEtv

 

J'y apprends qu'à la bourse les cours d'Apple flambent....Je frémis déjà

 

Si je réponds à "faut-il abolir les tests sur les animaux", je peux gagner  une Citroën DS3 !! (je vais peut être militer à Greenpeace)

 

J'apprends que Maxime Verner renonce à sa candidature à la présidence de la république...Je verse une larme

J'apprends aussi que Circuler en voiture coûte 3 x plus cher qu'en transports en commun...ça tombe bien, je n'ai pas de voiture, d'ailleurs je n'ai pas les moyens de payer mon permi de conduire...

 

Je retiens mon souffler quand je lis qu'un astéroïde de 45 mètres frôlera la terre en 2013....Boris Vian disait : "vivre vite, mourir jeune"

 

Bref, ce site est trop bien...

 

Et puis, je lis : "MCE t'explique quoi faire après des études de psycho"...

 

Je comprends à la lecture de ce titre qu'on va m'aider à réparer cette erreur et qu'on va m'apprendre qu'après un mauvais choix universitaire (la psycho) il y a tout de même une vie...

Et puis surtout, c'est à MOI qu'on parle...MCE T'explique...MCE va m'expliquer à MOI...L'aide personnalisée, j'adore !!

 

Plus sérieusement, hélas, on trouvera ci-dessous le contenu de cet "article" :

 

Peu de débouchés, trop de candidats. Le cliché « filière psycho = pas de boulot », n’est pas complètement faussé. Le métier de psychologue, reste la perspective la plus évidente. Mais accéder à cette profession n’est pas une mince affaire. MCE t’explique que faire après tes études de psychologie

Pour devenir psychologue, il étudier jusqu’au Bac + 5, effectuer un master pro ou un master recherche, afin de valider le titre d’Etat de psychologue. 500 heures de stage en entreprise sont nécessaires pour le compléter… Sans compter que l’insertion professionnelle sera difficile, faite de vacations, d’une succession de CDD et d’un menu salaire de 1500 euros bruts.

Une fois diplômé, où exercer en tant que psychologue ? D’abord dans le privé, c’est dans ce secteur que se concentrent la majorité des opportunités aujourd’hui. Vous pouvez ainsi devenir psychologue du travail, travailler avec le secteur ressources humaines. Aider les salariés dans les entreprises où le stress est légion. Les plus téméraires peuvent monter leur cabinet de psychologue ou psychoclinicien mais se constituer une clientèle fidèle prend des années…où le chiffre d’affaires n’est pas toujours au rendez-vous.

Autre choix possible : vous pouvez rejoindre le service public où exercent encore la majorité des 40 000 psychologues actuels. Vous travaillerez alors comme psychologue scolaire ou conseiller d’orientation-psychologue à l’école, exercerez dans le domaine social, ou au sein du milieu hospitalier en tant que psychologue clinicien. Grâce au vieillissement de la population et aux nombreuses maisons de retraite, ces postes se multiplient. Mais s’occuper de personnes âgées toute la journée, à 20 ans ne fait pas rêver tout le monde.

Si vous êtes étudiant en psycho mais que vous ne vous sentez pas d’arriver jusqu’au master, tentez les concours de formation paramédicales dès la première année. Avec deux années d’études supplémentaires, vous pourrez devenir éducateur spé ou assistant de service social. Preuve qu’avec une bonne réorientation, la filière psychologiereste un atout.

Après lecture, je me dis que ce site a tout compris, surtout en ce qui concerne la psychologie scolaire et les conseillers d'orientation psychologues (leurs missions, comment le gouvernement les valorise et tout et tout...)

cri-2.jpg

 

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 18:13

 

 

Manifestation pour l’emploi
le samedi 24 mars, à Paris.
13h30 Place de la Bourse



Plus de 5 millions de chômeurs et chômeuses, plus de 8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, …

* et les « plans sociaux » se succèdent, …
* et les suppressions d’emplois publics s’accumulent, …
* et le chômage partiel, le temps partiel imposé, les emplois précaires sont présentés comme les seules solutions, …
* et les discours politiques continuent, laissant patrons et banquiers poursuivre la destruction des emplois et de nos vies.

Ça suffit !
C’est ce que disent des millions de travailleurs/ses, de chômeurs/ses, de retraité-es, de jeunes en formation. Ce cri de révolte doit se transformer en espoir de faire fondamentalement changer les choses. Prenons nos affaires en mains !

L’Union syndicale Solidaires appelle à une manifestation nationale à Paris le samedi 24 mars, pour le droit à l’emploi pour tous et toutes !

Dans l’automobile comme à PSA ; dans le commerce, comme chez Virgin ; dans la chimie, comme chez Total ; dans le secteur public comme à La Poste

* Partout, ils créent du chômage supplémentaire
* Partout, ils détériorent les conditions de travail des salarié-es qui ont encore un emploi

Avec des représentant-es d’entreprises en lutte, avec les associations de chômeurs/ses,

Rendez-vous le samedi 24 mars pour une nouvelle étape dans la coordination nationale des luttes !

 

 

La fédération SUD éducation appelle à participer massivement à la manifestation nationale interprofessionnelle pour l’emploi et contre la précarité le samedi 24 mars 2012 à Paris.

Avec l’Union syndicale Solidaires, réaffirmons le droit à l’emploi pour tous et toutes !

Plus de 5 millions de chômeurs et chômeuses, plus de 8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, … et les « plans sociaux » s’accumulent, … et les suppressions d’emplois publics se multiplient, … et le chômage partiel, le temps partiel imposé, les emplois précaires sont présentés comme les seules solutions, … et les discours politiques se succèdent, laissant patrons et banquiers poursuivre la destruction des emplois et de nos vies.

Ca suffit ! Prenons nos affaires en mains !

Élections ou pas, pour l’emploi, contre les licenciements et les suppressions de postes, il y a urgence et c’est par les luttes sociales que nous gagnerons ! Soyons offensifs, nous avons toute légitimité à défendre nos revendications, à refuser les suppressions d’emplois. Nous ne sommes responsables ni de la crise qu’ils ont provoquée, ni de la dette qu’ils ont créée !

