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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 23:33

 

 

 

Pour cette année 2012 Je refuse de vivre dans un pays soumis, vassalisé, cassé, conquis Un pays de Disneylands, de luge-lands, de no man’s lands, de mort lente Je refuse la haine, l’exclusion, la ségrégation, la soumission, la démission, l’expulsion Je refuse les ruines, les combines, l’intérim, Je refuse l’Europe du fric et de la trique Je refuse de léguer à mon enfant un avenir de décombres De tôles rouillées, de portes fermées entre l’errance, l’espoir d’une vague saison et le petit boulot à trois mois d’espérance de vie Je refuse que mon pays devienne un désert de friches, d’artifices, de cicatrices, un parking de chômeurs au pied d’une montagne de luxe, le royaume du temporaire, du précaire et de la mort en blanc Je refuse l’avenir à tiers temps J’aime la dignité, la liberté, la solidarité J’aime la vie.

Michel Etiévent (sur facebook)

 

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 16:48

 

Naturalisation : l’épreuve de langue se durcit

Décret. Le candidat à la nationalité française pourra prendre des cours gratuits. L’offre suivra-t-elle ?

 

Pour devenir français, les migrants devront bientôt montrer plus qu’une patte blanche. Le 1er janvier, un décret renforcera le contrôle du niveau de

 

 français exigé des postulants à la nationalité française, en modifiant la méthode d’évaluation.

 

Michel Aubouin, directeur de la Direction de l’accueil, de l’intégration et de la citoyenneté (Daic), explique : «Actuellement, l’évaluation du niveau de français est réalisée pendant un entretien avec un agent de préfecture, mais ce n’est pas son rôle. A partir de janvier, ce sera au postulant d’apporter la preuve qu’il dispose du niveau requis.» Le migrant souhaitant devenir français devra fournir un diplôme attestant de sa connaissance de la langue nationale (brevet, BEP, CAP), ou produire une attestation de niveau, fournie par des organismes reconnus par le ministère de l’Intérieur.

 

 

«Survie». Jusqu’ici, les candidats à la naturalisation devaient parler un français de niveau A1, correspondant au cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) du Conseil de l’Europe. Avec ce niveau «de survie», un étranger peut «utiliser des expressions quotidiennes pour satisfaire des besoins simples». En janvier, le niveau sera relevé au niveau B1 («prendre part à une conversation» ; «s’exprimer oralement en continu»), correspondant à la «fin de scolarité obligatoire».

Un label, le FLI (français langue d’intégration) permettra de reconnaître les organismes de formation proposant des cours permettant d’obtenir ce B1. Ces cours seront gratuits. Mais ceux «qui sont pressés, qui ont déjà le niveau, mais qui ne veulent pas perdre de temps à suivre une formation» pourront «s’adresser à des organismes privés», indique Michel Aubouin et ce ne sera plus gratuit : entre 95 et 155 euros.

Pour Pierre Henry, directeur de France Terre d’Asile : «Quand on s’installe dans un pays durablement, il faut maîtriser sa langue, mais exiger un niveau académique, proche du brevet des collèges, c’est excessif !»Point de vue auquel n’adhère pas Sophie Etienne, docteure en didactologie, ayant participé à la conception du FLI : «Le niveau B1 ne sera requis qu’à l’oral, ce n’est pas comme si on demandait aux postulants de rédiger une dissertation.»

Le ministère de l’Intérieur affirme qu’un test sur ce B1 a été effectué sur 2 000 candidats à la naturalisation. «Seuls 4% ont été éliminés, cela paraît raisonnable», commente la Daic. En 2010, 90 000 étrangers sont devenus français, en passant par une procédure de naturalisation. Pour Pierre Henry, avec le niveau B1, ce chiffre risque de baisser. «Le problème, c’est l’offre linguistique en face. Beaucoup de crédits ont été supprimés aux associations. Aujourd’hui, un migrant sur cinq a accès à une formation de 270 heures.»

Objectif. Michel Aubouin met en avant pour 2012 un investissement de l’Etat de 70 millions d’euros, «qui permettra de multiplier par vingt les cours gratuits dispensés par des organismes agréés». «L’objectif n’est pas de réduire le nombre de naturalisations, mais d’amener les immigrés à mieux s’insérer dans la société.» Pour Abdellali Hajjat, sociologue, «on risque de mettre de côté une partie de la population migrante.» Et de citer des pays où le niveau B1, «barrière linguistique», est déjà appliqué : «Aux Pays-Bas, entre 2002 et 2008, on a compté 44% de naturalisations en moins. En Allemagne, moins 39%.»

Yasmine Flitti, de la Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (Fasti), évoque des populations pour qui «la sanction risque d’être sévère : les Asiatiques ont besoin d’un processus d’apprentissage plus long que les autres, car la langue latine est très différente».

(source texte : liberation.fr)

 

 

 

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 16:18

brique.jpg

 

L'édito du n° 30.

 

Coups de sang, coups de tonnerre, coups de blues ; La Brique s’aime, se déchire, déçoit, réjouit... Dans les ressorts de ses positions politiques, de ses affinités, de ses (non-)agissements. Il y a eu tous ces derniers mois des coups de grisou dans les mines de notre canard.

Notre innocence s’est envolée pour laisser place à une gravité, « quelque chose de noir ». Encore plus noir que la « sinistrose » qu’on nous reproche parfois, à tremper nos plumes dans une critique acide, sans pub, sans pitié.

La Brique s’est toujours dit qu’elle voulait faire de l’enquête et de l’info : relayer ce qui se passe, démonter la mécanique du monde qui nous entoure, donner la parole à ceux et celles qu’on n’entend pas, ne pas parler uniquement de ce qui nous concerne, être un écho de différentes luttes... Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions et nous ne sommes pas toujours à la hauteur de notre ligne éditoriale ; des fois même, on en est loin. Alors très logiquement on a pris des claques, des coups de pieds au cul. Nous sommes aujourd’hui pétri-es de questions qu’on n’aurait pas pu soulever sans de nombreuses personnes de nos entourages, sans des erreurs parfois irrattrapables ; à se croire exempt-es de certains comportements dominants, bourgeois, qu’on dénonce par ailleurs.

