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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 18:33

Logos 76

 

LA LUTTE CONTRE L’ECHEC SCOLAIRE EST-ELLE VRAIMENT UNE VOLONTE DU GOUVERNEMENT ?

 

Depuis un certain nombre d’années l’Etat ne parvient pas à réduire la grande difficulté scolaire (qui touche environ 15% des élèves). Tous les indicateurs montrent qu’on assiste, non seulement à une reproduction des inégalités sociales, mais même à leur aggravation.

Le gouvernement  actuel a clamé haut et fort que cette lutte contre les inégalités et contre l’échec scolaire était une priorité nationale.

 

Or qu’en est-il sur le terrain ?

 

- Des réformes calamiteuses entraînent pour toute l’Education Nationale des suppressions de postes massives et le démantèlement de la formation pédagogique des enseignants.

 

- L’ASH (Adaptation scolaire, pour les élèves en difficulté importante, et Scolarisation du Handicap) voit ses moyens se dégrader d’année en année ( 21% du total des suppressions de postes à la rentrée 2011).

Les RASED (Réseaux d’aides spécialisées pour les élèves en difficulté) intervenant à l’école maternelle et primaire sont les plus touchés, alors qu’une action précoce est indispensable pour espérer des progrès :

- suppression d’environ 4000 postes entre 2009 et 2011, perspective de 3000 nouvelles suppressions dans le cadre du budget 2012 - quasi-disparition de la formation spécialisée ( 950 départs en formation en 2007, 285 en 2011)

 

En Seine-Maritime : - fermeture de 52 postes RASED sur les 116 postes rendus en 2011

(auxquels s’ajoutent 14,5 postes en établissements spécialisés)

- aucun envoi en formation d’enseignant spécialisé RASED, et seulement 3 départs en formation de psychologues.

Entre 2004 et 2011, les RASED de notre département sont passés de 377 postes à 228 , soit 39% de perte en personnels spécialisés, avec les conséquences que l’on imagine pour les élèves en difficulté dans les écoles…

 

Cessons la mascarade : loin de faire un effort en faveur des plus démunis, c’est au contraire à eux que le gouvernement s’attaque.

Enseignants, parents, citoyens et élus, nous devons tous nous mobiliser pour que cette politique, catastrophique pour l’avenir de nos enfants, cesse enfin !

 

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 13:48

 

Atteinte d'une maladie rare, ma fille est invisible pour l'Etat et l'école.

 

En France, le nombre de personnes porteuses d'une maladie rare est estimé à 4 millions. Ma fille en fait partie. Elle a 13 ans et sa particularité se nomme « syndrome Phelan-McDermid » ou « délétion 22q13 ». Pendant de longues années, elle est allée à l'école ordinaire.

Puis quand elle a grandi, un établissement pour jeunes sourds lui a dispensé scolarité, rééducation et apprentissage de la langue des signes, aide indispensable à ce moment-là, pour l'aider à communiquer. Maintenant, tout a changé. Elle n'a plus droit à l'école, d'aucune sorte, et il faut se débrouiller pour les rééducations.

Itinéraire d'une déscolarisation annoncée

Après quatre ans d'accueil ininterrompu, la structure décide en effet que Camille « présente une déficience qui ne devrait pas être prise en charge par notre institution ».

Une soudaine et inattendue prise de conscience validée par la MDPH (Maison des personnes handicapées) en juillet 2010.

Sans alternative proposée, Camille se retrouve donc à la rue… ou plutôt à la maison, sans aucun accueil. Commence alors la chasse aux professionnels afin de pallier a minima cette situation ubuesque et incongrue.

Ergothérapie et orthophonie en libéral, éducatrice à domicile pour l'aspect scolaire, composent désormais le suivi de Camille. A nos frais pour une majeure partie.

Parallèlement, plusieurs recours sont déposés contre cette décision, en vain.

Côté socialisation, c'est aussi la galère

Les différents centres de loisirs ordinaires contactés nous opposent toujours la même réponse : « Non, elle a un handicap ». Un accueil de loisirs spécialisé exige le diagnostic d'autisme comme un laissez-passer. Ce que nous n'avons pas.

Après pratiquement un an de recherche, Camille est enfin accueillie dans un centre aéré ordinaire, et il est même question que la personne supplémentaire embauchée pour l'occasion ne soit plus nécessaire à son accompagnement…

Au printemps 2011, en concertation avec les professionnels, nous élaborons un nouveau projet d'orientation pour Camille. C'est une Ulis (Unité localisée pour l'inclusion scolaire), classe adaptée au sein d'un collège. Camille continue en effet à progresser et présente toujours une grande appétence pour l'apprentissage scolaire.

Malheureusement, en juillet suivant, la MDPH retoque à nouveau cette autre proposition. Toujours sans motivation.

S'ensuit donc une nouvelle rentrée sans accueil ni école et la nécessité pour nous de continuer à organiser un emploi du temps structuré et équilibré.

Nous poursuivons l'Etat pour non-scolarisation

Un collectif chargé d'intervenir sur les questions scolaires relatives aux enfants handicapés s'est créé récemment dans le département. Une chance, pense-t-on, et contact est aussitôt pris. Mais cette fois, c'est la non-scolarisation de ma fille qui fait blocage.

