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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 18:52

 

 

Grève illimitée à la Comédie française.

Les représentants syndicaux des salariés réclament notamment une révision de la répartition des bénéfices. Après un premier mouvement de grève, entre le 27 et le 31 décembre dernier, les représentants syndicaux des salariés de la Comédie Française ont déposé en début de semaine un préavis de grève illimité. Ils demandent l’augmentation de leur prime, et une répartition différente des bénéfices. Actuellement, 76,5% des bénéfices annuels sont reversés aux trente-sept Sociétaires de la maison, 16,5% aux comédiens pensionnaires et autres salariés (au nombre de trois cent soixante) et 7% au fond de réserve.

 

 

Grève dans l’usine Colgate-Palmolive de Compiègne.

  La grève continue dans l’usine Colgate-Palmolive de Compiègne. Avec plus de 500 salariés, le site fabrique des détergents et des produits d’hygiène pour le groupe américain.

Voté par près de 270 salariés sur 300 réellement concernés, le mouvement accompagné d’un blocage de l’entrée de l’usine a débuté mercredi dernier et persiste après les premières négociations de ce matin. Le désaccord porte notamment sur deux points.

D’une part, l’embauche de seulement huit personnes pour dix annoncées en 2011, et ce, après le départ de vingt personnes l’année dernière, selon des sources syndicales. « La direction n’a pas respecté son accord et sa signature. Elle a entamé son crédit », estime un représentant syndical. Les salariés affirment que la production n’a pas diminué en 2011, ou seulement très légèrement.

De l’autre, les syndicats attendaient pour la rentrée 2012 le gel du système d’augmentation individuelle, et un accroissement des salaires de 5%, avec un plancher minimum de 100€. Ils ne se satisfont pas de l’augmentation de 1,8% proposés par la direction. « Au regard des résultats de l’entreprise, ce chiffre paraît très insuffisant », déplore la CFDT dans un communiqué.

RFI en grève à partir de lundi
A l'appel des syndicats de RFI (CFDT, FO, SNJ, SNJ-CGT, SNRT-CGT, SUD), les salariés ont en outre voté jeudi en Assemblé générale une grève qui démarrera lundi "zéro heure, pour une durée indéterminée", selon un communiqué.  Les salariés de RFI ont voté jeudi une reprise de la grève lundi, après un mois d'interruption, et les syndicats ont adressé une lettre ouverte au Premier ministre, dénonçant le projet de fusion avec France 24 et un plan de suppression d'emplois.
A Caen, des salariés Dia et Ed en grève ce vendredi.
Emploi et conditions de travail : ce sont les principales revendications des salariés des magasins de hard-discount Dia et Ed (groupe Dia), en grève ce vendredi à l’appel de la CGT et de la CFDT. Il s’agit d’un mouvement dans la région Nord-Ouest du groupe (19 départements, dont le Calvados). Les salariés s’opposent aussi à la mise en place des locations gérance de magasins, aux fermetures, et bataillent pour le repos dominical. Dia compte près d’une centaine de magasins dans la région Nord-Ouest et 1 100 salariés. Le personnel en grève a prévu de manifester à trois endroits : à Caen, au Havre et à Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise). A Caen, une quarantaine de salariés étaient réunis ce matin devant le magasin de la route de Paris, rideau baissé en raison de la grève. Le Calvados compte sept magasins Dia et Ed intégrés. Selon la CGT, le personnel de cinq d’entre eux participe au mouvement : deux à Caen, un à Touques, un à Saint-Vigor-le-Grand (près de Bayeux) et un à Falaise.
Région niçoise : Grève annoncée chez IBM Sophia-Antipolis

L'intersyndicale des salariés d'IBM de La Gaude et de Sophia-Antipolis, près de Nice, appelle à une grève et manifestation le mardi 17 janvier. Ils s'élèvent contre le projet de déménagement des 85 salariés de Sophia vers La Gaude, distante de 28 kilomètres.

Les syndicats des sites d'IBM de La Gaude et de Sophia-Antipolis (Alpes-Maritimes) sont très remontés contre le projet de déménagement des employés de Sophia pour La Gaude. Ils seront en grève et manifesteront devant le site même de Sophia.

 

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 17:06

Communiqué d’Amnesty International, 10 janvier 2012

 

 

Guantánamo : une décennie d’atteintes aux droits humains.

