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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 18:47

 

 

"La misère fut la cause première des richesse. Ce fut elle qui créa le premier capitaliste. Car avant d'accumuler la "plus-value", dont on aime tant à causer, encore fallait-il qu'il y ait des misérables qui consentissent à vendre leur force de travail pour ne pas mourir de faim. C'est la misère qui a fait les riches."
Pierre Kropotkine (9 décembre 1842- 8 février 1921) In: Le Salariat.

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 18:19

 

 

Le Forum Social Mondial de Dakar de février 2011 a décidé de faire du 18 décembre 2011 une journée internationale de mobilisation pour la défense des droits des migrant-es, et de lutte contre le racisme.

Les politiques des gouvernements, et singulièrement celle du gouvernement Sarkozy, bafouent les principe d’égalité des droits, de libre circulation et d’installation, et perpétuent des politiques néo coloniales et néo libérales à l’égard des populations immigrées.

Les travailleurs-euses immigré-es, avec ou sans papiers, les réfugié-es, et leurs familles, sont la cible des politiques xénophobes et sécuritaires.

Le gouvernement Sarkozy et son serviteur zélé C.Guéant, reprennent à leur compte les thématiques du Front National et font de la surenchère sur le thème du bouc émissaire en stigmatisant les immigré-es.

Nous n’acceptons pas ces politiques indignes et liberticides.

Nous exigeons :
- La liberté de circulation et d’installation des migrant-es
- L’égalité de tous les droits, sociaux et civiques.
- Le respect des conventions internationales pour les droits des migrant-es et de leurs familles.
- L’arrêt des expulsions, la fermeture des centres de rétention.
- La régularisation de tous les sans-papiers.

Tous ensemble, manifestons notre détermination à lutter pour l’égalité des droits des migrant-es.

Dimanche 18 décembre à Paris, rendez-vous à 15H au métro Belleville

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 18:05

 

 

La chaine de télé M6 contacte les syndicats SUD’ Education pour trouver des "enseignants victimes d’insultes, d’incivilités sur internet" : SUD’ Education Vaucluse répond !

 

L’ensemble des enseignants de ce pays est effectivement victime de diffamation sur internet, mais également dans la presse écrite, dans les émissions radiophoniques et télévisées. Internet n’est pas la source du phénomène.

Les auteurs de ces incivilités (insultes, conseils de discipline, précarisation, suppression massive de postes, etc.) sont connus, il s’agit du président de la république, de ses ministres, des membres de l’UMP et du Front National et de personnalités du monde médiatique réactionnaire dont la chaîne TV pour laquelle vous travaillez est loin d’être dépourvue.

Il est vrai que « ces incivilités se multiplient et qu’il reste très compliqué pour les enseignants d’avoir une visibilité là-dessus. ».Mais nous ne croyons pas en revanche que vous soyez réellement intéressée par ce phénomène et ses conséquences.

Nous ne vous fournirons donc pas les témoignages qui vous permettraient de monter une émission de type « sensationnelle »dont les effets seront de diviser un peu plus les enseignants, élèves et parents d’élèves entre eux, et de distraire vos téléspectateurs en leur donnant un petit frisson.

Bien cordialement,

SUD’éducation Vaucluse


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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 21:45

 

 

 

 

Le 7 décembre 1928, naissance de Noam CHOMSKY, à Philadelphie.
Il est l'un des plus éminents linguistes de notre temps. Sa philosophie politique radicale puise sa source dans l'anarchisme. Il se déclare "compagnon de voyage de l'anarchie sur une route de dérivation". Il est l'auteur de plus de 30 livres et d'une multitude d'articles, sur des thèmes très variés, allant des sciences sociales à la complexité de l'intelligence, ainsi qu'aux diverses manifestations de créativité humaine. Il s'est vu décerné, pour ses travaux, une dizaine de titres honorifiques, par des universités à travers le monde, ainsi que le prix des sciences fondamentales de Kyoto (Japon) en 1988.
Parmi ses livres traduits en français, on peut citer: "Langue, linguistique, politique", "Economie politique des droits de l'homme", "Les dessous de la politique de l'oncle Sam", "Ecrits politiques".

"Il me semble que, au moins dans les sociétés occidentales riches, la démocratie et le marché libre déclinent à mesure que le pouvoir se concentre, chaque jour davantage, dans les mains d'une élite privilégiée".

Noam Chomsky (extrait de conférence, donnée en Catalogne en 1992)

 

(source : ephemanar)

 

voir aussi le wikipedia  qui lui est consacré

 



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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 21:25

 

 

 

 

 

La "France d’à côté" ne se sent plus représentée.

La société française se fissure, une partie fait le constat d'un "abandon démocratique". C'est la "France des invisibles", la "France d'à côté", celle qu'on n'entend pas, dont on ne relaie pas les colères et qui se sent de moins en moins représentée.

Avec des outils d'analyse différents, des sociologues, des géographes, des politologues et des spécialistes de l'opinion travaillant pour des institutions différentes et parfois concurrentes arrivent au même diagnostic. A cinq mois de l'élection présidentielle, ils partagent la même conviction : la clé de l'élection se trouve dans la réponse que les candidats sauront apporter à cette partie de l'électorat, de plus en plus nombreuse, qui oscille entre colère sourde et résignation rageuse.

"Une rupture d'ordre existentiel s'est produite", affirme le sociologue et sondeur François Miquet-Marty, qui vient de publier Les Oubliés de la démocratie (Michalon, 304p., 17 euros). Des franges de plus en plus larges de la population ont le sentiment que ce qu'elles vivent n'est relayé par personne. Alain Mergier fait le même constat. En 2006, cet ancien professeur de sémiologie avait publié, avec le sociologue Philippe Guibert, une enquête sur les milieux populaires dont le titre avait marqué les esprits : Le Descenseur social (Plon, Fondation Jean-Jaurès). Cinq ans plus tard, le regard qu'il porte sur la société française est beaucoup plus inquiétant. Plus que jamais, explique-t-il, s'est installée l'idée que "deux France suivent des chemins opposés".

L'image n'est plus, comme il y a encore quelques années, celle d'une "société à deux vitesses", dont une partie profiterait plus que l'autre des fruits de la croissance. Désormais, "une partie de la société a le sentiment qu'elle fait marche arrière parce que l'autre fait marche avant", explique M. Mergier. Comme si le bonheur des uns ne pouvait passer que par le malheur des autres.