Les emplois publics sont utiles, (re)créons-les !

Des dizaines de milliers d’emplois publics ont été supprimés ces dernières années ; c’est le droit de tous et toutes à la santé, à l’éducation, à la sécurité, au transport, etc., qui sont ainsi attaqués.

Nous devons imposer des droits nouveaux

et notamment un statut du salarié - applicable à tous et toutes et financé par un fonds patronal mutualisé - pour garantir le maintien du salaire entre deux emplois et les formations de reconversion.

Il faut une autre répartition des richesses

que nous produisons : assez de la confiscation par une minorité de ce que produit l’immense majorité… qu’on rejette vers la précarité, le chômage, l’exclusion, au gré des besoins patronaux !

Ensemble, nous réaffirmons le droit à l’emploi pour tous et toutes. Nous revendiquons la réduction du temps de travail

à 32 heures hebdomadaires, sans perte de salaire. Travaillons moins pour travailler tou-te-s ! Additionnons nos forces, unissons nos luttes !

Dans l’Éducation Nationale, construisons une mobilisation d’ensemble nationale

·         annulation des suppressions de postes !

·         titularisation de tou‑te‑s les précaires !

·         réduction du temps de travail !

La saignée des postes se poursuit dans l’Éducation Nationale, aggravant toujours plus les conditions de travail des personnels et les conditions d’étude des élèves. Encore plus de 10000 postes en moins cette année, plus de 80000 depuis 2007 ! En première ligne, les RASED dans le 1er degré et les lycées professionnels dans le 2nd. Dans tous les cas, ce sont les élèves des classes populaires et les plus en difficulté qui trinquent en premier.

Ne renonçons pas à nous battre contre les suppressions de postes !

Partout en France, il y a des mobilisations contre les conséquences de cette politique. Ces mobilisations locales doivent converger en une lutte nationale pour l’annulation des suppressions de postes, faute de quoi elles s’enferment dans une lutte pour le partage des miettes et la gestion de la pénurie organisée.

La manifestation nationale interprofessionnelle pour l’emploi et contre la précarité du 24 mars doit être une étape de convergence nationale de ces luttes.

Un cortège massif de l’éducation sera un point d’appui pour construire une lutte d’ensemble, (re)lancer des grèves reconductibles partout où c’est possible.

Lutter pour le droit à l’emploi dans l’Éducation Nationale, c’est aussi exiger la titularisation de tou-te-s les précaires

sans condition de concours ni de nationalité. C’est également lutter pour la baisse du temps de travail. Les 35 heures n’ont jamais été appliquées aux enseignant-e-s, et il est urgent de diminuer le temps de travail des personnels IATOSS sans baisse de salaire ni flexibilisation.

Rien ne remplacera nos luttes Tou-te-s à Paris le 24 mars !

 

 

Comment y aller ?

Voir sur le site de Solidaires

 Pour le Nord et le Pas de Calais

-          Un bus est prévu au départ de Dunkerque

-          Un bus est prévu au départ d’Arras (parking du Crinchon à 9h30)

(Cliquer sur Contact pour plus d’info)

 

 

 

 

 

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 17:58
 
 
 
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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 21:14
 
 Objet de révolte
 
 
 
 
 
 Ridan, version maison :
 
 
 
Ridan, clip officiel :
 
 
 
 
 
 Version Bruant ::
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 17:37

 

 

Texte de débat de la Marche Mondiale des Femmes.

L’eau est un bien commun de l’humanité. L’accès à l’eau de qualité est un droit de toutes et tous.

L'eau est une ressource essentielle à la vie et à diverses productions ; ressource renouvelable mais dont la disponibilité est limitée et irrégulière. Aujourd’hui, plus de 900 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable (dont 322 millions en Afrique et 234 millions en Asie du Sud)  et près de 4 milliards ne peuvent pas bénéficier de l’assainissement. Sur la planète, seulement 3 % de l’eau est douce, dont uniquement 1 % est utilisable (99 % se trouve dans les glaciers ou dans des couches souterraines inaccessibles). Par ailleurs, cette eau se trouve inégalement répartie sur le globe. Un américain consomme en moyenne 600 litres d’eau par jour, un parisien 240 litres par jour et un africain, environ 50 litres par jour. Contrôle de l’eau rime aussi avec contrôle des populations. En Cisjordanie, un colon israélien dans les territoires occupés palestiniens consomme 6 fois plus d’eau qu’un Palestinien. Ceux nécessitant plus d’eau doivent s’en procurer auprès de l’entreprise israélienne (Mekorot) qui exploite le Jourdain, un fleuve situé sur le territoire palestinien.

L’eau est également utilisée de façon inégale ; selon la FAO , 70 % des prélèvements d’eau sont consacrés à l’agriculture, suivi de 19 % à l’industrie et à la production d’énergie et 11 % aux usages municipaux (ménages et services publics).

Dès les années 1990, les règles de l’OMC et la politique néolibérale véhiculée à travers le FMI, la Banque Mondiale et les accords de libre-échange continuent à considérer l’eau comme une marchandise quelconque. Cela signifie que l’eau, surtout dans les pays du sud, peut être considérée comme la propriété d’une entreprise ou d’un individu qui peut la vendre à son gré. Dans le processus d'allègement de la dette des « pays pauvres fortement endettés », la Banque Mondiale pose comme condition la privatisation de la distribution de l'eau dans les villes. Dans une telle situation d’essor néolibéral, ces institutions, tout comme l’Union européenne, se vantent que la participation des entreprises privées est la condition garantissant un accès à l’eau potable. En réalité, l’entrée des entreprises privées dans les services de distribution de l’eau a engendré une augmentation abusive des prix et la privatisation de l’accès à l’eau, par exemple, par le biais de l’installation de compteurs prépayés et de coupure d’eau immédiate pour les familles qui n’étaient pas en mesure de payer.