 

Si nous ne pourrons pas briser tous les cercles qui nous enferment, pris-es par la folie de cette société, nous pourrons toujours tenter de faire face, ensemble, aux questions douloureuses. Dans la violence de son époque, La Brique a choisi son camp, ses armes. Elle tient sa barricade entre un pouvoir élitiste (d’hommes et de Blancs) asservi à l’économie, au carriérisme, et une presse caniveau. C’est en luttant chaque jour contre l’ennemi en nous, et hors de nous que nous pouvons espérer rompre les mécanismes d’oppression et de domination qui touchent chacun-e (in)différemment.

Ça doit être la crise de la trentième. Un agrégat parfois gauche et violent d’idées et de personnalités... Alors est-ce que ça ne sentirait pas un peu le coup de vieux tout ça ? C’est bien possible. Et on espère que ces questions vous touchent aussi. Pour autant ne vous en faites pas trop pour nous : on n’a pas perdu nos canines, ni notre verve. On n’oublie pas les coups et conséquences du 14 janvier dernier . On n’oublie pas Frédérick Lecluyse, qu’on ne remerciera pas d’avoir privé le tribunal d’un procès contre toutes les formes de racisme. On n’oublie pas le carnet d’adresses de Dodo la Saumure : flics, patrons, juges, avocats, journalistes, élus ; cette odeur de cigare, d’alcool et de prostitution, qui souffle jusque sur le conseil municipal lillois. On n’oublie pas les pouvoirs et les institutions qu’on ne veut pas réformer mais envoyer en l’air.

Le collectif de La Brique.

 

voir aussi l'appel à souscription

 

 

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 15:17

 

2 janvier 1946 :  naissance de Jean-Bernard POUY à Paris.
Ecrivain libertaire, auteur de nombreux romans policiers.
Issu d'une famille d'anarchistes catalans, s'il n'est pas lui-même un militant (au sens où on l'entend), il garde une forte sympathie pour les anarchistes et en particuliers pour les militants anarcho-syndicalistes qui l'ont fortement marqué. Après des études universitaires (un D.E.A en histoire de l'Art sur le cinéma), il devient animateur socio-culturel dans un lycée de la région parisienne. Avant de se consacrer à la littérature policière, il exerce divers métiers comme professeur de dessin, journaliste, scénariste, etc.

 


En 1983 son premier roman "Spinoza encule Hegel" (écrit en 1977), voit le jour. L'année suivante il débute à la Série noire avec "Nous avons brûlé une sainte" (1984). De nombreux autres livres suivront. Dans "La Belle de Fontenay" (prix mystère de la critique en 1993) un vieil anar espagnol mène l'enquête. Pouy est ensuite l'initiateur de la série "Le poulpe", (alias Gabriel Lecouvreur, enquêteur libertaire et pourfendeur d'injustice), qui débute la collection avec son roman "La petite écuyère a cafté" (1995). Un auteur différent à chaque fois reprendra le personnage du Poulpe pour continuer cette série originale qui rencontrera un vif succès auprès du public. En l'an 2000, il lance le personnage "Pierre de Gondol" (enquêteur littéraire), avec le roman "1280 âmes", puis laisse à ses amis écrivains le soin de poursuivre les enquêtes .
"Il devait y avoir aussi un complément de fiche un peu plus long, disant peut-être que j'étais un bagarreur, un emmerdeur de première, un violent, un tueur dans l'âme, un psychopathe, peut-être la réincarnation de Jules Bonnot, solitaire et désespéré, le profil du terroriste moyen. Il devait y avoir aussi le témoignage de quelques flics à qui j'avais tenu tête pendant qu'ils me la mettaient au carré".
Extrait de "La Belle de Fontenay" où le vieil anar espagnol se fait interroger par la police.

(source texte : ephemanar  )

 

 

 

 



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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 16:50

 

« En psychiatrie, on appellerait ça une névrose obsessionnelle. » Dans une excellente tribune publiée sur le site des Echos (« Taxe sur les étudiants étrangers : l'Etre et le Guéant »), Vincent Chauvet, président du MoDem Sciences-Po, soulève un point passé inaperçu dans l'arsenal anti-étudiants étrangers mis en place par le ministre de l'Intérieur.

La promesse de Claude Guéant de réviser sa circulaire du 31 mai, n'a pas empêché le gouvernement de créer, dans la loi de finances pour 2012 (promulguée le 28 décembre), une nouvelle taxe sur les étudiants étrangers.

« Gratuit jusqu'en décembre 2008, le renouvellement d'un titre de séjour étudiant est actuellement soumis à une taxe comprise entre 55 et 70 euros.

A partir du 1° janvier, la taxe variera entre 200 et 385 euros. A cela s'ajoute une nouvelle contribution de 110 euros, payable dès le dépôt de la demande, et non remboursable même en cas de refus. »

« Responsabiliser le demandeur de titre de séjour »

Soit une augmentation de plus de 600%, qui arrive après :

  • la très contestée circulaire du 31 mai 2011 relative à la maîtrise de l'immigration professionnelle, dite « circulaire Guéant » – concrètement elle interdit à de nombreux diplômés étrangers de travailler en France ;
  • le décret du 6 septembre 2011 augmentant de 30% les ressources exigées pour obtenir un titre de séjour étudiant...