   

LES CLASSES MOYENNES TOUCHÉES

Ce sentiment de "faire marche arrière", combien sont-ils au juste à le partager ? "Jusqu'au milieu des années 2000, on pouvait dire que c'était l'apanage des milieux populaires", répond M. Mergier. Grosso modo la France du "non", celle qui avait voté non aux référendums européens de 1992 et 2005, parce qu'elle se sentait perdante dans la mondialisation. "Aujourd'hui, une partie des classes moyennes est touchée", ajoute-t-il, tout en convenant qu'une définition socioéconomique est insuffisante.

Plus encore que le niveau de revenu en tant que tel, c'est l'image que se font les individus de leur place dans la société qui importe. "La puissance des marchés a engendré un malaise existentiel et diffus. Même certains cadres sont touchés: ils ont le sentiment de subir aujourd'hui une perte de leur valeur personnelle, car l'obligation de rentabilité à court terme remet en cause leur travail", explique M. Mergier.

Pour cerner les contours de cette société hantée par la perte d'identité et la crainte du déclassement, Christophe Guilluy dessine des cartes. Coauteur d'un Atlas des nouvelles fractures sociales (Autrement, 2004), ce géographe distingue deux France. La première est celle des "25 grandes métropoles qui profitent de la dynamique de la mondialisation". Elles vivent un double phénomène d'embourgeoisement et d'immigration. La seconde France inclut l'essentiel du monde rural et périurbain, mais aussi de très nombreuses villes moyennes, touchées par la désindustrialisation et les plans sociaux à répétition.

Selon M. Guilly, cette "France périphérique", caractérisée par "une part plus importante des ouvriers et des employés dans la population, un taux de chômage et d'emploi partiel supérieur à la moyenne nationale et un revenu moyen inférieur au revenu médian", concentrerait environ 65 % de la population. Elle accueille des natifs, mais aussi des migrants qui n'ont pu trouver leur place dans les grandes métropoles.

 

 

CRAINTE DE LA MONDIALISATION

L'Ouest, par exemple, a connu récemment d'importants mouvements de population, mais "c'est une géographie qui va se figer, car les logiques foncières sont très fortes : une fois que vous avez quitté la ville, vous n'y revenez plus", explique le géographe. C'est la raison pour laquelle il ne croit plus à la notion de classes moyennes.

"On assiste à la réémergence des classes populaires, à qui on répète depuis 25 ans qu'elles vont profiter de la mondialisation et qui, en réalité, sont en situation de précarité sociale, éloignées des endroits importants et de l'offre scolaire la plus qualifiée. Si l'usine du coin ferme, elles dégringolent. La crise valide leur crainte de la mondialisation", ajoute Christophe Guilly qui, comme Alain Mergier, fait partie des auteurs du récent Plaidoyer pour une gauche populaire (sous la direction de Laurent Baumel et François Kalfon, Le Bord de l'eau, 118 p., 10 euros).

Que fera, en 2012, cette "France qui se sent reléguée, à tous les sens du terme" ? Pour qui voteront ces quelque 40 % d'électeurs qui affirment aujourd'hui ne se reconnaître ni dans la gauche ni dans la droite ? Le vivier est stratégique : si elles ne sont pas reconquises, ces quelque 16 millions de voix peuvent se réfugier dans l'abstention ou le vote Front national. Anne Muxel, chercheuse au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), rappelle que les cinq dernières élections – législatives de 2007, municipales de 2008, européennes de 2009, régionales de 2010 et cantonales de 2011 – ont enregistré des records d'abstention. Bouder les urnes devient de plus en plus une façon de sanctionner l'offre politique.

Cependant, depuis le choc du 21 avril 2002, plus personne ne sous-estime le pouvoir d'attraction du Front national dans l'électorat populaire. Son haut niveau aux cantonales de mars – y compris dans certains secteurs de cette France de l'Ouest où le FN était jusque-là inexistant – est souligné par tous les observateurs.

"Politiquement, il s'est produit quelque chose dans cet électorat, un point de rupture", soulignent Alain Mergier et Jérôme Fourquet qui, par des chemins différents, en sont arrivés à la même conclusion : pour une partie de l'électorat populaire, le vote FN n'est plus un vote de sanction ou d'avertissement mais un vote d'adhésion (Le Point de rupture, Fondation Jean-Jaurès, 86p., 6 euros).

 

 

LÉGITIMITÉ SAPÉE

La crise de la dette a un effet ravageur : elle sape la légitimité des gouvernants qui semblent courir derrière les marchés. Elle n'est pas appréhendée par le biais des discours politiques mais à travers l'expérience personnelle du surendettement. "L'idée prévaut que c'est une dette pharaonique, qui ne peut trouver de solution dans le cadre économique actuel. Pour rompre le nœud, il faut trancher. Pour beaucoup, cela passe par la sortie de l'euro", observe M. Mergier. Chez les ouvriers et les employés, plus de la moitié des électeurs souhaite la disparition de la monnaie unique, alors que ce sentiment n'est partagé que par un tiers de l'ensemble de l'électorat.

Des entretiens réalisés par Alain Mergier, mais aussi de la récente enquête publiée par François Miquet-Marty, un mot surnage : l'insécurité. Physique, économique, identitaire, liée au vécu et, tout aussi important, à la conviction qu'il s'est produit une rupture dans les règles du jeu. "Quand vous n'avez pas de réseaux, la notion de règle du jeu est vitale, explique M. Mergier. Elle renvoie à la question des habitudes qui, lorsqu'elles sont brisées, induisent la menace de l'imprévisible."

"PEUR D'UNE HÉGÉMONIE"

C'est parce qu'ils ont l'impression que les règles du jeu sont faussées que "les milieux populaires détestent les profiteurs du bas, ceux qui trichent avec les prestations sociales et qui travaillent au noir", explique le chercheur. Et c'est parce qu'ils ont l'impression de subir un processus de destruction des règles de vie commune que "le terme le plus porteur dans leur discours est celui d'islamisation, qui renvoie à la peur d'une hégémonie", assure M. Mergier. "Les milieux populaires sont ceux qui ont été les plus exposés à la mondialisation et au multiculturalisme. Or on ne les a pas armés pour", confirme M. Guilluy.