 

À l’occasion des 10 ans du centre, le rapport « Guantánamo: A Decade of Damage to Human Rights » met en lumière le traitement illégal infligé aux prisonniers de Guantánamo et expose en quoi ce centre de détention constitue encore une atteinte aux droits humains.

En s’abstenant de fermer le centre de détention de Guantánamo Bay, le gouvernement des États-Unis lègue un héritage toxique en matière de droits humains.

Guantánamo est devenu le symbole de 10 années de non-respect systématique des droits humains dans la réponse apportée par les États-Unis aux attentats du 11 septembre 2001. Le gouvernement américain a foulé aux pieds les droits fondamentaux dès les premiers transferts de prisonniers. Alors que Guantánamo entame sa 11e année d’existence, ces manquements se poursuivent.

Malgré la promesse faite par le président Barack Obama de fermer le centre de détention de Guantánamo avant le 22 janvier 2010, 171 hommes y étaient toujours incarcérés à la mi-décembre 2011. Au moins 12 prisonniers transférés à Guantánamo le 11 janvier 2002 y sont toujours détenus. L’un d’entre eux purge une peine de réclusion à perpétuité après avoir été déclaré coupable par une commission militaire en 2008.

Les 11 autres n’ont toujours pas été inculpés.

 

Le gouvernement de Barack Obama – en fait de larges sections des trois branches du gouvernement fédéral – ont adopté le cadre de la « guerre » mondiale mis en place sous le gouvernement de George W. Bush.

 Le gouvernement a ainsi affirmé en janvier 2010 qu’une cinquantaine de détenus de Guantánamo ne pouvaient être ni inculpés ni libérés, mais devaient être maintenus en détention militaire pour une durée indéterminée, sans inculpation ni jugement, au titre de l’interprétation unilatérale que font les États-Unis des lois de la guerre.

 

« Tant que les États-Unis n’aborderont pas la question de ces détentions sous l’angle des droits humains, l’héritage de Guantánamo perdurera, qu’il soit fermé ou non. » Rob Freer, chercheur sur les États-Unis.

Ce centre de détention, établi quatre mois après les attentats du 11 septembre sur une base navale américaine à Cuba, est devenu un symbole de torture et de mauvais traitements.

Parmi les prisonniers qui y sont toujours incarcérés, certains ont été victimes aux mains des États-Unis d’actes de torture et de disparitions forcées avant d’être transférés à Guantánamo. L’obligation de rendre des comptes n’a pas ou presque été mise en œuvre pour ces crimes relevant du droit international commis dans le cadre d’un programme de détentions secrètes ayant reçu l’aval du président. Le gouvernement américain a systématiquement bloqué les démarches d’anciens détenus visant à obtenir des réparations pour ces violations des droits humains.

En 10 ans, seul un des 779 détenus incarcérés à la base a été transféré aux États-Unis pour être jugé devant un tribunal fédéral de droit commun. D’autres ont comparu devant des commissions militaires dans le cadre de procès iniques. Le gouvernement a aujourd’hui l’intention de requérir la peine de mort contre six détenus jugés dans ces conditions. Le gouvernement de Barack Obama fait porter la responsabilité de son incapacité à fermer Guantánamo sur le Congrès, qui n’a pas veillé, il est vrai, à ce que les États-Unis respectent les principes internationaux relatifs aux droits humains dans ce contexte.

Aux termes du droit international, ni le droit national ni la politique ne peuvent être invoqués pour justifier le fait de ne pas honorer les obligations inscrites dans les traités. Une branche du gouvernement ne saurait faire porter le chapeau à une autre pour les manquements d’un pays envers les droits humains. Le droit international exige de trouver des solutions, pas des excuses.

 

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 17:47

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 16:44

 

 

Standardiste : «Pizza..., bonjour!»

Client : «Bonjour, je souhaite passer une commande.»

Standardiste : «Puis-je avoir votre NIDN, monsieur ?»

Client : «Mon numéro d'identification nationale (National ID Number). Oui, un instant, voilà, c'est le 6102049998-45-54610.»

Standardiste : «Merci Mr. Sheehan. Donc, votre adresse est bien le 1742 Meadowland Drive et votre numéro de téléphone, le 494-2366. Votre numéro de téléphone professionnel chez Lincoln Insurance est le 745-2302 et votre numéro de téléphone mobile le 266-2566. De quel numéro appelez-vous?»

Client : «Euh? Je suis à la maison. D'où sortez-vous toutes ces informations?»