L'exposé des motifs de l'article 28 du PLF 2012 est clair :

« Le présent article [..] poursuit les objectifs suivants :

- supprimer le régime fiscal favorable dont bénéficiait jusqu'à présent l'immigration professionnelle ;

- faire acquitter tout ou partie des taxes dès la demande du titre de séjour, de manière à responsabiliser le demandeur et améliorer le traitement d'ensemble du flux des demandes ;

- majorer le montant du droit de visa de régularisation de 220 € à 340 € .

Plus c'est compliqué, plus c'est cher

Certains commentateurs de l'article relèvent que ces taxes “concernent l'étudiant étranger qui n'est pas entré en France muni des documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur”. Concrètement, cela concerne beaucoup de monde, tant les formalités administratives sont lourdes et complexes.

Elles concernent aussi “les étudiants âgés de plus de 18 ans, qui après l'expiration d'un délai de trois mois depuis son entrée en France, n'est pas en possession d'une carte de séjour”. Un cas de figure très courant, pour les raisons déjà citées.

A la lecture des textes de l'Assemblée nationale et des informations du site Légifrance, il apparaît que les étudiants, et les étudiants devenant salariés, qui bénéficiaient de tarifs avantageux, pour certaines démarches (mais pas toutes), entrent désormais dans le régime commun des étrangers.

Comme le souligne Gérard Tardy, un entrepreneur français installé en Angleterre, ce sont davantage les embûches administratives plus que les frais à engager qui plombent le dossier :

“L'objectif [pour la France, ndlr], ce n'est pas forcément d'être le moins cher : la quasi-gratuité est souvent perçue en Asie comme un signe de ‘mauvaise qualité’ de la destination concernée.

L'essentiel est de simplifier les démarches administratives, d'avoir des règles claires et stables, et d'encourager les diplômés étrangers à trouver un travail ou à créer une entreprise en France.”

 

(source texte : rue89.com)

 

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 16:00

 

 

Impôts, Sécu, retraite : ce qui change au 1er janvier.

 

Le plan de rigueur du gouvernement, à travers les budgets de l'Etat et de la Sécurité sociale pour 2012, va se traduire par des hausses de prélèvements.

TVA Sont concernés par le passage du taux réduit de la TVA de 5,5 % à 7 %, le 1er janvier, la restauration, les travaux à domicile, les services à la

 

 personne , l'hébergement et les transports urbains. La hausse de la TVA pour les livres a été repoussée au 1er avril. Libre à chacun de

 

répercuter ou non, sur ses prix, l'augmentation de la taxe. La SNCF majore ses tarifs grandes lignes de 3,2 % à partir du 3 janvier, ce qui inclut une augmentation de 1,7 % hors taxes. Le PS, les écologistes et le FN dénoncent cette double hausse, qui renchérit notamment les billets de TGV, au moment où la SNCF va verser des dividendes record à l'Etat.

 

Taxe boissons Les taxes sur les alcools au-delà de 18° sont augmentées. Une taxe sur les boissons sucrées est instaurée et s'applique aux sodas avec édulcorants. Elle pourrait entraîner une hausse d'environ 2 centimes par cannette.

 

Energie Le prix du gaz augmente de 4,4 % au 1er janvier. Celui de

 

l'électricité ne bouge pas.
Logement La réduction d'impôt pour l'investissement immobilier locatif (dispositif Scellier) est abaissée de 22 % à 13 %. La taxe sur les loyers élevés entre en vigueur.

 

Capital et entreprises Le prélèvement forfaitaire libératoire sur les revenus du capital est relevé de 19 % à 21 %. L'impôt sur les sociétés est majoré pour les grandes entreprises.

 

Famille Contrairement aux années précédentes, les prestations familiales ne sont pas revalorisées au 1er janvier, mais au 1er avril. Elles

 

n'augmenteront que de 1 %. Le revenu de solidarité active (RSA) est revalorisé de 1,7 %, passant, pour une personne seule, de 466,99 euros à environ 474 euros.

 

Smic Il est augmenté à 9,22 euros brut par heure, soit 1398,37 euros par mois. Il avait été augmenté de 2,1 % le 1er décembre pour tenir compte de

 

l'inflation.

 

Santé Les indemnités journalières versées par l'assurance-maladie lors des arrêts maladie sont plafonnées à 40,30 euros par jour, contre 48,43 auparavant. L'indemnité peut être complétée par l'employeur. Un jour de carence (non indemnisé) est introduit pour les fonctionnaires. La hausse de la taxe sur les mutuelles va se répercuter sur les cotisations. L'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé est élargie aux personnes bénéficiant de ressources jusqu'à 35 % supérieures au plafond pour bénéficier de la couverture maladie universelle (CMU) complémentaire, soit 875 euros, contre 816 auparavant.

 

Retraite L'âge de départ à la retraite de la génération 1952, qui atteindra 60 ans en 2012, est porté à 60 ans et 9 mois, soit un mois de plus que prévu, avant l'accélération de la réforme des retraites.

(source texte : le monde.fr)

 

A venir également :

une hausse du prix du tabac de 6%

 

Porter plainte.

Une victime de vols, dégradations, escroqueries dont elle ne connaît pas les auteurs, peut effectuer une déclaration sur Internet (www.pre-plainte-en-ligne.gouv.fr) et obtenir un rendez-vous pour déposer sa plainte.

 

 

Zones bleues.

Un nouveau disque de stationnement dans ces zones entre en vigueur. Gradué par tranches de dix minutes, il n'indique que l'heure d'arrivée.

 

 

Contrôle technique auto.

La liste des 116 points contrôlés s'allonge. Assistance de freinage, direction assistée, suspension hydraulique, etc., sont soumis à une contre-visite obligatoire, et donc à réparation.

 

 

Nationalité française.

Les conditions de son acquisition se sont durcies. Tout étranger demandant la nationalité française doit justifier d'un niveau de maîtrise du français équivalent à la classe de 3e, avoir une connaissance minimale de la culture et de l'histoire française et signer une charte des « droits et des devoirs du citoyen ».