Comble de l'absurde, c'est justement de scolarisation dont Camille est privée ! Une atteinte partielle aux droits serait-elle plus défendable que pas de droits du tout ?

Une requête contre l'Etat pour non-scolarisation est déposée début septembre.

Peu de chiffres circulent sur le nombre total d'enfants/jeunes non scolarisés ou, de façon générale, sans accueil. Ils seraient environ 5 000, selon les chiffres de la Fnaseph (Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap).

Et cela n'est guère étonnant, chaque famille concernée reste isolée et les organismes officiels n'en font guère écho.

Ces enfants-là n'entrent dans aucune case, encore moins s'ils sont porteurs d'une maladie rare. Derrière la maladie, il y a pourtant un enfant, avec les mêmes envies, et théoriquement les mêmes droits que les autres.

Sans nier les spécificités de chaque handicap, bien des besoins sont communs, (communications alternatives, structurations temps/espace ou nécessaire adaptation des apprentissages).

L'instruction obligatoire jusqu'à 16 ans passera-t-elle un jour par ici ?

Camille aura-t-elle un jour le « bon » handicap pour rentrer dans la « bonne case » ?

 

(source : Frédérique Meunier sur Rue89)

 

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 13:13

 

 

La fin du tableau noir ?

 

On sait les suppressions de postes (16 000 en cette rentrée 2011), l’assouplissement de la carte scolaire, les cadeaux à l’enseignement privé… On sait moins le développement du cartable électronique, très tendance dans les ministères comme dans les salles de classe.

 

En 1999, Francis Gillery sortait sur le petit écran Le cartable de Big Brother. (voir la vidéo après l'article) Dans son docu, l’auteur démontait les vues libérales de la Commission européenne qui fait la promotion à tout va du numérique dans l’enseignement. Tirant le fil de son écheveau, l’auteur mettait à jour les souffleurs de texte de ladite commission : l’European Round Table, un groupe de pression d’une quarantaine de firmes transnationales œuvrant pour que l’enseignement s’ouvre aux lois du marché.

Dans toute bataille, il y a un cheval de Troie. Les industriels ont le leur : le cartable électronique. « Ce cartable peut aller de la simple clé USB à l’ordinateur portable. Il est ensuite relié à un Espace numérique de travail (ENT) qui est un centre de ressources auquel l’élève mais aussi les parents, les professeurs et l’administration scolaire pourront se connecter. Actuellement en France c’est la société Archos qui est leader sur le marché avec son Classmate pour les 4-12 ans », explique Cédric Biagini, membre du collectif Livres de papier [1] . Une innovation qui a tout pour plaire : qui n’a jamais ressenti un pincement au cœur en voyant ces mômes ployer l’échine sous le poids de leurs bouquins ? Qui ne s’est jamais offusqué de la fracture numérique qui promet les écoles rurales à la relégation informatique ? Sûrement pas notre ex-ministre de l’Éducation, Xavier Darcos, qui débloquait, en 2009, 67 millions d’euros afin d’équiper 6 700 écoles de nos campagnes en « ressources numériques reconnues de qualité pédagogique ». Pour inciter les établissements à s’adonner à cette ivresse technologique, le discours est bien huilé, dénonçant d’un côté l’archaïsme du tableau noir et vantant de l’autre un développement stimulant des technologies de l’information et de la communication (TIC).

Des TIC qui font tiquer, et pas qu’un peu. « Le point de vue patronal est très simple : face à la mondialisation, l’école est trop rigide, inadaptée, décrypte Cédric. De la même manière qu’on a flexibilisé le salarié, il faut flexibiliser l’élève, lui apprendre à se former tout au long de sa vie, abolir la frontière entre les moments pédagogiques et de consommation. Par ailleurs, tout le monde fait le lien entre le développement des machines et la suppression de postes peu qualifiés comme les caissières, mais l’on voit venir l’extension du phénomène aux postes qualifiés avec, par exemple, un professeur réduit à un rôle de gestionnaire de machine électronique. Sachant que l’idée finale du cartable électronique est de faire disparaître l’école en tant que lieu physique. » Sombre prophétie confirmée par l’augmentation croissante des enseignements et formations à distance et du e-learning. Aux États-Unis, nombreux sont les professeurs d’université devenus administrateurs de forums Internet, leurs élèves suivant leurs cours de chez eux. En septembre 2009, en pleine psychose sur la grippe aviaire, le lycée d’Arsonval à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) a dû fermer une classe. Le rectorat de Créteil a innové en mettant les cours en ligne et en permettant aux élèves de s’y connecter via leur cartable électronique. L’expérience a duré une semaine et a été saluée au nom du principe de continuité pédagogique.

Du 23 au 25 novembre 2011 aura lieu à Paris le troisième Salon professionnel de l’éducation Educatec – Edicatice. Conférences, expositions, ateliers… Ce petit raout auquel sont conviés institutions publiques, collectivités territoriales et kiosquiers de la presse numérique et pédagogique a pour but de promouvoir le développement du numérique au sein des établissements scolaires. Point d’orgue de la manifestation, la remise des Trophées des technologies éducatives valorisant « les initiatives de collectivités qui ont su mettre en place de véritables politiques publiques en matière de numérique ». Voilà pour l’émulsion et la saine concurrence. Guest star de l’édition 2010, Luc Chatel, ministre de l’Éducation, avait prévenu : « L’avenir de l’école ne s’écrira pas à la craie ». À la tête de l’évènement cette année, on retrouve Laura Garcia Vitoria, tête pensante du réseau Arenotech [2], ONG internationale vantant les atours irrésistibles de la « ville numérique ». « Sur cette question, les gens sentent bien qu’il y a quelque chose qui cloche, mais on n’a pas encore construit les outils théoriques pour une critique efficace », conclut Cédric. Faudrait pourtant pas tarder : le flicage par GPS des élèves séchant les cours est en phase d’expérimentation en Californie [3].