Standardiste : «Nous sommes branchés sur le système monsieur.»

Client : (Soupir) «Ah bon! Je voudrais deux de vos pizzas spéciales à la viande...»

Standardiste : «Je ne pense pas que ce soit une bonne idée monsieur.»

Client : «Comment ça?»

Standardiste : «Selon votre dossier médical, vous souffrez d'hypertension et d'un niveau de cholestérol très élevé. Votre assurance maladie vous interdit un choix aussi dangereux pour votre santé.»

Client : «Aïe! Qu'est-ce que vous me proposez alors?»

Standardiste : «Vous pouvez essayer notre pizza allégée au yaourt de soja. Je suis sûre que vous l'adorerez.»

Client : «Qu'est-ce qui vous fait croire que je vais aimer cette pizza?»

Standardiste : «Vous avez consulté les recettes gourmandes au soja à votre bibliothèque locale la semaine dernière, monsieur. D'où ma suggestion !»

Client : «Bon d'accord. J'en prends deux, format familial. Combien je vous dois?»

Standardiste : «Ca devrait faire l'affaire pour vous, votre épouse et vos quatre enfants, monsieur. Vous nous devez 49,99 Euros.»

Client : «Je vous donne mon numéro de carte de crédit.»

Standardiste : «Je suis désolée monsieur, mais je crains que vous ne soyez obligé de payer en liquide. Votre solde de carte de crédit dépasse la limite.»

Client : «J'irai chercher du liquide au distributeur avant que le livreur n'arrive.»

Standardiste : «Ca ne marchera pas non plus monsieur. Votre compte en banque est à découvert.»

Client : «Ce ne sont pas vos oignons. Contentez-vous de m'envoyer les pizzas ! J'aurai le liquide. Combien de temps ça va prendre?»

Standardiste : «Nous avons un peu de retard, monsieur. Elles seront chez vous dans environ 45 minutes. Si vous êtes pressé, vous pouvez venir les chercher après avoir retiré du liquide,mais transporter des pizzas en moto est pour le moins acrobatique.»

Client : «Comment diable pouvez-vous savoir que j'ai une moto?»

Standardiste : «Je vois ici que vous n'avez pas honoré les échéances des paiements de votre voiture et qu'elle a été saisie. Mais, votre Harley est payée.Donc, j'ai simplement présumé que vous l'utiliseriez.»

Client : «Cali... de tab... d'ost... de ciboi...»

Standardiste : «Je vous conseille de rester poli, monsieur. Vous avez déjà été condamné en juillet 2006 pour outrage à un agent.»

Client : (Sans voix)

Standardiste : «Autre chose, monsieur?»

Client : «Non, rien. Ah si, n'oubliez pas les deux litres de Coca gratuits avec les pizzas, conformément à votre pub.»

Standardiste : «Je suis désolée monsieur, mais une clause d'exclusion de notre publicité nous interdit de proposer des sodas gratuits à des diabétiques.»



Et oui nous en arrivons là grâce au RFID (Radio Frequency IDentification). Vive la confidentialité chez Big Brother !!!


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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 16:24

 

En décembre 2008, en pleine crise, l’Assedic et l’ANPE fusionnaient pour devenir Pôle Emploi. Nous prévoyions que les usagers seraient les premiers à pâtir de cette opération bâclée ; ce fut le cas. Ce que nous n’avions pas prévu, c’est l’ampleur du changement en termes de management pour les 50 000 agents de Pôle Emploi. L’établissement n’a su répondre aux angoisses de ses employés que par un durcissement féroce dans la gestion des ressources humaines.

La parole s’est libérée au sein de Pôle Emploi. Personne ne sursaute lorsque la hiérarchie traite les syndicalistes de fainéants, les agents en grève de débiles profonds, les seniors de vieux (vieilles). Cette violence verbale et organisationnelle pose question. Il n’y a plus de barrières, le harcèlement a aujourd’hui droit de cité. Les plus agressifs des cadres se sentent autorisés à renvoyer sur leurs subordonnés la pression qu’ils sont incapables de gérer.