 

 

Croisement de fichiers.

Les Caisses d'allocations familiales ont accès à l'application informatique qui fait le recensement des titres de séjour des étrangers. Objectif avoué : lutter contre la fraude.

(source texte : ouest-france.fr)

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 17:46

 

 

Interview de Philippe Poutou par Médiapart.(le 16 décembre)

 

On vous présente toujours comme un novice en politique, mais vous êtes un militant politique et syndical de longue date. Quel est votre parcours, et quelles sont les grandes dates de votre engagement?

Je suis effectivement novice en candidat, mais je milite depuis 25 ans. J’ai d’abord commencé à Lutte ouvrière, en 1986. D’un point de vue syndical, c’est plus récent, car j’ai longtemps été intérimaire. Je suis syndiqué à la CGT depuis que je suis arrivé chez Ford -mon premier boulot fixe-, il y a 13 ans.

Mon premier souvenir politique, c’est 1981. J’avais 14 ans, et mes parents étaient heureux de voir enfin triompher des idéaux de gauche dont j’entendais parler à la maison. L’antiracisme, le combat contre l’apartheid, le Chili d’Allende… Avec mon adhésion à LO, j’ai découvert l’histoire du mouvement ouvrier, mais je restais fan de Mitterrand. Ce qui a tout fait basculer, c’est l’assassinat d’Eloi Machoro (leader kanak) en 1985. J’étais persuadé que Mitterrand allait donner l’indépendance aux Kanaks… Peu à peu la rupture s’est consommée.

Vous avez aussi été exclu de LO, avant de rejoindre la LCR, puis le NPA…

Cela a été un petit choc pour moi. On est entre potes et d’un coup tout s’effondre. A Bordeaux, on avait créé un journal dont on était très fier. Arlette (Laguiller) avait appelé à l’élargissement du parti, mais au bout de trois mois tout était oublié. Et LO n’était visiblement pas capable d’organiser des discussions en interne, ni d’accepter des remises en cause. La seule chose qui a été menée au bout, ce fut la discipline. Ce n’est pas une légende… Le côté plaisant, c’est qu’après avoir été viré de LO, en 1997, on trouve tout de suite la vie plus sympa et chaleureuse. L’arrivée de Besancenot comme porte-parole du NPA aidait aussi à donner la pêche.

La France pourrait perdre son triple A, Sarkozy et Merkel proposent un cadre européen ultra-rigoureux, et on en est déjà à deux plans de rigueur en France, en attendant le troisième. Dans ce contexte, comment expliquez-vous la faiblesse de la réaction du mouvement social?

Pour réagir et pour lutter, il faut avoir la forme et les outils pour le faire. Or il n’y a pas le moral, car la crise financière et sociale pèse sur tout le monde. Licenciements, précarité, dégradation des services publics… On ne se remet pas comme ça d’années de coups pris dans la gueule. Et puis, du point de vue des organisations syndicales ou politiques, ce n’est pas grandiose non plus. Le NPA est en crise, mais à côté personne n’est capable d’organiser le combat et d’unifier le mouvement. Il y a des batailles locales, contre la fermeture d’un hôpital ou un plan de licenciements, mais il manque une convergence au niveau national. Aujourd’hui, les directions syndicales ne déclarent pas la guerre au capitalisme et au patronat. Il y a une forme de résignation, laissant monter la colère impuissante de la base.

En face, la propagande fonctionne à plein pour maintenir les cerveaux sous l’étouffoir. Depuis cet été, ils ont mis les moyens pour nous faire accepter l’idée selon laquelle il n’y aurait pas d’alternative à l’austérité. Le cinéma autour des agences de notation, dont on n’avait jamais entendu parler auparavant, est symptomatique. Comme il n’y a pas de voix assez forte pour contredire ce discours, nous ne sommes ni audibles ni crédibles.

Comment le militant syndical traditionnel que vous êtes regarde le développement des indignés partout en Europe et dans le monde, beaucoup moins en France?

On s’en sent proche. Les revendications sont légitimes, tout comme la défiance envers les partis et syndicats est compréhensible. On va d’ailleurs voir le décalage à la prochaine présidentielle. On espère tous dégager Sarkozy mais, si on y arrive, il n’y a pas de perspective politique pour autant. On en est à se dire “Il faut virer ce gouvernement pourri”, mais on sait aussi qu’il n’y aura rien derrière. Le mouvement des Indignés naît de cela. C’est une jeunesse qui invente, qui décide d’occuper une place et de se réapproprier la démocratie directe, par exemple en discutant de la dette. La révolution doit passer par là. Mais il ne suffit pas d’occuper une place, il faut aussi viser le pouvoir.

On en voit aussi les limites: le nombre est encore insuffisant, et on cherche la volonté de coordonner l’action. Je ne suis pas gêné que le mouvement soit anti-politique, mais il faut bien qu’à un moment donné il y ait des perspectives politiques. C’est ça qu’il reste à construire. Aux Etats-Unis, le mouvement se passe mieux, car le lien entre Indignés et syndicats est bon. Il y a une aide logistique, et pas de crainte de récupération. En France, il faut retrouver la confiance en nous-mêmes. De tous temps, l’opprimé a une histoire qui est faite de trahisons et de détournements de lutte.

Le NPA s’est beaucoup engagé aux côtés des révolutions arabes. Comment analysez-vous le résultat des élections en Tunisie, et la victoire des musulmans conservateurs?

Il se passe là-bas ce qui s’est toujours passé après une grande lutte sociale: il y a toujours des gens pour récupérer un mouvement. On parle d’islamisme modéré, mais la modération peut être de circonstance…

Vous n’y croyez pas?

