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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 19:15

Mercredi 18 avril 2007 3 sur18 sarkozy-2007.over-blog.com

LES PROPOSITIONS DE NICOLAS SARKOZY EN FAVEUR DES PERSONNES AGEES

(…)
5. Mettre en place une politique cohérente de prise en charge de la dépendance

Créer une cinquième branche de la protection sociale, cogérée par la sécurité sociale et les départements, pour assurer une prise en charge coordonnée de la dépendance sur tout le territoire dans des conditions égales pour tous. Cette prise en charge devra privilégier le maintien à domicile. Elle devra veiller également à remédier aux manques de structures de prise en charge des personnes âgées dans les zones rurales ;

Créer un droit au répit pour les personnes s'occupant de personnes âgées dépendantes, en développant les structures d'accueil temporaire et l'emploi ponctuel de personnel médico-sociaux à domicile ;

Créer un congé de solidarité familial rémunéré, afin d'aider un proche à se consacrer à l'accompagnement d'une personne très âgée en fin de vie.

 

16 novembre 2010 sur  tempsreel.nouvelobs.com :

 

Dépendance des personnes âgées: Nicolas Sarkozy veut réformer "à l'été 2011"

 "Il y aura dans le PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale, NDLR), le budget de la sécurité sociale 2012, un système qui permettra d'apporter une réponse à l'angoisse de la dépendance", a-t-il assuré.

 

21 septembre 2011 :

L'UNIRS - Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires interpelle Roselyne Bachelot

 (source : solidaires.org)

Gérard Gourguechon
Président de l’UNIRS
à
Madame Roselyne Bachelot-Narquin
Ministre des Solidarités et de la Cohésion Sociale.
72 rue de Varenne 75007 Paris

Madame la Ministre,

Tout au long du premier semestre de l’année 2011 vous avez participé à de multiples réunions et à de nombreux colloques sur la question de l’aide à l’autonomie des personnes fragilisées. Ces débats se sont accélérés à compter du 8 février 2011, après le lancement officiel, par le Président de la République et par vous-même, d’un grand « Débat national » lors d’une séance devant le Conseil économique, social et environnemental (CESE). S’en sont suivies de nombreuses réunions en régions, souvent présidées par vous-même ou par Madame Marie-Anne Montchamp.

Plusieurs militants et militantes de l’UNIRS y ont participé et sont même intervenus de façon très brève, notamment le 27 mai dernier, à l’occasion du débat organisé pour la région Ile-de-France.

Très généralement, lors de vos conclusions, vous précisiez qu’en ce qui concerne la question du financement, ce serait le Président de la République qui trancherait.

Ceci vient, semble-t-il, d’être effectué car le Premier Ministre François Fillon a annoncé, le 24 août, que le dossier « dépendance » (l’UNIRS privilégie le terme « aide à l’autonomie des personnes fragilisées ») était reporté à 2012. Nous sommes en complet désaccord avec ce renoncement, alors qu’une réforme audacieuse avait été promise. En effet, nous voyons mal le gouvernement reprendre ce dossier quelques mois, voire quelques semaines, avant les élections présidentielles de mai 2012 à moins que le Premier ministre ait voulu donner à Monsieur Sarkozy la possibilité d’une nouvelle promesse électorale, comme lors de la campagne présidentielle de 2007.

Pour justifier le report de ce dossier, report qui ressemble à un « enterrement » compte tenu du silence qui entoure cette question depuis ce 24 août, Monsieur Fillon met en avant les difficultés financières du pays et la nécessité de répondre aux pressions des marchés financiers. Après avoir reconnu que la politique dite de « Révision Générale des Politiques Publiques » (non remplacement de la moitié des départs en retraite des fonctionnaires, notamment) et que la réforme des retraites de l’automne 2010 présentée comme une nécessité démographique visaient seulement à maintenir la note« AAA » de la France par les agences de notation, Monsieur Fillon a donc décidé de reporter ce dossier que vous avez soutenu avec détermination pendant toute une période.

Pour l’UNIRS, il est de plus en plus manifeste que la politique de la France « se fait à la corbeille » et qu’aujourd’hui, les personnes en perte d’autonomie sont sacrifiées par le gouvernement sur l’autel de la finance avec d’autres et après d’autres. En conséquence, qu’advient-il de la démocratie ?

Ainsi donc, tous ces débats, tous ces colloques, les personnes qui ont travaillé pour constituer le Rapport d’information au Sénat du 8 juillet 2008 (Alain Vasselle), le Rapport des 23/30 juin 2010 à l’Assemblée Nationale (Madame Valérie Rosso-Debord), le Rapport définitif de M. Alain Vasselle du 1er février 2011, les travaux du Sénat et de l’Assemblée Nationale, tous les débats dans les régions, les travaux commandés au Haut Conseil de la Famille et à M. André Trillard du Sénat, et encore les quatre groupes de travail que vous avez initiés, tout ceci finalement pour rien !

En faisant croire à nos concitoyens que l’état des finances publiques ne permet pas à son gouvernement de donner suite à ces travaux et à ces promesses, le Premier ministre fait de tous ces débats une vaste campagne de sensibilisation de nos concitoyens aux risques de la perte d’autonomie, campagne qui ne peut qu’en inciter un certain nombre à se tourner vers leur compagnie d’assurance, dès lors que l’Etat et la solidarité nationale se retirent du jeu.

Pour la population en général et pour l’Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires en particulier, le fait d’arrêter le dossier n’arrête pas les problèmes tant évoqués des personnes fragilisées.

Aussi, Madame la Ministre, par cette lettre ouverte, nous vous demandons instamment de bien vouloir nous dire comment vous pensez continuer de faire vivre ce dossier dans le pays et le réactiver au sein du gouvernement auquel vous participez. En effet, il y a des urgences qu’il faudra bien régler, sauf à accepter, de fait, une nouvelle dégradation des conditions d’aide, d’accueil et de soins des personnes fragilisées : les départements en grandes difficultés financières ne cessent de rogner sur leurs dépenses sociales et de solidarité. Par conséquent, les associations et les établissements qui cherchent à assurer au mieux une partie de ces missions, ont de graves problèmes financiers et sont amenés à réduire leur personnel, avec de graves conséquences sur les conditions de vie des personnes à domicile ou en établissement.