Pour les candidats qui veulent reconquérir l'électorat populaire, la conjugaison de la question identitaire et de la question sociale est redoutable, car celle qui fait le lien entre les deux problématiques est précisément Marine Le Pen. "Elle colle à la demande. Elle a calé son programme sur la nouvelle sociologie du FN. Elle est passée du libéralisme à l'étatisme", constate M. Guilluy. Dans la revue Etudes, Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l'innovation politique (proche de l'UMP) et auteur du livre Populismes, la pente fatale (Plon, 280p., 19,50 euros), qualifie le discours de la présidente du FN d'"ethno-socialiste".

"La question de l'extrême droite n'est pas seulement une question politique posée à la droite, c'est aussi une question sociale posée à la gauche", confirme Pascal Perrineau, directeur du Cevipof, qui insiste sur le parallélisme avec l'évolution des extrêmes droites européennes. "Le protectionnisme culturel s'est prolongé d'un ralliement au protectionnisme économique et d'une remise en cause du credo néolibéral du début", dit-il. Pour M. Miquet-Marty, "le grand danger de la période a un nom : le populisme".

(source : Françoise Fressoz et Thomas Wieder ; lemonde,fr)


 

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 23:51

 

 

 

 

Un responsable des jeunes UMP recommande «d'abattre les terroristes de Greenpeace»



«La gendarmerie aurait dû abattre les terroristes de #greenpeace! Ils ne méritent pas de traitements particuliers…». Ce message instantané a été rédigé par le porte-parole des Jeunes Populaires (UMP) du Loiret, Maxime Buizard, et posté sur le réseau social Twitter en milieu de journée.

Le jeune cadre réagissait à l’action des militants écologistes qui ont investi, ce lundi matin, plusieurs sites nucléaires pour alerter les pouvoirs publics sur «la vulnérabilité des installations».

«Je n’en ai pas cru mes yeux», raconte Adélaïde Colin, la directrice de la communication de GreenPeace, qui possède un compte twitter. «Nos intentions et nos actions sont fondamentalement non-violentes. Elles s’inscrivent dans une tradition de désobéissance civile que visiblement ce monsieur n’a pas compris».

Tout aussi surpris, Benjamin Lancar, responsable national des Jeunes Populaires, a indiqué à Libération qu’il avait été mis fin aux fonctions du jeune militant: «Nous condamnons très fermement ces propos. Désormais ce sera un compte Twitter à son nom, plus à celui de notre mouvement. Je viens d’avertir son secrétaire départemental qu’il était mis fin à ses fonctions».

Pour Christophe Rossignol, membre du conseil d’orientation d’Europe Écologie Les Verts (EELV), «le climat de haine institué par le FN et relayé par l’UMP peuvent provoquer des discours ou des actes violents de la part d’adolescents fragiles et perturbés».

En fin d’après-midi, Maxime Buizard postait ses excuses et retirait son message d’origine: «Désolé, mon dernier tweet était idiot. Je le regrette profondément».

Pour GreenPeace, l’incident est clos: «Nous sommes satisfaits de la décision rapide de l’UMP», a réagi l’organisation.

(source : liberation.fr)

 

heu...rappel :

Pour Sarkozy, l'environnement, « ça commence à bien faire »

 

 

 

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 19:36

 

 

 

La nuit dernière...

les nuits dernières, je faisais ce rêve :

 

Les Auvergnat-e-s ne devaient surtout pas être trop nombreux(se)s

les migrant-e-s étaient, forcément, responsables du chômage

les migrant-e-s étaient, forcément, responsables de la délinquance

Certains français gardaient définitivement une étiquette coréenne sur le front

Certaines françaises gardaient définitivement une étiquette norvégienne, foir même allemanTe sur le front

les plus démuni-e-s ne pouvaient pas loger dans un camping plus de 3 mois

Les femmes violées l'avaient forcément cherché

les étudiant-e-s étranger-e-s n'étaient pas bienvenu-e-s

les ouvrier-e-s étrangers n'étaient pas bienvenu-e-s

les étranger-e-s n'étaient pas bienvenu-e-s

les pauvres n'étaient pas bienvenu-e-s

l'autre n'était pas bienvenu

aider les migrant-e-s était un délit

les homosexuel-le-s n'étaient pas bienvenu-e-s

les dictateurs étaient bienvenus

les marchands d'armes étaient bienvenus

les marchands de sommeil étaient bienvenus

les faits divers étaient bienvenus

surveiller était bienvenu

l'école devenait une entreprise

les services publics devenaient peau de chagrin

les pauvres étaient suspect-e-es

les jeunes étaient suspect-e-s

les chômeurs étaient suspects

les parents étaient suspects

les enfants étaient suspects

on vendait des enfants

on vendait des organes

on électrifiait, pendait, seringuait, lapidait...

on faisait du tourisme à Tchernobyl

des ouvrier-e-s, des employé-e-s souffraient au travail

des ouvrier-e-s, des employé-e-s mouraient au travail

des ouvrier-e-s, des employé-e-s se suicidaient au travail

les référendums étaient bafoués

on mettait des enfants en ...carré d'isolement

on parlait de force de vente

on parlait de marketing agressif

on parlait d'OPA hostile

on parlait état-major

on voulait nettoyer au Karcher

des enfants mouraient électrocutés

des balles se perdaient

des insultes pleuvaient

le pétrole se déversait

les radiations irradiaient

les droits de l'homme mourraient

l'effet haine grandissait

(liste non exhaustive...)

 

REVEILLEZ-MOI !!!!!!

 

RVEILL-1.JPG

 

 

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 17:20

 

 

 

« Parce que nous appartenons à la Terre, toute personne a le Droit de pouvoir choisir son lieu de résidence, de rester là oùelle vit ou de circuler et de s’installer librement sans contraintes dans n’importe quelle partie de cette Terre »



Charte mondiale des Migrants

Depuis cinq ans, un processus est né.

Des femmes et des hommes ont décidé de dire au monde qu’ils existent et qu’ils ont des droits quel que soit l’endroit où elles et ils ont décidé de mener leur vie.