Non, je ne crois pas à l’islamisme modéré. Mais au-delà de ça, il y a un danger. Le pouvoir n’est jamais laissé comme ça au peuple. Il y a toujours des tenants de l’ordre ancien pour s’immiscer. On le voit aujourd’hui en Tunisie, où des anciens du régime sont toujours dans les rouages de l’Etat. Comme des collabos de Vichy ont réussi à rester à leurs places à la Libération. Avec Ennahda, même s’ils n’étaient pas au pouvoir avant, on retombe dans des schémas classiques de pouvoir, démocratiques pour l’instant, mais pas dans une perspective socialiste d’élimination du capitalisme.

Quel est votre point de vue sur les risques pris par votre parti de toucher à certains dogmes laïques? La question du voile notamment, a énormément divisé l’organisation. Autrement dit, selon vous, peut-on se réclamer de l’islam et de l’anticapitalisme?

On n’est pas arrivé à régler cette question. Les événements ont fait qu’on n’a pas pu discuter suffisamment pour tomber d’accord. On a bien vu combien cette question est complexe. On n’est pas un parti athée, mais un parti laïque. Il y a la volonté de ne pas discriminer et de faire en sorte que chaque camarade puisse se défendre comme il est. Mais il y a aussi la crainte que si on laisse trop de place à la croyance, cela puisse déboucher sur quelque chose d’incontrôlable. Dans le cas de la camarade (Ilham Moussaïd, candidate aux régionales en 2010), porter le voile n’avait rien d’intégriste, elle affirme son féminisme et ceux qui militaient avec elle n’y voyaient pas d’inconvénient. Et à partir du moment où on lui dit qu’elle ne peut porter son voile et apparaître sur des affiches, c’est un peu l’Occident qui impose son point de vue.

Alors, comment on fait? On se dit que le voile c’est l’oppression de la femme, mais on se rend compte que sur le terrain, c’est bien plus compliqué… On n’a pas trouvé la réponse. Moi je suis plutôt pour qu’on dise “Interdiction du voile” chez les militants. Mais on voit très bien que ce n’est pas satisfaisant, et qu’il y a des camarades sincères qui ne se sentent pas du tout dominés par l’intégrisme. C’est hyper compliqué…

Aujourd’hui, la situation au NPA est délicate. Une partie des militants ne fait pas trop la campagne…

Même pas du tout!

Beaucoup de militants sont partis, d’autres sont démobilisés… Comment faire campagne avec une organisation aussi fragilisée?

On fait ce qu’on peut, avec les moyens qu’on a, et avec la volonté de recoller les morceaux. Mais on s’aperçoit que c’est difficile, que le temps passe vite, et que depuis six mois rien n’a évolué. Ça ne progresse pas.

Comment l’expliquez-vous?

Je ne sais pas. On est un peu sorti du domaine politique. Nos engueulades sont parfois irrationnelles. Certains disent que je suis un sectaire, mais ceux-là ne me connaissent pas. Il y a des divergences profondes, au-delà des désaccords politiques et des choix d’orientation, où les rapports humains semblent durablement abîmés. Quelque chose s’est cassé, et on a l’impression que la discussion politique ne sert plus à rien. C’est un peu comme dans une famille, où il y aurait des brouilles pouvant durer des années, jusqu’au jour où frères et sœurs se diraient : «Mais comment en est-on arrivé là ?»

Vous pensez que la situation va s’améliorer ?

Je ne saurai dire si je suis optimiste ou pessimiste. Notre avenir s’inscrit dans une crise beaucoup plus large, celle du capitalisme, que les capitalistes vont vouloir nous faire payer très cher. Dans ce contexte d’urgence, nos divergences devraient compter peu. C’est à tout le monde de faire des gestes faisant que la rupture humaine actuelle n’aille pas au bout de la logique d’une rupture politique. On peut encore espérer un sursaut collectif. Mais si on va au bout de la rupture, quelque chose se reconstruira peut-être… Cela serait tout de même problématique de perdre du temps à cela.

Cela dit, toutes les autres organisations politiques ne sont pas vraiment fringantes aujourd’hui. Avec les militants du PCF ou du Parti de gauche, il faudra bien qu’il y ait des retrouvailles aussi.

Qu’est-ce qui les empêche aujourd’hui ?

Comment dire… Je fais une différence entre Mélenchon et les militants du PCF et du PG qu’on voit dans les manifs…

Le problème, c’est Mélenchon?

Ce n’est pas un problème, mais je fais une différence. S’il a des idées sympas aujourd’hui, il y a aussi des divergences profondes avec Mélenchon. C’est un politicien élu depuis des années, capable de beaucoup de revirements et qui pense beaucoup à lui. Je ne retrouve pas avec lui l’idée d’un combat collectif.

Autant dans mon syndicat, on est des militants de diverses formations, mais on gagne à peu près tous la même chose et on sait qui on est. Avec Mélenchon, il y a une délimitation sociale compliquée. Et puis, alors qu’on nous fait passer pour des sectaires, s’il n’y a jamais pu avoir de discussions, c’est bien à cause de lui! Il voulait être candidat, et c’était de toute façon le préalable à tout, point barre! Il a déclaré sa candidature en janvier dernier, puis nous a dit «Que vous veniez ou pas, ce sera pareil, ce sera moi!»

Et avec LO? Qu’est-ce qui vous différencie de la candidature de Nathalie Arthaud?

Ça peut friser l’absurde, vu de l’extérieur. Sur le fond, on dit la même chose, mais il y a une histoire dont on est tous le produit, et dont on ne parvient pas toujours à surmonter les passifs. C’est l’histoire de la division du mouvement ouvrier. Ça vaut également pour le PCF. On défile ensemble dans la rue, mais on est parfois un peu con… Franchement, on pourrait très bien avoir un cadre collectif malgré nos orientations différentes.

N’est-ce pas ce qu’ambitionne d’être le Front de gauche?