A cet égard, il nous paraît indispensable de donner rapidement les moyens financiers nécessaires à ces multiples acteurs. Pour l’UNIRS, l’argument des difficultés des finances publiques n’est pas recevable, alors que le gouvernement persiste à accorder des cadeaux fiscaux et sociaux aux entreprises et aux plus riches sans effets sur l’économie, la croissance et l’emploi.

Au nom de nos concitoyens fragilisés par les aléas de la vie, nous attendons des réponses significatives de votre part et d’un gouvernement soucieux de démocratie assurant la solidarité et la cohésion sociale.

Dans l’attente, nous vous prions d’agréer, Madame la ministre, l’expression de nos salutations les plus respectueuses.

Pour l’UNIRS le Président Gérard Gourguechon

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 19:05

(de : Franca Maï, 20 septembre 2011, sur bellacio.org)

 

7 minutes, montre en main, dans une chambre sans égards, le coup du lapin sublimé à heure de grande écoute, la pulsion prédatrice transformée en grand Art...

Une femme tombe...

Une porte verrouillée sur une jeunesse à portée de bouche. Un baiser avoué. Et l’écran noir sur des corps en lutte...

Une femme chavire...

Triste est mon âme, Tristane...

Je te découvre, visage chiffonné et pâle sur un écran d’ordinateur, cachant tes insomnies et ta peine dans un pauvre sourire.

A devoir te justifier encore et encore...

Doigt enfoncé dans la bouche, seins broyés et... cette graisse percutant ta peau.

Si douce.

L’innocence envolée dans une garçonnière d’une rue à effacer

Un jour où la pluie jouait sa teigne

Et ta folle fuite durant de longues années

A tenter l’oubli.

Devoir aujourd’hui te remémorer ce souvenir sale

En boucles

Afin d’imprégner des cerveaux aveuglés par une partition où le droit de cuissage rime avec tableau de chasse

est ton difficile chemin de croix.

Dire les mots qui rétablissent les faits

L’écho qui se fait attendre...

Et toi, qui souffres de ne pas être entendue,
Douleur affichée aux commissures des lèvres.

Comment transmettre ta vérité lorsque les dés semblent pipés et que le « bourreau des cœurs » , accueilli tel un séducteur maladroit théâtralise l’acte de contrition, paupières closes.

Ton cri est vital, Il déchire le silence qui coiffe les victimes

Ton combat est salutaire, Il métamorphose l’horizon bafoué

Ne lâche rien

7 minutes ... ailleurs

D’autres... ici

Et il faudrait croire au bonheur ?

Courage Tristane

Il existe sur cette terre des gens qui t’aiment

Tu n’es pas seule.

Jamais.

 

 

 

 

 

 

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 20:25

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Lettre d'information Septembre 2011

 

 

 

Signataires de l'appel des appel :

 

Pour vous qui soutenez et suivez notre mouvement, voici l'occasion d'une nouvelle rencontre à la Bourse du Travail de Saint-Denis le 22 octobre 2011.

 

Après la première journée du 31 janvier 2009 au 104 à Paris celle du 22 mars à la Maison de l'arbre à Montreuil, la journée du 17 novembre 2010 à la Bourse du travail à Paris avec les principaux syndicats et les différentes manifestations dans plusieurs villes à l'initiative des comités locaux,

 

La journée du 22 octobre 2011  

 

(cliquer sur le lien ci-dessus pour plus d'infos)

 

sera l'occasion de mettre à nouveau au travail la question de la destruction des valeurs qui fondent nos métiers, les moyens d'y résister et la manière de nous rassembler et d'agir ensemble pour réussir à dépasser cette conjoncture difficile.

 

En espérant vous retrouver le 22 octobre,

Pour L'Appel des Appels : Roland Gori et Julie Caupenne

 

 

 

rAppel (si besoin) :

«Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, attirons l’attention des pouvoirs publics et de l’opinion sur les conséquences sociales désastreuses des réformes hâtivement mises en place ces derniers temps. A l’Université, à l’école, dans les services de soins et de travail social, dans les milieux de la justice, de l’information et de la culture, la souffrance sociale ne cesse de s’accroître. Elle compromet nos métiers et nos missions. Au nom d’une idéologie de "l’homme économique", le pouvoir défait et recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois "naturelles" du marché. Cette idéologie s’est révélée catastrophique dans le milieu même des affaires dont elle est issue. Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, refusons qu’une telle idéologie mette maintenant en "faillite" le soin, le travail social, l’éducation, la justice, l’information et la culture. Nous appelons à une Coordination nationale de tous ceux qui refusent cette fatalité à se retrouver le 31 janvier 2009 à Paris.»

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 20:16

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En (ce samedi 17) septembre 2011, quoi de neuf en ce monde ???

Les représentants du Secours populaire, des Restos du cœur, de la Banque alimentaire et de la Croix-Rouge tirent la sonnette d’alarme (aux mépris et intérêts de nos élites), car l’Europe s’apprête à leurs couper les vivres, via les aides alimentaires européennes aux plus démunis.

 

Car à l’origine, les surplus alimentaires étaient liés à la progression de la PAC (Politique agricole commune). Lorsque les surplus issus des productions excédentaires ont disparu, les instances européennes ont remplacé la distribution de ses surplus alimentaires par la création d’un fonds destiné à financer les associations d’aide aux plus démunis. Cette politique est, aujourd’hui, remise en question par un certain nombre d’états membres qui, ne bénéficiant pas de ces dispositions, considèrent que l’aide aux plus démunis relève de la compétence nationale de chaque état. Saloperies de pauvres aurait dit Coluche.

 

Une réunion doit avoir lieu, le 19 septembre, à Berlin, qui doit examiner la mise en place de ces nouvelles mesures. Si celles-ci sont retenues, le PEAD, programme européen d’aide aux plus démunis, sera amputé de 400 millions d’euros, à savoir 75% de son montant initial, dès 2012. Il disparaîtra complètement l’année suivante. Ce programme permet actuellement d’apporter de l’aide à 13 millions de personnes en Europe.