Les « principes de Dublin » établis lors de la Conférence Internationale sur l’eau et l’environnement, organisée à Dublin en 1992, représentent un nouveau consensus pour la gestion de l’eau au niveau mondial, tant pour les gouvernements que pour les organisations internationales et les ONG, puisqu’en apparence, neutres politiquement et sans controverses. Pourtant, l’application de ces principes mène à diverses conséquences. Le principe 3 traite du rôle des femmes : « Les femmes jouent un rôle central dans l’approvisionnement, la gestion et la sauvegarde de l’eau ». Les femmes sont présentées comme une catégorie sociale unitaire, comme si elles formaient un groupe politiquement, économiquement et socialement homogène. De plus, la reconnaissance du « rôle centrale » des femmes dans ce cadre a ouvert la voie à leur instrumentalisation.

Les journées de Cochabamba, en Bolivie, entre les mois de janvier et d’avril 2000, marquent un moment décisif de transition dans l’histoire de l’eau. Des femmes et des hommes des quartiers populaires, des femmes paysannes et indigènes se sont mobilisées contre la privatisation des services, menés en collaboration avec l’entreprise américaine Bechtel, responsable d’une augmentation de 50 % des prix. L’épisode connu comme « la guerre de l’eau » n’a pas seulement révélé la perversité de la privatisation de la distribution de l’eau mais a aussi mis en exergue les multitudes de possibilités offertes par la révolte populaire. La victoire pour mettre fin à la privatisation a aussi alimenté la lutte contre la Zone de libre-échange des Amériques, annulée en 2005, et le changement de gouvernement avec l’élection d’Evo Morales la même année. La Bolivie considère les droits de la nature et de l’eau dans sa Constitution adoptée en 2009, et a demandé aux Nations unies la reconnaissance du droit d’accès à une eau de qualité comme un droit humain, finalement accepté par son Assemblée Générale en 2010.

En 2008, la coalition contre la privatisation de l’eau d’Afrique du Sud a obtenu gain de cause pour une demande octroyant aux familles de Soweto le droit d’obtenir deux fois plus d’eau du robinet. En 2010, le réseau d’eau parisien redevient public. L’Union européenne commence à renforcer ses expériences d’association publique-publique dans l’amélioration des services d’approvisionnement en eau. L’Afrique du Sud, l’Équateur et l’Uruguay ont aussi prévu d’intégrer l’eau comme droit humain à leur Constitution.

Alors même que la lutte en faveur de services publics garantissant l’accès à une eau de qualité se poursuit, les luttes contre les autres formes d’accaparement de l’eau se répandent aussi. Aux États-Unis, des communautés en Californie, dans le Maine et le Michigan ont gagné contre les traités de favoritisme permettant à Nestlé de pomper les eaux des fleuves, des lacs et des aquifères pour la vente d’eau en bouteille. En 2005, les communautés et le gouvernement local de Kerala, en Inde, ont réussi à forcer la fermeture d’une usine Coca-Cola hautement polluante et consommatrice d’eau. Cette victoire est particulièrement symbolique puisque Coca-Cola est connu pour exploiter des projets soi-disant sociaux servant ses propres intérêts. Suivant une pratique de « gender washing » (laverie de genre), Coca-Cola a entamé une collaboration avec ONU Femmes en 2011 en faveur de l’émancipation économique des femmes dans les petites entreprises, comme celles spécialisées dans le recyclage.

Dans la vallée de la Narmada en Inde, sur les terres Mayas, à Lenca en Honduras, dans la vallée de l’Omo en Éthiopie, et dans tant d’autres territoires, des communautés ne cessent de résister à la création de multinationales et de plantes hydrauliques qui inondent des terres, déplacent des populations et limitent l’utilisation des fleuves qui représentaient la base de leur survie et culture.

En 2006, les femmes de la Vía Campesina ont mené une action sur les sites de l’entreprise de papeterie Aracruz contre la monoculture d’eucalyptus. La fermeté de leur action a mis en exergue la désertification causée par les plantations extensives et la consommation intensive d’eau et sa pollution par des pesticides ou par l’élevage intensif de porcs ou de poulets. Lorsqu’un pays exporte de la pâte de cellulose ou du soja, il exporte également de grandes quantités d’eau utilisées lors de leur production.

La Grande Marche pour l’eau et la vie, en février 2012 au Pérou, attire l’attention sur l’utilisation intensive de l’eau et sa pollution par les entreprises minières. Elle dénonce les dommages causés par les entreprises existantes, vise à résister à la mise en place du projet Minas Conga, demande l’interdiction d’exploitations minières au niveau des sources et des zones glacières, et du moratoire sur les concessions minières. Les prospections de gisements d’or à l’air libre au cyanure utilisent des millions de litres d’eau potable de façon quotidienne. La dénonciation du peuple péruvien s’ajoute à la résistance de communautés affectées par les industries minières dans diverses parties du monde, comme au Guatemala, en Roumanie, au Mozambique et dans tant d’autres endroits.

Les femmes dans la gestion de l’eau et dans la lutte contre la privatisation


Dans les zones rurales, surtout dans les pays du sud, les femmes s’occupent d’aller chercher l’eau nécessaire pour le ménage et, dans la mesure où elles s’assurent que l’approvisionnement est suffisant et où elles s’occupent de la stocker de manière adéquate dans la maison, elles sont de facto celles qui gèrent l’eau au sein du ménage. Les petites filles sont régulièrement privées d’éducation car leurs mères ont besoin d’elles pour aller chercher l’eau pendant la journée. Les femmes, surtout les femmes rurales, n'ont plus accès à l'eau potable quand elle est industrialisée et mise en bouteille pour être commercialisée. Egalement par ce que les structures chargées de traiter l’eau ne font pas proprement son travail.