« Rien pour nous, sans nous » est le principe qui a inspiré le processus à partir duquel les personnes en migration souhaitent se positionner comme acteurs de leur destinée et reprendre la parole trop longtemps confisquée par les experts étatiques.

Sur base des principes de liberté de circulation et d’installation, des milliers de migrants de tous les continents ont décidé de se mettre ensemble pour crier au monde :

« Laissez passez, laissez circuler, laissez vivre»

 

 

Un long processus

Le projet de la Charte mondiale des Migrants est né à Marseille en 2006, à l’occasion d’une lutte engagée par 120 familles de sans-papiers en vue d’obtenir des titres de séjour.

C’est un sans-papiers du nom de Crimo qui a proposé la rédaction d’un texte par les migrants eux--‐mêmes basé sur leurs vécus et leurs expériences.

Ce premier texte, qui a été proposé lors de différentes rencontres internationales, a enthousiasmé de nombreux migrants qui se sont organisés en coordinations continentales. Ces dernières avaient pour mission de mettre en place des assemblées locales permettant un processus d’écriture collective sur base des discussions et des échanges avec les migrants.

Des propositions de chartes ont émergé des quatre continents et ont permis la rédaction d’une synthèse par la coordination internationale. De septembre 2010 à janvier 2011, la synthèse a été diffusée dans les différentes assemblées locales afin de relancer la discussion au niveau mondial. Lors de cette phase de discussions, de propositions et d’amendements de la synthèse, de nombreux migrants à travers le monde ont pu s’approprier ses principes, créant ainsi une dynamique politique et citoyenne importante.

La Charte a été approuvée le 4 février 2011 à Gorée lors d’une rencontre mondiale des Migrants organisée en marge du Forum social mondial de Dakar.

Le choix de l’île de Gorée, hier symbole de l’esclavage et de la déportation, a permis aux migrants réunis de proposer une nouvelle ère pour demain, sans barrières ni discriminations.

Une Charte de principes

La Charte mondiale des Migrants n’est pas une déclaration ou une convention de plus.

Sa véritable innovation a consisté à permettre à toutes celles et tous ceux qui ont connu des formes de déplacements, sous la contrainte ou de leur plein gré, de pouvoir établir à travers leurs vécus et leurs expériences une Charte de principes qui pose la question des droits fondamentaux :

 

– la liberté de rester où l’on vit ;

– la liberté de se déplacer sur notre planète et de s’installer librement ou de rester où on le souhaite au même titre que les droits qui sont accordés à la libre circulation des marchandises et des capitaux ;

– l’égalité des droits dans tous les domaines de la vie entre les migrants et les citoyens des pays d’accueil ou de transit ;

– l’exercice par tous d’une pleine citoyenneté fondée sur la résidence et non sur la nationalité.

 

La Charte n’a pas vocation à exister juste pour ce qu’elle est, mais à être le point de départ d’une nouvelle lutte, d’une révolution mondiale de la considération de la migration dans son ensemble.

 

C’est pourquoi le processus continue après la rédaction finale :

Depuis février 2011, les assemblées locales ont commencé un travail de diffusion et de promotion de la Charte afin qu’un nombre de plus en plus important de migrants puisse se l’approprier dans leurs luttes quotidiennes pour leurs droits et leurs libertés.

La Charte Mondiale des Migrants aujourd’hui

Neuf mois après la rédaction de la Charte à Gorée, le réseau de la CMM s’est étendu et structuré.

Un comité international de promotion s’est constitué en mai 2011 afin de faciliter la coordination entre les initiatives locales et de leur donner davantage de visibilité au niveau international.

À l’avenir, et sur base des besoins des assemblées locales, le comité de promotion pourrait être amené à coordonner des actions internationales comme une campagne mondiale de signatures ou l’interpellation de certains États via un plaidoyer juridique ou politique.

Un site Internet a été mis en place afin de diffuser le texte de la Charte et toutes les actions réalisées par les membres du réseau à travers le monde.

Ces actions peuvent prendre diverses formes selon le contexte de la région (sensibilisation, plaidoyers, mobilisations, etc.), mais elles sont toutes basées sur un texte, une vision et une méthodologie communs :

Atteindre un maximum de migrants afin de les soutenir à travers un cadre et un réseau mondial pour mieux avancer dans la lutte pour l’acquisition de leurs droits.

En Belgique, une rencontre est prévue le 19 novembre 2011 dans le cadre du Festival des libertés.

Des membres du réseau venus de différents pays viendront présenter les principes de la Charte et l’application de sa méthodologie sur le terrain.

La présence de ces membres sera également l’occasion d’organiser des assemblées de migrants à Bruxelles et à Liège afin d’informer et de débattre avec les différentes communautés de migrants présentes en Belgique.

Une action mondiale est également prévue le 18 décembre 2011[v] dans le cadre de la Journée mondiale des migrants. Cette initiative a été proposée par l’association italienne Arci lors du Forum mondial des migrations à Quito en octobre 2010 et confirmée lors du Forum social mondial de Dakar en février 2011.

 

gdalogo fr

À partir du texte de la Charte mondiale des Migrants, différentes actions vont être menées dans le monde afin que les migrants puissent se réapproprier cette journée créée par les trois nations unies il y a 11 ans avec un nouveau slogan :

«pour une journée d’action globale contre le racisme et pour les droits, l'égalité et la Dignité des migrants, des réfugiés et des personnes déplacées ».

Cette journée sera également l’occasion de présenter, en partenariat avec le mouvement Utopia et Emmaüs, le couvre passeport de citoyenneté universelle avec le texte de la Charte mondiale.

Pour finir, nous pensons que l’innovation du processus de la Charte mondiale des Migrants réside dans sa nature même :

Sans hiérarchie ni structure fixe, il nécessite à tout moment la prise d’initiative et l’engagement des migrants au niveau local.

Mais, malgré les difficultés qu’il peut rencontrer, le succès inévitable de ce processus se trouve dans la certitude que les migrants sont les précurseurs qui préparent aujourd’hui la nouvelle citoyenneté de demain.

 

Source : mediapart

 

voir aussi : Migrants global action

 

 

rAPPEL :

 

à l'appel du Collectif Fraternité Migrants

Mardi 6 décembre :

CRÉATION DU COMITÉ DE SOUTIEN À ANNICK PLAGIAS, 19 H MAIRIE DE ANGRES (62)

 

Lundi 12 décembre :

manifestation pour dénoncer les conditions des migrants dans la région.