Mais il y a une divergence politique énorme avec le Front de gauche: l’alliance avec le parti socialiste! Même si Mélenchon dit qu’il n’ira pas au gouvernement, le PCF dit qu’il est prêt à y aller. Etre avec Hollande, on est peut-être borné, mais ça n’est socialement pas possible. La direction du PS n’a rien à voir avec le mouvement ouvrier. Les amis européens de Hollande, ce sont les sociaux-démocrates espagnols ou grecs, on voit où ça mène… C’est presque mathématique, le PS est trop lié à la bourgeoisie et la désillusion est certaine.

Les écolos sont d’ailleurs en train de l’expérimenter. Voyez ce que donne un accord avec Hollande : en quelques jours, il est déjà vidé de son sens! Que le Front de gauche pense encore possible de tirer Hollande vers la gauche, très bien. Mais qu’on nous laisse défendre l’idée que c’est impossible. Le véritable rapport de force, il sera social et ce ne sera que la population qui pourra imposer un virage à gauche. Les acquis du front populaire, c’est la grève générale et non un accord d’appareil politicien.

Mais François Hollande n’est-il pas justement le meilleur candidat socialiste, le plus pragmatique, pour céder face à la pression d’un tel mouvement social?

On dit souvent qu’Hollande c’est la gauche molle, mais moi je crains qu’il puisse être très ferme contre nous et très mou face aux marchés. Ce n’est pas une question de caractère, mais du respect fondamental de la logique libérale. Il est le successeur de Jospin pour qui «L’Etat ne peut pas tout». Moulinex, Michelin, Vilvoorde… Certes c’est moins brutal que Sarkozy. Mais au final, c’est quand même toujours le même message: «On ne peut pas, désolé, on s’excuse».

Aujourd’hui, il y a une guerre sociale. Et on a des syndicats qui s’entendent sur l’importance de la compétitivité… Et sur la retraite, on a Hollande qui n’est même pas capable de dire quelque chose qui remettrait un peu en cause le système. Tout ça manque de radicalité, non?

Quel serait votre modèle de gouvernement si vous accédiez au pouvoir?

La question est difficile. Ce qui est sûr, c’est qu’un président ne doit pas exister. Pas seulement un président de la République, mais l’idée même d’un homme qui aurait des pouvoirs que lui seul pourrait exercer. Cela vaut aussi pour un président de région ou un maire. Ça, c’est la monarchie, pas la démocratie.

Le modèle idéal, ce serait les soviets. Pas seulement ceux de la révolution russe, mais aussi ceux de la guerre d’Espagne ou de la révolution iranienne de 1979. Là où on se réunit et où on décide par soi-même comment on fait pour agir. Le gouvernement n’aurait là qu’un rôle de coordination et de centralisation, mais pas de réels pouvoirs de décision. Une démocratie directe, qui se structurerait par en bas. Un peu sur le modèle de la démocratie participative de Porto Alegre au Brésil.

 

 

Nous sommes fin décembre, où en êtes-vous des parrainages pour pouvoir vous présenter ? Etes-vous inquiet?

On est autour de 310. On avance lentement. C’est vrai qu’on flippe, car les délais se réduisent. On a jusqu’à début de mars, et il ne va pas falloir que les forces se relâchent. Ce qui est embêtant, c’est toute l’énergie dépensée là-dedans, alors que toutes les forces militantes pourraient faire campagne. L’obligation des 500 parrainages est vraiment une loi anti-démocratique. Mais ce qui est positif, c’est qu’on rencontre beaucoup de maires qui sont des salariés, des petits viticulteurs ou agriculteurs avec qui ça se passe très bien.

On a beaucoup parlé de mépris social lors de vos passages médiatiques. Mais vous-même avez tenu à nuancer ce mépris…

Chez Laurent Ruquier ou devant Pascale Clark, il y a bien sûr eu de la condescendance à mon encontre. Beaucoup, dans les médias, me regardent en se disant «Il n’a rien à faire là», mais je pense qu’il faut relativiser tout ça. Car ce n’est pas ce mépris social-là qui est le plus violent. Faut pas déconner, sur un plateau télé, on est bien assis, on nous donne de l’eau, il fait chaud… Je ne risque rien. Au pire d’avoir manqué de répartie, ou d’être frustré de se voir couper la parole sans arrêt.

Mais ça n’a rien à voir avec la violence qu’on peut rencontrer tous les jours au boulot, l’intimidation ou la souffrance au travail due au comportement de certains patrons. Ça n’a rien à voir avec les discussions autour de la conservation du triple A, qui représentent en fait des milliers d’emplois supprimés ou précarisés, des suicides, des divorces. La réalité du mépris social, elle est là.

 

 

(à relire sur NPA2009.org ) 

 

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 20:49

 

Motion du Conseil Municipal de Tarbes,

concernant la carte scolaire du 1er degré 2012

 

Assurer une scolarisation des enfants dans les meilleures conditions nécessite, que le Service Public de l'Education Nationale puisse pleinement remplir la mission que l'Etat lui confie.

Cela est encore plus vrai alors que la crise que nous traversons impacte d’abord les catégories sociales les plus fragiles.

Le maintien des possibilités d'accueil dans les écoles maternelles pour les enfants de 2 ans dont les Parents le souhaitent, des effectifs corrects dans les écoles élémentaires, des postes de RASED pour la prise en charge des élèves en difficulté et des enseignants titulaires remplaçants en nombre suffisant, sont indispensables pour assurer un enseignement de qualité.

Les suppressions de postes dans l'Education Nationale ont des conséquences concrètes sur le fonctionnement des écoles primaires : les effectifs augmentent dans les classes, les cours doubles se multiplient, dégradant les conditions d'enseignement nécessaires à la mise en place des apprentissages indispensables pour la réussite de tous les élèves. Les enfants de 2 ans trouvent de moins en moins de place dans les écoles maternelles, réduisant ainsi le rôle de prévention joué par cette école fondamentale.