Les femmes jouent souvent un rôle également au niveau de la communauté, parfois jusqu’à prendre en charge la construction et la maintenance des installations d’accès à l’eau. Elles sont généralement responsables de l’entretien des latrines. Elles assistent également les enfants, les personnes âgées ou les malades dans leurs besoins sanitaires et d’hygiène. Elles se soucient de la sécurité (principalement pour les enfants) et de l’intimité : les femmes voulaient avant tout être sûres que leurs enfants ne tomberaient pas dans les fosses, et elles voulaient des portes avec cadenas pour se protéger des regards des passants. En outre, dans certains pays, l’absence de toilettes proches de leur domicile fait courir de grands risques aux femmes qui peuvent être victimes d'actes de violence, notamment de viols, plus particulièrement lorsque la nuit est tombée.

Dans les villes du monde entier, les femmes gèrent l’utilisation de l’eau pour la famille. L’accès limité à cause des prix élevés ou du rationnement signifient que ce sont elles qui gèrent la pénurie et qui pensent à garder de l’eau dans les réservoirs. À Barcelone, pendant la sécheresse de 2008, la communauté s’est opposée à des projets d’envergure comme le détournement du cour de l’Ebro, et ont réfléchi sur de nouvelles façons de consommer moins d’eau. Les femmes, ont d’autant plus à assumer les coûts induits par l’imposition de règles encore plus strictes dans leur vie quotidienne, surtout pour leurs enfants, comme par exemple des bains moins longs.

Les femmes et les hommes du monde entier n’ont de cesse de résister au fait que l’eau et la nature ne soient considérés comme des ressources au service lucratif des entreprises, vus comme inépuisables ou comme simple marchandise dont le prix augmente à mesure qu’elles se raréfient pour cause de mauvaise utilisation. Les femmes sont en particulier très actives dans ses luttes. L’expérience d’invisibilité et de dévalorisation de leur travail de soin des personnes est très similaire à l’invisibilité et à la dévalorisation de la nature. Le temps et l’énergie des femmes dépensés à prendre soin des personnes, à préparer à manger, l’affection donnée, le travail d’écoute ne sont pas visibles et sont inépuisables. Les femmes sont les premières à se lever et les dernières à se coucher dans la plupart des familles. Le temps et l’énergie des processus de régénération de la nature sont invisibles et traités comme des obstacles à surmonter pour que la machine de consommation continue de tourner à plein régime. Les femmes sont constamment pressionnées pour faire aller ensemble des logiques et des temps opposés, ceux de la vie et du profit, assumant ainsi les tensions qui en découlent. Leur travail est instrumentalisé pour égayer ou occulter les injustices promues par les institutions multilatérales, les gouvernements et les entreprises. Si les femmes parcourent de plus longues distances pour trouver de l’eau ou attendent des heures dans la file pour le camion-citerne, tout cela n’est pas considéré comme un problème puisque les agents le justifient comme partie intégrante de leur rôle de mère.

 

Communiqué d’Attac France

  

  

Eau source de vie, pas de profit !

Avec le soutien du gouvernement français, les multinationales de l'eau tiendront un Forum Mondial de l'Eau (FME) du 12 au 17 mars 2012 à Marseille. Ce FME est, en réalité, un forum des marchands d'eau, qui se retrouvent pour discuter des modalités de la privatisation d’un élément essentiel à la vie et du contrôle de grandes firmes sur sa distribution. Face à lui se tiendra un Forum Alternatif Mondial de l'Eau (FAME) du 14 au 17 mars, organisé par Attac et de nombreux partenaires, où les acteurs des mouvements de l’eau discuteront des alternatives à la marchandisation de l’eau.

Partout dans le monde, la marchandisation de l’eau par les multinationales a aggravé la crise de l’eau. Il est désormais clair que les « objectifs du Millénaire », fixés par l’ONU en matière d’eau potable et d’assainissement, ne seront pas atteints. La principale raison n’est pas le manque d’eau, mais l’accaparement, le gaspillage et l’exploitation de l'eau par les multinationales selon le principe de maximisation des profits.

Les géants de l’eau, dont les français Suez et Veolia, privilégient systématiquement la rentabilité des investissements et les technologies fortement consommatrices, au détriment de l’accès à l’eau pour tous, qui a pourtant été reconnu comme un droit humain fondamental par l'ONU. Ils utilisent leurs réseaux d’influence et des techniques de lobbying brutales pour obtenir gain de cause auprès des gouvernements et des collectivités locales contre l’intérêt du plus grand nombre.

Contre la marchandisation de l’eau, il existe pourtant des alternatives. Il est désormais essentiel de lutter pour la préservation de l’eau comme un bien commun de l’humanité et pour une gestion commune et publique de l’eau. Cette lutte rejoint toutes celles contre la financiarisation des ressources naturelles, qui convergeront notamment au moment du Sommet de Rio + 20 pour dire non à l'économie verte qui nous est proposée.

Cette lutte est globale : partout, en France, en Italie et jusqu’en Bolivie, des luttes populaires et des alternatives citoyennes démontrent que l'emprise des multinationales sur l'eau n'est pas une fatalité. Le FAME se présente ainsi comme un lieu où ces luttes pourront converger et où s'échangeront les expériences, afin que les peuples reprennent en main leurs biens communs.

source :  Attac France  


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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 16:47
 
 
On nous dit que l’école s’invite dans la campagne (présidentielle). J’ai plutôt la sensation que la « campagne » instrumentalise l’école, ou l’idée qu’elle s’en fait.
On pourrait penser qu’il faut laisser les choses telles qu’elles sont. On pourrait penser que les choses iront mieux le 6 mai et qu’il n’y a rien à faire en attendant…
En attendant quoi ?
On peut aussi penser que nous (parents, enseignant-e-s, citoyen-ne-s au vrai sens du terme) devons d’abord être des acteurs de cette école, que nous devons montrer notre détermination, nos choix, nos refus aux futur-e-s élu-e-s. Si les urnes sont un droit, elles ne doivent pas confisquer notre parole, et cette parole doit s’entendre, avec force s’il le faut.
ouvrez-la
 