 

L’agent de base est comptable de ses résultats, isolé, surresponsabilisé. Il a son portefeuille de demandeurs d’emploi et d’entreprises, ses dossiers d’indemnisation. C’est sur lui seul que repose la charge, non sur le collectif. Paradoxalement, enfermé dans un planning qui découpe ses actes professionnels en procédures de type industriel, il n’a plus aucune marge de manœuvre. Ses rares moments d’autonomie sont suspects. La demi-journée hebdomadaire de fermeture au public doit être rentabilisée de la première à la dernière minute. Il n’y a plus une miette d’organisation individuelle. L’agent doit s’acquitter de tâches planifiées par l’équipe de direction, et en rendre compte personnellement en fin de journée. La confiance a totalement disparu. L’infantilisation, l’asservissement sont la règle. Il ne s’agit plus de chercher des solutions pour l’usager, mais de réajuster des chiffres de production afin d’atteindre les objectifs fixés aux encadrants.

Bien que tout espace d’initiative ait été supprimé, le contrôle s’est renforcé. Le «reporting», compréhensible lorsque l’individu dispose d’une certaine autonomie, n’est plus que du simple flicage. On demande à l’agent de justifier des écarts de réalisation entre lui et ses collègues. On le renvoie à ses résultats chiffrés, sans référence aux moyens dont il dispose. Or, tous les rapports depuis des mois pointent le manque criant de ressources à Pôle Emploi. Le contrôle s’opère, entre autres, lors d’entretiens de suivi d’activité, inscrits dans le plan de prévention des risques psychosociaux. Présentés par la direction comme des espaces de dialogue, ces entretiens managériaux se révèlent être des huis clos stressants entre le responsable d’équipe et son agent. Sans cadre et sans compte-rendu, ils permettent toutes les outrances. A tour de rôle, chacun se voit comparé aux autres, sans prise en compte du réel travail effectué auprès des usagers, et sans mesure de ses compétences acquises.

 

Les victimes sont le plus souvent des agents en poste en structure (direction régionale, départementale). Leur force de travail n’étant pas directement liée à la production de chiffres, ils sont plus facilement écartables. Des personnes qui ont des années d’ancienneté, des compétences autrefois reconnues sur des dossiers pointus, se retrouvent devant un téléphone silencieux, une boîte mail déserte. Ce sont souvent des cadres, dont le nombre pose problème. La fusion a mécaniquement généré des doublons en réunissant les agences et les directions. Qu’il s’agisse d’une mesure vexatoire ou que leur poste ait été supprimé, ces cadres se retrouvent privés de leurs tâches, écartés des réunions, sans informations, oubliés. Le placardisé se voit contraint d’aller mendier une occupation quotidienne, pendant que son voisin de bureau croule sous le travail. Personne ne demandera son aide, personne ne partagera rien avec lui, de peur de se retrouver soupçonné de collusion. Très vite, l’agent tourne en rond, se déqualifie et déprime. Ses acquis professionnels deviennent obsolètes, et de placard en placard, il finira par partir, tomber malade ou démissionner, au grand soulagement de ses collègues et de ses supérieurs.

Que faire de ce triste constat ? Une institution qui permet ces pratiques est toxique pour l’ensemble de ses membres, et préjudiciable à ses usagers. Si elle ne génère pas encore des processus assumés de casse du personnel, comme France Telecom, elle prend un chemin qu’il sera très difficile de faire à rebours. Est-ce une politique de fond ou un épiphénomène lié à la fusion ? Qu’importe, les dégâts sont commis, et certains sont irréversibles. Pour les agents de Pôle Emploi, confrontés à une violence institutionnelle sans précédent, mais aussi pour les demandeurs d’emploi.

Un établissement qui ne respecte pas sa propre force de travail a perdu le sens de sa mission. Il n’a aucune raison de respecter ses usagers, placés en position de faiblesse et contraints d’accepter toutes les dérives.

Quid des forces de refus en interne ? Si Pôle Emploi travaille à éradiquer la notion même de collectif, ce n’est pas un hasard. La convention collective est un facteur de division supplémentaire entre agents de droit public et agents de droit privé. Les cultures syndicales de l’ANPE et de l’Assedic sont aux antipodes. Seules des actions sporadiques ou individuelles voient le jour. Alors que le chômage atteint un niveau record en 2011, et que les prévisions sont pires pour 2012, la question est pourtant cruciale : quel service public les agents de Pôle Emploi pourront-ils encore offrir aux sans-emploi de demain ?