Rendez-vous lundi 12 décembre à 18h30 face aux locaux de la Communauté d’Agglomération de Lens Liévin, rue Marcel Sembat à Lens

 

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 20:20

 

                           hannaharendt2.jpg

 

(Merci à Daniel pour m'avoir incité à en savoir plus sur elle)

 

 

Hannah Arendt, née Johanna Arendt, à Hanovre (14 octobre 1906 - 4 décembre 1975), est une philosophe allemande naturalisée américaine, connue pour ses travaux sur l’activité politique, le totalitarisme et la modernité.

Elle ne se désignait pas elle-même comme « philosophe », mais plutôt d'après sa profession : professeur de théorie politique (« political theorist »). Son refus de la philosophie est notamment évoqué dans Condition de l'homme moderne où elle considère que « la majeure partie de la philosophie politique depuis Platon s'interpréterait aisément comme une série d'essais en vue de découvrir les fondements théoriques et les moyens pratiques d'une évasion définitive de la politique. »1

Ses ouvrages sur le phénomène totalitaire sont étudiés dans le monde entier et sa pensée politique et philosophique occupe une place importante dans la réflexion contemporaine. Ses livres les plus célèbres sont Les Origines du totalitarisme (1951), Condition de l'homme moderne (1958) et La Crise de la culture (1961). Son livre Eichmann à Jérusalem, publié suite au procès d'Eichmann en 1961, a suscité controverses et polémiques.

 

Hannah Arendt est née à Hanovre en 1906. Son père était ingénieur de formation et sa mère pratiquait le français et la musique. Des deux côtés, les grands-parents étaient des juifs laïcs. Son père meurt en 1913 de la syphilis.

En 1924, après avoir passé son Abitur — équivalent du baccalauréat en Allemagne — en candidate libre avec un an d'avance, elle étudie la philosophie, la théologie et la philologie classique aux universités de Marbourg, Fribourg-en-Brisgau et Heidelberg où elle suivra les cours de Heidegger, de Husserl puis de Karl Jaspers. Elle s'y révèle une brillante intelligence et d'un non-conformisme encore peu commun.[citation nécessaire]

En 1925, sa rencontre avec Heidegger sera un événement majeur de sa vie, tant sur le plan intellectuel que sentimental. Elle est très jeune et voue une grande admiration à son maître, de dix-sept ans son aîné. Celui-ci, pourtant habitué à conquérir ses étudiantes, tombe sous le charme. C'est le début d'une relation secrète, passionnée et irraisonnée, qui laissera des traces chez Hannah toute sa vie. Après avoir interrompu leur relation, elle poursuit ses études à Fribourg-en-Brisgau pour devenir l'élève de Husserl ; puis, sur recommandation d'Heidegger, à Heidelberg pour suivre l'enseignement de Karl Jaspers sous la direction duquel elle rédige sa thèse sur le Concept d'amour chez Augustin. Quelle que soit la position ambiguë de Heidegger à l'égard du judaïsme, elle restera fidèle à leur relation et au souvenir du rôle de la pensée de Heidegger dans son propre parcours. Par-delà la guerre et l'exil, Hannah Arendt se fera l'infatigable promoteur du philosophe, aussi éminent que controversé, aux États-Unis.

En 1929, elle épouse Günther Stern (nommé plus tard Günther Anders), un jeune philosophe allemand rencontré dans le milieu universitaire. La même année, elle obtient une bourse d'études qui lui permet de travailler jusqu'en 1933 à une biographie de Rahel Varnhagen, une Juive allemande de l'époque du romantisme, qui ne paraîtra qu'en 1958. Sous l'influence de Kurt Blumenfeld, président de l'organisation sioniste, elle prend conscience de son identité juive, alors que Karl Jaspers prétendait la faire adhérer à « l'essence allemande » de Max Weber. Chargée par Blumenfeld de recueillir les témoignages de la propagande antisémite, elle est arrêtée par la Gestapo et relâchée faute de preuve.

En 1933, elle quitte l'Allemagne pour la France où elle participe à l'accueil des réfugiés fuyant le nazisme. Depuis Paris, elle milite pour la création d'une entité judéo-arabe en Palestine. Elle facilite l'immigration des jeunes Juifs vers la Palestine. Divorcée en 1937, elle se remarie le 16 janvier 1940 avec Heinrich Blücher un réfugié allemand, ancien spartakiste.

En mai 1940, en raison de l'avancée éclair de la Wehrmacht en France, elle est internée au camp de Gurs (Basses-Pyrénées2) avec d'autres apatrides. Elle parvient à s'enfuir à Montauban, puis à gagner Marseille où elle obtient, grâce au Centre américain d'Urgence de Varian Fry, un visa pour le Portugal qu'elle rejoint en train. Elle vit alors quelque temps à Lisbonne dans l'espoir d'embarquer pour l'Amérique, ce qui sera rendu possible en mai 1941, par l'intervention du diplomate américain Hiram Bingham IV, qui lui délivre illégalement un visa d'entrée aux États-Unis, en même temps qu'à 2 500 autres réfugiés juifs environ. À l'issue d'une traversée éprouvante, elle s'installe à New York. Dans une situation de dénuement total, elle doit absolument gagner sa vie, et trouve un emploi d'aide à domicile dans le Massachusetts et envisage de devenir assistante sociale. Mais elle décide finalement de regagner New York et y collabore à plusieurs journaux, dont l'hebdomadaire Aufbau.

Après la Seconde Guerre mondiale, elle retourne en Allemagne, travaillant pour une association d'aide aux rescapés juifs. Elle reprend contact avec Heidegger, témoignant en faveur du philosophe lors de son procès en dénazification. Elle renoue également avec le couple Jaspers dont elle devient une amie intime. En 1951, naturalisée citoyenne des États-Unis d'Amérique, elle entame une carrière universitaire comme conférencière et professeur invitée en philosophie politique dans différentes universités : Berkeley, Princeton (où elle devient la première femme nommée professeur), Columbia, Brooklyn College, Aberdeen, Wesleyan… C'est également en 1951 qu'elle publie son livre Les Origines du totalitarisme, puis Condition de l'homme moderne en 1958, et le recueil de textes intitulé La Crise de la culture en 1961.