 

 

Les présidents des quatre associations nationales ont clairement expliqués que cette aide européenne couvrait un pourcentage important de leurs ressources de financement permettant d’apporter une aide indispensable aux familles, aux chômeurs et aux retraités. Si cette « manne financière » disparaissait, les associations se trouveraient dans la situation où il faudrait acheter des produits alimentaires. Du côté des collectivités territoriales, chacun s’accorde pour dire que, là également, les budgets sont serrés. Pour l’aide aux démunis par pour leurs restos ou autres frais de déplacements…que l’on se rassure. Les travailleurs sociaux adressent déjà les personnes en difficultés vers les associations caritatives ce qui laisse penser que le peu d’aide disponible serait distribuée d’une manière encore plus réduite. Une participante à la réunion a témoigné de son dure expérience : « Il ne faut pas hésiter à pousser la porte pour demander de l’aide » car beaucoup de démunis restent en situation d’isolement, refusant de révéler leur situation de grande pauvreté et de désespérance.

En attendant la tenue de la réunion du 19 septembre, les associations se sont mobilisées et ont entrepris des démarches auprès des parlementaires et de certaines autorités européennes. Mais ne rêvons pas…Messieurs les dirigeant, vous qui êtes capable des dépenser des milliards d’euros pour sauver la peau du capital et des entreprises du CAC 40, comment arrivez-vous à vous regarder dans une glace pendant que le peuple à faim. Méfiance un jour les cerfs se réveilleront et réclameront leurs dus, ce qui est légitime et l’on espère, se dirigeront vers une société libertaire.

 

Voilà encore un jour en ce beau monde….

Allez, allez circulez il y a rien à voir !!!!!

 

(Source : http://liaisondebethune.blogspot.com/ )

 

Voir également : http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/09/19/ue-les-ong-s-indignent-contre-la-remise-en-question-d-un-programme-d-aide-aux-plus-demunis_1574539_3214.html

 

 

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 13:57

Shame on YOU

 (Shame on you, collages sur toile, 72 x 110 cm)

 

1 : Féminiser la langue française : l’expérience québécoise

 

Cet article s’appuie en grande partie sur les interventions de Claudie Baudino (directrice du centre Hubertine Auclert) et de la Canadienne Chantal Santerre lors des journées intersyndicales femmes en mars 2011.

Un peu partout, de plus en plus de femmes occupent des emplois auparavant réservés aux hommes. En France, depuis la loi relative à l’égalité professionnelle de 1984, les offres d’emplois doivent être féminisées au grand dam de l’Académie française pour qui, « en français, le genre et le sexe n’ont aucun rapport ». Dans les années 90 on nomme de plus en plus les femmes au féminin. On dira désormais « Mme la ministre ». En 1998-1999, dans Femmes, j’écris ton Nom (documentation française), il est démontré qu’il n’y a aucun obstacle à la féminisation des noms de métiers. Pourtant le masculin reste la valeur générique.

Au Québec, la réflexion est plus avancée. Il est évident dans ce pays que le français est le relais et l’allié du sexisme. Dès la fin du XIXe siècle des journalistes québécoises féminisent les noms de métiers dans Le Coin du Feu tout en se battant pour les droits civiques. Cette lutte sera reprise dans les années 70 : en 76 un guide parait sur l’actualisation des noms de professions. Aujourd’hui, on n’utilise plus l’adjonction du mot femme comme dans « femme écrivain » ; on dira forcément « écrivaine ». Mais on utilise encore la solution de facilité qui consiste à mettre une note en début de texte pour expliquer qu’on utilise le générique masculin uniquement « pour alléger le texte »…

Quelques syndromes du sexisme langagier habituel

En 2000, Louise Larivière publie « Pourquoi en finir avec la féminisation linguistique ou à la recherche des mots perdus ». Elle y met à mal les principaux arguments, qu’elle appelle des « syndromes », utilisés par les détracteurs/trices de la féminisation.

Il y a le syndrome de la place prise.

On ne pourrait mettre certains termes au féminin car le mot désigne déjà quelque chose d’autre comme « foreuse » (une machine) ou « manœuvre » (un déplacement). Pourquoi alors personne ne trouve gênant de parler d’un « secrétaire » (un meuble) ou d’un patron (un bout de papier) ?

Le syndrome de l’horreur.

Certains suffixes auraient un caractère péjoratif comme le suffixe en « euse ». Mais des mots comme « chanteuse » ou « skieuse » sont pourtant communément utilisés. D’autres substantifs seraient rejetés pour cause de « composante » péjorative. « Écrivaine », ce n’est pas beau car ça finit par « vaine ». Ah oui ! « Écrivain » finit bien par « vain ». Et pourquoi « châtelaine » ou « riveraine » ne posent-ils aucun problème ? De même le substantif « agente » (qui existe pourtant !) est massivement rejeté pour sa « soi-disant » laideur. Et « régente » ? Et « parente » ?

Le syndrome de la phrase négative.

On ne pourrait utiliser certains termes parce que « ce n’est pas dans le dictionnaire ! » C’est l’usage d’un mot qui le fait entrer dans le sacro-saint dictionnaire et non l’inverse ! Oui mais, argue-t-on souvent, « la féminisation ne va pas avec la langue française ». Pourquoi alors ne pose-t-elle pas de problème au Québec ?

Le syndrome de la haute voltige.

Vous comprenez, le terme féminin serait tellement « discriminatoire » ! C’est sûr que lorsqu’on est une femme, être désignée au masculin, c’est extrêmement valorisant, n’est-ce pas Mme le Recteur ?

Vers des termes épicènes

La féminisation telle qu’on la pratique en France en ajoutant un « E » ou un « -e- » a été abandonnée au Québec. Au-delà de la féminisation des titres on a recours le plus possible à des termes épicènes. Plutôt que d’écrire « les employéEs » ou les « employé-e-s », on écrira « le personnel ». On trouve la « fédération des personnèles » pour indiquer qu’il y a des femmes et des hommes. Au lieu d’écrire « cinquante femmes et un cochon sont morts dans la tempête » (sic), on dira : « les victimes de la tempête sont cinquante femmes et un cochon ».

Si le Québec mène une réflexion sur le sexisme véhiculé par la langue, la rédaction non-sexiste n’est toutefois pas encore généralisée dans les textes officiels de ce pays. Un peu plus d’un tiers des textes qui émanent des ministères tiennent compte des deux sexes. En revanche, certaines choses semblent acquises comme la féminisation des « titres ». Ainsi, une expression comme « le salon de l’étudiant », qui ne fait pas sourciller grand monde chez nous, serait inconcevable au Québec car elle fait abstraction des étudiantes.