 

notes :

[1] Créé en 2009, le collectif Livres de papier rassemble lecteurs et professionnels travaillant dans le milieu du livre réfractaire à l’ordre numérique.

[2] Arenotech : Association européenne Art-Éducation -Nouvelles technologies. Pour un aperçu du monde à la Aldous Huxley vu par Garcia Vitoria, lire sa tribune parue dans le supplément du Monde du 11 janvier 2010.

[3] http://www.numerama.com/magazine/18130-pour-lutter-contre-l-absenteisme-scolaire-la-californie-geolocalise-les-eleves.html

 

Paru dans CQFD n°92 (septembre 2011), par Sébastien Navarro.

 

 
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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 13:05

Ciné-débat « Penser Ensemble », le 5 novembre 2011, au cinéma Le Familia, à Avion.

 

Livres et cartes de bibliothèque, badges d’accès à la cantine scolaire, carte de transport en Nord Pas-de-Calais, téléphones portables pucés, supermarchés sans caissier-es, vêtements « intelligents », bracelets électroniques pour nourrissons, passeport et cartes d’identité, identification des animaux d’élevage ….

Les puces RFID ( Radio Frequency Identification) envahissent nos vies, dans un silence médiatique assourdissant, et, il faut bien le regretter, sans le moindre débat autour de leur mise en place et de la société que cette technologie préfigure.

 

Les questions ne manquent pourtant pas, et notamment : « Les RFID peuvent-elles devenir un réseau de surveillance des citoyens, et de contrôle social ? »

C’est tout le sens du ciné-débat « Penser-Ensemble », auquel nous vous convions le 5 novembre 2011.

Déroulement :

  • Projection du documentaire « RFID : la police totale », réalisé par le collectif « Pièces et main d’oeuvre ». Durée : 0h30 (c’est donc préférable de ne pas arriver en retard).
  • Débat avec la participation :
    • Du collectif Hors-sol, collectif militant contre les RFID et le meilleur des mondes.
    • De Antoine Jean, porte-parole régional de la Confédération paysanne, syndicat paysan, en lutte contre le puçage électronique du bétail.

Informations pratiques

- Samedi 5 novembre 2011
- de 10h30 à 12h30
- au cinéma Familia – rue Édouard Depret – Avion
- (entrée gratuite)

 

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 18:10

 

 

Jeudi 27 octobre, 20h40 sur France 3

 

 

Synopsis : Bilal, un jeune migrant kurde d'Irak, vient d'arriver à Calais. Pour rejoindre sa fiancée en Grande-Bretagne, il veut traverser la Manche. Après une première tentative infructueuse, il réalise qu'il ne parviendra pas à franchir la mer en se cachant dans un camion. Il se met alors en tête de traverser la Manche à la nage. Pour cela, il doit d'abord apprendre à nager. A la piscine municipale, il fait la connaissance de Simon, le maître nageur. Touché par ce jeune homme de 17 ans, Simon décide de l'aider. Au départ, il le fait surtout pour impressionner et, peut-être, reconquérir sa femme, Marion. Mais peu à peu, il se prend d'amitié pour Bilal, et s'implique dans son histoire...

 

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 17:35

 

Pédagogie et révolution, Questions de classe et (re)lectures pédagogiques.

Grégory Chambat, préface : Charlotte Nordmann, Libertalia, Collection : Terra Incognita, 216 pages, octobre 2011, 14 euros (frais de port inclus), 

 

À commander en ligne :

http://www.cnt-f.org/nautreecole/?Pedagogie-et-revolution-Gregory

ou :

http://editionslibertalia.com/Pedagogie-et-revolution.html

 

Cantonné à la seule question des moyens ou englué dans l’artificielle querelle opposant réac-publicains et pédagogistes, le débat autour de l’école est aujourd’hui dans l’impasse.

Proposer une relecture des « classiques » de la pédagogie et questionner leur actualité à la lumière des enjeux présents est une manière de réactiver cette inspiration révolutionnaire qui guidait les éducateurs d’hier. De Francisco Ferrer à Jacques Rancière, en passant par Célestin Freinet, Paulo Freire ou Ivan Illich, ce recueil de chroniques publiées dans la revue N’Autre école esquisse le bilan d’un siècle de pratiques et de luttes pour une éducation réellement émancipatrice.

Ce parcours pédagogique emprunte également des chemins oubliés ou plus inattendus : l’apport du syndicalisme révolutionnaire, de Fernand Pelloutier à Albert Thierry ou l’œuvre éducative de la révolution libertaire espagnole. Car, si la postérité a conservé la trace de quelques-unes des figures convoquées ici, elle ne doit pas nous faire oublier que le combat pour une école de la liberté et de l’égalité fut toujours une pratique collective et sociale. Dans le domaine de la pédagogie, comme dans celui de l’action militante, ceux qui savent de quoi ils parlent sont ceux qui font…

Montaigne l’affirmait : « Éduquer, ce n’est pas emplir un vase, c’est allumer un feu »… il est temps de souffler sur les braises !