 Ci-dessous, 3 moyens de faire entendre cette parole :
APPEL DES RASED :
SAUVER ET DÉVELOPPER LES RASED, C’EST DÉFENDRE UNE ÉCOLE POUR TOUS !
A l'initiative des organisations du Collectif National Rased :
AFPEN, FNAME, FNAREN, ANCP,
FCPE
AGSAS
CGT Educ'action, SE-UNSA, SGEN-CFDT, SIEN-UNSA, SNPI-FSU, SN PsyEN-UNSA, SNUipp-FSU, SUD-éducation
Une politique à haut risque : Plus aucune aide spécialisée pour 250000 élèves d’école primaire dès la rentrée !
Année après année, les cartes scolaires révèlent un véritable abandon du service public d’éducation
- augmentation des effectifs par classe
- dégradation des formations initiale et continue des maîtres
- diminution des postes de remplaçants
- abandon de la scolarisation dès 2 ans
- conditions dégradées de scolarisation pour les élèves en situation de handicap
- démantèlement des RASED (Réseau d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté - maîtres E, rééducateurs et psychologues)
L’école tout entière est touchée avec de lourdes conséquences pour les plus fragilisés de ses élèves.
Pour la rentrée 2012, une nouvelle vague de suppressions massives de postes de RASED est programmée, qui portera à près de 5000 le nombre de postes d'enseignants spécialisés de RASED détruits depuis 2008. Le ministère saborde ainsi le seul dispositif gratuit d’aides spécialisées et psychologiques à l’intérieur de l’école. Des milliers d’élèves sont sacrifiés, sous couvert d’une dette publique qui masque en réalité une vision ultralibérale de l’éducation.
Attaquer les RASED :
-C’est supprimer le regard spécifique des enseignants spécialisés sur les élèves en difficulté.
-C’est laisser des enfants, pour lesquels la réponse pédagogique du maître de la classe n’est pas suffisante, s’enfoncer résolument dans l’échec scolaire, la violence ou l’exclusion.
-C’est ne plus accompagner les familles et laisser des enseignants désarmés par des enfants qui n’apprennent pas.
-C’est externaliser la difficulté scolaire vers le secteur privé en renvoyant aux familles la responsabilité et la charge d’en supporter le coût.
L’aide personnalisée et les stages ne peuvent en aucun cas remplacer les RASED ; chacun le sait, depuis les enseignants, les parents, jusqu’à l’Inspection Générale qui l’a clairement exprimé dès 2009. La difficulté scolaire est complexe et multiforme. L’école a besoin de tous les professionnels spécialisés, pour croiser les regards et assurer l’accompagnement des élèves afin d’enrayer l’échec scolaire.
Toutes les ressources doivent pouvoir être mobilisées dans l’ensemble des dispositifs pour assurer la réussite de tous les élèves.
Signer la pétition  ICI 
 Appel_RASED_LOGO.jpg
Non à la fermeture des centres de formation pour les psychologues scolaires !!!
Organisations associées : Collectif RASED 62, Sud Education 59/62, CNT 59/62, CGT Educ’action 62, AME 62, Snuipp 62, Se Unsa 62, GFEN, FCPE 59.
Après les (dé)mesures de carte scolaire, après le démantèlement des RASED nous apprenons maintenant que le ministère de l'Education Nationale signe la mise à mort des psychologues scolaires.
Cette mise à mort se fait de manière très insidieuse, sans annonce officielle, pour cela, il suffit au ministère de fermer certains centres de formation :
Lille, Aix-Marseille, Grenoble, soit 50 % des centres actuels !!!
Les responsables des centres ainsi sacrifiés n'ont même pas été informé(e)s et se sont trouvé(e)s sous le fait accompli !!!
Par cette volonté (pas même affichée) de démanteler l'aide aux élèves en difficulté le ministère montre une fois de plus sa volonté de détruire l'école publique pour toutes et tous !!!
Alors que le besoin de psychologues scolaires (et de l’ensemble des RASED) se fait de plus en plus criant sur le terrain, le ministère poursuit sa politique aveugle de casse de l’école publique.
Nous refusons la fermeture des centres de formation de Lille, Grenoble et Aix-Marseille.
Nous exigeons au contraire le développement de la formation des psychologues scolaires (et des maîtres spécialisés).
Signer la pétition ICI
  
Un parmi les autres.

Un film de Pierre de Nicola
Production FNAREN

Synopsis
Au sein de l’Education Nationale, des enseignants se sont spécialisés pour aider des enfants qui ne parviennent pas à être élève malgré leurs efforts. Ce sont les rééducateurs des RASED (Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté). Leur approche très particulière emprunte d’autres voies pour permettre à ces enfants de trouver le chemin des apprentissages.
Le film suit trois rééducateurs dans leur travail, en Tarn- et- Garonne : Jean-Michel qui arrive d’une grande ville du Nord, Julie qui découvre le métier et Christiane qui va l’accompagner dans sa formation. Les séquences de rééducation avec les enfants entrent en résonance avec des témoignages de parents, d’enseignants, des éclairages de spécialistes…. Au-delà de la difficulté scolaire et de son dépassement, c’est de la réalité de l’école d’aujourd’hui dont il est question.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 22:03

 

En cette période électorale, les états-majors politiques et les militant-e-s sont sur le pied de guerre. Le printemps sera chaud…

L’automne aussi sans doute…

Ainsi, plusieurs semaines après un rassemblement (le 22 février devant l’inspection académique) destiné à lutter contre toutes les suppressions de postes, j’ai pu remarquer des…nouveaux et nouvelles militant-e-s aux portes des écoles. Leur mission : faire signer une pétition pour s’opposer aux…fermetures de classes…

Le lendemain, d’autres militant-e-s déposent un tract dans ma boite à lettres. J’y lis qu’on y condamne fermement la fermeture de 133 classes dans le Pas de Calais !!!

 Un nouveau souffle dans la lutte ?