Là-bas comme ici, il faudrait aborder la rédaction non-sexiste à l’école plutôt que d’asséner que « le masculin l’emporte sur le féminin ». Il ne faut pas perdre de vue que les dictionnaires sont des créations idéologiques et que l’Académie française n’est pas connue pour être l’avant-garde du féminisme.

Commission fédérale droits des femmes

(Source : http://www.sudeducation.org/Feminiser-la-langue-francaise-l.html)

 Ouvrez-la-2.jpg

 

(Il est très sympa le "petit bonhomme Sud"...à quand son équivalent féminin ?)

 

 

D’autres articles, un peu plus anciens :

 

2 : Féminisation : quel sexe pour la langue de Molière et Beauvoir ?

(rue89.com,  Mouloud Akkouche, 9 mai 2011)

Adeptes d'une langue non sexiste, des pétitionnaires partent en guerre contre le vieux principe grammatical qui veut que le masculin l'emporte sur le féminin. Une règle apprise à l'école. Ils veulent abroger la règle imposée en 1676 par le père Bohours qui préconisait : « Lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l'emporte ».

Les signataires souhaitent un retour à l'usage en cours avant le XVIIe siècle, qui voulait « qu'un adjectif qui se rapporte à plusieurs noms s'accorde avec le nom le plus proche. »

La grammaire serait-elle sexiste ?

La lutte pour l'introduction de l'égalité des sexes dans la langue française ne date pas d'aujourd'hui. Certains taxeraient ce combat de futile par ces temps très difficiles ? A la lecture des articles et commentaires sur le sujet, on sent que ces femmes – plus nombreuses que la gent masculine – ne lâcheront pas le morceau.

Certe, la linguistique est un débat qui ne touche pas toutes les catégories sociales, et si l'on pose la question à une bénéficiaire du RSA vivant seule avec quatre enfants, forte est la probabilité qu'elle réponde que ce n'est pas sa priorité. On serait donc face à une problématique de bobos et de militants féministes, soit un faible pourcentage de la population. Cela dit, des combats très importants ont été menés par une minorité avant d'être adoptés par la majorité. Ces signataires seraient-ils avant-gardistes ?

Changer la règle pour influer sur les comportements

Après tout : pourquoi ne pas changer nos habitudes grammaticales ? Est-ce que cette nouvelle règle ferait réellement évoluer les comportements ? Difficile de penser qu'elle empêchera un éventuel endoctrinement sexiste des futures générations, mais sait-on jamais.

Si l'on féminise la grammaire, d'autres groupes vont vouloir imposer une pression sur la langue. Certains se mobiliseront encore plus pour effacer toute trace de propos colonialiste dans les livres d'histoire et les dictionnaires. Pareil pour les pourfendeurs du racisme, de l'antisémitisme et de l'homophobie. L'expression « gagner son bifteck » sera-t-elle critiquée par les végétariens salariés ? Les grammairiens et lexicographes ont du mouron à se faire.

Discours des élites : quota d'expressions populaires et accents de terroirs

Les fils de prolétaires imposeraient également leurs desiderata à l'élite des universitaires et des journalistes, comme par exemple un emploi plus large de termes de la culture populaire. On sait que les citoyens élevés dans ce milieu sont souvent obligés de mettre un mouchoir sur les codes de leur éducation pour progresser socialement.

Une discrimination liée au langage d'origine, aux us et coutumes familiaux, entre autres. Qu'en pense le quota exfiltré des ZEP et immergé à Sciences Po, en tant que gagnants du mercato des cerveaux en banlieues défavorisées ?

A une époque, on conseillait aux étudiants rouleurs de R de se soumettre à l'intonation en vigueur dans les beaux quartiers de la capitale. Les provinciaux vont aussi revendiquer la revalorisation de leurs accents. Halte à la suprématie du parisien dans l'hexagone !

La féminisation de la grammaire et d'autres luttes ont leur part de légitimité. Mais l'émergence de revendications de toutes sortes est le reflet d'une montée des communautarismes et corporatismes. Chaque groupe est attaché à sa « bonne cause ». Une revendication souvent brandie comme une carte de priorité.

 

 

 

3 : Haro sur la grammaire sexiste !

(Philippe Jacqué, 4 mai 2011)

http://lemonde-educ.blog.lemonde.fr/2011/05/04/les-femmes-sont-des-hommes-comme-les-autres/

 

Après la création d'un « langage féministe non sexiste » (voir la fiche wikipédia), les féministes mènent une nouvelle bataille contre la « langue française sexiste ». Une pétition (attention, connexion lente) intitulée « Que les hommes et les femmes soient belles ! » vient d'être lancée pour en finir avec la règle qui veut que « le masculin l'emporte sur le féminin ».

Selon le texte de la pétition, « cette règle de grammaire apprise dès l'enfance sur les bancs de l'école façonne un monde de représentations dans lequel le masculin est considéré comme supérieur au féminin. En 1676, le père Bouhours, l'un des grammairiens qui a œuvré à ce que cette règle devienne exclusive de toute autre, la justifiait ainsi : "lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l'emporte." »  

Pourtant, poursuit la pétition, « avant le XVIIIe siècle, la langue française usait d'une grande liberté. Un adjectif qui se rapportait à plusieurs noms, pouvait s'accorder avec le nom le plus proche. Cette règle de proximité remonte à l'Antiquité : en latin et en grec ancien, elle s'employait couramment. »

Pour la règle de la proximité

Citant la linguiste Josette Rey-Debove, le texte appelle à utiliser la « règle de la proximité", c'est-à-dire « mettre le verbe et l'adjectif au féminin quand il est après le féminin, même s'il y avait plusieurs masculins devant » afin que les hommes et les femmes apparaissent belles...

Les auteur(e)s de cette pétition déjà signée par près de 500 personnes, dont la vice-présidente du conseil régional d'Ile-de-France, Henriette Zoughebi, ou la chercheuse Jacqueline Costa-Lascoux, demandent à « chacun-e de révolutionner les écrits, les correcteurs d'orthographe et nos habitudes en appliquant la règle de proximité. Nous demandons à l'Académie française de considérer comme correcte cette règle qui dé-hiérarchise le masculin et le féminin et permet à la langue une plus grande de liberté créatrice ».

N’hésitez surtout pas à cliquer sur le lien ci-dessus et à lire les « commentaires » qui suivent…Très instructifs !!!

 

 

 

4 : Que les hommes et les femmes sont belles.