La dotation de l'Académie de Toulouse pour la rentrée 2012 est connue depuis le vendredi 16 décembre : - 227 postes dans le 1er degré.

Chaque année, les Ecoles Publiques de la Ville de Tarbes perdent des classes, alors que la précarité de la population augmente avec son corollaire de difficultés sociales pour les familles et de difficultés scolaires pour leurs enfants.

Dans un contexte économique préoccupant, l'éducation doit être une priorité pour assurer l'avenir de nos enfants.

C'est pourquoi le Conseil Municipal de la Ville de Tarbes réuni en séance le lundi 19 décembre 2012, se déclare opposé à toute fermeture de classe pour la rentrée 2012, et donne mandat à Monsieur le Maire d'en informer l'Inspecteur d'Académie.

D'autre part, il donne mandat à Monsieur le Maire de s'opposer à toute fusion d'écoles, puisque son accord est indispensable à cette restructuration.

 

Motion puibliée sur le blog de Marie-Pierre Vieu, conseillère Régionale Midi-Pyrénées, présidente du groupe Front de Gauche de la région Midi-Pyrénées, conseillère municipale de Tarbes.

 

 

 

Ci-dessous, copie du mail envoyé à Me  Vieu...

à ce jour, sans réponse...

 

bonjour,
J'ai bien pris note de la motion déposée par le conseil munucipal de Tarbes ce 20 décembre. J'y vois bien le nécessaire rappel du besoin d'un service public d'éducation pour touts e...t toutes.
J'y vois une -légère- attaque de la politique menée par le gouvernement actuel...

Je lis l'opposition de la municipalité de Tarbes à toute fermeture de classe et à toute fusion d'école...
Pourtant, cette prise de position, trop frileuse à mes yeux laisse sous entendre que cette même municipalité ne luttera pas en cas de fermetures de postes de RASED...Pourtant nous savons toutes et tous que ce sont ces postes qui seront majoritairement éradiqués lors de la prochaine rentrée.
Pour que ces postes survivent, nous avons besoin d'un langage et d'actions NETTES des parents, des enseignant-e-s mais AUSSI des municipalités !
Sudversivement
Jean Rumain"     
le 23 décembre, 16:27 · 

 

 

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 18:33

 

Pour (ré)écouter l'émission de Daniel Mermet (après le répondeur),

 

cliquer ICI

 

 

 

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 22:44

 

Comment prôner le chômage partiel et taper sur les 35 h en même temps ?
de : Gérard Filoche

À l’UMP, ils prétendaient se moquer du « partage du travail ». Tout était de la faute des 35 h.

Quand il y avait crise, selon eux ( Raymond Barre, Sarkozy ou Bayrou) il fallait « travailler plus » pour s’en sortir. Ils vantaient Alfred Sauvy, « c’est le travail qui crée le travail ». Travailler moins c’était la faute à la gauche et la course à l’abîme. Il fallait, selon eux, des horaires à la carte sur la journée, la semaine, l’année, des retraites à la carte, des heures supplémentaires défiscalisées, non contingentées, moins majorées. Ils ont fait une loi TEPA pour que l’état paie (4,4 milliards par an) ces heures supplémentaires à la place des patrons. Ils ont cassé des conventions collectives comme celle de la restauration afin d’autoriser jusqu’à 360 heures supplémentaires par an. Ils ont déduit les temps de transports professionnels du temps de travail effectif. Ils ont dérégulé le contrôle des durées du travail. Ils ont violé les directives européennes pour permettre, dans certains cas, aux cadres de travailler plus que la durée maxima européenne de 48 h par semaine et les forfaits jours sans respect du repos quotidien européen de 11 h. Ils veulent faire travailler jusqu’à 62 et 67 ans. Ils ont facilité l’annualisation, les modulations. Ils ont multiplié par deux la précarité, les CDD, les « stages », les intérims, les saisonniers, les horaires et contrats atypiques… Il leur fallait 45 h sans gain de salaire ! Et ils y sont presque arrivés car la durée réelle du travail moyenne doit être de 41/42 h aujourd’hui – souvent déclarée et payée 35. Jamais il n’y a eu autant de « flexibilité » en matière de travail et jamais autant de « rigidité » en matière de salaire.

Et ils ont obtenu 4 510 000 chômeurs, record historique absolu ! 29 900 de plus en novembre. + 5,2 % en 2011

Et si le sarkozysme continue (des milliards en plus pour les banques, des milliards en moins pour les salariés), nous aurons au moins 500 000 chômeurs en plus dans l’année 2012.

Auxquels il faut ajouter une estimation d’au moins 500 000 non-inscrits, radiés, RSA forcés…et plus de 3,5 millions de précaires, 3 millions de temps partiels. C’est-à-dire qu’ils ont imposé, en fait, contre tous leurs dires, un PARTAGE du temps de travail mais un partage sauvage, féroce, brutal entre surtravail, sous travail et sans travail.

Et qu’est ce qu’ils proposent encore aujourd’hui ?

Comme en 2008/2009, du temps où ils ont commencé à donner des milliards aux banques plutôt qu’aux salariés : du CHOMAGE PARTIEL FORCE. En 2009 Sarkozy avait déjà fait 600 000 chômeurs partiels forcés et il avait payé 300 millions d’euros pour ça : il faisait déjà « travailler moins pour gagner moins » ! C’est l’état qui payait ! Pendant ce temps-là, les patrons étaient soulagés, ils pouvaient baisser les salaires, écouler leurs stocks, garder leurs profits intacts, et même l’état versait des « primes à la casse » (6,5 milliards) pour que, quand même, leurs automobiles puissent se vendre.

Comment peuvent-ils prôner le chômage partiel et taper sur les 35 h en même temps ? Proposer du chômage partiel contre le chômage, c’est augmenter le nombre de chômeurs. C’est partager le chômage à défaut de partager le travail. Et surtout baisser les salaires.