Après ces trois livres fondamentaux, elle couvre à Jérusalem le procès du responsable nazi Adolf Eichmann, en qui elle voit l'incarnation de la « banalité du mal ». Les articles qu'elle écrit alors, réunis dans un livre publié en 1963, nourrissent une importante polémique. La même année, elle publie également Essai sur la révolution. À partir de 1963, elle devient titulaire de la chaire de science politique à l'université de Chicago, avant d'être nommée professeur à la New School for Social Research (New York) en 1967, où elle restera jusqu'à sa mort. En 1966, elle apporta son soutien à la pièce de théâtre de l'allemand Rolf Hochhuth, Le Vicaire, œuvre qui déclencha une violente controverse en critiquant l’action du pape Pie XII face à la Shoah.

En 1973, elle commence une série de conférences à Aberdeen sur « La pensée », et « Le vouloir » : ce sont les deux premières parties de son livre posthume La Vie de l'esprit, dont elle n'a pas eu le temps d'écrire la troisième et dernière partie, « Juger ». Elle meurt le 4 décembre 1975 à New York. Elle est enterrée au Bard College d'Annandale-on-Hudson, où son mari avait enseigné pendant de nombreuses années. Lors des obsèques, son ami Hans Jonas après avoir prononcé le kaddish lui dira : « Avec ta mort tu as laissé le monde un peu plus glacé qu'il n'était. »

Présentation de sa pensée



La philosophie politique d'Hannah Arendt échappe aux catégories traditionnelles de la pensée politique (socialisme, libéralisme...). Elle ne forme pas un système philosophique à proprement parler, mais aborde au contraire un ensemble de problématiques variées, dont celles de la révolution, du totalitarisme, de la culture, de la modernité et de la tradition, de la liberté, des facultés de la pensée et du jugement, ou encore de ce qu'elle désigne comme la « vie active », et ses trois composantes que représentent les notions qu'elle forge du travail, de l’œuvre et de l'action. C'est notamment au travers de la distinction qu'elle opère entre ces trois types d'activités que ressort l'un des axes centraux de sa réflexion, concernant ce qu'est la vie politique et la nature de la politique, thématique qu'elle aborde sous un angle largement phénoménologique, influencé en cela par Heidegger et Jasper3. Elle s'inspire cependant aussi de nombreux autres penseurs pour construire sa philosophie, parmi lesquels Aristote, Augustin, Kant, ou encore Nietzsche.

La vita activa, oïkos et polis

 

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La pensée d'Hannah Arendt est avant tout une nouvelle conception de l'action politique, développée dans Condition de l'homme moderne et La Crise de la culture. Loin des traditionnels liens établis entre théorie et pratique, selon lesquels il s'agirait de comprendre le monde pour ensuite le transformer, elle pense l'espace public comme un lieu fait de fragilité car continuellement soumis à la natalité, c'est-à-dire à l'émergence de nouveaux événements.

Elle a tout à la fois étudié les conditions historiques de disparition d'un tel espace public (en particulier dans Condition de l'homme moderne avec la question de la sécularisation et de l'oubli de la quête d'immortalité), et les événements qui indiquent de nouvelles possibilités (en particulier dans son Essai sur la révolution). Elle distingue et hiérarchise selon leur ordre d'importance trois types d'activités qui caractérisent la condition humaine : le travail, l’œuvre et l'action. Son analyse de l'espace public repose sur la distinction conceptuelle entre le domaine privé et le domaine public, chacune des principales activités de l'homme devant être bien localisée, sans quoi ce sont les conditions de possibilité de la liberté humaine qui ne sont pas réalisées. C'est d'ailleurs sous cet angle qu'elle critique la modernité, en ce que justement celle-ci serait caractérisée par la disparition d'une véritable sphère publique, par laquelle seulement l'humain peut être libre. Ces propositions au sujet de la nécessaire distinction entre ce qui doit participer de la vie privée (« l'idion », qui se déroule dans l'« oïkos », la maisonnée) et de la vie publique (« koinon », qui se déroule au sein de la « polis », sphère publique lié à la communauté politique) s'inspire principalement de l'expérience sociale et politique de l'antiquité grecque et romaine, en lesquels elle perçoit l'origine de ses répartitions, et par suite de l'expérience de la liberté, entendu comme participation à l'activité politique et donc à la vie publique.

Le travail et « l'animal laborans »

Le travail chez Hannah Arendt correspond à l'activité visant à assurer la conservation de la vie, par la production des biens de consommation subvenant aux besoins vitaux. En cela, il renvoie d'une part à la nécessité, d'autre part à la production de ce qui est rapidement consommé, et donc de ce qui doit être constamment renouvelé, ne créant ainsi aucune permanence3,4. En tant que référée à la satisfaction des besoins biologique, et donc en ce qu'elle se caractérise par la non-liberté, il s'agit là pour Arendt de l'activité qui nous rapproche le plus de l'existence animal, et par conséquent l'activité la moins humaine, se rapportant pour cette raison à l'humain comme animal laborans.

A ses yeux, le travail doit rester dans le domaine privé, sous peine que la vie de l'homme devienne une quête d'abondance sans fin, subordonnée à la production et consommation, et donc à ce qui participe de l'éphémère. Cette critique de la société de consommation et cette invitation à l'auto-limitation du travail préfigure l'écologie politique et les notions de simplicité volontaire et de décroissance5.

L’œuvre et « l'Homo Faber »

L’œuvre, qui caractérise l'humain comme Homo Faber, désigne pour Arendt à la production d'objet destinés à l'usage plutôt qu'à être simplement consommés. Se référant notamment à la production de bâtiments, d'institutions ou d’œuvres d'art, l’œuvre participe à la fabrication d'un « monde commun » s'inscrivant dans une certaine durée et stabilité3. A la différence du travail, l’œuvre renvoie à la « non-naturalité » de l'être humain, en cela qu'en œuvrant, l'humain crée un monde distinct du monde strictement naturel — monde au sein duquel peut se dérouler la vie humaine comme vie collective. Néanmoins, en tant qu'activité finalisée, elle n'est pas totalement libre, mais se rapporte encore à une certaine nécessité.