(Source : http://fcomme.blogspot.com/2011/05/que-les-hommes-et-les-femmes-sont.html  7 mai 2011 ; voir aussi les commentaires)

 

Commentaire perso : mon traitement de texte est très à cheval sur l’orthographe et la grammaire. A peine ai-je tapé « que les hommes et les femmes sont belles » qu’il souligne « belles » et me propose… «beaux ». CQFD.

 

Emelire l'a évoqué dans un paragraphe de son copinage féministe de mercredi dernier: une remise en question des règles de grammaire sexistes est nécessaire. Par pour le fun, pas pour pinailler mais parce que la langue façonne notre identité et notre manière de voir le monde. Le sujet est sérieux parce qu'il est politique. Il faut voir comment il déchaîne les passions machistes pour s'en convaincre.

A mes yeux, une grande réforme ne serait pas du luxe: féminisation des mots selon les règles d'alternance existantes (depuis le latin dont la langue est issue), refondation de la didactique de l'enseignement de la grammaire (non, le masculin ne donne pas "naissance" au féminin) ou encore révision de la règle selon laquelle le masculin l'emporte. J'en avais parlé dans un précédent billet en montrant comment notre langue androcentrée s'était établie à partir d'allégations arbitraires et iniques. Meigret, Vaugelas, Bouhours, depuis leur époque, ont universalisé, dans un accès incontrôlé de toute-puissance, leur propre vision de la langue et de la société.

Pour Bouhours, le masculin l'emportera parce qu'il est mieux. En voilà de l'assertion impartiale et fondée pour régir l'usage commun ! Une assertion qui vaut désormais éducation à coups de matraquage idéologique: il y a un système de valeurs dans la société et le masculin c'est plus, c'est mieux, définitivement. Comment ne pas finir par croire que c'est la nature qui en a décidé ainsi tant la formule est sans appel ?

Rien de naturel, donc, dans tout ça et encore moins de définitif. La société bouge, nous aspirons à l'égalité; la langue bouge, nous défendons la démocratisation de son usage. En tant que détentrices et utilisatrices de la langue, nous avons le droit, le devoir et la possibilité d'éradiquer les archaïsmes qui nous entravent. Certes les moyens sont limités et les résistances bien vivaces mais la mobilisation fait ses preuves au quotidien. Une pétition pour que les hommes et les femmes soient belles a été lancée qui demande la suppression de la règle de prévalence du masculin sur le féminin au profit d'une règle de bon sens, d'esthétique visuelle, d'harmonie auditive et d'équité: l'accord avec le substantif le plus proche.

Histoire de passer de "Il lit un article et une chronique instructifs" à "Elle écrit un ouvrage et une anthologie passionnantes".

 

                                   

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 20:38

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Cette semaine l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique) et le HCE (Haut Conseil de l’Education) ont publié deux études très sévères avec la politique publique française en matière d’Education depuis 10 ans. Les orientations, les impasses et les mesures successives n’ont fait qu’empirer les choses quand elles s’améliorent ailleurs. Par ailleurs les indicateurs choisis par le gouvernement sont vivement critiqués : peu fiables, ils masquent la réalité.

Cette fois-ci, Luc Tout Va Bien Madame La Marquise Chatel et son ministère de communicants vont devoir s’échiner pour trouver un contre-feu. Il ne suffit plus de taxer les enseignants de corporatisme sourd, les syndicats d’archaïsme aveugle, et d’ignorer la gronde qui court partout en France depuis un an : les critiques ne viennent pas du sérail, mais de la très officielle et peu soupçonnable de gauchisme OCDE.

Que retenir des 533 pages de ses « Regards sur l’Education 2011 », concernant la France ?

1. La France, championne de l’inéquité est l’un des pays où le déterminisme social est le plus important dans les résultats scolaires. C’est une confirmation, la France ne sait plus former que des élites, elle ne sait plus accompagner les moins aisés dans la quête éducative, c’est la fin du fameux ascenseur social et l’écart se creuse. Autre révélateur : si le taux de scolarisation des 15-19 ans a augmenté de 9,5 % dans les pays de l’OCDE, il est passé de 89 à 84 % en France depuis 1995. Conséquence, 130 000 élèves quittent le système éducatif sans diplôme, et la moitié sera sans emploi ni activité.

2. La France a globalement cessé ses efforts en termes d’investissements dans l’Education. « Alors que la part de l’éducation dans les budgets publics est passée de 11,8% en 1995 à 12,9% en 2009, en moyenne dans l’OCDE, en France, la part dans l’éducation dans ces mêmes budgets a diminué, passant de 11,5% en 1995 à 10,6% en 2008 ». Quand Chatel dit qu’on n’a jamais autant dépensé pour l’Education, il joue donc avec les chiffres, comme souvent. A titre indicatif, le rapport de l’OCDE rappelle qu’un diplômé rapporte à son pays trois fois le coût de sa formation. Investir rapporte donc.

3. Les enseignants français figurent parmi les moins bien payés. Et pas qu’un peu : 15 % de moins que la moyenne des pays de l’OCDE pour un enseignant ayant 15 ans d’ancienneté ! Normal, depuis 1995, le salaire a augmenté dans les deux tiers des pays de l’OCDE, mais pas en France où il a même reculé, accusant une perte de 12 à 14 points en euros constants… Il faut toutefois noter que l’étude ne prend pas en compte les heures supplémentaires (inexistantes à l’école primaire) et la revalorisation en 2010 des jeunes enseignants (+ 4 % environ). Enfin, c’est en France que le pourcentage du PIB consacré au salaire des enseignants a le plus baissé sur cette période.

Suite à la publication de ce rapport de l’OCDE, François Jarraud parlait cette semaine dans un édito du Café Pédagogique de « décennie des abandons »: abandon de la priorité à l’Education, abandon de la lutte contre l’échec scolaire, abandon de la réussite pour tous au profit de filières d’excellence, abandon de la scolarisation avant trois ans, abandon de la revalorisation et des conditions du métier d’enseignant, abandon de toute formation professionnelle des enseignants… Jarraud termine son édito en citant Lincoln : « C’est vrai, l’éducation coûte cher, essayez donc l’ignorance ! ».