L’auteur :

Enseignant depuis 1995, Grégory Chambat travaille avec des élèves non-francophones dans un collège de Mantes-la-Ville (78). Militant de la CNT-éducation, il participe au comité de rédaction de la revue N’Autre école. Il a publié Instruire pour révolter, Fernand Pelloutier et l’éducation, vers une pédagogie d’action directe et coordonné le livre d’entretiens École : une révolution nécessaire (éditions CNT).

 

Sommaire :

Introduction

Vers une pédagogie socialement critique…

Un mythe qui a la vie dure : l’école de Ferry selon Jean Foucambert

Aux sources du syndicalisme : ni curés, ni patrons, ni État

« Instruire pour révolter », Pelloutier ou la pédagogie d’action directe

Albert Thierry, l’homme en proie aux enfants

Francisco Ferrer : une école pour la Sociale ?

Espagne 1936 : l’école fait sa révolution

Korczak : l’autre insurrection de Varsovie

« Une société sans école ? » Ivan Illich

La pédagogie des opprimés de Paulo Freire

Bourdieu et l’école

Jacques Rancière : l’école ou la démocratie ?

Freinet... jusqu’où ?

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 13:29

 darcos-nuit-gd

 

A la botte de l’économie, le système scolaire se serait lancé dans une course à la compétitivité. Une mutation que déplore le sociologue Christian Laval, dénonçant le déclin de la pédagogie et un surcroît d’inégalités.

Suppressions de postes, résultats des élèves en baisse, enseignants désorientés… L’éducation sera l’un des sujets de la campagne présidentielle et la Nouvelle Ecole capitaliste - le livre de Christian Laval (1), Francis Vergne, Pierre Clément et Guy Dreux - tombe à point pour le nourrir. Les auteurs, enseignants et chercheurs, analysent les transformations en profondeur entraînées par le néolibéralisme dans le système éducatif. Christian Laval, professeur de sociologie à l’université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, revient sur les mécanismes ayant conduit à une redéfinition des missions de l’école au service de l’entreprise et plaide pour un renouvellement de la pensée sociologique.

Vous décrivez une «nouvelle école capitaliste» soumise à la concurrence, gérée comme le privé et au service de l’économie : est-elle née sous Sarkozy ?

Non, ce serait une grande erreur de le croire. Le sarkozysme a accéléré et rendu plus visibles les transformations néolibérales ou, pour appeler un chat un chat, la mutation capitaliste de l’école. Mais elles étaient amorcées depuis longtemps en France et à l’étranger. Le programme de transformation de l’université française a ainsi été ébauché à la fin des années 90, puis a commencé à s’appliquer au début des années 2000, avant d’être parachevé avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy et la loi sur l’autonomie des universités [la LRU, votée en août 2007, qui avait suscité un vaste mouvement de protestations, ndlr]. Bien au-delà de la finance et des marchés de biens et services, le néolibéralisme a progressivement touché toutes les institutions, y compris l’école, notamment avec l’apparition du nouveau management public, c’est-à-dire avec l’importation des techniques managériales du privé dans les services publics

Vous dénoncez la concurrence qui a gagné l’école, les compétences qui ont remplacé les connaissances et l’obsession de l’employabilité : ce sont les caractéristiques de l’«école capitaliste» ?

Oui, c’en sont des aspects majeurs. D’abord, les missions de l’école et de l’université ont été progressivement redéfinies. Les systèmes éducatifs ont été sommés de justifier les dépenses qu’on leur consacre par un «retour sur investissement» de nature économique. Cela devient la préoccupation exclusive de cette nouvelle école : elle est au service de l’économie et doit s’intégrer à la course à la compétitivité et à la productivité. Logiquement, elle doit donc s’organiser selon le principe de la concurrence et faire sien l’impératif de «performance». Ces nouvelles dimensions sont progressivement devenues une norme évidente, une sorte de rationalité incontestable qui a conquis les esprits. Experts, administrateurs, responsables politiques, certains syndicats minoritaires ont même vu dans cette adaptation au monde moderne la solution à tous les maux de l’école. Ces transformations ont touché au cœur du métier enseignant. Elles ont entamé profondément un système de valeurs partagées, l’idée ancrée chez les enseignants que leurs missions dépassent le cadre d’un métier ordinaire, leur sens de l’intérêt général… Ils ont eu l’impression d’être dépossédés de leur métier par un flot torrentiel des réformes.

Le concept d’employabilité est au cœur de vos critiques : pourquoi ?

Dans le discours des institutions internationales et de plus en plus dans celui des responsables nationaux, l’école a pour fonction de produire des ressources humaines ou du «capital humain». L’employabilité est devenue la norme qui organise les mutations de l’école. L’idéologie de la professionnalisation a pénétré l’université et l’ensemble du système, jusqu’aux premiers niveaux de l’enseignement. Prenons le «socle commun de compétences» [introduit au collège puis en primaire, il liste les aptitudes que l’élève doit acquérir, à côté des connaissances]. Ces compétences ont été fixées par l’OCDE et par la Commission européenne à partir de critères d’employabilité, en fonction de considérations économiques et non pas pédagogiques. On va jusqu’à redéfinir les programmes, l’évaluation, la pédagogie.