 

(source texte : PATRICIA APICELLA Porte-parole régionale de Solidaires SUD emploi Midi-Pyrénées sur liberation.fr)

 

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 17:22

 appel

 

 

 

 

Écrivez à Pascal, gestionnaire de France Wikulture : francewikulture@gmail.com

 

 

voir : wikulture.org

 

 

 

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 16:55

 

 

 
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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 18:17

 

 

En 10 ans, le RASED (Réseau d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté) de la circonscription où je travaille a vu son effectif divisé par 3.

Divisé par 3 !

Ce saccage va bien au-delà du « non remplacement d’un fonctionnaire sur 2»…plusieurs postes étaient tenus par des collègues loin de l’âge de la retraite !!

Forcément, comme nous sommes inutiles et invisibles, il n’y a pas de quoi s’en émouvoir…

D'ailleurs, qui s'en émeut ??

Puisque ce saccage est accepté par TOUS et TOUTES, le RASED, dans cette circonscription se réduit maintenant à une petite dizaine de personnes…

Quel luxe !!!

Une petite dizaine de personnes, inutiles et insignifiantes pour 5000 élèves…

5000 élèves, majoritairement issu-e-s de familles en difficultés sociales (doux euphémisme)

Ce RASED, dans cette circonscription, n’est qu’UN exemple parmi d’autres (un parmi les autres…)

 

Un RASED inutile et insignifiant qui doit cependant continuer de :

 

Participer aux équipes éducatives, participer aux ESS,

Aider les familles lors des démarches d’orientation ou d’affectation

Participer aux nécessaires réunions avec la PMI, le PRE, le médecin scolaire

Participer aux CAR (Commission d’Affectation et de Régulation) et aux réunions préparatoires… et, forcément justifier les demandes de maintien (quoi qu’on pense des maintiens, des redoublements…QUI COUTENT CHERS !!!)

Contacter l’orthophoniste, le CMP, le CAMSP, la MDS, la MDPH, la CDO, l’éducateur, le SESSAD…

S’assurer que les courriers sont arrivés à leur destinataire (c’est fou ces postiers qui ne trouvent la boite à lettre de la MDPH…humour)

Faire face aux situations d’urgence (ou considérées comme situations d’urgence)...faire comprendre que derrière l’urgence, il y a certainement une situation complexe et donc qu’une « réponse » immédiate n’est pas adaptée…

Faire face aux IP (Informations Préoccupantes) hélas de plus en plus nombreuses, les rédiger, aider à les rédiger, évaluer les situations…rencontrer les familles pour expliquer cette démarche….S’entendre dire, de plus en plus qu’une mesure éducative sera mise en place…dans un an…

Réaliser les bilans, les bilans, les bilans, les bilans…

Assurer les prises en charge par défaut (en attendant de la place, en attendant une notification, une affectation, ou parce que quelqu’un l’a décidé…)

Recevoir les familles lors des conflits école /famille

Aider les élèves (ET LES FAMILLES !!!!! ) à re-trouver une estime de soi décente...

Accompagner les familles

 

ET assurer les prises en charge, pédagogiques, rééducatives, psychologiques que certains considèrent comme du bricolage…

 

et aussi...

Ne pas avoir le temps de faire de la prévention (élèves et familles)

Ne pas avoir le temps d’accompagner les élèves de PS et MS (et les familles)

Ne pas avoir le temps nécessaire pour mettre en place des actions sur le langage, la production d’écrit, la conscience phonologique, la citoyenneté…

Devoir renoncer à des aides indispensables

Constater et déplorer le recours aux emplois précaires (AVS par exemple) pour tenter de colmater les brèches

Constater l’hyper médicalisation de la difficulté (scolaire ou non)

Constater les délais d’attente dans certains CMP (parfois 18 mois !!!)

Constater la souffrance des enseignant-e-s, et s’entendre dire que nous sommes des personnes ressource… «Vous êtes des professionnels…et devez donc gérer aussi les pétages de plombs »

 j’en oublie…

 

Constater aussi (à tort ou à raison, j’en suis heureux…) que, de plus en plus de demandes d’aide émanent directement des parents. Elles s’avèrent toujours justifiées…

Petite précision au sujet de ces demandes d’aide : le plus souvent, les familles ne traversent pas la cour de l’école pour se rendre au RASED…Ces demandes se font grâce aux dialogues qui se sont instaurés à la «grille » de l’école, aux moments des entrées, sorties ; lorsqu’en me rendant dans une école je rencontre des mamans qui papotent. Bien sûr, il faut avoir, et prendre un peu de temps…

 

Tout cela, c’est la situation actuelle…

Il semble que 3000 d’entre nous - inutiles et invisibles- vont disparaître à la rentrée prochaine…tout comme d’autres inutiles et invisibles qui tentent encore de mener leurs missions de service public pour toutes et tous…

 

Quel avenir demain ?