Les mauvaises nouvelles arrivant souvent par paire, Luc Chatel a été invité à tendre l’autre joue en milieu de semaine, avec la publication par le Haut Conseil de l’Education d’un rapport sur « Les indicateurs relatifs aux acquis des élèves ». Sont ici visés les systèmes d’évaluations mis en place et utilisés par le gouvernement. Le seul sommaire du rapport en est une condamnation définitive : « Les indicateurs annuels fournis au Parlement ne sont pas satisfaisants ». « Les indicateurs concernant les compétences de base en français et en mathématiques sont partiels, peu exigeants et donc trompeurs ». « Les indicateurs tirés des évaluations nationales ne sont pas fiables pour des raisons de méthode ». « La confusion entre deux types d’évaluations prive les indicateurs de la rigueur nécessaire ». « La fiabilité des indicateurs n’est pas assurée ». « Le champ des indicateurs existants ne permet pas d’évaluer avec précision la maîtrise du socle commun ».

N’en jetez plus, la coupe est pleine.

Que dit le rapport (44 pages, c’est abordable), notamment pour l’école primaire ? Il dit ce que l’on a déjà écrit ici même il y a quelques mois. Les évaluations nationales de CE1 et de CM2, principaux outils d’analyse utilisés par le gouvernement, ne sont absolument pas fiables, particulièrement pour le CE1. Citons pour exemple :

- la forme de l’évaluation, par QCM, « ne permet pas de prendre en compte des capacités essentielles » telle l’expression écrite ou orale ;

- la diversité des pratiques dans les classes invalide de fait ce type d’évaluation : certains enseignants, en laissant plus de temps que prévu à leurs élèves, ou préparant les élèves avec les exercices des années précédentes faussent les résultats ; les écarts de notation (subjectivité de l’enseignant) sont aussi pointés comme source d’inéquité, de même que le « flou de certaines consignes de l’institution (…) qui se traduit sur le terrain par des pratiques variables » ;

- la confusion est entretenue par le ministère entre les évaluations nationales et les évaluations faites par l’enseignant pour adapter son enseignement aux élèves : « cette confusion tend à déformer la perception que les différents acteurs ont de l’évaluation ». Soit l’exact contraire du but recherché.

- etc.

Pour les évaluations de CE1, la conclusion du HCE est très claire : « Etant donné son caractère très partiel et son niveau d’exigence très insuffisant, cet indicateur devrait être rapidement supprimé ».

Dans une deuxième partie, le HCE invite à utiliser une autre méthode fondée sur la prise en compte d’échantillons sur l’ensemble du territoire à la fin de moments-clés de la scolarité : la fin du primaire et la fin du collège.

Le rapport s’achève sur une incitation à utiliser les indicateurs internationaux « devenus un outil de pilotage indispensable aux politiques éducatives » (suivez mon regard vers l’OCDE) et sur une préconisation : « renoncer aux indicateurs actuels (…) et créer un dispositif nouveau ».

Les dernières phrases du rapport sont lourdes de sens concernant la méthode du gouvernement : « Le moment est venu de confier à une agence d’évaluation indépendante la mise en œuvre d’un tel programme (…). Il est essentiel en effet que, dans notre démocratie, les données concernant les résultats de notre système éducatif soient objectives, donc incontestables ».

Si on m’avait demandé de dire avec diplomatie que le ministère manipule les chiffres à son avantage, j’aurai probablement écrit une phrase comme celle-ci.

 

Résumons-nous.

OCDE et HCE ont démontré cette semaine ce que les enseignants et le monde de l’éducation savent déjà, parce qu’ils en subissent les conséquences au quotidien sur le terrain : la politique des derniers gouvernements est non seulement inefficace, mais, inadaptée et contre-productive, n’a fait qu’aggraver les problèmes. Principalement préoccupés par la RGPP (non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, qui devrait ne pas pouvoir s’appliquer partout en termes équivalents), la communication / désinformation à outrance (indispensables pour discréditer les discours contestataires) pouvant aller jusqu’à la manipulation des chiffres, les ministères successifs ont totalement négligé l’Education dans ce pays depuis 10 ans.

Accessoirement, l’OCDE et le HCE enlèvent un peu de pression des épaules des enseignants : non, ils ne sont pas les seuls responsables du fiasco terrible dont on commence à percevoir les contours.

Le réveil est difficile et cruel. Pourtant nombreux sont ceux qui crient dans la nuit depuis des mois, des années. Dérangés par le bruit de ces gêneurs, les bonnes gens n’ouvraient leurs volets que pour dénoncer le corporatisme, pour moquer des « fonctionnaires » éternellement insatisfaits, pour vilipender, pour railler, pour gueuler inconsidérément et disons-le, connement.

Nous continuerons à crier, pourtant.

Et lundi matin, nous serons dans nos classes à travailler d’arrache-pied, vent de face, pour et avec nos élèves.

 

 (sur le salaire des enseignants, interview sur le Monde.fr de Luc Rouban, chercheur au CNRS)

 

(Source : http://blogs.lexpress.fr/l-instit-humeurs/2011/09/17/deux-rapports-tres-critiques-pour-la-politique-d%E2%80%99education-francaise/)

 

 

9 juillet bis 004

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 16:01

Intersyndicale : La CFDT saborde la journée d'action du 11 octobre !

Les négociations de l'intersyndicale, en vue d'une journée d'action interprofessionnelle, le 11 octobre contre le plan anti déficit du gouvernement, sont un échec. La CFDT et l'UNSA s'opposant à toute action nationale concertée !

 

« Qui ne dit mot consent » dit le proverbe. En clair qui reste silencieux ou peu revendicatif face à une situation ne pourra en aucun cas nier par la suite son adhésion à celle-ci !