Il n’y a pire contradiction que d’encourager les heures supplémentaires et organiser le chômage partiel. C’est pousser à ce que certains qui ont un boulot travaillent deux fois plus à la place d’autres qui n’en ont pas ou n’en auront plus. La division inégalitaire de la société s’accroîtra.

Le seul résultat de tout cela est encore de baisser les salaires. De 20 ou de 30 % comme en Grèce. Mais si les salaires baissent encore avec du temps partiel forcé, cela aggravera l’austérité et la récession dans une spirale infernale.

La France n’a jamais été aussi riche de son histoire et ses richesses aussi mal partagées, c’est de là que vient tout le mal. Il ne faut pas baisser les salaires pour garder les profits, il faut AU CONTRAIRE augmenter les salaires et baisser les profits. REDISTRIBUER pour RELANCER !

Le chômage d’aujourd’hui provient de ce que les banksters auxquels des centaines de milliards ont été donnés, les ont reçus sans condition, sans contrôle et qu’ils continuent à donner les mêmes ordres, à imposer des ratios, des crédits qui sont conditionnés, orientés, attribués contre l’emploi et les salaires. Les banksters qui continuent de jouer librement à l’économie casino, précipitent l’euro, l’Europe vers le précipice et ils ne sont pas contrés mais encouragés par Sarkozy qui veut en permanence, tous les jours, les « rassurer ».

Ce type-là fait tout pour ses riches amis du Fouquet’s : il décide donc sans vergogne de faire « travailler moins pour gagner moins » après avoir hurlé sur tous les tons qu’il fallait « travailler plus pour gagner plus » et qu’il serait le « président du pouvoir d’achat » !

Il devait faire reculer le chômage, il l’organise. Il refusait le partage du travail, il l’impose férocement et inégalement. Il appelle produire plus, il alimente la récession. Il dit qu’il fallait éviter à la France le sort de la Grèce, et comme prévu, il lui impose le sort de la Grèce.

Au moins les 35 h c’était pour tous et sans perte de salaire ! (il n’y eut en l’an 2000 que 0,3 % des accords qui interprétèrent la loi avec un gel temporaire des salaires). Elles permirent, même mal contrôlées, 400 000 emplois de plus en 2000.

Au moins la retraite à 60 ans et les préretraites à 55 ans pour les salariés usés, cela se défendait quand on souffre de 25 % des jeunes actifs au chômage.

On n’a pas "tout essayé contre le chômage de masse" : il faut une sorte d’échelle mobile des heures de travail.

Au contraire du sarkozysme délirant et dangereux, à 5 millions de chômeurs, Il n’y aura pas de réduction du chômage de masse sans réduction du temps de travail sur la semaine, sur l’année et sur la vie.

il faut rendre les heures supplémentaires plus coûteuses que l’embauche. 50 % dés la 36e heure. 100 % après 40 h.

Il faut baisser les durées maxima du travail de 48 h à 44 h. Il faut rendre les deux jours de repos consécutifs, dont le dimanche à tous les salariés - par la loi.

Il faut imposer un repos quotidien de 13 h pour la santé autant que pour l’emploi.

Le retour à la retraite à 60 ans s’impose quand les salariés ne cotisent en moyenne que 36 annuités et que 2 seniors sur 3 sont au licenciés, au chômage, inaptes ou malades à partir de 55 ans.

La question qui se pose aujourd’hui est même celle de conforter les 35 h hebdomadaires et de préparer les 32 h : elles sont officiellement voulues par la majorité écrasante de la gauche (EELV, FdG, une majeure partie du PS).

Qu’est-ce que l’UMP va y opposer ? Sinon les 32 h mais avec perte de salaire ? Osons le débat alors : il faut les 32 h sans perte de salaire ! Nous avons le taux de productivité horaire le plus élevé au monde ; nous resterons "compétitifs", ce qui se passera c’est qu’il y aura une redistribution entre profits et salaires dans le sens des salaires, on travaillera mieux, moins tous, et on gagnera plus.

C’est le seul but de l’UMP/MEDEF, leur seule obsession en fait : la durée du travail, la flexibilité, c’est la forme, le prétexte, leur seul but, c’est de baisser les salaires bruts et nets. Pour maintenir les profits, la concentration des richesses. C’est ce que ferait le chômage partiel imposé, ce qui affaiblirait encore les caisses de retraite, la sécu, le logement, l’éducation… ce qui creuserait les déficits, alimenterait la dette et la dette, c’est leurs bulletins de vote, c’est leur argument, c’est leur bible, c’est leur moyen de chantage, c’est leur idéal chéri pour rester au pouvoir, quel qu’en soit le coût pour le peuple, en souffrance au travail et en misère sans travail.

Vive les 35 h avec hausse de salaire. Préparons les 32 h sans perte de salaire !

Reconstruisons le code du travail, ses durées légales, maxima, contrôlées, et contrôlables ! Pendant 160 ans, l’histoire du code du travail a été celle de la réduction du temps de travail. Il a fallu 80 ans entre 1840 et 1920 pour passer de la journée de 17 h à celle de 10 h. Il fallut 70 ans entre 1936 et 2002 pour passer de la semaine de 40 h à celle de 35 h. Et en 70 ans, on a prouvé en pratique, dans la vie réelle, que l’on pouvait A LA FOIS faire QUATRE choses : produire plus, avoir plus d’emploi, gagner plus et travailler moins longtemps. Il a fallu que depuis 8 ans des intégristes néolibéraux dangereux veuillent faire tourner la roue de cette histoire à l’envers. Ils échouent à 4 510 000 chômeurs. Restaurons le droit du travail, c’est la civilisation, la dérégulation du droit du travail comme celle des bourses et de la finance, c’est la catastrophe, c’est un crime économique.

Le droit DU travail, c’est du droit AU travail.

 

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