Mais est-ce critiquable que les jeunes veuillent des débouchés à la fin de leurs études ?

Certes non, et ce n’est pas nouveau. L’école républicaine avait idéalement trois missions - former l’homme, le citoyen et le travailleur. Il est normal que dans une économie où près de 95% de la population ne dispose pas de ses propres outils de travail, le souci de l’insertion professionnelle soit constant, surtout en période de chômage important des jeunes. Mais nous tombons dans un écueil : celui de réduire la mission de l’école et de l’université aux débouchés professionnels, à partir d’une définition utilitariste des contenus d’enseignement. Or, une solide formation intellectuelle ne nuit pas à l’emploi, bien au contraire. Mais avec la logique des compétences, on définit ce qu’il faut acquérir aux différents âges en vue de l’employabilité à 16 ans. Comme si les usages de la force de travail par les employeurs devaient imposer à l’école ce qu’elle devait transmettre. Ce sont les économistes, notamment ceux des institutions internationales, qui définissent les fonctions et les missions de l’école. Il s’agit là d’une rupture majeure.

Comment ces changements conduisent-ils au creusement des inégalités constaté aujourd’hui ?

Avec le consensus ambiant, il paraît normal à beaucoup que les établissements doivent être en concurrence, attirer les meilleurs élèves et étudiants, faire de la publicité pour leurs formations, trouver le plus d’argent possible. Or, tout cela a des effets inégalitaires et conduit à une polarisation sociale des établissements, de plus en plus assumée dans le supérieur et de plus en plus évidente dans le primaire et le secondaire.

Ces changements - la concurrence généralisée et la transformation entrepreneuriale du système - ont accentué et renouvelé les mécanismes de la reproduction sociale en donnant à l’argent et aux réseaux familiaux un poids grandissant. Les classes favorisées assurent leur reproduction plus efficacement qu’avant. Ce ne sont plus les voies nobles de l’élitisme républicain - comme l’Ecole normale supérieure - qu’elles privilégient. Ce sont désormais HEC et les écoles commerciales qui attirent les meilleurs élèves, y compris dans les filières littéraires. Nous vivons la grande revanche de l’argent sur la culture.

Depuis vingt ans, les politiques éducatives d’inspiration néolibérale ont ainsi aggravé les inégalités comme le montre le recul de la part des enfants des classes populaires à l’université. La concurrence entre établissements et la libéralisation de la carte scolaire ont encouragé l’apartheid scolaire. Rappelons que les deux finalistes, de droite et de gauche, à la présidentielle de 2007 [Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal] étaient favorables à la suppression ou, au moins, à un très grand assouplissement de la carte scolaire.

La gauche ne se distinguerait pas de la droite ?

Ces vingt ou trente dernières années, le néolibéralisme s’est imposé comme une norme aux gouvernements de droite comme de gauche. La droite a été la plus agressive dans la réforme néolibérale, jusqu’à affaiblir aujourd’hui gravement le système éducatif. La gauche au pouvoir n’a jamais remis en question le nouveau modèle managérial et concurrentiel, bien au contraire. Elle n’a pas voulu comprendre que la transformation des systèmes publics par les principes du management était l’une des formes de déploiement du capitalisme contemporain. Celui-ci ne se contente pas de déréguler les marchés de biens, du travail et des capitaux. Il transforme aussi l’action publique. Il la «met en marché», c’est-à-dire y impose la logique de la concurrence et le modèle de l’entreprise. Cette «marketization», comme disent les anglo-saxons, est aujourd’hui le cœur de la transformation de l’école et de l’université.

Il n’y a donc pas de vision alternative de l’école à gauche…

La pensée de la gauche dite de gouvernement s’est effondrée en matière d’éducation. Il suffit de regarder ce que propose le PS pour s’en apercevoir. La question d’un projet alternatif se pose avec urgence aux partis, aux syndicats et aux associations. Depuis les années 80, on assiste à un morcellement des réflexions et à une profonde dépolitisation de la question scolaire. Les considérations se sont technicisées. Elles portent sur l’organisation scolaire et la pédagogie sans plus aucune référence à un projet d’émancipation. Dans ses plus grands moments - il suffit de penser à Jaurès -, la pensée progressiste sur l’éducation avait construit un projet de transformation en articulant une vision de la société, une mission pour l’école, une définition du métier enseignant et une orientation de la pédagogie.

Comment voyez-vous «l’école post-capitaliste» que vous appelez de vos vœux ?

Vaste chantier. Qu’est-ce qu’une école démocratique ? Premièrement, c’est une école qui réduit les inégalités entre les enfants des différentes classes sociales. Mais elle ne peut le faire qu’en étant partie prenante d’un grand mouvement de réduction des inégalités dans toute la société. Jaurès disait en substance : «Nous ne ferons pas l’école socialiste au milieu de l’océan du capitalisme.» C’est encore vrai. Une école démocratique ne pourra vraiment se développer que dans une société où l’égalité sera promue comme valeur essentielle.

Mais comment faire plus d’égalité?