Pourtant…Par manque d’encre, par oubli ou pour d’autres raisons –allez savoir-, je ne vois RIEN au sujet des 24 postes de BD REP, RIEN au sujet des 13 postes en établissements spécialisés, RIEN au sujet des 54 postes RASED supprimés…

En entête de ce tract, j’avais pourtant lu : ARRETONS la casse de l’école publique.

Les BD REP, les enseignant-e-s en IME, les RASED n’appartiennent plus à l’école publique ??

 

Je lis aussi, notamment, qu’il est déploré en 5 ans, la suppression de 80 000 postes et la disparition programmée des RASED.

Je lis également que pour réussir le changement, on envisage, notamment, la création de 60000 postes (enseignants, médecins scolaires, psychologues, personnels de sécurité) et un accompagnement personnalisé des élèves en difficulté  (sans S à difficulté).

 

Psychologues…et non plus psychologues scolaires…Je m’interroge

Aucune mention des autres enseignant-e-s spécialisé-e-s qui composent les RASED

Je m’interroge encore plus !!

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 18:51

La fédération SUD éducation appelle à participer massivement à la manifestation nationale interprofessionnelle pour l’emploi et contre la précarité le samedi 24 mars 2012 à Paris.

Avec l’Union syndicale Solidaires, réaffirmons le droit à l’emploi pour tous et toutes !

Plus de 5 millions de chômeurs et chômeuses, plus de 8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, … et les « plans sociaux » s’accumulent, … et les suppressions d’emplois publics se multiplient, … et le chômage partiel, le temps partiel imposé, les emplois précaires sont présentés comme les seules solutions, … et les discours politiques se succèdent, laissant patrons et banquiers poursuivre la destruction des emplois et de nos vies.

Ca suffit ! Prenons nos affaires en mains !

Élections ou pas, pour l’emploi, contre les licenciements et les suppressions de postes, il y a urgence et c’est par les luttes sociales que nous gagnerons ! Soyons offensifs, nous avons toute légitimité à défendre nos revendications, à refuser les suppressions d’emplois. Nous ne sommes responsables ni de la crise qu’ils ont provoquée, ni de la dette qu’ils ont créée !

Les emplois publics sont utiles, (re)créons-les !

Des dizaines de milliers d’emplois publics ont été supprimés ces dernières années ; c’est le droit de tous et toutes à la santé, à l’éducation, à la sécurité, au transport, etc., qui sont ainsi attaqués.

Nous devons imposer des droits nouveaux

et notamment un statut du salarié - applicable à tous et toutes et financé par un fonds patronal mutualisé - pour garantir le maintien du salaire entre deux emplois et les formations de reconversion.

Il faut une autre répartition des richesses

que nous produisons : assez de la confiscation par une minorité de ce que produit l’immense majorité… qu’on rejette vers la précarité, le chômage, l’exclusion, au gré des besoins patronaux !

Ensemble, nous réaffirmons le droit à l’emploi pour tous et toutes. Nous revendiquons la réduction du temps de travail

à 32 heures hebdomadaires, sans perte de salaire. Travaillons moins pour travailler tou-te-s ! Additionnons nos forces, unissons nos luttes !

Dans l’Éducation Nationale, construisons une mobilisation d’ensemble nationale

·         annulation des suppressions de postes !

·         titularisation de tou‑te‑s les précaires !

·         réduction du temps de travail !

La saignée des postes se poursuit dans l’Éducation Nationale, aggravant toujours plus les conditions de travail des personnels et les conditions d’étude des élèves. Encore plus de 10000 postes en moins cette année, plus de 80000 depuis 2007 ! En première ligne, les RASED dans le 1er degré et les lycées professionnels dans le 2nd. Dans tous les cas, ce sont les élèves des classes populaires et les plus en difficulté qui trinquent en premier.

Ne renonçons pas à nous battre contre les suppressions de postes !

Partout en France, il y a des mobilisations contre les conséquences de cette politique. Ces mobilisations locales doivent converger en une lutte nationale pour l’annulation des suppressions de postes, faute de quoi elles s’enferment dans une lutte pour le partage des miettes et la gestion de la pénurie organisée.

La manifestation nationale interprofessionnelle pour l’emploi et contre la précarité du 24 mars doit être une étape de convergence nationale de ces luttes.

Un cortège massif de l’éducation sera un point d’appui pour construire une lutte d’ensemble, (re)lancer des grèves reconductibles partout où c’est possible.

Lutter pour le droit à l’emploi dans l’Éducation Nationale, c’est aussi exiger la titularisation de tou-te-s les précaires

sans condition de concours ni de nationalité. C’est également lutter pour la baisse du temps de travail. Les 35 heures n’ont jamais été appliquées aux enseignant-e-s, et il est urgent de diminuer le temps de travail des personnels IATOSS sans baisse de salaire ni flexibilisation.

Rien ne remplacera nos luttes

 Tou-te-s à Paris le 24 mars !

Récapitulatif des transports (à ce jour) pour la manif nationale du 24 mars

 

(Attention - Cet état est régulièrement actualisé)

 

 

  

  

  

  

  

  

  

  

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 20:05

 

Chasse aux étudiants étrangers : la barbarie d’un Etat

 Une politique inique et absurde terrorise aujourd’hui des milliers d’étudiants étrangers inscrits régulièrement dans nos universités et dans l’ensemble de nos établissements d’enseignement supérieur. A l’approche de l’élection présidentielle, le gouvernement aurait-il décidé d’en faire les otages de sa dérive idéologique ?