C'est ce que le gouvernement pourrait arguer aux syndicats de salariés qui ont décidé à l'issue de la dernière réunion de l'intersyndicale de ne lancer : « Aucun appel à la grève ou à des arrêts de travail pour manifester contre le plan anti déficit du gouvernement »

En effet, selon Les Echos, la CFDT soutenue par l'UNSA a réitéré : « (...) son opposition à un appel à des manifestations et des grèves, jugeant que « ce n'est pas la réponse adaptée à la situation et à l'attente des salariés » Conclusion : « Il reviendra donc aux troupes de décider au cas par cas des actions »

Car selon la CFDT : « le principal souci des salariés est actuellement le risque d'éclatement de la zone euro, pas le plan Fillon »

Donc, exit la mobilisation nationale portant sur des revendications pourtant approuvées le 1er septembre 2011, par la CFDT et l'UNSA. Et qui devait être défendue lors de la journée du 11 octobre prochain :

« (...) Abandonner la taxation des complémentaires santé ; supprimer les exonérations et la défiscalisation des heures supplémentaires ; conditionner toute aide publique à son efficacité sociale et économique, aux politiques sociales dans les entreprises.
• Mettre en œuvre la taxe sur les transactions financières.
• Faire de l’emploi, en particulier celui des jeunes, une priorité. Stopper les suppressions d’emplois dans la Fonction publique.
• Soutenir le pouvoir d’achat notamment des plus bas revenus et réouvrir les négociations salariales dans les entreprises et la Fonction publique pour réduire les inégalités notamment entre les femmes et les hommes (...) »

Ce qui n'empêche pas Marcel Grignard, secrétaire général adjoint, et négociateur de la CFDT, de souhaiter que la journée du 11 octobre soit réussie, tout en proposant comme moyen d'action : « D'aller à la rencontre des salariés pour leur expliquer la position de la CFDT » !

 

Aller à la rencontre des salariés pour leur dire quoi ?

 

Que le gouvernement et le Medef n'ont pas cédé un pouce de terrain aux demandes de la CFDT ?

 

Car, que reste-t-il de la main tendue de François Chérèque à Laurence Parisot lors des grèves et manifestations sur les retraites ? ou de la réunion ( qui a remplacé le « sommet social » réclamé par la CFDT) avec François Fillon ?

 

Ou tout simplement leur expliquer à la façon Coluche, que la CFDT : « C'est celui qui fait le moins grève ... donc, on gagne plus »

 

Ou plus plus prosaïquement, que la CFDT, dont le réformisme n'a pas fait ses preuves ces quatre dernières années, préfère ne pas mettre la pression de la rue sur le gouvernement, dans l'attente du résultat incertain des élections de 2012 ?

Et pour finir, leur expliquer, le plus sérieusement du monde, qu'en fin de compte, leur principal souci est : « le risque d'éclatement de la zone euro, pas le plan Fillon » ?

Succès assuré !

(Source : http://www.marianne2.fr/SlovarMarianne/Intersyndicale-La-CFDT-saborde-la-journee-d-action-du-11-octobre-_a331.html.  Y figure également une vidéo : Conférence de presse de l’intersyndicale du 15 septembre 2011. N’hésitez pas à jeter un œil sur les commentaires)

 

= = = = = =

 

Rappels :

 

(1) SUD éducation 59/62 appelle à la grève le 27/092011 dans l’ensemble du service public d’éducation.

Rendez-vous à la manifestation intersyndicale régionale à Lille, 14h30, porte de Paris à Lille.

Ce n’est pas à nous de payer leurs crises !

L’’école n’est pas une entreprise et l’éducation pas une marchandise,

pour une autre école, dans une autre société,

mobilisons-nous !

 (Voir : http://rased-en-lutte.net/)

 

 ouvrez-la

 

Du 13 au 20 octobre 2011,

 

des élections professionnelles

 

décisives pour l’avenir du syndicalisme (de lutte !!)

 

Sud élections

 

 

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 20:20

 

Communiqué de presse de la F.C.P.E.

 

Remplacements : un délai de carence peut en cacher un autre !

   C’est avec consternation que les parents d’élèves du Tarn ont appris cette semaine que leur inspecteur d’académie met dorénavant en place un délai de carence de 48 heures avant de procéder au remplacement des enseignants dans le 1er degré.

L’inspection académique du Tarn est la première à avouer qu’elle n’assurera pas les remplacements : une des conséquences de la suppression de 6000 postes de remplaçants dans le 1er degré à cette rentrée, ce qui ne permet pas de scolariser les élèves dès qu’un enseignant est absent !

La FCPE demande au ministre de l’Education nationale de revenir sur la décision de l’Inspecteur d’académie du Tarn et de garantir, sur l’ensemble du territoire, le remplacement des enseignants, dès le premier jour d’absence, par des enseignants formés.

La FCPE est d’autant plus étonnée que le ministre de l’Education nationale a lui-même annoncé l’an passé la suppression du délai de carence imposé dans le second degré pour « rendre le système plus réactif ».

Les conséquences de cette décision sont prévisibles pour les enfants et leurs parents. Les élèves ne pouvant pas bénéficier de remplaçant seront tout simplement renvoyés chez eux car les autres classes sont déjà surchargées.

L’inspecteur d’académie institutionnalise ici l’ « école buissonnière » alors même que le gouvernement choisit de suspendre les allocations familiales des élèves absentéistes !

Contact presse : Laurence Guillermou, tél 01 43 57 16 16

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 20:36

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Il a songé très tôt à la possibilité d'une société strictement égalitaire. Comme la plupart des penseurs de son temps, il se réfère aux origines de l'homme, ce qu'il appelle l'état naturel. A cette époque, selon lui, la propriété n'existe pas.

Or cette propriété est pour lui la source de toutes les inégalités. Il souhaite donc l'abolir. Dans l'économie de son temps, surtout agricole, cela revient à créer de fermes collectives, dirigées par les plus doués. Leur produit, après déduction de la part revenant aux producteurs, est centralisé et réparti entre les non producteurs.

Les usines deviennent aussi collectives. Tous les salaires sont égaux, y compris, par exemple, la solde des militaires quel que soit leur grade. Chacun a droit au travail, chacun a l'obligation de travailler.

Une société ainsi conçue n'a pas besoin de gouvernement, sauf pendant une brève période d'adaptation. Elle est pour lui le seul moyen d'atteindre le but qu'il s'est fixé, qui doit être le seul but de toutes les sociétés, et qui est inscrit dans la constitution de 1794 : le bonheur commun.

 

Quelques-unes de ses idées et citations :

Le Dieu du genre humain, c'est le genre humain lui-même.

 

Si j'observe ensuite la faible minorité qui ne manque de rien, en dehors des propriétaires terriens, je la vois composée de tous ceux qui ne mettent pas de fait la main à la pâte, de tous ceux qui se contentent de calculer, de combiner, de travestir, de raviver et rajeunir sous des formes toujours nouvelles le très vieux complot à l'aide duquel on parvient à faire remuer une multitude de bras sans que ceux qui les remuent en tirent le fruit destiné, dès le principe, à s'entasser en grande masse sous la main des criminels spéculateurs, lesquels, après s'être entendus pour réduire sans cesse le salaire du travailleur, se concertent, soit entre eux, soit avec les distributeurs de ce qu'ils ont entassé, les marchands, leurs co-voleurs, pour fixer le taux de toutes choses de telle sorte que ce taux ne soit à la portée que de l'opulence.