Tout est revoir sous cet angle : les méthodes d’enseignement, les contenus, l’articulation des niveaux d’enseignement, la mixité scolaire des établissements. Deuxièmement : dans la perspective d’une telle société démocratique, l’école doit former des individus ayant des outils communs de compréhension du monde, en particulier sur le plan social et économique. Elle doit leur fournir des instruments de jugement moral et politique qui leur permettent d’être les citoyens de «la démocratie réelle», selon l’expression des Indignés. La lutte contre les inégalités sociales et économiques est inséparable de la lutte pour la démocratie politique effective. Cela suppose une société où le capitalisme ne régnerait pas en maître absolu comme aujourd’hui.

Vous ne seriez pas un peu nostalgique de l’ancienne école ?

En aucune façon. On taxe toujours un peu vite de passéistes les gens qui critiquent les réformes, ou plutôt les contre-réformes actuelles pour mieux justifier son propre aveuglement ou sa soumission à l’ordre néolibéral. Il s’agit pour nous d’échapper au débat stéréotypé entre les «pédagogues» supposés modernes et les «républicains» que l’on dit nostalgiques d’un âge d’or de l’école. La réinvention de l’école démocratique mérite mieux qu’un retour à de vieux conflits.

(1) Il a aussi signé la préface de «l’Ecole en Europe, politiques néolibérales et résistances collectives», sous la direction de Ken Jones, La Dispute, 2011.

(Source : Véronique Soule, liberation.fr)

 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 13:25

 

 

Madame, Monsieur le député ;

Les primaires sont terminées…chacun, chacune s’est positionné(e)…ou pas.

Pourtant, depuis le 16 octobre, la (sur)vie des citoyen(ne)s se poursuit…

Leurs inquiétudes aussi…

La véritable insécurité aussi :

Cumul des… « emplois » précaires…

Comment je mange ?

Où je dors ?

Est-ce que je vais trouver un emploi décent ?

Comment je soigne mes enfants ? 

Comment je me déplace ?

Quelle école pour mes enfants ?

 

Les attaques des services publics n’en continuent pas moins de se préciser (entre autreS, 5700 postes dans le 1° degrés pour l’Education Nationale – dont 3000 pour les RASED-)

"Subtil" argument du gouvernement pour justifier ces Nièmes saccages des services publics : la surveillance des puissantes agences de notations  et la perspective de perdre le fameux AAA…

 

Les citoyen(ne)s ne sont pas dupes

 

ET VOUS ?

 

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 18:25

 

L’entreprise nationale file-t-elle un mauvais coton, abandonnant son statut de service public, pour devenir une entreprise qui se doit d’être rentable, à n’importe quel prix ?

Ce n’est pas anodin, car ce serait oublier que La Poste est, avec ses 236 930 employés, la 2ème entreprise de France.

C’est à Jean Paul Bailly, son président, que le gouvernement a confié sa transformation en société anonyme en 2010, puis l’ouverture au capital en 2011.

Bien sur le gouvernement affirme n’avoir fait que respecter l’ouverture à la concurrence voulue par l’Union Européenne, ce qui reste à prouver.

En effet, Christian Estrosi a tort lorsqu’il affirme que le changement de statut de la poste est une « obligation européenne » : ce n’est pas une obligation, mais une décision politique et industrielle prise par le Gouvernement et la direction de la Poste.

Pour la petite histoire, c’est par un subtil et habile processus que « la Poste » est devenue ce qu’elle est.

Nous sommes bien loin de l’époque, au 17ème siècle, où le port était payé par le destinataire, et où cette vieille institution était dirigée par un « surintendant général des postes ».

En 1987, Gérard Longuet, son ministre, introduit par décret la concurrence dans le domaine des cabines téléphoniques, de la télévision par câble, des services téléphoniques et du radiotéléphone.

Puis en avril 1989, le socialiste Hubert Prévot, ancien secrétaire confédéral de la CFDT remet un pré-rapport à Paul Quilès, affirmant : « un service public à vocation industrielle et commerciale ne peut ignorer les lois du marché ».

Au mois d’août suivant, il produit son rapport définitif, lequel propose de séparer la Poste et France Télécom, ouvrant la porte à la modification du statut des 435 000 agents PTT.

Le 15 décembre 1997 la commission européenne adopte la directive 97/67/CE qui a ouvert le marché postal à l’Union Européenne, mais ça ne concernait que le courrier de plus de 500 grammes.

Puis le 10 juin 2002, la directive postale 2002/39/CE, ouvre le marché postal à la concurrence pour le courrier de plus de 100 gr (dont le prix est supérieur à 3 fois le tarif public) et, à partir du 1 janvier 2006, pour le courrier de plus de 50 gr (dont le prix est supérieur à 2 fois ½ le tarif public) et enfin, la directive a prévu au 1 janvier 2009 l’achèvement du marché intérieur des services postaux.

Cette vieille institution créée sous Louis XI est enfin devenue une S.A. (société anonyme) le 1 mars 2010, et en 2012 ce sera l’ouverture totale du marché pour les états membres ayant eu recours à la période de transition, donc pour la France, à moins que l’élection française ne mette en place une femme ou un homme courageux qui dise NON à cette logique de rentabilité.

On se souvient qu’en 2008, le PS (et d’autres) refusait cette privatisation, mais qu’en dira Hollande en 2012 ?

En tout cas, dans toute l’Europe, les mêmes causes produisent les mêmes effets, et de l’Italie, à l’Allemagne, en passant par la Belgique, l’Angleterre, et d’autres, on réduit les effectifs à tour de bras.