 

(si besoin était, jetons un coup d'oeil aux "voeux" de Zébulon 1° )

 

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 21:30

ferrer bis

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 17:16

 

 

Enseignant, un métier en mutation.

En agissant pour une société solidaire on peut aussi désenliser le mammouth. On ne se sortira pas du sentiment d’impuissance face à la démolition de l’Ecole républicaine, et de cette lassitude qui nous use, si on n’a pas une vision en positif de ce qu’on voudrait que devienne l’Ecole. C’est de cette réflexion que je veux témoigner.



Les enseignants s’épuisent, même si c’est un combat nécessaire et indispensable, à défendre les acquis de l’Educ. Nat. contre ceux qui l’asphyxient et la démontent méthodiquement. Je persiste à penser que le mammouth a un avenir, mais à condition qu’on lui trace des chemins nouveaux. En gros, je trouve qu’il faudrait changer les missions de l’Ecole dans le cadre d’un projet de société solidaire, plutôt que faire fonctionner au mieux le système bureaucratique que nous avons hérité du lycée bourgeois du XIXe siècle avec sa pédagogie académique et sa compétition individualiste. On pourrait résumer l’horizon de pensée des enseignants progressistes par un oxymore : la méritocratie pour tous. Depuis l’Ecole de Jules Ferry, et sans doute depuis Napoléon, les enseignants sont formatés dans un modèle institutionnel bureaucratique, académique et individualiste ; simplement, par esprit républicain et humaniste, ils souhaitent que ce système serve à la réussite de chacun - voire à son épanouissement !

Et en gros c’était possible tant que « l’ascenseur social » fonctionnait : l’Ecole et ses diplômes était une voie de promotion sociale pour tous, et cela rendait supportable sa lourdeur bureaucratique, sa pédagogie ennuyeuse et sa discipline. Mais depuis disons les années 1990, « l’ascenseur social est en panne », panne due à un mode de développement technique qui détruit ou déqualifie plus d’emplois qu’il n’en crée, à la désindustrialisation des pays développés, et maintenant à la récession. Les perspectives de promotion sociale rétrécissent pour les jeunes issus des familles qui ont peu de capital culturel et de moyens financiers. Ces jeunes sont de plus en plus démotivés pour le travail scolaire, leurs parents sont désorientés et pessimistes. La réponse à cette situation, c’est la construction d’une économie solidaire, d’ailleurs rendue nécessaire par l’urgence de la transition à une économie écologiquement soutenable. Cette perspective est porteuse d’une dynamique de solidarité dans la société, et de la création d’emplois décents à tous les niveaux de qualification, … ce qui donne un rôle concret et un sens au service public d’éducation.

 

Entrons dans les détails. Ce qui peut donner de l’espoir, c’est de construire (au niveau gouvernemental un jour ou l’autre, et dans beaucoup d’endroits dès maintenant) une société solidaire, concrètement, avec priorité à l’emploi dans l’Economie Sociale et Solidaire, développement d’entreprises industrielles et artisanales en transition vers une économie écologique (relocalisation industrielle, réparation plutôt que gaspillage, relance de l’emploi agricole, énergies renouvelables, programme de construction de bâtiments bien isolés consommant très peu d’énergie, etc ...), et pour tout cela il faut un fort système bancaire public (et s’inspirant des banques éthiques), beaucoup de démocratie notamment concernant le pilotage du tissu économique local… , bref le contraire du capitalisme néolibéral. Et dans cette perspective, une Ecole où les jeunes apprennent les projets collectifs, l’autogestion locale, l’entraide plutôt que la compétition. Bien sûr cette Ecole devrait viser une hausse des qualifications pour tous, non seulement qualifications générales (maths, lettres, etc.) mais aussi les qualifications techniques nécessaires à la reconversion écologique de l’économie, à la fois qualifications de pointe (systèmes informatisés, physique des matériaux, biologie, etc.) et réappropriation des qualifications traditionnelles (jardinage, cuisine, réparation artisanale, etc.). Avec ça, on peut donner un vrai sens à l’idée de « socle commun de connaissances » non pas comme bagage minimal de « l’employabilité », mais comme bagage de citoyenneté solidaire à la fois politique et économique. Et là on pourrait offrir un avenir à tous les jeunes, quel que soit le capital culturel initial que leur donne leur famille. Car dans une économie tournée vers la soutenabilité écologique et la résistance sociale collective face aux crises, il y a de la place pour tous les niveaux de qualification : la cordonnerie, le tri des déchets, le jardinage, sont aussi importants que l’informatique et la philo. S’initier au Droit dès l’Ecole primaire est aussi important que s’initier à l’arithmétique. Et tous les élèves devraient acquérir des qualifications pratiques de base, le kit de survie solidaire dans un monde en crise, qui est aussi le kit des savoirs de base de la joie de vivre : faire une cuisine saine et économique, bricoler les vieux meubles pour leur donner une touche artistique, connaître les ressources du terroir, gérer une coopérative, etc.