Une fois de plus l’Etat-Sarkozy nous met face à l’inadmissible. Les faits sont là. Ils sont dramatiques et nous rappellent aux événements du sombre été 2010. La circulaire Guéant du 31 mai 2011 et le zèle des préfets à l’appliquer sans discernement sèment la peur sur les campus universitaires. Le décret du 6 septembre 2011 augmente de 35% les ressources mensuelles minimales pour obtenir un titre de séjour (de 460 à 620 euros). Les titres de séjour qui arrivent à terme en milieu d’année ne sont pas renouvelés, contraignant les étudiants à interrompre leur cursus, à retourner dans leurs pays ou à entrer dans la clandestinité. Les services préfectoraux mettent en place une véritable course d’obstacle au renouvellement des titres de séjour. Ils ne renseignent même plus les étudiants étrangers sur leurs droits et multiplient les obligations de quitter le territoire français (OQTF). De toutes nationalités, venus du monde entier, des étudiants se terrent dans les cités universitaires, s’y font parfois arrêter, ou sont cachés par des amis, parfois par des membres d’associations humanitaires et de défense des droits de l’homme. D’autres, de plus en plus nombreux, envisagent de quitter la France et disent, entre dégoût et amertume, rechercher un autre pays où ils pourront terminer leurs études dans des conditions d’accueil plus respectueuses des droits. Il ne s’agit plus seulement, comme le disent certains, d’un gâchis humain ou d’une absurdité économique, mais bien d’un désastre humanitaire, invisible, sournois, dont on voudrait taire le nom, et dont l’Etat est directement responsable. Ce désastre se passe ici, en France, un pays qui fut jadis celui des Droits de l’Homme, et qui est devenu au fil des années celui de leur négation.

On ne peut plus se taire. Mais on ne saurait non plus dénoncer cela au seul nom de grands principes. Il faut aujourd’hui témoigner et dire ce qui est. Ce que je fais ici, en tant que citoyen indigné. Mais c’est aussi un appel à s’engager. Contre la barbarie d’un Etat.

A l’Université de Strasbourg qui accueille plus de 20% d’étudiants étrangers, les expulsions se multiplient depuis le début de l’année. Elles ont doublé, peut-être triplé. La quinzaine de cas dûment recensés par l’UdS ces dernières semaines ne constitue que la face visible d’une lame de fond qui prend la forme d’une véritable chasse aux étudiants étrangers. D’après une estimation que je pense assez fiable, faite par d’Union des étudiants étrangers de Strasbourg (UDEES), il y aurait aujourd’hui entre 600 et 800 étudiants sans papiers à l’UdS, soit 10% des étudiants étrangers, hors communauté européenne. Alors que la préfecture ciblait prioritairement les étudiants d’origine sub-saharienne et du Maghreb, ce sont désormais toutes les nationalités qui sont touchées : pays du continent américain, Ukraine ou Iran. Des étudiants en difficulté ayant pris du retard dans leurs cursus aussi bien que des étudiants brillants, en master ou même docteurs aspirant légitiment à continuer leurs recherches en France. Mais aussi des étudiants qui doivent financer leurs études, sans aide de l’Etat, parfois vacataires ou en CDD dans les services centraux de l’université.

Leila travaillait à la Direction des finances de l’université. Elle souhaitait financer son doctorat. La préfecture lui a refusé son autorisation de travail. Titulaire d’un master elle occupait un emploi de catégorie C. Sur-diplomée. Elle prend la place d’un français. Elle est contrainte d’abandonner son projet d’études. Ecoeurée elle rentre au pays. Barbarie d’un Etat !

Il y a deux semaines, à la fin de l’un de mes cours où j’avais sensibilisé mes étudiants aux risques qu’ils encouraient actuellement, l’un d’entre eux vient me confier qu’il est sans titre de séjour. Un étudiant canadien, brillant, épuisé par le parcours du combattant pour obtenir le fameux sésame. Il commence à avoir peur et je m’en veux presque de l’avoir inquiété. Barbarie d’un Etat !

Il y a un mois Adrien m’appelle, effondré. Il vient de recevoir son OQTF. Un mois pour plier bagage. Il est en France depuis 2004, inscrit aujourd’hui en master. Il a toutes ses attaches à Strasbourg. Je le connais un peu : nous avons siégé ensemble au Conseil d’administration de l’UdS. Il a consacré son temps et son énergie au service de la communauté universitaire. Il a lui même aidé et soutenu les étudiants étrangers de Strasbourg en s’investissant sans compter dans une association qu’il a aussi présidée. Sa seule faute est aujourd’hui son engagement, et un peu de retard dans ses études. Adrien est défendu par la présidence de l’université et par la ville de Strasbourg. Le dossier est certainement sur le bureau du Préfet. Mais plus personne n’est sûr aujourd’hui qu’Adrien ne sera pas expulsé. Victime d’une politique du chiffre. Comme tous ses amis, il a peur. Et cette peur est devenue insupportable. Barbarie d’un Etat !

Le 13 février nous sommes une cinquantaine de personnels de l’UdS, d’étudiants, de militants syndicaux et associatifs à nous rendre au Tribunal administratif pour soutenir Ansoumane. Il a été arrêté en cité universitaire, avec la collaboration du Directeur du CROUS, Christian Chazal, un haut fonctionnaire qui se dit respectueux de la loi et qui n’a que trois chaises dans son bureau pour recevoir une délégation d’élus. Nous étions neuf. Nous avons refusé de passer par sa petite porte. Ansoumane a été dénoncé par une lettre anonyme. Son ami qui l’hébergeait dans sa chambre universitaire est aujourd’hui sous le coup d’une inculpation pour aide à étranger en situation irrégulière. La solidarité est aujourd’hui un délit. Barbarie d’un Etat !

Au mois de décembre dernier je siège en formation de jugement dans la section disciplinaire de l’UdS. Comparaissent des étudiants ayant fraudé aux examens. Plusieurs d’entre eux ont commis des fraudes légères alors que leurs résultats sont bons. Nous nous interrogeons. Un étudiant étranger nous avoue que son titre de séjour a expiré et qu’il craint de ne pouvoir finir son master. Un autre dispose d’un titre encore valide, mais seulement pour quelques semaines. La peur, toujours la peur. La peur de ne pas assez bien réussir ses examens et d’être expulsé. Je me suis demandé ce jour-là qui il fallait juger. Barbarie d’un Etat !