Et puis les Banques sont monté au créneau, évoquant le danger d’atteinte à la concurrence crée par la nouvelle Banque Postale obtenant la fin du monopole sur le livret A.

« Le Post » à lancé un sondage pour connaitre le sentiment des citoyens sur ces changements.

A la question « une directive sur la libéralisation des postes en Europe a été adoptée par le parlement européen. Bientôt des entreprises privées dans le secteur. Qu’en pensez-vous ? »

Aux dernières nouvelles ils seraient 57% à penser que « la commission européenne pratique une politique de destruction des emplois par une privatisation sur le secteur public, sans aucune possibilité de s’y opposer », 28,6% à affirmer que « la déréglementation sera synonyme de hausse de prix », et seulement 14,3% à estimer que « les monopoles doivent disparaitre au profit du secteur privé pour optimiser la qualité ».

Même si Attac est monté au créneau, même si 2,3 millions de français ont signé des pétitions,  réclamant un référendum, et que des députés s’indignent, en haut lieu, l’avis du citoyen compte peu, et la décision fut prise : la Poste serait privatisée, provoquant la détresse de nombreuses communes.

La petite ville de Bernac-Debat, ou celle d’Orly et tant d’autres, en subissent les effets.

En effet, pour arriver a ses fins, Jean Paul Bailly a incité les directeurs régionaux d’agence de postes à fermer régulièrement les petites agences, poussant les communes à accepter de gérer ce lieu, leur octroyant une aide limitée, qui ne permette pas d’ouvrir tous les jours, et qui assure ainsi une rentabilité à l’entreprise.

En même temps, Bailly a responsabilisé les directeurs d’agence en leur disant : vous n’êtes plus receveurs, dirigeant une agence postale, mais vous êtes devenus les patrons d’une micro entreprise, et vous êtes tenus à une obligation de résultats, comme tout chef d’entreprise : en cas de résultats, vous en récolterez les fruits.

On le voit, la mission de service public, n,’est plus à l’ordre du jour, puisque Bailly est préoccupé par le seul souci de la rentabilité et ce n’est pas étonnant que La Poste affiche un résultat positif net de 789 millions d’euros.

Mais la réduction des effectifs, rabotés en 2010 de 11 700 agents, aggravant fatalement le chômage, la précarité, plombent la croissance, puisque que le postier, privé de revenus, consomme fatalement moins.

Et que se passera-t-il le jour probable ou Bailly décidera de ne plus verser cette contribution aux petites villes et villages ?

La mairie aura un choix cruel : fermer la poste, ou payer à sa place.

Mais un service public a-t-il mission d’être rentable ?

Une école, une prison, un hôpital, une gendarmerie se doivent-ils d’être rentables ?

Aurons-nous un jour un commissariat poussé au rendement, qui va verbaliser à tous vents pour pouvoir payer le salaire de ces « aubergines » ?

On connait les suicides à France Telecom, mais rares sont ceux qui entendent parler des suicides à « la Poste ».

En effet, devant le stress imposé aux employés de la Poste, ils sont de plus en plus nombreux à perdre les pédales, la santé, voire la vie.

2 suicides en 8 jours, c’est la réalité d’aujourd’hui, les disparus ayant clairement dénoncé leur souffrance au travail, et, comble de dérision, l’ont fait par courrier.

La Poste rendrait-elle ses employés timbrés ?

A l’instar de Corinne Py, postière c.d.i en Isère depuis 16 ans qui, prenant une « année sabbatique », pour retrouver une maman qui vivait au Québec et qu’elle avait perdu de vue depuis l’enfance, dut retourner précipitamment en France, se retrouvant à la rue, sans droits sociaux, sans revenus, sans emploi, et ceci depuis bientôt 3 mois, toutes ses tentatives de réintégration anticipée ayant échoué à ce jour.

La psychiatre Brigitte Font le Bert reçoit des employés de la poste et dit entendre dans ses consultations « souffrance et travail » des mots identiques à ceux qu’évoquent les employés de France Télécom, et on peut l’écouter sur l’antenne de France télévision.

 

 

 

Comme l’écrit Laura Raim dans les colonnes de « l’Expansion », la Poste est victime du syndrome « France Telecom » : le syndicat des médecins de la poste, y évoque : « un épuisement physique ou psychique et une très forte augmentation des accidents de travail ».

Depuis le 18 octobre, une vingtaine de facteurs indignés ont installé des tentes devant la direction départementale de La Poste, à Grenoble.

Ils contestent « une logique ultra libérale, où les réductions des coûts et les suppressions d’emplois sont l’alpha et l’oméga de toute politique ».

Jean Paul Bailly, qui se fait un champion du dialogue social, joue les autistes, et se déclare choqué de telles accusations.

Mais qui est donc Jean Paul Bailly ?

Ce polytechnicien chiraquien, diplômé du MIT de Cambridge, accumule les casquettes et aura passé toute sa carrière dans le service public.

Ancien PDG de la RATP, il se retrouve propulsé à « La Poste » pour mettre en place les choix gouvernementaux.

Hélas pour lui, fin 2010, âgé de 64 ans, il ne pouvait plus postuler à ce poste sans enfreindre la loi, ayant bientôt atteint l’âge de la retraite.

C’était sans compter sur la volonté de l’autocrate présidentiel qui ira jusqu’à promulguer un décret, pour permettre le renouvellement de son mandat.