L'œuvre doit selon H. Arendt être créée au sein de la sphère privée avant d'être exposée publiquement : c'est ainsi qu'elle crée un monde dans lequel l'action peut prendre place. Ce point, développé dans Condition de l'homme moderne, explique que Hannah Arendt dénonce la massification de la culture et la transformation de l'art en objets de consommation dans son célèbre essai sur La crise de la culture.

L'action, la liberté et l'humain comme « zoon politikon »

Au sommet de la hiérarchie de la tripartition de la vita activa (vie active), Hannah Arendt situe l'action, caractérisant l'humain comme zoon politikon (animal politique). L'action appartient donc au domaine politique, et représente le moyen pour l'humain, en agissant et parlant dans la sphère publique, d'affirmer sa singularité et d'actualiser sa liberté (« Être libre et agir ne font qu'un »6). Par l'action et la parole, l'individu révèle ou « divulgue » son identité aux autres en interagissant avec eux ; ce que ne permettrait ni le travail ni l’œuvre, au sein desquels nous avons à remplir des fonctions, et où nous ne pouvons manifester que nos talents, non notre la singularité de notre identité. Par le travail et l’œuvre, nous ne pouvons divulguer que ce qu'on est (« What » we are), et non qui on est (« Who » we are)7

L'action et la parole requiert un espace public au sein duquel les individus entrent en relation8, manifestant à la fois leur unicité et à la fois la communauté qui les lie, et faisant ainsi émerger un espace d'apparence, soit « l'espace où j'apparais aux autres comme les autres m'apparaissent, où les hommes n'existent pas simplement comme d'autres objets vivants ou inanimés, mais font explicitement leur apparition » 9. Par suite, action et parole se rapportent à ce qu'elle nomme la « pluralité », en tant que condition de l'action et du domaine publique10. Elle renvoie au réseau des relations humaines, qui constitué comme domaine politique, comme polis, est l'espace où tous sont égaux en tant qu'appartenant à l'humanité, mais aussi où chacun se distingue des autres en ayant une perspective sur le monde qui lui soit propre : « la pluralité humaine, condition fondamentale de l'action et de la parole, a le double caractère de l'égalité et de la distinction. »11; l'action « est l'actualisation de la condition humaine de pluralité, qui est de vivre en être distinct et unique parmi des égaux. »12

Cette notion d'action est aussi fortement lié à celle de la « natalité », en ce que c'est par l'action que l'humain produit de la nouveauté véritable, car inattendue, imprévisible, et irréductible à la simple causalité. C'est en ce sens que Hannah Arendt considère l'homme libre comme « faiseur de miracle »13. De fait, Arendt ne conçoit pas la liberté comme une souveraineté de la volonté intérieur ou un libre arbitre, et selon elle, il ne faut pas chercher à maîtriser toutes les conséquences de ses actes, puisque celles-ci ne sont pas prévisibles.

Par là même, l'action, par laquelle seulement l'humain peut exercer sa liberté, est aussi liée à la notion de « fragilité », puisqu'il résulte de l'action et de la liberté une instabilité et une indétermination concernant l'avenir. Hannah Arendt invite à assumer la fragilité de l'espace public, à rester sensible à la natalité, aux événements qui surgissent. D'où l'intérêt d'Hannah Arendt pour les révolutions spontanées (Essai sur la révolution) comme La Commune ou la révolution hongroise : « Dans les conditions de vie modernes, nous ne connaissons donc que deux possibilités d’une démocratie dominante : le système des partis, victorieux depuis un siècle, et le système des conseils, sans cesse vaincu depuis un siècle »14

La conception arendtienne de la modernité

Hannah Arendt développe une réflexion critique sur la modernité au sein de l'un de ses ouvrages majeurs : The human condition ("La condition de l'homme", publié en français sous le titre "Condition de l'homme moderne"). Elle décrit la modernité comme correspondant à la société de masse et de consommation, et à une époque où l'administration bureaucratique et le travail anonyme de « l'animal laborans » se sont progressivement substitués à la politique et à « l'action » qui s'y rapporte. En ce sens, elle critique l'essor du social et de l'économique (c'est-à-dire de l'activité travail, voué à la production des biens de consommations et non à l'édification de ce qui s'inscrit dans la durée) sur le politique, et ainsi dénonce la disparition de la sphère publique au profit de la sphère privé et de ses valeurs (production, consommation...).

Le rôle de la pensée

Ses réflexions sur l'action ne l'ont pas empêchée de s'interroger sur le rôle de la pensée, en particulier dans La Vie de l'esprit : il ne s'agit plus d'une vita contemplativa, censée permettre d'accéder à la vérité avant de décider comment agir. La pensée a un rôle purgatoire : elle est l'occasion de se retirer du monde, de s'en rendre spectateur. C'est en restant ainsi dans le domaine privé qu'il est possible d'utiliser la volonté pour décider ce qui est bien et ce qui est mal (ce qui peut donner lieu à la méchanceté, au mal radical). Mais c'est surtout par cette purgation par la pensée qu'il est possible face à un événement dans le domaine public de faire preuve de discernement, de juger ce qui est beau et ce qui est mal (et c'est faute d'un tel jugement que peut apparaître la banalité du mal comme dans le cas d'Eichmann). Pour Hannah Arendt, la pensée la plus haute n'est pas celle qui se réfugie dans la contemplation privée, mais celle qui, après la pensée purgatrice et la volonté légiférante, s'expose dans la domaine public en jugeant les événements, en faisant preuve de goût dans ses paroles et ses actions.

Les thèmes polémiques

La réflexion politique d'Hannah Arendt, appuyée sur la question de la modernité, c'est-à-dire de la rupture du fil de la tradition (cf. La Crise de la culture), l'a amenée à prendre position sur le monde contemporain, notamment sur des sujets très polémiques, comme le totalitarisme et le procès d'Adolf Eichmann. Ces prises de position l'ont rendue très célèbre, au risque parfois d'occulter le fond de sa pensée.

La question du totalitarisme

 

Arendt souhaitait penser son époque, et elle s'est ainsi intéressée au totalitarisme. Son analyse continue à faire autorité, à côté de celle, différente et plus descriptive, de Raymond Aron. Dans le livre Les Origines du totalitarisme elle met sur le même plan stalinisme et nazisme, contribuant ainsi à systématiser le nouveau concept de « totalitarisme ».