 

« Car enfin, c'est du pauvre auquel on n'a point songé encore, c'est, dis-je, du pauvre qu'il doit être principalement question dans la régénération des lois d'un empire ; c'est lui la cause qu'il intéresse le plus de soutenir. Quel est le but de la société? N'est-ce pas de procurer à ses membres la plus grande somme de bonheur qu'il est possible? Et que servent donc toutes vos lois lorsqu'en dernier résultat elles n'aboutissent point à tirer de la profonde détresse cette masse énorme d'indigents, cette multitude qui compose la grande majorité de l'association? »

 

CONCURRENCE : « La concurrence qui, loin de viser à la perfection, submerge les produits consciencieux sous des amas de produits décevants, imaginés pour éblouir le public qui n'obtient le vil prix qu'en obligeant l'ouvrier à se perdre la main dans les ouvrages bâclés, en l'épuisant, en l'affamant, en tuant sa moralité par l'exemple du peu de scrupule; la concurrence qui ne donne la victoire qu'à celui qui a le plus d'argent; qui, après la lutte, n'aboutit qu'au monopole dans les mains du vainqueur et au retrait du bon marché. la concurrence qui fabrique n'importe comment , à tort et à travers, au risque de ne pas trouver d'acheteurs et d'anéantir une grande quantité de matière première qui aurait pu être employée utilement mais qui ne servira plus à rien. »

 

Au lieu de cela, les lois sociales ont fourni à l'intrigue, à l'astuce et à la souplesse les moyens de s'emparer adroitement des propriétés communes... Mais ce n'est point là où s'est borné le mal, ces travaux sont devenus enfin une ressource absolument insuffisante pour chaque individu. Tout ayant concouru à ce que les petites fortunes s'engouffrent dans les grandes, le nombre des ouvriers s'est excessivement accru. Non seulement il est résulté que les salaires ont pu être diminué de plus belle, mais qu'une très grande quantité de citoyens s'est vue dans l'impossibilité de trouver à s'occuper, même moyennant la faible rétribution fixée par la tyrannique et impitoyable opulence et que le malheur avait impérieusement forcé l'artisan d'accepter.

 

Ces malheureux (les chômeurs) sont probablement des travailleurs dépourvus d'ouvrage, ou dont les faibles gains ne peuvent plus monter à la hauteur du prix de la denrée nécessaire à la subsistance. Ces sortes d'infortunés sont sans doute les plus dangereux dans leur détresse. Accoutumé à vivre des fruits de son industrie, il en coûte à l'homme laborieux d'être forcé d'implorer la pitié de son égal. S'il s'y abaisse dans l'excès de sa peine, malheur à celui dont il se trouve rebuté. La colère le rend prêt à tout.

 

POUVOIR : La monarchie d'un seul ou de plusieurs tombe toujours nécessairement dans des mains impures et perfides. Celui qui accepte ce pouvoir est par cela seul perfide et impur. L'homme qui a accepté une fois de boire dans la coupe de l'autorité sans bornes est un tyran et le sera toujours.

 

Si le peuple est souverain, il doit exercer lui-même tout le plus qu'il peut de souveraineté.

 

L'éducation est une monstruosité lorsqu'elle est inégale, lorsqu'elle est le patrimoine exclusif d'une portion de l'association; puisqu'alors elle devient la main de cette portion, un amas de machines, une provisions d'armes de toutes sortes, à l'aide desquelles cette première portion combat l'autre qui est désarmé.

 

Nul ne peut par l'accumulation de tous les moyens priver l'autre de l'instruction nécessaire pour son bonheur; l'instruction doit-être commune.

 

La prétendue supériorité de l'homme sur la femme et la despotique autorité qu'il s'arroge sur elle ont la même origine que la domination de la noblesse.

 

 

     Chacun aura compris

 

           que nous parlons de...Gracchus Babeuf

 

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(sources : fr.wikiquote.org ; gracchus-babeuf.com/ )

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 17:57

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France terre d’asile demande au Premier Ministre la convocation en urgence d’une table ronde sur les mineurs isolés étrangers

Depuis le 1er septembre 2011, le Président du Conseil général de Seine-Saint-Denis a décidé de ne plus accueillir les mineurs isolés étrangers dans les structures de l’aide sociale à l’enfance.

Cette décision est selon lui justifiée par l’attitude de l’État, qui refuse notamment de participer au financement de leur accueil. Isabelle Debré (sénatrice UMP des Hauts-de-Seine), auteur d’un rapport sur le sujet, dit à demi-mot comprendre la réaction du Conseil général du 93.

France terre d’asile s’inquiète de cette situation, dont les premières victimes sont des adolescents auxquels la France s’est engagée à apporter protection et à veiller à leur intérêt supérieur, en signant la Convention internationale des droits de l’enfant il y a plus de vingt ans.

Nous rappelons une nouvelle fois ici que l’arrivée de mineurs isolés étrangers sur le territoire français est d’ampleur limitée et n’a pas connu d’accroissement considérable ces dernières années. Ils seraient environ 6000 sur le territoire métropolitain.

Cependant les arrivées se concentrent prioritairement et massivement sur certains départements (Paris, Seine-Saint-Denis, Pas-de-Calais…).

Il est vrai que l’État est aux abonnés absents sur ce dossier et qu’il n’a rien entrepris de significatif depuis la mise en place du dispositif Versini en 2004. Là où le département de Paris (avec lequel nous venons d’ouvrir de nouveaux dispositifs) verse annuellement 70 millions d’euros pour la prise en charge des mineurs isolés étrangers, l’État verse 2 millions ; là où le département de Seine-Saint-Denis verse 35 millions, l’État ne verse rien…

Afin de sortir de cette impasse et d’apporter une protection satisfaisante à ces jeunes adolescents, France terre d’asile demande au Premier Ministre la convocation urgente d’une table ronde réunissant État, collectivités territoriales et acteurs associatifs sur ce dossier complexe qui recouvre des réalités sociales et juridiques diverses.

 (08 Septembre 2011)

 

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