Et le cumul des mandats ne lui fait pas peur : Lors du conseil des ministres du 27 octobre 2010, il a été nommé membre du CESE (conseil économique, social et environnemental), mais il est aussi administrateur aux CNP assurances , président du conseil de surveillance de la Banque Postale Asset Management, membre du comité de nomination rémunération, du conseil d’administration de l’institut d’étude politique d’Aix en Provence, du comité pour l’éthique, l’environnement, et le développement durable de GDF Suez, administrateur du groupe Accord, de Sopassure, d’Edenred, de Xelian, SF12, Poste Immo, Sofipost, Géopost, président de l’association « entreprise & personnel ».

Comme on le voit, le chômage ne frappe pas tous les français de la même façon.

Car comme dit mon vieil ami africain : « une pirogue n’est jamais trop grande pour chavirer ».

 

 Source : agoravox.fr

 

 Vous pourrez y accéder à  différents liens mentionnés dans l’article original.

 

 

Malgré l’acharnement que peut mettre La Poste à entraver le travail syndical de SUD PTT, les postières et les postiers ont encore une fois fait progresser notre fédération qui gagne encore du terrain. Avec près de 22,5 %, SUD PTT reste le deuxième syndicat de La Poste en 2011.

C’est un véritable camouflet pour le président de La Poste Jean Paul BAILLY. Auto proclamé « patron social », il n’a jamais instauré les relations loyales que la deuxième organisation professionnelle d’un groupe de plus de 260 000 personnes est en droit d’attendre.

Participation

 Avec une baisse globale à 76,29% contre 80,7% en 2007, la participation fait les frais des réorganisations profondes qui ont déstructuré les équipes RH. Le vote électronique qui concernait environ 16% des effectifs prouve une fois de plus son effet pernicieux avec un taux de participation en forte baisse (66,71% soit -15% par rapport à 2007). Outil visant à favoriser le vote des cadres et de la maîtrise dansune entreprise où les postes d’exécution sont majoritaires. Il est avéré qu’il produit des inégalités et des déséquilibres entre agents dans le déroulement du scrutin. Ce procédé doit être écarté des élections professionnelles.

 

Un signal pour les patrons de La Poste

 

La progression de SUD PTT c’est le signe que les personnels se reconnaissent dans le positionnement de SUD PTT, pas de compromission avec le patronat, défense de toutes et tous les salariés, participation à toutes les luttes pour le service public, pour l’égalité et contre les discriminations et les injustices.

 

SUD PTT remercie les postier-es qui lui ont accordé leur confiance et toutes les équipes de militants qui ont rendu cette progression possible dans tous les métiers de La Poste.

 

 

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 14:50

 

La fête du travail des Britanniques –célébrée comme en France le 1er mai– est propice aux manifestations et revendications syndicales. Pour cette raison, le ministre conservateur du tourisme John Penrose propose d’éliminer ce jour férié et de le remplacer par le 21 octobre, selon un article de myeurop.info. Le 21 octobre 1805, jour de la victoire de Trafalgar, les Britanniques conduits par Nelson avaient battu les troupes napoléoniennes lors d’une célèbre bataille navale.

D’un point de vue économique, ce remplacement permettrait d’allonger la saison touristique, et de couper court aux embouteillages et désagréments pour les touristes qu’engendrent les revendications du 1er mai.

Outre-Manche, cette proposition a déclenché la colère des syndicats, notamment celle de Paul Kenny, secrétaire général du syndicat GMB, qui explique que «la vraie motivation, c'est que les anciens écoliers des écoles privées qui sont au gouvernement sont opposés au 1er mai pour des raisons idéologiques».

Une consultation publique doit avoir lieu pour opérer ce remplacement de jour férié qui pourrait voir le jour en 2013 selon myeurop.info.

En Espagne, pour des raisons économiques également, il est question de déplacer les jours fériés ayant lieu en milieu de semaine au lundi ou au vendredi afin que les Espagnols restent compétitifs et n’en profitent pas pour prendre des congés de quatre-cinq jours, mais trois seulement.

En dépit du fait que le 1ermai soit célébré –comme fête des travailleurs– dans de nombreux pays du monde, peu de pays européens la considèrent comme une célébration importante. Aux Pays-Bas par exemple, on célèbre la reine, pas le travail. Ce jour de la reine (Koninginnedag) est fêté depuis 1949 dans tout le royaume des Pays-Bas –îles des Antilles néerlandaises (Curaçao, Aruba et Saint-Martin) comprises. Il correspond au jour de l'anniversaire de celle-ci.

En Angleterre également, c’est le jour de l’anniversaire de la reine (ou du roi) qui est considéré comme l’équivalent de la fête nationale britannique. Mais alors que Elisabeth II d’Angleterre est née le 21 avril, que son grand-père Edouard VII était né le 9 novembre, leur anniversaire est fêté mi-juin, pour éviter le froid et la pluie depuis le début du XXe siècle.

Un article du Guardian explique justement que si la proposition de John Penrose entrait en vigueur, les Britanniques perdraient au change pour des raisons climatiques: alors que le mois de mai comptabilise environ 190 heures d’ensoleillement et 56mm de pluie, celui d’octobre n’en a que 100 heures, et il tombe 84mm de pluie.

(source : slate.fr)

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