Certaines de ses analyses seraient un peu dépassées par l'avancée des recherches ou souffriraient de contradictions et d'un manque de cohérence, comme par exemple celles sur la « république plébiscitaire », sur le rôle de la « populace », sur la « société de masse » comme vivier du totalitarisme, sur le fascisme, de sorte que sa typologie des systèmes totalitaires est aujourd'hui contestée par l'historiographie actuelle. Ainsi, pour Ian Kershaw, « […] elle ne parvient pas à élaborer une théorie claire ou une conception satisfaisante des systèmes totalitaires. Enfin, son argument essentiel pour expliquer le développement du totalitarisme — la disparition des classes et leur remplacement par une « société de masse » — est à l'évidence erroné. »15

N'étant pas historienne de formation, elle aurait jugé « le passé et le présent avec beaucoup d'aplomb, à partir d'une conception irréductible de la liberté qui l'honore mais ne l'immunise pas forcément contre les erreurs d'analyse. »[réf. nécessaire]

Voir aussi : les origines du totalitarisme

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Eichmann et la banalité du mal

Bien qu'elle ait travaillé de nombreuses années au sein d'une organisation sioniste (lors de son séjour à Paris), Hannah Arendt évolua progressivement au sujet d'Israël, et exprima son opposition constante à tout enfermement nationaliste. Elle était favorable à un État fédéral mixte judéo-arabe.

Elle entra en conflit avec la presse israélienne lors de sa couverture du procès d'Eichmann à Jérusalem au début des années 1960.

Après avoir suivi pendant dix mois, pour le journal américain The New Yorker, le procès d'Adolf Eichmann, Hannah Arendt publia, en effet, Eichmann à Jérusalem, compte rendu du procès de celui qui fut considéré par la hiérarchie nazie comme le « spécialiste de la question juive ». Cette œuvre est, en fait, bien plus qu'un simple compte rendu de procès, il s'agit en réalité d'une étude sur le mal, ou plutôt sur les ressorts du mal qui ont rendu les camps de concentration possibles. Hannah Arendt décida d'ailleurs pour cette raison de donner à cette œuvre, le sous-titre d'Étude sur la banalité du mal.

La polémique qui se fit jour au lendemain de la parution de Eichmann à Jérusalem portait sur les déclarations de Hannah Arendt sur, d'une part, les « sympathies » supposées d'Adolph Eichmann pour le sionisme et, d'autre part, sur le comportement des populations juives déportées à l'endroit de leurs bourreaux. Il fut, en effet, injustement reproché à Hannah Arendt d'avoir non seulement présenté Adolf Eichmann comme un sioniste mais aussi, et surtout, d'avoir fait le reproche aux populations déportées de ne pas s'être suffisamment révoltées contre le sort terrible que les dirigeants nazis leurs réservaient. Ces critiques infondées, qui résultent d'une lecture erronée de l'œuvre de Hannah Arendt, furent largement rejetées par l'auteur.

Hannah Arendt ne reproche, en effet, dans Eichmann à Jérusalem à aucun moment aux déportés de s'être montrés passifs. Elle dénonce d'ailleurs à plusieurs reprises dans son œuvre le comportement du procureur du tribunal de Jérusalem, Gideon Hausner, qui de manière répétée lors du procès d'Adolf Eichmann demanda aux témoins survivants des camps de concentration nazis, pourquoi ils ne s'étaient pas révoltés. Soulignant « l'ignominie et la bêtise » d'une telle question, elle démontre, d'ailleurs, dans Eichmann à Jérusalem que l'horreur du système nazi résidait, entre autres, dans son aptitude à détruire la volonté des individus.

Quant à la seconde critique faite à Hannah Arendt lors de la parution de Eichmann à Jérusalem, qui portait sur le « sionisme » d'Adolf Eichmann — qu'elle était censée avoir voulu mettre en avant — il s'avère que, comme la précédente, cette critique était infondée. Hannah Arendt ne fait jamais, dans son compte rendu du procès d'Adolf Eichmann, un sioniste du « spécialiste de la question juive ». Elle s'efforce au contraire, à de multiples reprises, de tourner en ridicule la sympathie déclarée d'Adolph Eichmann pour le sionisme, alors que celui-ci, individu intellectuellement médiocre, en ignorait les fondements, les principes et la portée.

Sur la base d'un important travail de documentation, Hannah Arendt, qui a toujours revendiqué une réelle indépendance d'esprit, dénonça dans Eichmann à Jérusalem le comportement des membres de certains Judenräte (conseils juifs), en particulier celui de Theresienstadt, qui furent amenés à collaborer avec les autorités nazies. Ces accusations, qui avaient déjà été formulées par d'autres, provoquèrent une importante polémique.

Hannah Arendt fut blessée par les accusations auxquelles elle eut à faire face au lendemain de la parution de Eichmann à Jérusalem d'autant qu'à ses yeux lesdites accusations relevaient du procès d'intention.

Sur les droits de l’homme

Dans son chapitre de L’Impérialisme sur les « perplexités des droits humains », elle démontre le processus qui identifia les droits de l’homme à l’identité nationale, les États excluant de ces droits les non-nationaux.

(source et suite de l'article -notes de bas de page, biblio, liens...sur wikipedia)

 

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 17:34

Depuis quelques années, Jean-Michel Carré mène une enquête et une réflexion de fond sur le rapport qu'entretiennent les Français avec le travail et sa nouvelle organisation orchestrée par les nouvelles méthodes de management.

Objectivement mais non sans ironie, Carré dresse tout au long du film le tableau d'une déshumanisation presque totale du monde du travail : peur du chômage, isolement dans l'entreprise, compétition avec les collègues… tout ce qui, en fait, réduit doucement mais sûrement l'individu à « sa seule dimension économique ».

Par un montage habile de témoignages alarmants (travailleurs, sociologues, thérapeutes), de pubs édifiantes et d'extraits de films cocasses, « J'ai (très) mal au travail » fait l'effet implacable d'un film d'horreur. On sort de là affolés, bousculés dans notre torpeur ambiante et désireux de réagir, même à petite échelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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