 

Dans un temps révolu, en gros l’époque de la Guerre des boutons et de la Gloire de mon père, l’époque d’avant l’industrialisation de l’agriculture et la colonisation générale de notre vie par les charlatans de la société dite « de consommation », beaucoup de savoirs concrets existaient dans la vie sociale et l’Ecole pouvait les prendre comme base et se concentrer sur des savoirs plus désincarnés, plus académiques. Aujourd’hui, il faut reconstruire ces savoirs, à la fois pour retrouver le contact perdu avec la nature, et pour organiser un nouveau départ de la société vers une économie soutenable et solidaire. Pas seulement à l’Ecole, mais si ça ne se fait pas à l’Ecole ça ne se fera pas ailleurs ! Le service public d’éducation doit être l’un des lieux de résistance créative à la civilisation de la pub, du béton, et du chacun pour soi. Et c’est sur la base de ces savoirs concrets, directement utiles, appropriables par tous, qu’on peut donner sens aussi aux savoirs académiques. Avec les progrès des sciences, des TICE, et des sciences de l’éducation, les savoirs académiques sont devenus beaucoup plus intéressants qu’ils n’étaient jusqu’aux années 60. Mais tant que ces savoirs académiques ne sont pas reliés à une pratique collective et individuelle partant du vécu, ils fonctionnent comme un code ésotérique qui condamne l’ensemble des élèves à l’ennui, au bachotage solitaire, et à l’échec scolaire pour un grand nombre. C’est dans cette optique qu’il faut revoir le bilan des ZEP. L’idée de la ZEP, c’est « donner plus à ceux qui ont moins », pour, comme on dit, les aider à « s’en sortir » … mais si le milieu social des jeunes de ZEP n’est pas dans une dynamique d’ascension collective, alors le « s’en sortir » signifie tout au plus qu’on aide une minorité à « se sortir » de son milieu : ceux qui arrivent à se saisir de quelques clés de la réussite scolaire individualiste. J’ai entendu dire que les pédagogues de gauche en Amérique latine ont une tout autre approche : on ne part pas d’une idée de réussite scolaire individuelle (même si c’est important, bien sûr !), on part de projets sociaux de réhabilitation du quartier, de solidarité entre les pauvres, de revendications collectives, d’économie solidaire… Bref, il faut d’abord une démarche d’empowerment collectif des pauvres, et dans ce cadre s’inscrit une pratique des enseignants, des jeunes, et des parents d’élèves visant à la promotion de tous, et à l’accès de tous aux savoirs nécessaires à une citoyenneté solidaire.

C’est à partir de cette philosophie que l’on peut actualiser les pédagogies de type Freinet ou autre : la « classe coopérative » de Freinet trouve son sens en tant qu’école d’une citoyenneté solidaire, voire même immédiatement en tant que participation des enfants et des jeunes à une prise en main citoyenne des services publics dans une optique de solidarité. Cela n’enlève rien à l’exigence que les jeunes acquièrent des savoirs, mais ils le font dans une logique de projet collectif où on peut trouver une place pour chacun, et pas dans la logique pyramidale actuelle qui fonctionne à la compétition et à l’exclusion des perdants à tous les étages. C’est pour faire tout cela qu’il nous faut plus de moyens, pas pour faire de l’acharnement thérapeutique à vouloir façonner nos élèves dans un modèle intellectuel et institutionnel hérité du lycée bourgeois du XIXème siècle.

(source : Joël Martine, prof de philo au bord du burn out en lycée ZEP à Marseille publié sur regards.fr)


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