Qu’ils s’appellent Adrien ou Ansoumane, Farid ou Leila, tous les étudiants étrangers régulièrement inscrits à l’université doivent être soutenus et aidés avec la même énergie, la même conviction. On ne peut plus accepter des expulsions en cours d’année universitaire. On ne peut plus accepter des autorisations de séjour au compte-goutte. On ne peut plus accepter que des projets professionnels et des vies soient brisés par une politique aveugle. On ne peut pas accepter de voir nos étudiants, ni quelque étranger que ce soit, des femmes et des enfants, croupir dans d’infâmes centres de rétention. Une règle simple doit nous permettre de sortir au plus vite de toute cette barbarie : une inscription à l’université = un titre de séjour. Et pas un titre de six mois ou un an. Un titre de la durée du diplôme!

Aujourd’hui la communauté universitaire de Strasbourg, solidaire, inquiète ou indignée, a pris conscience de l’urgence. Une motion a été adoptée par le Conseil d’administration de l’UdS. Elle demande le retrait de la circulaire Guéant. Sur la suggestion des organisations syndicales et des associations étudiantes une cellule de veille et d’alerte sera mise en place, l’équipe administrative chargée du soutien aux étudiants étrangers sera renforcée et une campagne d’information sera faite en direction de tous les personnels et étudiants de l’UdS. Des parrainages seront également mis en place pour aider et soutenir les étudiants, aussi bien dans leur cursus que dans leurs démarches administratives et juridiques. C’est important, mais cela ne suffira pas. En attendant que tout ceci se mette en place, des actions de protestation et des manifestations de soutien aux étudiants étrangers se dérouleront dans les semaines qui viennent. Et nous devons surtout apporter une aide immédiate et concrète à celles et ceux qui risquent d’être expulsés, demain ou après-demain. Nous devons encore alerter massivement nos concitoyens et pour cela nous avons besoin de l’appui des médias. Certains se sont engagés, parfois par un travail remarquable.

Mais l’urgence humanitaire ne doit pas laisser au second plan la question politique. Car la question est directement politique. Nous le savons tous. Je relève donc pour finir trois faits qui nous mettent face à d’autres figures de l’inadmissible. Ils touchent aux valeurs, à l’éthique et au respect de droits fondamentaux. Il convient certainement de les considérer avec attention.

Tout d’abord les autorités préfectorales, appuyées par une loi inique, s’arrogent aujourd’hui le droit de définir et de déterminer seules les critères académiques et pédagogiques qui permettent d’inscrire ou non les étudiants dans nos établissements d’enseignement supérieur et de recherche. Ceci ne relève en rien de leurs attributions et encore moins de leurs compétences. Le nombre d’erreurs relevées dans les descriptifs des cursus des étudiants et figurant sur les OQTF laisse par ailleurs très songeur. Je n’en dis pas plus.

C’est ensuite la mise place, depuis fin 2009, d’une politique incitative, via des primes distribuées selon des critères de performance, qui est éthiquement inadmissible. Un Etat qui attribue secrètement des primes de 40 000 à 60 000 euros à ses Préfets et dont une partie est indexée sur le nombre de reconduites à la frontière souscrit implicitement au principe suivant : de l’argent contre l’avenir et la vie d’étudiants étrangers. Ce principe est innommable.

Enfin un Etat qui, mobilisant des centaines de fonctionnaires dans ses préfectures et sa police, préfère dépenser l’argent du contribuable dans une politique d’expulsion massive d’étudiants, au lieu de donner des moyens humains et financiers aux universités pour aider, soutenir et accueillir comme il convient ces mêmes étudiants, cet Etat nous fait sortir des valeurs de la République et de ce qu’on nomme encore la civilisation.

Toute cette politique met non seulement en péril nos universités, leur image à l’étranger et leur longue tradition d’accueil, mais elle est encore une menace pour le bien commun, l’intérêt général et la République elle-même. Je ne doute pas qu’il y aura aujourd’hui des femmes et des hommes politiques responsables, des élus, quelle que soit leur appartenance, assez courageux pour dénoncer unanimement un Etat qui fabrique une clandestinité honteuse à des milliers d’étudiants étrangers.

En définitive ce qu’il convient aujourd’hui de comprendre et de dire avec vigueur, c’est que l’état sarkoziste, en plus de son mépris pour les Droits de l'Homme, foule aux pieds deux principes fondamentaux : le droit des étudiants étrangers à faire leurs études en France et l’indépendance des universités dans leur politique d’accueil des étudiants. Car, en s’en prenant aux étudiants étrangers, l’Etat s’en prend aux universités et aux universitaires. Réciproquement, toutes les réformes de l’université qui limitent l’indépendance et les libertés académiques des universitaires et des chercheurs s’en prennent directement au principe de l’universalité du savoir et à la liberté d’étude des étudiants étrangers. Il suffit pour le comprendre de se reporter à l’Appel du 23 février dont la dixième proposition est une demande d’abrogation de la circulaire Guéant.

 

 

La signature de cet appel  est ouverte à tous les citoyens.

J’ajoute une dernière chose : n’en déplaise à Mr Guéant, il n’y a pas de civilisation supérieure à une autre. Mais assurément, lui et son ami Président auront contribué à un abaissement moral de la nôtre. Et nous avons tous compris qu’un chef d’Etat qui s’adonne à cette barbarie n’a plus aucun crédit quand il énonce que « l’immigration peut être un problème ». C’est lui, son Etat et l’action de son gouvernement qui sont aujourd’hui le problème. Il est temps que tous s’en aillent et que nos étudiants étrangers retrouvent un peu de sérénité.

Alors, quand vous irez voter, chers lecteurs de Mediapart, prenez bien soin d’envoyer à Nicolas Sarkozy son OQPF : Obligation de Quitter la Présidence Française. Mais d’ici là il faut agir. Un vote n’a jamais suffi à prévenir les peuples contre le pire. Et le pire est advenu, ici et maintenant.

Pascal Maillard sur mediapart

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